‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 56 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE L'iMACniATION DANS l'ÉTAT DE VEILLE.

S 1. DéllBlllon 4e rimatfJMttoa.

Après avoir rapidement traité des parties de l'histoire des sensations qui ont avec notre sujet un rapport plus immédiat ; après avoir tracé en quelques mots l'histoire de la mémoire» élevons-nous dHm degré dans l'étude de l'intelligence, et parlons de l'imagination.

474 DB l'imagination dans l'état db veille.

Les sensations résultent des impressions que font sur nos sens les choses extérieures. Elles s*évcillent par une action immédiate des objets réels, et à leur occasion il s* éveille dans l'&me une image du monde, en même temps que, par les sen^ timenis qui les accompagnent en général, il s^y produit une certaine image du corps. Ainsi, le caractère fondamental d'une sensation, c'est la propriété qu'elle a d'éveiller une idée nécessaire, celle d'extériorité. Or, ce que la sensation est au monde, l'imagination l'est à la sensation. Elle est dans l'intelligence comme un écho des sensations antérieures. Elle les reproduit sous une forme nouvelle, mais avec des teintes plus faibles et qui laissent prédominer celles sous lesquelles se manifeste à Tftme le monde réel. On peut donc admettre que la sphère de la sensation et celle de l'imagination se touchent, mais que la première est plus proche du monde extérieur, et la seconde de l'intelligence. Il en résulte que la partie automatique du système nerveux y est moins intéressée ; et tandis que des mouvements effectifs sont la conséquence nécessaire des sensations, l'imagination, dans son état normal du moins, ne détermine dans la sphère de l'automatisme que des indices de mouvement et, si je puis ainsi dire, des ébauches de réaction.

D'ailleurs la sensation et l'imagination se correspondent, et il n'y a jamais eu rien d'essentiel dans Timagination qui n'ait été d'abord dans la sensation. Un aveugle-né n'imagine point des couleurs ; un sourd de naissance n'a aucune idée des sons ; c'est en cela seulement que consiste la vérité du fameux adage : Nihil est in intelleciu quod non prius in sensu. Hais de cette correspondance entre la sensation et Tlmagination, on conclurait à tort à l'identité de ces deux facultés. Ce qui le prouve surtout, ô* est que l'exercice de l'une diminue l'activité de l'autre. Les sensations exigent Tintervention des im-

Page 1