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cîens la question n'était point douteuse. La moelle n'était rien qu'un nerf. Nous avons vu qu'elle est un centre par ses parties grises. Hais évidemment aussi elle est un conducteur dépressions et de réactions, et ce rôle parait appartenir surtout à ses fascieulations blanches.
S 9. De la moelle conmie eondaetevr.
La découverte de Walker et de Charles Bell, avait ouvert la voie aux hypothèses. On supposa que les faisceaux antérieurs étaient le tronc commun des racines motrices, les faisceaux postérieurs étaient celui des racines sensitives.
Il y a à cet égard tant d'opposition entre les différents expérimentateurs qui se sont succédé, tant de différence entre les résultats qu'ils annoncent, qu'à s'en tenir à un pur éclectisme on serait bientôt découragé. Il semble que, nouveau Protée, ^expérience se prête entre les mains des physiologistes à la démonstration de toutes les hypothèses possibles. Il y a là de quoi décourager le plus robuste historien, et faire triompher les sceptiques.
Charles Bell (1) supposa que les cordons antérieurs partageaient les propriétés des racines motrices, et les postérieurs celles des racines sensitives. Magendie (2) pencha vers cette opinion sans oser rien décider. L'esprit aime les solulkms positives. Celles-là ne suffisaient pas. On vit donc se précipiter dans cette voie nouvelle une foule d^expérimentateurs.
Bellingeri (3), à la suite d'expériences faites eur un cheval «t sur deux chevreaux, émit une nouvelle opinion. Suivant luij les cordons antérieurs et les racines antérieures président aux mouvements de flexion. Les cordons p^térieurs et les racioes
(1) An idea ofa ngw aiulomy of tbe Br<dn, Lendon.
(2) Npta rar.Ie Aiégo du mouTMoent et du lentiineiit dans la moèlls épl- Dière. Dam /oiim. de pkifsiologiB empérvMntaU^ t. Ul* p. IfrS. Paris, 182B.
(3} DemeduUà spimli nervisque ex eà prodwntibus. Turin, 18^8.
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p<»léfi«iiK9ftiiziRoiiyeffieiitsd'eitension. Ces dernière tiennent en antre la sensibitité sous leur dépendance. L'habile expéri* mentatenr Toyant la sensibilité persister dans les parties postérieures dncorpsaprès lasectîon des cardons postérieurs, en coudut que la snbetanca grise tmisoiet les impressions an cerveau*
Fodera pubUa h lafane année des expériences nombreuses sur des lapins, et en consigna les résultats dans un mémoirs écrit sans ordre et dont les eoncliisions sont obscures. Ce» résultats diffèrent à certaias égards de ceux qu'avait obtenus Bellingeri (1>.
U divisa sur «a la^n le cord<m postérieur droit, vers la première vertèbre lonbaive. Le SM^uvement de rextrémilé posté* rieure fut conservé de ce cMé, mais la sensibilité y fut dîmi* noée. L'inverse eut lieu dans le côté opposé*
La section transversale des oordons postérieinrs à la régioB dorsale donna lieu à des résultats différents. Le mcweineiil des extrémités postérieures fut d'abord affaibli, mais la ^ensù» UMé persista. Huit heures après, le lapin marchait eomme dans Tétat normal. Les parties postérieures à ta Heesure pa^ furent^ alors plf$s sensibles que tes antérieures (î). A la suite d'une section de la moelle , pratiquée de manière à ne laisser entM^ra que les cordons postérieurs, la sensibilité des membres abdominaux fut, au contraire, singulièrement diminuée.
Lfr sixième expérience mérite d'être particulièrement notée. Le oordon postérieur gauche de la moelle fut divisé dans te i4gion cervicale entre la deuxième et la troisième vertèbre. La côté droit du corps fut &appé d'insensibilité, mm le mouvement y fut conservé.
Cet effet croisé des lésions de la moelle dans la région eer*
(1) Fodera. Rechercha expérimeniaUs $ur U 9y9itm€ nerveux, {Jamm, de phifiiologie expérimentale. T. HT, p. 191.)
(2) Exp. 2. £oe. eH.
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vîcale, sur la sensibilité, est confirmé par d'autres expériences, mais d'autres résultats se mêlent à ceux-ci. Ainsi, après la section des deux cordons postérieurs dans cette région, la sensibilité des extrémités antérieures est détruite, tandis que celle des cordons postérieurs se conserve. L'inverse arrive pour le mouvement, car il persiste dans les membres antérieurs, et non dans les postérieurs. Dans une autre expérience, notre auteur divise longitudinalemont la moelle, de manière à séparer le côté droit du cèté gauche, k la suite de cette opération, le senHmentfut détruit et le mouvement affaibli.
Il coupe enfin vers la région dorsale Tun des cordons postérieurs, la sensibilité des membres postérieurs fut conservée, et du côté de la lésion elle fut plus exquise que partout ailleurs.
De toutes ces expériences, Fodera tira des conclusions obscures, ou pour mieux dire il n'en sut rien conclure. Mais on ne saurait lui refuser d'avoir apergu le premier l'hypéresthésie que suit dans certains cas la section des cordons postérieurs, et dans le cas de la section d'un seul de ces cordons pratiquée dans la région dorsale ou cervicale, l'hypéresthésie du cAté lésé, et l'affaiblissement de la sensibilité du côté opposé. 11 a donc connu quelques-uns des faits principaux sur lesquels repose la théorie actuelle de la marche croisée des im[M%ssions sensitives.
Les expériences que Schœps (1) fit en 1827 confirmèrent à certains égards celles de Fodera. Il vit le sentiment se conserver et même s'exagérer dans les pattes de derrière après la section transversale des cordons postérieurs, mais il n'aperçut point les effets croisés signalés par Fodera. Il observa quelle mouvement, affaibli pour un temps après la section des cordons postérieurs, finit par se rétablir complètement, tandis que la
(1 /mm. emplémemaire de$ idêncM médieale$. T. XXX, p. 129.
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paralysie qui suit la section des cordons antérieurs persiste. Il en conclut que cette dernière section épuise bien plus la force nerveuse que celle des cordons postérieurs.
Rolando coupa les cordons poslérieurs. Le mouvement fut anéanti dans (es parties situées en arrière de la section, mais le sentiment persista. Même résultat après la section des oor*» dons antérieurs. Il n'en conclut pas que la substance grise conduit le sentiment, loin de là, il combat cette opinion. Sui* vaut lui, les cordons postérieurs et les cordons antérieurs con* duisent également la sensibilité. Mais le mouvement vohi^taire exige le conflit et l'action simultanée des uns et des autres. De là une singulière classification des nerfs, qu'il divise : 1^ en nerfs volontaires, sensitifs et bipolaires ; 2"* en nerfs involon* taires, sensitifs et unipolaires. Cette théorie n'a pas fait fortune. Parmi les expériences de Rolando, quelques-unes offrent des faits d'hypéresthésie ai^rès la section des cordons pdsté« rieurs. Un canard, sur lequel cette section avait été pratiqué^ avait les membres postérieurs si sensibles qu'il criait pour peu qu'on fit mine de les toucher (1).
M. Galmeil attaqua à soiftour cette question. D'après lui, la substance grise suffit pour transmettre les impressions sensorielles. Il se range à cet égard du côté de Bellingeri. Hais il n'établit pas clairement le rôle des fa^ceaux blancs. 11 pense toutefois qu'ils servent les uns et les autres à la sensibilité et au mouvement (2). Les questions relatives à ce point important furent traitées avec plus de succès par Backer (3) et Seubert (4) ; mais vers la même époque, on vit des hommes de
(1) Luig. RoUndo. ioarn. eompUmenlaire des mc. mid. T. XXX.
(2) /otfnt. dei progrèt. T. XI, p. 77.
(8) Commeni, ad quœn, physiologie, à FaeuU, tmed. aead. rhm* trt^u 1828, prtfpoêiiam, Utrecht, 1830.
(4) Comment, de funct, radie, ont, et post, nervorum tpinalium. Bade, 1833.
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talent ressusciter en quelque sorte l'opinicm de Beilingeri, €it tandis que quelques physiologistes professaient l'opinion que les faisceaux antérieurs sont moteurs et les postérieurs sensi* tifs, d'autres attribuaient aui premiers les mouvements de flexion et aux seconds les mouvements d'extension (1) ; d'autres défendirent une proposition directement inverse; d'autres, enfin, acceptèrent un parti mixte. Ne semble-t-il pas qu'on s'égare dans une autre Babel, et à s'en tenir à de pareils ré» sultats, la physiologie expérimentale ne paraitra-t-elie pas mériter une place distinguée dans les écrits de quelque nouveau Corneille Agrippa (2) ?
Il serait impertinent de nier la bonne foi des expérimentateurs ; mais admettre dans la nature un tel désordre serait un sacrilège. Évidemment cette diversité, cette rebutante incerti*» tude tiennent à la difficulté du manuel opératoire et à la multiplicité des causes d'erreur. H. Longet a rendu un véritable service en signalant ces causes d'erreur et en donnant l'exem* pie d'une méthode plus sévère.
On peut dire que parmi les auteurs qui ont écrit sur les fonctions de la moelle épinière, nul n*a imaginé plus d'expériences que Van Deen. On peut, en parcourant la planche qu'il 'donne à la fin de son livre, s*assurer qu'il a prévu presque toutes celles qu'on pouvait instituer, aussi a-t-il laissé à ses successeurs peu de découvertes absolument originales (3).
D'après lui, les cordons antérieurs sont exclusivement moteurs, et les postérieurs exclusivement sensitifs. €e fait est nettement établi dans son premier mémoire.
Ce n'est pas tout. II pratique l'hémisection de la moelle. Je
(1) Valentio. De funcihnibus nervorum cerebraîium et nervi sympaibiei, fierne, 1839.
(2) De incertuâine et vanitate omnium scieriûarum,
(3) Van Deen. Traités et découvertes sur la physiologie de la moelle ipinibre, Leyde, 1841.
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Teuz dire qu'il divise par une section transversale Tune de ses moitiés, et il trouve que» de ce côté» la sensibilité n'est point anéantie. Il en conclut» pages 88 et 89» que le sentiment réel peut se communiquer d*un cAté à l'autre par la $ubstantia gelatinosa. Il revient sur ce fait en vingt lieux différents (1). Si on laissait reposer l'animal» après quelques heures» la plus Uffèrs excitation des parties postérieures suffisait pour faire donner à l'animal des signei de douleur du côté où la moelle avait été tranchée. Après la section des deux cordons postérieurs» le sentiment persistai]^ encore dans les pattes de derrière. D'après ces expériences» il admet le pouvoir conducteur de la subslênce grise*
Yan Deen a fort soigneusement distingué le sentiment réel et le mouvement volontaire des effets de l'action propre et du pouvoir réactif de la moelle* U admet donc deux sortes de sentiments : un sentiment réel qui excite la volonté» et un sentiment de réflexion qui détermine les mouvements réflexes. 11 y a une sorte d'antagonisme entre ces deux sphères de la vie nerveuse. Lorsque» en effet» l'animal a été décapité à une certaine hauteur» le sentiment réel et la volonté disparaissent» mais le sentiment et le mouvement de réflexion deviennent plus actifs» page ISIO.
Parmi les idées qui semblent propres à Van Deen» il faut rappeler celle d'une réciproijîté alternative d'action» d'une part entre la stibstaniia mereaeL les nerfs moteurs» et d'autre part entre les nerfs sensitifs etV substantia gelfitinosa, U fonde son opinion, quant au premier fait» sur les mouvements musculaires, dont les cordons antérieurs» séparés à la fois des cordons postérieurs et du cerveau, sont le principe, pour peu qu'ils soient en rapport avec un reste de substantia einerea. Il
(1) NoUuDment dans les eip. 40, 42» 44.
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n*est pas moins convaincu de la réalité du second fait. Si ces propositions étaient démonlrées, beaucoup de sympathies pourraient être expliquées. De nouTelles expériences à cet ^ard décideraient peut^tre la question et auraient un véritable intérêt.
Tout en accordaiA un grand pouvoir conducteur à la substance grise de la moelle. Van Deen ne déshérite pas les cordons postérieurs de leur fonction sensitive. Il admet, il est vrai, qu'aucune fibre nerveuse ne se rend immédiatement dans les cordons postérieurs, et que toutes pénètrent d'abord dans la substance grise; mais il pense que cette substance les transmet aux cordons postérieurs, qui les conduisent jusqu'w cerveau, où elles déterminent le sentiment xéeL Cette partie du travail de Van Deen est fort hypothétique. Il est bien loin d'être prouvé que toutes les fibres centripètes, que comprennent les racines postérieures des nerfis spinaux, remontent en redite jusqu'à l'encéphale, par l'intermédiaire des cordons. Les observations anatomiques que nous avons résumées dans la première partie de cet ouvrage sont manifestement contraires à cette manière de voir. L'expérience faite par Fodera confirme d'ailleurs les données de l'anatomie. En effet, la sensibilité persistait et s'exagérait même dans le train de derrière, après la section des deux cordons postérieurs à la région cervicale, l'hypothèse la plus probable est donc celle de Bellingert. M. Stilling en est si convaincu, qu'à ses yeux la substance grise est l'agent essentiel dans la moelle épinière. Il suffit, dit*il, du tranchant postérieur des axes gris pour conduire les impressions, et de leur tranchant antérieur pour la transmission des ordres de la volonté. Les cordons blancs, séparés de la substance grise, perdent toutes leurs propriétés fl).
(1) Uniersuehuugem ûber dU Fimetionen au tUtekenmarki wmI der mr^en, Leîpsig, ISn.