CHAPITRE PREMIER
DE l'axe nerteux géphalo-ragridien
St. ne bi MMllB épbUère w CévénM.
La chaîne des ganglions qui composent Taxe nenrenx céphalo-rachidien forme une longue tige renflée dans le crftne en un noyau tenninal. Cette tige est faite de deux moitiés symétriques opposées Pune à Tautre par des surfaces planes et réunies dans toute leur longueur par une lame intermédiaire appelée eomtniêtvre. Ces deux moitiés ont une oi^anisation pareille. L'une d'elles est la moelle droite^ l'autre est la wîoeUe gauche.
La commissure unit les deux moelles yen le milieu de leurs faces juxtaposées. Sauf ce point d'union, elles demeurent distnietes et séparées au-dessus et au-dessous de la commissure par des sillons phis ou moins profonds, selon les espèces. Le gillon qui est au cété tentral est désigné par les auteurs sous le nom de sillon médian anUrieur ; celui qui est au cAté dorsal est le eiUon médian poêtérieur. En créant ces dénominations on a eu égard à l'attitude verticale de l'homme. Le sillon médian antérieur est le seul dont on n*ait point contesté l'existence; quelques auteurs ne reconnaissent point celle du siUon postérieur. Suivant quelques autres, il est oblitéré dans certaines régions. Rien, toutefois, n'est mieux établi que son existence dans toute l'étendue de la moelle épiniëre ; mais il faut avouer
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que ses parois sont, dans certains cas, si fort adhérentes > que l'erreur est facile. Dans le cKat, par exemple, ses bords sont à tel point unis par une membrane fibreuse intermédiaire dans toute rétendue de la région cervicale, qu'au premier abord on pourrait nier le sillon , et conclure à rezistenoe d'un canal. Mais un examen approfondi prévient aisément cette erreur.
La tige médullaire est donc divisée en deux moelles symétriques. Chacune de ces moelles présente à son tour des indices de division longitudinale. Nous signalerons en premier lieu un sillon longitudinal et parfaitement tracé qui divise chacune des moitiés de la tige nerveuse en deux cordons. L'un , l'antérieur, est le plus considérable, on le désigne sous le nom de cordon antérieur ; l'autre est beaucoup moins épais , c'est le cordon postérieur. Voilà une première division.
Le grand cordon antérieur paraît à son tour subdivisé en deux faisceaux secondaires. Ces faisceaux sont d'ailleurs peu distincts. L*un d'eux est le cordon antérieur proprement dit. L'autre est le cordon latéral ou intermédiaire. Un petit fascicule bien distinct borde ce cordon à son côté postérieur. Il a reçu le nom de funieule accessoire du cordon latéral.
Il y a donc dans chaque moelle trois cordons principaux. L'antérieur, le moyen, le postérieur; deux sillons longitudinaux distinguent ces cordons. L'un d'eux , «ssez mal défiai, est le sillon latéral antérieur auquel sont attachées les Peines antérieures des nerfs spinaux. L'autre , plus profond et tracé d'une manière plus ferme, est le sillon latéral postérieur. Les filaments des racines postérieures des nerfs spinaux y sont régulièrement implantés.
Les cordons postérieurs présentent une particularité remarquable. En certaines r^ons ils semblent ne point border immédiatement le sillon médian posiârieur; un petit funieule accessoire forme dans ce cas la marge du sillon. Tels sont
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les funieulés grélea de certains auteurs. M. Gruveilhier, dans son excellent ouvrage, les désigne sous le nom de cordan$ médians postérieurs. Peut^ètre^ serait-il mieux de les nommer funieulés marginaux du sillon médian postérieur.
Que sont ces funieulés? sont-ils une dépendance des cord(His postérieurs? doit-on les considérer comme formant un système particulier? Ces 'questions m*ont longtemps embarrassé, et il faut Tavouer, l'étude de la moelle de l'homme ne suffit plus ici, il faut d'autres éléments pour les résoudre. Heureusement l'anatomie comparée nous vient en aide, et ce qui n'est pas appréciable dans Tbomme, apparaît cbez les animaux avec la plus grande évidence. Je recommande surtout pour ces redierches la moelle des singes et des carnassiers, tels que le chien. Je chat domestique et la fouine commune.
Afin de rendre l'exposition des faits plus intelligible, je distinguerai dans l'axe médullaire plusieurs régions, savoir : l"" la région caudale; S^ la région lombaire; 3* la dorsale ; 4« la cervicale ; So la bulbaire. Les autres régions, plongées dans le crâne, y subissent des modifications toutes particulières, et nous en traiterons dans un paragraphe séparé.
Suivons donc notre description à partir de la région caudale; l'axe médullaire est dans cette région une tige extrêmement grêle que composent cependant quatre funieulés tlistîncts. Deux de ces funieulés représentent les cordons antérieurs, les deux autres sont les cordons postérieurs.
Ces cordons postérieurs sont remarquables. Plus ils s'avancent vors la région lombaire, plus ils s'atténuent, et vers le soounet de cette région ils ont complètement disparu. Cette atténuation graduelle des faisceaux postérieurs de la région caudale donne l'idée d'un épuisement successif.
Mais à mesure qu'ils s'épuisent, de nouvelles fibres nerveuses se groupent sur leurs côtés, et constituent au niveau de la
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région lombaire, des oordooB postérieurs nouveaux. Ces cor<> dons» séparés d'abord Fun de Tauire par l'eaiirémité des cordons postérieurs de ia région oaudale, se rapprochent de plus en plus et bcnrdent immédiatement le sillon médian postée rieur au niveau de la région dorsale. Mais à leur tour, ils s'atténuent de plus en plus vers la région cervicale, et leurs tractus aingulik«ment amoindris forment au sillon postérieur une bordtire tràs<-minoe» sur leè cAtés de lai{uelle se constituent graduellement de nouveaux cordons postérieurs par radjono»* tion de fibres nouvellesi en regard des racines nerveuses des membres antérieurs. Ainsi dans cette succession de fibres qui se iremidacent, Tensemble des ccsrdons postérieurs dans le radiis conçrend trois systèmes distincts, savoir : 1^ Le Bya*> tème caudal qui s'épuise et disparaît vers le sommet de la ré» gion lombaire où les funicules ont reçu le nom impropre de cordons médians postérieurs* 2* Le système lombodorsal qui e^ipuise graduellement à mesure qu'<xi se rapprocbe de la ré** gion cervicale où «es extrémités atténuées reçoivent encore le nom de cordons médians postérieurs* 3* Enfin, le système cervical qui s'atlénue, il est vrai» en ee rapprodiant du crises mais qui n'arrive point au degré d'épuisement que présentent les deux autres systèmes*
En conséquence de ces observalioBS, k$ earchmê médiam postérieurs sont évidemment déns eke^pte région^ VessMmUi atténuée des cordons postérieurs fui viennent des régions situésà en arrière. Oes îtàiè peu apparents dans Tboimne sont évidente dans les singes, et en paiticuli^ dans les cynecé«> phales que j'ai étudiés aveo une attention toute spéciale. Les chats, les chiens, les carnassiers vermiformes surtout (1 j, pressentent les mêmes faits avec la même évidence. Il n*y a donc
(1) GoiiM masIèUnim vnrmlfieQm. {Kiân,)
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point là un appareil de signiflcaiion nouvelle. Ifads cel épuisement successif, et cette reproduction incessante dea cordona postérieurs dans toute la longueur de la moelle est Tun des faits anatomiques les plus curieux parmi ceux qui peuvent servir d'éléments à l'histoire de la force excito«motrice oonsi* dérée dans chaque région de la moelle épinière* Nous reviea-
drons d'ailleurs sur ce sujet intéressant.
Les sillons, qui dans chacune des moitiés de l'axe médullaire séparent les cordons composants, doivent être considérés avec beaucoup d'attention. C'est en effet aux sillons latéraux que correspondent les racines des nerfs. Au sillon mal défini que l'on désigne sous le nom de sillon latéral antérietir, se rattachent les racines antérieures de ces nerfs ; au sillon latéral postérieur sont attadiées leurs racines postérieures ; on sait que ces dernières se distinguent aisément par un petit mnas ou renflement gris qu'elles présentent à quelque diltanee de U moelle (1), de là le nom de racines gknglionnaires sous lequel on les désigne souvent ; ces faite sont si connus qu'à peine eslil nécessaire d'y insister. Les racines antérieures des nerfis sont» quoi qu'on en ait pu dire, exclusivement motrices ; les racines postérieures, au contraire, sont des conducteurs d'impressions cwtripètes. Harshal Hall et de Blainville ont, avec beaucoup de raison, distingué les fibres qui composent ces racines sous le nom de fibres centrifuges pour les racines antérieures, et de fibres centripètes pour les postérieures. U est bien entendu qu'en s'exiurimant ainsii on a eu égard à la marche des phéno» menée plutôt qu'à celle du développement.
(1) Il estlftiposBlble de ne pas rappeler Ici les belks et euiieuses ezpdrfences qae M. Waller, l'un des plus ingénieux physiologistes qui se soient occapéi du qrstème nenreux, a faites sur les ganglions des racines postérieures. Ces ganglions sont remarquables à un autre point de vue, c'est dans leur intérieur en effet, qu<s HM. Wagner et Gh. Robin ont yu pour la première fois les MUales bipolaires.
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Il esl oerUmi que le plus grand nombre des fibres qui composent las racines postérieures des nerfe se continuent avec celles des cordons postérieurs. Il n*est pas moins évident que les racines antérieures sont annexées au système des fibres des cordons antérieurs. Il n*est donc pas étonnant que certaines propriétés de ces racines se retrouvent dans les cordons auxquels elles sont attachées ; aussi, jusqu'à ces derniers temps, avait-on cru à une assimilation parfaite des racines et des coi^ dons qui leur correspondent, du moins au point de vue de leurs propriétés. Il parait toutefois qu'on s'est trop hâté de généraliser, et que les théories anciennes n'embiiassent plus tous les Mis que des expériences récentes ont fait connaître. Il n'en est pas moins vrai que les cordons postérieurs sont exdnsivement sensitifs, et les cordons antérieurs exclusivement moteurs; ceci demeure acquis à la science. Ainsi les ftdts nouvellemeol aperçus ajoutent aux faits anciens, mais ne leur sont point contraires, comme l'ont fait croire un instant au public les appréciations d'un spirituel écrivain. Les théories changent, et changeront peutrétre encore, à mesure que s'agrandira l'horison des observations, mais il serait désespérant de trouver faux des faits autrefois bien constatés.
Tels sont, en général, les faits anatomiques qui se ratta« chcnt à l'histoire de la tige médullaire, quand on envisage uniquement la superficie des choses ; mais cette étude ne suffît pas, il faut aller plus loin, et chercher à voir leur profondeur. Cette étude intime et approfondie de la moelle épinière est extrêmement délicate ; aussi, sur beaucoup de points, les résultats qu'on a obtenus n'ont-ils pas encore aujourd'hui toute la précision désirable.
La dissection de la moelle, suivant sa longueur, n'apprend
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ri^ au delà de ce que Tétude cniperficielle révèle ; ajoutons que cette dissection détruit des rapports essentiels, et ne permet pas de juger du fond des choses; trop de parties sont déchirées, trop de rapports sont détruits. On doit, en conséquence, se borner à étudier avec attenti<»i des tranches minces de la moelle pratiquées en plusieurs directions, et plus particulièrement dans le sens d'un plan perpendiculaire à son axe. Des tranches ainsi obtenues ont reçu le nom de coupes transversales.
La première observation est celle-ci : la tige médullaire est formée de substance blanche à la périphérie, et de substance grise à soB centre. Cette observation est immédiate, et de tout temps les anatomistes ont pu la faire.
Ainsi les faisceaux blancs, qui sont à la périphérie des deux nuMtiés de la tige médullaire, forment, dans chacune de ces moitiés, un fourreau dans lequel un axe gris est engagé comme une épée. Là coupe transversale de cette épée est sémilunaire. Or, comme il y a en réalité deux moelles, la coupe simultanée de leurs axes gris donne lieu à une figure symétrique que lieutaud compare avec raison à deux demi-lunes opposées par leur convexité, et unies par une lame intermédiaire. Le tranchant antérieur de l'axe gris est dans chaque moelle épais et arrondi; il est logé dans le centre du faisceau antérolatéral. Quant au tranchant postérieur, il fait, en certains lieux, saillie à la surface de la moéRe, et se montre au fond du sillon latéral postérieur sous* la forme d'une traînée grise longitudinale.
Rolando a le premier signalé dans ces deux tranchants deux substances grises d'aspect très-différent. La substance du tranchant antérieur est rougefttre et spongieuse; celle du tranchant postérieur est foncée et gélatineuse en apparence. Nous verrons tout à l'heure qu'à des aspects si dif-
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férents oorredpondeoi des différences non mûiAi tnarquAM dans la stnictore.
Les fasciculations blanches qui, dans chaque denii*oioelle constituent la gaine de Taxe gris, présentent une disposition spéciale que la plupart des auteurs ont indiquée. Elles sont groupées en forme de prismes triangulaires semblables à des lames de couteau et juxtaposés autour de l'axe comme les élé*ments d'une voûte. Il suit de cette disposition que les triangles qui résultent de la coupe de ces lames semblent rayonner» D'ailleurs leurs tranchants n'ont pas tous la même longueur» et laissent entré eux de petits intervalles où s'engage la sub* stance de l'axe gris, de manière à donner l'idée d'une sorte de décussation entre les deux substances. Il faut remarquer, en outre , qu'en général la direction des lames rayonnantes est normale à la surface de l'axe gris, dans leur point d'incidence* Cette disposition a une certaine importance en tant qu'elle est plus favorable qu'aucune autre à la facilité dos échanges qui ont lieu à chaque instant entre la matiài^ grise et les faisceaut blancs qui l'enveloppent.
Outre ces faisceaux enveloppants, on voit, au centre même de l'axe gris, en regard des faisceaux moyens, et dans le point qui ueri de transition entre la substance spongieuse et la gélatineuse, un certain nombre de petits funicules blancs dont l'existence est constante, mais dont le nombre parait variert Dans certains points, on peut en compter au delà de quarante* Ils n'ont été jusqu'à présent le- sujet d'aucune expérience; je leur donnerai le nom de faisceaux disséminés. Ces petits fakoeaux sont surtout abondants dans la région cervicale et sousbulbaire*
Les deux moelles qui Composent l'axe nerveux sont sem* blables, ou du moins parfaitement symétriques* On peut donc les considérer comme constituant chacune un système dis*
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iiiict(l). Toutefois elles sont réunies l'une à l'autre par une commissure, c*estrà*dire par une lame intermédiaire qui règne dans toute la longueur de la tige médullaire.
Cette commissure est essentiellement formée de deux la* melles dans l'intervalle desquelles sont compris plusieurs appareils importants. La lamelle antérieure est blanehe» elle unit entre eux les cordons antérieurs. La lamelle postérieui^ est grise, elle unit les deux axes gris par un trait qui, dans les coupes transversales, est semblable à celui qui unit les deux moitiés d'une H à branches courbes.
Entre les deux lamelles est un canal médian que limite une paroi propre d'aspect gélatineux, revêtue i l'intérieur du canal par un épithélium à cylindres. Ce canal, très-gréle, est constant chez les animaux et chez l'enfant nouveau-né ; je l'ai sou* vent injecté dans le cheval dans une longueur de plusieun centimètres* On en démontre aisément l'existence dans toutes les régions. Ce canal est le ventricule de la moelle ^tUère*
Il est parfaitement ouvert, et, quoi qu'on m ait dit, ne coo* tient aucun vaisseau dans son intérieur* Souvent, il esl vrai, et surtout dans la région cervicale, il est flanqué de deux antres canaux, où des vaisseaux Imigitudinaux sont logés, ce qui a fait crrâre à M. Foville (2) que ce ventricule est triple quelquefois; mais, en réalité, le ventricule est parfaitement médian, et toujours unique* Son existence est constante dans les animaux à tous les iges de la vie, et dans toutes les régions de la moelle; elle est également constante dans TenCaDt nouveau-né, msàs il parait quelquefois oblitéré cbex l'adulte.
Au-devant du ventriccde, les fibres propres de la lamelle
(1} Gela ctt parfaitement exact, eo égard aui #eUoos propres de la moelle et en particaller aux mouTements réflexes.
(2) FofTilltt, Traité complet de Canatonde du eifilème nerveux, Paris, 1844, 1 1, p. 286.
28 STinCTURB IlfTIHB
antérieure de la commissure, en passant d'un côté à Tautre» circonscrivent des interstices où sont compris de petits faisceaux longitudinaux, qui se confondent le plus souvent avec Tarète centrale des cordons antérieurs; mais qui, dans certains animaux tels que les ruminants, forment de chaque côté du plan médian un petit cordon arrondi. Je donne à ces cordons le nom de cordons longitudinaux de la commissure. On doit attacher à la considération de ces choses une importance qui ressortira mieux de nos observations ultérieures.
S s. SlnMtwe tmtfme de bi Moelle éplitfère.
La tige médullaire, outre une charpente cellulo-vasculaire très^compliquée, comprend des parties élémentaires très-différenies les unes des autres. Les unes appartiennent à son écorce blanche, les autres à ses axes gris.
Les premières sont des fibres nerveuses blanches. Elles ont le caractère de toutes les ^res nerveuses centrales. Dépourvues du névriiemme qui les revêt dans les nerfs, elles se laissent facilement déprimer, et reçoivent aisément la forme de fibres variqueuses.
La transformation des fibres périphériques en fibres nerveuses centrales se voit aisément dans la moelle de la grenouillcm La première enveloppe des fibres nerveuses qui composent les racines postérieures des nerfs, cesse brusquement au point d'implantation de ces racines dans la moelle. L'axe de la fibre, revêtu de son enveloppe immédiate, se continue seul dans l'intérieur des centres. Un réseau celluleux trèsdélicat soutient immédiatement et relie les fasciculations grêles que ces fibres constituent en s'associant les unes avec les autres. Ce réseau a l'aspect spongieux d'une moelle de jonc. Il sert de soutien aux vaisseaux çapijj^ires multipliés, qui nourrissent ia substance nerveuse.
BB LÀ XOBLLB BPnofauB. 29
Les axes gris ne préseatent point, dans toute leur épaisseur, la inème apparelioe. Rolando, avons-nous dit, a signalé les différences d'aspect qui distinguent la substance de leurs cornes antérieures de celle de leurs cornes postérieures. A ces différences correspondent des différences tranchées dans la structure.
Dans toute l'étendue du tranchant antérieur des axes gris, rélément principal est une cellule rayonnée. Cette cellule a été Tobjet d'un grand nombre de recherches. Sa paroi consiste en une membrane très-délicate qui contient une matière fine* ment granuleuse. Le nucleus est en général beaucoup plus petit que la cellule; quant au nucléole, il est très-clair et trèsbriilant. De toutes les parties de la cellule nerveuse, c'est celle que l'œil découvre le plus facilement.
Quelques cellules contiennent un pigment coloré le plus souvent en brun ; il ne parait pas d'ailleurs que la coloration de toutes les cellules soit exclusivement due à ce pigment; elle parait tenir, dans certains cas, à leur manière de réfracter la lumière.
Leur diamètre est singulièrement variable, non-seulement quand on considère différents animaux ou même les différentes régions d'une même moelle, mais encore dans une seule tranche prise isolément; souvent à côté d'une cellule bien distincte, on en voit d'autres dont le diamètre est sept ou huit fois plus considérable. Cette observation est si facile, qu'on a quelque droit de s'étonner de l'assurance avec laquelle M. Mitaie Edwards formulait, il y a quelques .années, cette proposition que tous les tissus nerveux sont composés de granules dont le diamètre égale, dans tous les cas, 1/300 de millimètre. Que conclure d'une pareille assertion? sinon que pour se dispenser d'observer et dire rapidement des choses nouvelles, on annonce souvent ce qu'on n'a jamais ni vu ni mesuré.
so tniTCTUBis nimiB
Leg ediules d'ailleurs variant beaueoap dans leur f oratôy on ne peut les comparer que d*une manière trla-générale, et «ncooe mesure précise ne leur est applicable ; on ne peut donc évidemment exprimer que des moyennes approximatives. Tou* tefois ces moyennes s'accroissent d'une manière sensible, en raison composée de la taille de l'animal et du volume relatif de Taxe dans la région qu'on étudie. Cet accroissement porte sur toutes les parties de la cellule. On peut en donner une idée par quelques mesures prises avec la plus grande exactitude au niveau du renjkment cervical :
Noyau. Nucléole.
«• CoGhond'Iiid (TOI 0-00)5.
V Chat doDiMtiqae dMHX 0-0060.
S* Yaishe 0-026 0-0076.
Nous avons négligé dans cette évaluation la cellule ellemême, dont les formes sont trop irrégulières pour se prêter à aucune mesure précise; toutefois les diflérences de grandeur sont sensibles, et s'expriment dans le même sais que celles du noyau.
Les cellules rayonnées ne sont point uniformément répan* dues dans tous les points de la substance spongieuse* Elles sont surtout abondantes dans le voisinage des faisceaux blancs qui servent d'écorce à l'axe gris. C'est aussi là qu'elles atteignent à un plus grand volume ; on peut en distinguer deux amas principaux : l'un qui occupe la limite de la corne anté* rieure en regard des cordons antérieurs ; l'autre, qui touche au cordon moyen dans le voisinage des faisceaux di$$émlnés. Outre ces deux amas, on découvre un grand nombre de cellules éparses dont quelques-unes sont à peine plus renflées que les fibres qu'elles émettent. Ce système de cellules ferme un plexus ganglionnaire qui s'étend jusque dans le domaine des cornes gélatineuses, et dont les prolonge-
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rnents vonl enfin s'unir aux faisceaux postérieurs; ainsi le plexus des cellules de la moelle sert d'intermédiaire entre le système des Icordons postérieurs et celui des cordons antérieurs, bien qu*il semble appartenir plus particulièrement i celui^^i.
Les eellules rayonnées émettent de longs prolongements ramifiés qui leur ont fait donner le nom de vésicules nerveuses à queues t ea/udaU n$rvai>e$i€let sous lequel elles sont en général désignées. Ces prolongements n'ont rien de régulier, se portent dans les directions les plus opposées et arrivent & une ténuité extrême* Les cellules ellesHnémes, ainsi que nous l'avons déjà dit, ne se ressemblent ni pour la forme ni pour la grandeur* Les unes sont oblongues ou fusiformes; d'autres arrondies, quelques-unes semi-lunaires, d'autres échappent à toute description. Quoi qu'il en soit, en étudiant avec attention des tranches de la iMelle pratiquées,. soit dans le sens transversal, soit dans le sens de sa longueur, on découvre de la manière la plus précise les relations réciproques des pro* longem«nts ramifiés qu'elles émettent. Par quelques-uns de cas prolongements qui passent comme un pont d*une cellule à une autre cellule (i), ces cellules s'unissant de proche en
(1) VejMeofiÊ 4e oes oonnexiont dat aellalet maltipolAiret «ntre enes, a été depniB longtemps loupçonnée. Todd et Beiirinaii, entre aatm, croient ces connexiosi prolMblei» maU ils ne sont point parvenus à en démontrer l'ezistenee. M. MuUer s*expHme ainsi dans son beao Manuel de ph^Hùtogie: « C'est one question importante de savoir si les gros globules de la substanee « grise, dans le cerveau et dans les ganglions» sont on non unis les uns « 4ltec les antres. — L'hypothèse d'un simple dép6t de oellules ganglionnaires « antre les filets nerveux, par rapport auxquels ils Joueraient le reie de masses « de renfoicement, ne saUsbit pas la physique des nerfo. Notre esprit de- « mande une connexion plus intime. » J'ai, en i%hï, taài de nombreuses recherches sur ce sujet. Le résultat sommaire de <!es recherches a été oemmaniqué à la Société philomalhiqae en 1852, et consigné dans le bulletin de cette société et dans l'InstUut, t. XX, 1852. p. 272. Je signalais entre toutes les ceUules un vaste système d'anastomoses aussi ûteiles à démontrer sur des tran-
32 STBUGTUAE INTIME
proche, forment un vaste plexus qui s'étend dans toute l'étendue de la moelle épinière ; d'autres prolongements se continuent avec certaines fibres des faisceaux moyens et des faisceaux antérieurs ; d'autres, mais en plus petit nombre, peuvent être suivis jusque dans les fascicules radiculaires des nerfe moteurs; un grand nombre passent, par l'intermédiaire de la
ches tnnsyenalei qat sur des eoapeB longitadinales. Le procédé à l'aida duquel on démontre le plus fkdlement ces anaatomoBee est le suivant : Une moelle extraite aussitôt après la mort chez un animal tué ad hœ, est immédiatement dépouillée et plongée dans de Talcool à 32 degrés. Deux Jours après on détache de cette moelle des tranches minces qu'on rend transparentes efl les imbibant de deux ou trois gouttes d^esaence de térébenthine oléaginiflée par une exposition prolongée à l'air. Cette essence ainsi modifiée pénètre lentement. On doit suiyre pas à pas et pendant plusieurs Jours les effets de cette pénétration. Or il y a un point où les anastomoses des cellules deviennent si tIsibles, que c'est un Téritable Jeu que de les étudier, et de constater les connexions multiples qu'elles ont entre elles. Je recommande surtout pour cette étude, la moelle du ehat et celle des grands ruminants, du bœuf en particulier. Mais on peut observer les mêmes faits dans tous les animaux mammifèrea. Je suis heureux de Toir que des observateurs aussi habiles que MM. Sdirôder Yander Kollt* Wagner (1) et Remak, aient été de leur côté conduits au même résultat. M. Kdiliker» qui dte ces anatomistes, ne croit pas à la solidité de leurs observations. Mais Je puis affirmer qu'elles sont parfaitement conformes à la nature. Mes recherches ne me permettent pas de penser qu'aucun prolongement de ces cellules se termine librement ; et ceux qui ne s'unissent point à d'autres cellules sont évidemment en connexion soit avec pes racines des nerfs, soit avec les faisceaux longitudinaux tant antérieurs ou latéraux que postérieurs, soit enfin avec le côté opposé de la moelle par l'intermédiaire de la commissure. Ce n'est que dans ces derniers temps que Je suis parvenu à voir sur des coupes transversee de la moelle du chat, à la région lombaire des fibres qui, des faisceaux et des ndnes postérieures, seportaien dans les petites cellules multipolaires qui sont aux confins de la substance gélatineuse i or comme ces cellules sont par leurs prolongements en connexion avec les cellules multipolaires qui sont situées dans les cornes antérieures dea axes gris et que celles-ci oomnuniquent à leur tour soit avec les faisceaux moteurs, soit avec les racines antérieures, il est certain que par l'intermédiaire de ces plexus des cellules multipolaires, il y a entre les fibres des
(t) Société des icienees de Gttttinfve, ISjanvier 18M