‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 6 sur 74 · DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

DE LA MOELLE

fibres transversales, les loges comprenneni encore un petit nombre de cellules multipolaires, et des fibres très-délicates qui relient ces ceUules au tranchant des faisceaux postérieurs.

Ces observations, dont chacun pourra constater la justesse en étudiant avec attention des coupes transversales de la moelle, démontrent que la limite réelle du cordon postérieur du côté de Taxe gris n^est point aussi nettement définie qu'on le suppose en général, et que son domaine envahit une assez grande part de celui des axes gris. Nous attachons à ce fait une grande importance, et cette importance ressortira plus tard, nous osons du moins Tespérer; mais il ne faut point anticiper ici sur le paragraphe suivant.

S 4. ■»• la MMcUe «MM M0 différente* réfflemi.

La moelle épinière dans les animaux mammifères n'occupe pas toute la longueur du canal rachidien ; ses limites supérieures répondent dans tous ces animaux aux environs du trou occipital. Quant à ses limites inférieures, elles sont dans l'homme au niveau de la deuxième vertèbre lombaire. C'est là du moins qu'est la terminaison apparente de la moelle; car en réalité elle se prolonge au delà sous forme d'un cordon grêle enveloppé d'un tube fibreux qu'on peut suivre au milieu des nerfs de la queue de cheval jusqu'à la base du sacrum.

Cette brièveté de la moelle ne détruit point les relations réelles de ses segments avec ceux du rachis ; à chacune des paires nerveuses qui passent par les trous de conjugaison, répond, en effet, un segment médullaire; mais tous] ces segments attirés et condensés en quelque sorte vers les parties antérieures du corps ne sont plus en regard de la vertèbre qui leur correspond, et pour s'y rattacher, les racines nerveuses parcourent un trajet plus ou moins long dans le canal rachidien. De là ce pinceau

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nerveux qu'on a désigné sous le nom de queue de cheval^ di^ position trop connue pour qu'il soit utile d'y insister ici.

Les diamètres de la moelle varient beaucoup dans ses différentes régions; renflée vers la région lombaire, singulièrement rétrécieà la région dorsale, elle se renfle de nouveau à la région cervicale, et s'atténue au-dessous du trou occipital pour se renfler une dernière fois dans le crâne. Ces trois renflements correspondent aux racines des nerfs qui animent les membres postérieurs, les membres antérieurs ou la face. Il ne serait cependant pas absolument exact de dire que leur volume est toujours en raison directe du nombre et du volume de ces racines. Gela peut être dit, il est vrai, d'un même renflement considéré dans tous les animaux d'un même groupe. On peut dire, par exemple, que dans un même genre d'animaux plus le bras est grand, plus le renflement cervical est épais; et ainsi pour les autres. Hais on ne saurait généraliser cette proposition à la série entière des vertébrés. En eflet, le volume du membre est en général relatif à la puissance de locomotion qui est en lui, tandis que le volume de la moelle semble surtout en rapport avec la capacité sensitive des parties qu'elle anime.

Il s'en faut de beaucoup que la substance grise soit, eu égard à la substance blanche, dans les mêmes proportions dans toutes les régions de la moelle. Ainsi, le plus souvent, il y a plus de substance grise au renflement lombaire qu'au renflement cervi<^al; d'une manière générale dans les animaux , les faisceaux blancs s'atténuent d'autant plus à la région dorsale que l'axe gris du renflement lombaire est plus considérable, ce qui semble indiquer qu'à mesure que certaines régions de la moelle prennent plus d'importance, elles retiennent plus de fibres blanches, et en laissant passer jusqu'à l'encéphale un nombre moindre. D'ailleurs, l'importance des axes gris très-grande

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chez Tenfant nouveau^né, diminue évidemment chez Fadulte. Chez l'enfant nouveau-né Taie gris forme presque toute la mazfle du renflement lombaire, et Tenveloppe que constituent autour de lui les faisceaux blancs est relativement très-mince ; mais chez l'adulte ces faisceaux blancs se multiplient, s'épaississent* et les axes gris se réduisent proportionnellement. Cette multiplication des fibres blanches parait suivre l'accroissement des membres postérieurs. Ces faits indiquent assez qu'à me« sure que les fonctiims du cerveau se développent, l'importance de la moelle en tant que centre automatique décroît, tandis qu'au contraire cette importance grandit en tant que la moelle est un appareil conducteur, eu égard au cerveau.

J'ai essayé de rendre palpable la vérité de ces propositions à l'aide du tableau suivant, où sont consignées des mesures comparatives prises avec le plus grand soin sur des coupes transversales de lamoelle faites dans le milieu de chaque région. Je ne r^retterai pas le temps que ces recherches fastidieuses m'ont coûté, si elles peuvent paraître de quelque utilité pour l'histobre philosophique de la moelle épinière.

KNFAirr

NOUY£AU-Nâ

Reoflement

lombaire.

Région dorsale.

Renflement cervical.

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