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La théorie de Gall a été si souvent exposée et en tant de lieux, qu'il serait au moins superflu d*en donner ici les détails. On a beaucoup critiqué Gall et avec raison ; peut-être l'a-t-on à tort accusé de mensonge. A cet égard le témoignage du célèbre et vénérable Sœmmerring le défend assez ; mais en l'absolvant, Sœmmering reconnaît en lui beaucoup d'erreurs, et ne peut consentir à tirer de faits qu'il admet, les conséquences que Gall en a déduites. Or, je ne crois pas que les travaux de Spurzheim et de ceux qui l'ont suivi aient beaucoup ajouté à la certitude de ces conséquences qui ont été d'ailleurs attaquées par M. Floureas et M. Lslut, de telle sorte qu'il est bien douteux qu'elles s'en relèvent jamais.
Quant aux applications qu'on a prétendu faire de. la crànioê^ copie humaine à la crânioscopie comparée, elles pèchent par la base; car si les types diffèrent essentiellement, il doit y avoir autant de cr&nioscopies différentes qu'il y a de types distincts. Or que penser de la crânioscopie des oiseaux ou des reptiles, mais surtout de celle des poissons? Ici le crâne accuse si peu la forme réelle du cerveau, que de pareilles prétentions sont écrasées par le ridicule qui leur est propre; d'ailleurs M. Leuret (T. I, p. 561), en a assez dit en parlant des observations de M. Vimont, pour qu'il soit superflu d'y insister.
Aujourd'hui la crânioscopie de Gall est un peu surannée, en France du moins, où elle semble avoir pris naissance^ et où die trouva ses premiers adeptes. Mais si les caprices de la mode lui procurèrent une apothéose d'un moment, elle fut bientôt dépouillée de cette splendeur première et toooba dans le dédain. Toutefois elle a encore de nombreux sectateurs en Angleterre. Elle n'a pas été aussi heureuse en Allemagne où la crânioscopie, s'il y en a une, diffère à quelques égards de celle que Gall avait imaginée et défendue avec tant de persistance.
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Des élèves d'Oken, Spix et le célèbre Garas, ont été les fondateurs de cette crânioscopie nouvelle. Suivant M. Carus, dont les travaux sont les plus récents, le ganglion antérieur du cerveau» qui correspond aux hémisphères cérébraux et aux obes olfactifs, est Torgane de Tesprit en tant qu*il connaît, coippare et juge ; le ganglion moyen, correspondant aux tubercules quadrijumeaux et aux nerfs optiques, est le centre des impressions dont on n'a pas conscience, et l'organe du senti- Oient; enfin» le ganglion postérieur, qui correspond au cervelet et à l'organe de l'ouie, parait être le siège des instincts des passions et de la volonté.
Ainsi, d«is les trois vertèbres du crâne, dit notre auteur, il y a, selon' l'individu, indication positive des trois facultés essentielles de l'âme, qui sont : la volonté, le sentiment et l'intelligence. Or en vertu des rapports de chacune de ces vertèbres avec une certaine partie primitive de la masse du cerveau, on observe que les penchants et la volonté se trouvent clairement indiqués à la vertèbre postérieure ou occipitale, la vie végétative et le sentiment à la vertèbre intamédiaire , la subtilité des sens et l'intelligence à la vertèbre antérieure ou frontale (1).
J'aime à citer cet illustre auteur, alors même que je n'accepte point toutes ses idées, parce que partout, et même dans ses erreurs, il fait penser, et peut être considéré comme un mo~ taurdans Tordre de l'intelligence. À coup sûr, si la crânioscopie pouvait être admise, ce serait sur un pareil témoignage; mais j'y vois de bien grandes difficultés. Je reconnais bien que les races supérieures sont caractérisées par un plus grand développement du frontal, mais s'ensuit-il la nécessité d'une
(1) Ailas de erânioteopie, Leipzig, 1843. Symbolik der tMnsehlichen GtstaU, 1968.