DU CRANE, DB SA GOMPOSITIOIV, ETC
nière courbe, que mesure l'intervalle qui sépare l'un do Tantre les centres d'ossification des deux pariétaux, est surtout intéressante, en tant qu'elle peut donner une idée fort exacte du développement des régions cérébrales comprises entre le sommet de la scissure de Sylvius, et la grande scissure médiane qui sépare les deux hémisphères. Cette région est fort étroite dans la plupart des Pithèques^ plus développée dans YOrang et dans \eChimpanzé;A\e acquiert dans l'homme des proportions excessives; cette grandeur est donc un caractère humain, et tout aplatissement de cette courbe des deux côtés du plan médian est un signe fâcheux. Nous signalerons particulièrement à ce sujet la tète des Tasmaniens.
.La convexité des pariétaux, en arrière des points d'ossification du pariétal, fournit également des caractères importants, en tant que l'étendue de cette région indique un grand développement du système de ces plis de passage, dont l'apparition simultanée à la surface du cerveau est l'apanage exclusif de l'homme. J'ai donné une grande attention à la détermination des régions de la surface cérébrale, qui caractérisent plus particulièrement le cerveau humain, et la supériorité de la race blanche se prouve aisément par la prédominance de tous ces caractères.
Ainsi, considérant l'étage supérieur du lobe frontal, le lobule du deuxième pli ascendant et les deux plis supérieurs de passage, comme constituant les régions caractéristiques du cerveau humain, leur longueur, leur largeur, leur convexité, seront pour nous les signes d'une perfection humaine plus hau^B, Q|, ces signes nous les trouvons au tnaximum dans la race eaucasique. Il n'est pas un seul artiste qui, instinctivement, ne soit séduit par la beauté qui résulte d^un grand développement de la courbe occipii(hfronlale^ coïncidant avec une grande largeur du frontal et du diamètre inter-pariéUiL
La réduction de Téiendae de cette coari)e^ eu égard au diamètre occipito-frontal, est Tune des conditions les plus apparentes de la microcéplialie. Toutefois, observons qu'il ne s*agit pas ici d'une ligne, mais d'une surface courbe, et que, en conséquence, outre son développement longitudinal, il faut en considérer la largeur.
D'ailleurs, quelles que soient les différences des théories et des systèmes, il n'est pas un seul anatomiste philosophe qui n'ait implicitement admis l'importance de cette courbe, soit qu'à l'exemple de Gall et de Spurzheim, on la considère comme exprimant le développement des facultés les plus nobles , soit . que, voyant avec Carus, dans chaque vertèbre céphalique, le foyer d'une activité distincte, on cherche dans la mesure de cet arc une expression de la somme de leurs développements, soit enfin qu'elle ait une valeur purement esthétique, fournissant le signe plutôt que la condition d'une plus grande perfection intrinsèque. Et cela devait être ainsi; car évidemment, plus la courbe est haute et vaste, toutes choses égales d'ailleurs, pour un même diamètre longitudinal, et plus l'espace inclus est grand. Aussi est-ce avec beaucoup de raison que M. Georges Combes attache une grande importance à la hauteur de l'espace compris au-dessus d'un plan qui passe par le centre des deux tubérosités pariétales, mais il en a trop négligé la largeur. (Morton, Crama americana, page 280.)
On pourrait supposer que c'est seul^nent comme condition
d'ampliation de la capacité crânienne que le développement
de cette courbe importe, et se demander si une augmentation
d'une partie quelconque du crâne ne pourrait pas avoir dea
résultats identiques. Mais les détails dans lesquels nous sommes
entrés touchant l'excellence typique de certaines régions céré*
braies ne permettent point d'accepter cette manière de voir.
Ainsi, la considération de la masse seule est stérile, et c^est II. SO
lOG BU GHAHl, DB SA GOXPOftlTIOlf, ETC.
une question de forme autant que d*Alendue. S'ensuit^il que la phrénologie soit vraielf J'expliquerai plus loin quels sont mes sentimenU à cet égard.
D'aill^irSy si Tétude de la forme du crine peut donner une idée générale de la forme du cerveau, l'étude de sa table interne peut fournir en outre sur sa configuration extérieure des détails précis et minutieux qu'il ne faut point négliger. Le plusjK)UYent, dans l'homme blanc, les plis cérébraux ne laissent sur la table interne du crâne aucune empreinte distincte; mais, dans cwtains cas, ces empreintes sont visibles et multipliées. Or, plus elles sont profondément dessinées, plus on peut conclure à l'atrophie du sommet des circonvolutions. Cette proposition peut être aisément démontrée. Supposons
que la courbe A. fi. représente une portion de la \^^ voûte crânienne, et la bande flexueuse A' fi', la cou- *^* ^' che des circonvolutions.
Dans ces conditions, considérons les petits espaces vides *****. De deux choses Tune : ou les os, se développant, viendront remplir ces vides, et dans ce cas les plis laisseront des empreintes, ou ce se^a la substance cérébrale, et alors il ne s'en produjra pas. L'existence des empreintes est donc à priori la preuve d'une atrophie superficielle, et leur absence celle d'un développement poussé aussi loin que possible, eu égard à la masse du noyau cérébral et des centres blancs des hémisphères. Le fait est que daus l'homme blanc normal ces empreintes sont à peu près nulles, tandis qu'elles sont plus ou moins profondes dans tous les cas d'atrophie cérébrale, et il en est de même chez les singes inférieurs comparés aux singes les plus élevés.
DIKBlfSIOIlS BT CAFACiri DU ClÂlfB. 807
S 4. Dlmea^loB» et tmpmitlié ém «râne.
Bien que la question de forme remporte à nos yeux sur la question de masse, nous sommes loin de penser qu'il faille négliger celle-ci ; mais l'importance de cette étude est comprise dans certaines limites qu'il n'est pas hors de propos de déterminer ici.
Il nous semble que M. Tiedemann a pris un fort mauvais parti quand il a eu l'idée de mesurer la'capacité du crâne dans différentes races, et de se fonder là-dessus pour établir certaines propositions relatives au degré de leur intelligence. Des crânes de Nègres, d'Hozouahnas, d'Âlfouroux, de Mongols ou de blancs, eussent-ils la mime capacité cérébrale, il ne faudrait pas conclure de ce fait à l'équivalence de la capacité intellectuelle; car il ne s'ensuivrait pas que la forme fût làméme^ que la complication des circonvolutions fût la même; enfin, et ceci est plus grave encore, que la forge intrinsèque fût la même. Grands naturalistes, qui ne voyez que la surface, savez-vous ce qui se passe au-dessous? Vous étudiez la matière morte et vous osez conclure de là à l'énergie de la nature vivante dont les conditions intimes échappent aux sens et aux efforts les plus subtils des méthodes expérimentales ! Imaginez-vous, par exemple, qu'un cerveau de nèffre^ fûtril d'égale grandeur et d'égale proportion, pût être assimilé au cerveau d'un blanc? Quant à moi, je ne puis le croire. Les blancs à petite tète ont les instincts des blancs; ils comprennent la civilisation, elle va à leur nature; les nègres à grosse tête ont les instincts des nègres et leur tète, en se développant, les rend plus parfaits sans doute; mais cette perfection est une perfection de nègre qni ne les fait en aucune manière semblables aux blancs. Qu'un blanc à grosse tète soit plus intelligent qu'un blanc à tète petite, cela peut être et cela se conçoit; car, «afin» il s'agit
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d'une même matière spécifiquement parlant; mais s*ensuii-ii qu'un nègre et un blanc étant donnés, le nègre soit plus intelligent et d'une intelligence semblable, s*il a la tète plus grande? Ne voit-on pas que, dans des questions de cette nature, ce dont il faut se garder surtout, c'est de comparer des choses hétérogènes qui ne sont pas comparables? Conclurez -tous, par exemple, des instincts du chien à ceux du loup par la seule considération de la capacité du crflne? Les phrénologistes du moins font intervenir dans la question certaines conditions d'Harmonie intérieure, ils le font avec plus ou moins de bonheur; mais enlGud à priori leur opinion n'implique aucune absurdité. Mais peser le millet dont on remplit des crânes et en conclure des propositions relatives à la dignité des différentes races comparées entre elles! Est-ce là une méthode» est-ce là de la science (1)?
Nous croyons» pour notre compte, que ces questions de capacité n*ont quelque valeur qu'autant qu'on circonscrit ses recherches dans les limites rigoureuses d'un type naturel. Comparez les blancs aux blancs, les nègres aux nègres, les Mongols aux Mongols, à ces conditions de pareilles recherches pourront avoir un intérêt véritable; mais il ne faut point oublier que parmi les hommes d'une même race il y a des différences que la seule considération de la capacité crânienne ne résout pas. Les moyennes ici n'ont de valeur qu'à la condition d'être dédi|ites d'un nombre immense d'observations. Quoi qu'il en soit, il parait vrai qu'^ général les grandes tètes
(i) 11 ressort de mesures très-curieuset, prises par H. le D' Horel, que la dégradation de l'intelUgeDce dans le cas de dégénérescenee n'est pas nécessairement proportionnelle à la réduction de la masse encéphalique. On consultera aTec fruit sur ce point l'ouvrage de cet auteur, intitulé: Traité des dégénérescences phyeiques, intellectuelies et morales de Pespèee kumaiiw. Paris, 1867. 1 toI. in-8, avec atlas in-4.