‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 64 sur 74 · DES BFPETS DB L*11IA6I NATION · texte numérisé non relu

DES BFPETS DB L*11IA6I NATION

uer les symptômes d'une indigestion grave ou même d*un véritable empoisonnement.

NVt-on pas vu souvent dans les hôpitaux des pilules inertes» telles que des boulettes de mie de pain, amener, Timagi* nation aidant, des superpurgations véritables T 11 est à peine nécessaire d'insister sur des faits qui se reproduisent à chaque instant sous toutes les formes possibles.

A une époque où des idées d'association mal entendue fermentaient chez les jeunes gens de nos écoles, un étudiant fut admis à subir les épreuves deFiniliaUon maçonnique. L'épreuve imposée fut la suivante : on lui banda les yeux, puis l'on se mit en devoir de le saigner; en conséquence, une ligature fut serrée autour du bras, on fit mine d'ouvrir la veine, et un filet d'eau, i*eçu dans une cuvette, imita le bruit du sang qui s'échappe d*uue veine ouverte. Or, l'opération ou plutôt ce simulacre d'opération se prolongeant, on vit au bout de quelques instants notre homme pâlir, s'affaisser peu à peu et tomber en syncope, l'idée d'une hémorrhagie amenant ainsi les mêmes effets que ceux d'une hémorrhagie véritable.

Raconterai-je ici ces sécrétions exagérées ou taries (f), ces constrictions spontanées du derme, ces pâleurs subites, ^ious a;s phénomènes si variés que la force de l'imagination fait

(1) « Une lorcièra menaça une Tem me qu'elle n'alaf ferait jamais son enfanf, ioadain ion lalct seieha. Et combien qu'elle eust depuis plusieurs enfonis, si est-ee que son laict UrisM>it tousiours. Mais son laid retourna auvi tost que la sorcière fut exécutée. > — Eodin. I>imonomttnie, lib. IV, cli. IT, page 217. tSSl. On ponrrait rapprocher de ces liifis ce qui est relatif aui noueun d'aïguilletles. Cf. Montaigne. Estag*, liv. 1, ch. zx.

« J'en ai tu plusieurs, dit Saint-André, qui ne pensaient qu'aux menace.* que leur ataient fait des gens de mauraise réputation, que le peuple soupçonnait de sorcellerie, qui se penuad^ient qu'ils étalent ▼éritaMement nalé^ flciés, et qui le persuadaient aux autres. Je les ai vus tomber dans le ms* rasme, et mourir de faiblesse et d'inanition. {Lettres de M, de Saim^Andic sur ie$ maU/ioes ; lettre 2, p. 176.)

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apparaître? Ne sait-on pas que les larmes se tarissent aux yeux de rhypocrite qui pense ne pas pleurer assez, tandis que la crainte de trop pleurer les fait couler en plus grande abondance?

Ainsi, ridée d'une cause de démangeaison éveille des démangeaisons véritables. L^idée vive d'une douleur la fait réellement éprouver. Au milieu d'une de nos terribles émeutes, un groupe de soldats et de gardes nationaux, engagé dans la rue Planche-Mibray, fut pendant quelques minutes exposé à un feu meurtrier et plongeant de tous côtés. L'un des combattants reçoit à l'épaule un coup léger d'une balle réfléchie par quelque corps environnant. Il n'y fait d'abord aucune attention ; mais le combat uni, un peu de douleur se faisant ressentir dans le lieu contus, il a l'idée d'une blessure grave, et soudain il sent couler sur sa poitrine une lame de sang. Il le fient manifestement, et cependant la peau, à peine meurtrie, n'avait pas même été entamée.

Ajouterai-je que l'idée du froid fait frissonner? que la vue d'un citron fait éprouver comme un avantpgoût de son acidité? Quand le physiologiste Éberle, célèbre par de belles recherches sur la digestion, voulait se procurer abondamment de la salive, il fixait toutes les forces de son imagination sur l'idée de quelque fruit acide. Malebranche n'a posé aucune limite à cette influence de l'imagination.

« L'expérience, dit-il, nous apprend que lorsque nous con- M sidérons avec beaucoup d'attention quelqu'un que l'on frappe c rudement, ou qui a quelque grande plaie, les esprits se c transportent avec effort dans les parties de notre corps qui c correspondent à celles que Ton voit blesser dans un autre. » 11 cite, à ce sujet, l'observation suivante :

c Un homme d'âge étant malade, une jeune servante de la « maison tenait la chandelle, comme on le saignait au pied.

«198 MS BVftTB BB L'iMAGTNJkTTOtr.

c Quand elle lui vît donner le coup de lancette, elle fut saisie 4 d'une telle appréhen^on qu'i^lle i^entit, irbli ou quatre jours c ensuite^ une douleur si vive au même endroit du pied, qu'elle « fut obligée de garder le lit pendant ce temps. »

Cette observation est curieuse, mais conforme aut procédés généraux de la nature. Si la vue d'un homme qui se gratte éveille une démangeaUon ; si \t^ir On entendre bâiller sollicite un bâillemeitl» serait-il impossible que Timaginalion, frappée de la vue de quelque grande blessure, ne puisse, en vertu dé seê influences naturelles sur le corps, éveiller le sentiment lrès>vir d'une U«lsure analogue ? le ite Taî jamais observé sur moUméme; mais un de mes parents, homme d*intelligence, tyant vu pour la première fols pratiquer une opération chirurgicale (Il s'agissait d'exciser une tumeur au pavillon de IVrfeille)) ressentit au même instant une douleur très-vive à VoreiUe. Celle obset*valioh eàt fautant plus concluante, qu'il n'était préoccupé d'aucune idée préconçue. D'ailleurs, il est dea faits babitffétà très-voisins de ceux-ci. Quand, par exemple, nous vt^yons quelqu'un ft*appé d'un grand cotip à la tête, nous portons symboliqufemtot la main sur ccltp partie, en faisant un geste de douleur; voyons-nous quelqu'un se faire quelque brûlure, nous exécutons, à peu de chose près, les mêmes gestes que si nous nooà étions brûléà nons-m^mcff. Grâce à ces correspondances automatiques, nous sympathisons avec tout ce qui nCcrs entoure; par elles, chacun de nous peut dire, comme le Chrêmes de Térenôe !

ifomo Bum : humani nihil a me alîenum puto (1) !

Dès lors, on concevra comment la fréquentation habituelle de certains hommes pousse à reproduire leurs altitudes et leurs gestes, comment les tics sont contagieux, comment enfin

(1) Hfavipniimorumeitos : at{. 1, su. i, t, !^5.

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lefl aceents s'imposent à te) point, qu'on peut afQrmcr que le eoflameroe de chanléurs hebifes dort arvoir h la longue sur les qualités de la voix la phis héureuâë influence. Mais que sert d'insister s«r ces choses T Qai he connaît ces ressemblances singulières qui s'établissent entre gens d'une même sorte, et d'où résulte la physionomie des professions ? Ne distin^uert-on pas, sous un cosluniA aoalogiie, le^iittiaipe é'-ê^ec le prêtre, le médecin d'avec Tavocat, le grand seigneur véritable d'avec l'insolent parvenu ? Les Français qui ont vécu quelque temps avec les étrangers ne reçoivent-ils pas, h leur ii^su, des mar^ ques durables de cette fréquentation ? Ces .choses ne sont-ellei pas prouvées par l'observation de tous les lieux et de tous les temps?

Ces observations pourraient peut-être servir de clÊf à Tex* plication de certains prodiges, qui ont, à diverses époques, occupé Tattention publique, et q^i^e le nombi*e et la qualité des témoins ne permettent pas de mettre en doute* Je rap« pellerai, en particulier, ces extatiques devenues célèbres sous ' le nom de Stigmatisées du Tyrol. Il parait, en effet» désor* mais certain que le pouvoir de l'imagination, absorbée par une contemplation idéale de la passion du Christ, peut faire participer le corps de l'extatique à ce martyre. I>e3 stigmates sympathiques apparaîtront ; ils pourront, à certaii^es époques déterminées, à certains jours consacrés par une pieuse traiH*^ tion, laisser couler du sang (1). Ici la physiologie n'ira pas

(1) Noas eroyoïM que lei derniers faits ont été rigoureusement constatés. Ifhus avons en effet une confiance absolue dans lé témelgnâge de noire savant atni, M. le docteur Cerise. Toolefois, il fiaut dans bfuaroii]^ d« cas tenir compte des subterfuges. S'il y a le» sligmates vrais de saint FrançoU d'M^ise et de sainte Catherine de Sienne, il y a les stigmates Taux dn Marie Bucaille, et les fausses marques de la su|)érieure des Ursulines de l.oiidun ) dans le dohnafne des mtts mystérieux, il y a deux camps opposés : f un e»t celai des sainte; Tsutre est telni des eharlatâùs qut sont, il fkat bleti i'avouer, ào«i

GOO DES BFFETS DE l' IMAGINATION.

])Ius loin que saint François de Saies expliquant les stigmates lie saint François d'Assise. « L'âme, dit*il, forme et maitresse < du corps ^ usant de son pouvoir sur iceluyy imprima les c douleurs des plaies dont elle estoit blessée^ es endroits cor-' « respondanis esquels son amant les avoit endurées. »

S •. iMlliieBee ée rimagliuitloii mar les moiiTeBieiito d^na

étmuiser à l'êlre ^«1 latasbie.

J*einprunte à Marcel I)onat et à Boerhaave le titre de ce paragraphe. Il comprendra deux ordres de faits : les uns positifs, les autres hypothétiques. Noas aborderons certains faits avec certitude, d'autres avec doute, mais tous avec franchise.

1. U est des voies naturelles et facilement explicables, par lesquelles un homme qui imagine-vivement peut sans paroles, sans actes effectifs, influer sur Timagination d'un autre homme. Cette correspondance cachée qui s'établit par les yeux, par les oreilles, nous lie, pour ainsi dire, à toutes les souffrances de nos semblables, et nous rend, à notre insu, victimes ou complices de toutes leurs passions. Elle est, dans toutes les langues, le point de départ de mots dont le sens profond n'est point assez admiré. Les expressions de la douleur et du plaisir, de la crainte et du courage, dans un étranger, nous dominent, et ce phénomène vient de ce que les idées règlent nos mouvements, et les idées pénètrent par les oreilles et par les yeux. Je ne sais, par suite de ces observations, si les aveugles-nés ou les sourds, anxquelséchappe toute une catégorie d*expressions, sont capables de compassion an même degré que les autres hommes. Il est difficile de le penser; mais il suffit d'indiquer ici ces choses.

nombreux que les élns sont rares. (Voy. les Voyaget de MonconiSj t. Il, et les I^eKref de JV. d$ Saini^André sur U$ malices. Lettre IV, p. 491.)

INPLUBNCB DE t* IMAGINATION, BTC. 601

Quoiqu'il en soit» le plaisir, la douleur, Tespérance, Teffroi, la volonté idéale, qui se propose un but et l'exige; la conscience impérieuse de sa force, la lâcheté, la faiblesse, ont leurs expressions propres, et ces expressions agissantes engendrent dans ceux qui les considèrent des idées corrélatives. Ainsi certaines physionomies inspirent la terreur. L'enthousiasme idéal se communique par les seuls- mouvements du visage. Rappelons ici la'puissance dans l'amour de certaines physionomies mobiles.

Ces faits bien connus, incontestés, et sur lesquels il serait inutile d'insister, donnent la clef de la puissance au premier abord inexplicable de certains procédés du magnétisme, en tant que le magnétisme est une chose naturelle. L'homme qui veut énergiquement jeter un autre homme dans le sommeil magnétique regarde ses yeux. Il veut que leurs paupières s'abaissent. Il pèse sur elles de toute l'insistance de son re* gard. Que dis-je? son geste les abaisse symboliquement, et elles s'abaissent en effet, parce que de ces actions résulte une idée intime de sommeil, d'où le sommeil résulte en raison de la relation naturelle qui enchaîne à nos idées nos mouvements les plus secrets. Remarquez d'ailleors que, pour être endormi, il faut avoir la foi. Celui qui n'a point la foi résiste à son insu, et voilà pourquoi les hommes sont, en général, beaucoup moins sujets que les femmes à l'influence soporifique des procédés magnétiques.

Il y a donc sans paroles, sans actions évidentes, mais non saus intermédiaires symboliques, certaines influences d*un èlre sur un autre, influences qu'on pourra, par une illusion semblable à celle qu'ont révélée les superstitions du pendule et des tables tournantes, attribuer à un pouvoir occulte, sans se douter qu'il y a, d'un côté, des indices d'action, des signes réels de volonté, et, de l'autre, une idée préconçue, une

#61 OIS BPrSTi BE L'nflCINATIOV.

prédiqK^itîcHi par la foi. D'ailleurs, quand la foi sera ^re, h moindre sîgno suffira, parce que la foi amène raltente; e\ laiiente éveille les sena dans un degré' souTcnt imprévu. Ajoutée que ees contaets incessante d*Dn regard sur \m eutre, chalCHiillent Torgane %îsuel an point d*éveiller des madiftealiens ^térique8(l); jusqn^tà te magnétise est émiaemneni naturel, et ses effets sur le système nerveux sont ineootestablea. Mais voici des assertions d'nn autre ordre.

â. G*est une croyance bien anetenne que rimagination de la mèrQ peut influer sur le Trnit qu'elle porte. On a été jcl9« qu*à dire que par les seules forces dé rimagtnatlon, uiie femme livrée anx ilhisions d'un songe, poutnlt eoftcevoir et engendrer. Bartholin, Deusii»g4us et Lainsmerdei ont grare^ ment traité eelte question ^ et d'un tel sérient qu'il fallait bien que cette opinion eût jeté de leinr temps de profondes raeines. Une feknme noble, Magdeleine d'Aiguemairian, éloignée de sort mari qui, depuis quatre ans, était en voyage, devint eooeinte et mit au monde nn filS; Comme on pent le penser, la légitimité de cet enfant fut vivement contestée. Magdeio»ie répondait qu'elle n^avait eu commerce avec aucun homme^ et qu'elle arvait conçu pat les seules forces de son imagination vivement ocenpée du souvenir de son mari. Aujourd'hui^ mie pareille assertion exciterait un juste mépris, mais à cette époque elle fut prise en considération. L'afbire fut portée devant le parlement de Grenoble qui, soit par conviction réelle, soit par des raisons d'un autre ordre, admit la

(1) TertuIIfen a magniûqaement parlé de ces innuânces da regard. « Quantum velii bona mente eonetar, necesse est publicaUone sol peridltoliir, dam percuUtur oculis inceriis et muilis, dum digllis demonstraotium tUiHatur, dum nimium amatur, etc. ^Supt. TertuUiaDi. De velandis virginibut ttb, t p. 996. Sdif. de la Barre. Paris, IMO.)

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ié^itimiié de Tenfant. On Ht avec intérêt la eritictné judicieuse qu'un médecin, I. tteldtd, éôrisullé sur cette aff.ilre par M. de Montrabbe, pfemfer président du parlement de Toulouse, fit de ce jugemcfrt. Ainsi l^crrcur n'était poitit pairtagée par des gens Instruits; tnàiâ pour (\i\*xiû parlement osât admettre une pareille opinion, il ralhit qu'elle fût bien populaire (1).

Je doute qtrôn trouvât attjotird'hui un tiotifime assez ^ou pour renouveler de pareilles rêreries. Mais si tes conceptions miraculeuses n'ont plus dans les esprits aucune créance , il n'en est pas de môme de l'opiniott qui attribue à l'imagination de la ttière mîd puissance singtillèfe éur le corps et sUr les dispositions instinctives de l'enfant qti'ellê a conçu. Les faits sur lesquels cette opfnfon repose, sont-îls suffisamment prou- Tés? A^-t-on exagéré la valeur de quelques comcidcnces fortuites? Je rignore. Mais ces faits ont pour garants des homnfies graves ; la multitude les admet et les affirme ; le doute en pareille matière sera Aohb plus philosophique que des dénégations injurictises. ■

L'un des faits les plue célébrés est eelui dont ttalebranche «'est fait l'historien (ï).

« Il y a sept ou huît ans, » dlt-ll, « que Ton voyait aux in- « curables un jeune hofnme qui était né fou, et dont le corps « était rorfipu dans les mêmes endroits dans lesquels on rompt € les criminels. 11 a vccù près de vingt ans en cet étal; plu- €. sieurs personhes Toïit vu, et la feue reine-mèrè allant visite ter cet hôpital, eut la ctirlosité de le voir, et même de tou- « cher les bras et les jambes de ce jeune homme aux endroits < où ils étaient rompus. > Malebranche attribue rififinnité

(1) Lâtntwerde. fiafnrafh motarum nteri hUtoriû, cap. ii, Liigd BataT., fC86, p. ITé— Cf. Deufefngfus. Fetius musèîpontani extra uterum in abdomine genili secundinœ éleiettûé. 6«tt. vii, p. i08. Hronlngie, 1662.

(2) Recherche de la vérité. Part. 1, Hv. Il, cfaa^. Vil, % S.

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de ce malheureux à l'imagination de sa mère frappée pendant sa grossesse, par le spectacle d'une exécution.

Grégoire Horstius raconte qu'en 1600, une dame enceinte de deux mois, ayant eu l'esprit frappé de la vue d'un crucifiement, et ayant donné trop d'attention aux jambes brisées et contournées du larron crucifié à la droite du Christ, mit au monde une fille difforme de la jambe droite; la rotule manquait, le membre atrophié et rétracté ne pouvait être étendu (1).

J. Nie. Pechlin, dans ses observations physico-médicales, a cité plusieurs cas analogues, et entre autres celui d'une servante saine et bien portante qui, effrayée à plusieurs reprises par les accès d'épilepsie qu'éprouvait sa maîtresse, mit au monde des enfants épileptiques. Il emprunte à Swammerdam l'histoire d'une femme enceinte qui, effrayée par la vue d'un homme noir, crut, en se lavant le corps, éloigner le danger qui menaçait son enfant; mais l'eau n'ayant pas atteint les intervalles de ses doigts, l'enfant naquit blanc, sauf les intervalles des doigts qui étaient noirs (2).

Paracelse,Vanhelmont, Fienus,Schenkius(3), Mauriceau (4), ont publié plusieurs cas de ce genre, et le grave Boerhaave ajouta à ces observations le résultat de sa propre expérience. Une femme, émue d'un spectacle effrayant, doit, suivant lui, se garder de toucher aucune partie de son corps. Ce contact déterminerait des marques chez son enfant (5).

IjSl plupart de ces exemples sont de nature à frapper l'esprit,

(1) Marcel. Donat. De mediea kUtaria mirabili, lib. VU, eompUmeiai loco addUus.tMp, m, p. 668. Francof,, 1613.— Cf. Vallemont, PAy«. occ. 2«part., p. 378.

(2) J.-N. PecbllDi. Obs. med, phys. Lib. Hl, Obs. XV. Hamburg, 1691.

(3) Obs. lib. IV. De gravidU. Obs. i et ii. p. 56i. Franoof. 1666.

(4) Traité des accouchement», Obs. LXiv, CCLiii, cccxLiii. (5} De morifit nervorum, U II, p. 566.

INFLUSNCB DB L'iMAGINATtOlf, &T<:. 60^

mais de simples observations ne peuvent suffire pour établir une théorie, tant qu'on Q*a point démêlé ce qui vient du hasard, d'avec ce qui résulte, en effet, d'une corrélation réelle. L'expérience, d'ailleurs, n'est point ici en notre pouvoir, parce qu'il est absolument impossible d'apprécier, dans ce cas, le rôle de toutes les circonstances, au milieu desquelles ces phénomènes se produisent. Mais une observation curieuse, qui m'a été communiquée par M. le docteur Piédagnel, pourra fournir peut-être un élément indirect à la solution de cette importante question.

M. Piédagnel avait été appelé auprès d'une femme en couches. Le travail n'avançait pas, et on ne pouvait juger du mode de présentation de l'enfant, parce qu'une tumeur molle, fluctuante, engagée dans l'orifice du col utérin ne permettait point au doigt d'y pénétrer et d'examiner l'état intérieur des choses. Cette tumeur préoccupait M. Piédagnel. Il fit en conséquence appeler plusieurs de ses confrères, et sollicita leurs avis.

La malade fut donc livrée à leur examen ; mais l'incertitude subsistait. Quelle était cette tumeur fluctuante? M. Piédagnel ii/iagina de saisir à tout hasard ses enveloppes et de les pincer. La mère se récria : Vous me pincez, dit-elle. Dans quel endroit? fit le médecin. Mais ici, répondit-elle, et elle désignait en même temps une des grandes lèvres. M. Piédagnel, étonné, comme on peut le croire, répéta cet essai, avec tous ses confrères à leur tour, et toujours il fut suivi du même résultat. Quand on pinçait la tumeur, la mère s'écriait qu'on la pinçait, et toujours la douleur était ressentie à l'orifice de la vulve. Ce fait excita l'étonnement général.

Cependant, au bout de quelque temps, le travail avança, et le bassin de Tenfant se dégagea. On put alors constater la nature de celte tumeur problématiqiie. C'était le scrotum œdê-

608 DBS SFFATS DR L^IMAGtlIATlOlf.

gnéttsme aniiqal, dont raffinilé avec la magie antique est aujourd'hui démontrée (1).

La magie est fort ancienne dans le monde : Cham, dit-on, la transmit à son fils Misraîm qui fut» suivant quelques-uns, le même que Zoroastre. Les livres sacrés et profanes en sont remplis. Doués d'un pouvoir terrible, la nature entière est livrée au pouvoir des enchanteurs et des sorcières:

CanniDa Tel eœlo poaunt dedueere lunam Curmiaibus Cirée aoeioe mutavil UlyiMi.

Apulée, Pline, Aulu-Gelle, Yarron, sont les garants de ces merveilles que Platon flétrit au livre xi des lois. Cette opinion s'est perpétuée au travers des âges, elle a envahi l'univers. Les paysans de nos provinces tremblent encore sous le pouvoir occulte de certains bergers ignorants. La croyance aux sorts jotés est populaire en Italie où ce maléGce est désigné sous le non àejeitatura; les Toscans disent ^asc^nam^nto, «ta/ d'Orchio (-2). (^est le Fascinvm des anciens. Chose remarquable, tandis que nos sorciers frappent en maudissant, le fascinateur italien agit par le poison des louanges: c*est en louant qu il tue (3). Aussi TertuUien appelle-t^il ces sorts : Infelieiorern landis et gloriœenormiaris eventum (4). Jérôme Frascator explique cela : La joie, dit-il, épanouit le cœur et les yeux, cl par là, elle ouvre une porte au poison qui émane du fascinateur (5).

Les magiciens imaginaient encore qu'on pouvait, à Taide do certaines conjurations, attacher la vie de l'homme à certains

(1) Da Potet.^Gf. Mirville. De4 eipriu et de leurs manifesUUion$ fitûdiques.

(2) Voir le curieux OQvrage de ValelU. Cicalata, Nap. 18 IS. (S) Aulu Gell. Noci. au. XI, 4.

(4) De velandit virgimbus, Loc. cit.

(5) H. Fracastori. DetympathiA ei ontipaihiA. Lib., cap. xiui.

INFLUENCE DB l'iUÀOINATION, ETC. 609

objets par des sympathies occultes. Telle est Thistoire de Héléagre mourant» à mesure que la bûche fatale se consume. C*est dans le même but que Ton consacrait des figures de cire. Cette superstition est de toute antiquité ; elle était populaire dans la Grèce antique ; elle fut en fayeur chex tous les peuples d'Europe pendant le moyen âge : on perçait ces figures de coups d'épingles, on les faisoit chaufTer et fondre lentement ; c*est ainsi que le roi Duffus mourait lentement, épuisé par les sueurs d'une fièvre miraculeuse (1). Dans les pays chrétiens, pour attacher plus d'horreur à la consécration de ces figures, on les baptisait; ce sortilège affreux fut souvent mis en pratique. Is comte d'Étampes, aidé d'un moine noir, y eut recours contre le comte de Gharolais en 1463 (2).

Un gentilhomme, décapité à Paris, dit Bodin, fut trouvé saisi d'une image ayant la tète et le coeur percés avec d'autres caractères (3).

Yillemarqué a trouvé des traces de cette superstition jusque dans les chants populaires de la Bretagne; on se préoccupait beaucoup de ces maléfices, «i En 1578, l'ambassadeur d'Angleterre et plusieurs Français donnèrent advis en France qu'on avoit trouvé trois images de cire où le nom de la royne d'Angleterre et ceulx de deux aultres personnes étoient escripts, dedans un fumier. »

On peut rapprocher de ces croyances une foule de supersli-

(1) Heetor Boeth.» HUu Seot. lib. XV.— Cf. G. Bachanani renm ScoUc. HUt, Ub. VI. Cardan. De rerum varieiau, cap. uxx.

(2) De Barante, Hisi. des ducs de Bourgogne, 1. 111, p. 48. Paris, 1837.

(3) Démonomame des sorciers, — On t'j prenait parfois d'une autre sorte : On baptisait un animal du nom de son ennemi ; puis, tous les tourments qu^on faisait subir h cet animal étaient ressentis par le maléflcié.

Boissier, Lettres au sujet des mai^ftces. Paris, 1781. —Cf. Gampanellay De sensu rerum et sensili, Lib. IV, cap. i. — Gabriel Naudé, Apologie pour les grands hommes accusés de magie, chap. iv ; et Macario, Du sommeil^ p. 68. il. 39

610 DXS BFFXTS DB L*IKÂ0INATIOlf.

lions populaires. On était absolument convaincu, au temps du fameux chevalier Digby, que si le lait d*une vache est répandu par hasard dans le feu, son pis s*enflamme et se couvre de pustules si Ton n'a pris la précaution de répandre sur le foyer une poignée de seU II fallait également se garder avec soin de jeter dans le feu les excréments des petits enfants, pour leur épargner des inflammations sympathiques. Digby raconte sérieusement que de son temps, c pour mieux punir les goujat-s qui venaient déposer leurs ordures auprès des maisons, les fermières faisaient rougir à plusieurs reprises une broche de fer et renfonçaient chaque fois dans Texcrément. A Tinstant le fripon qui avait fait cette saleté ressentait une douleur et colique aux boyaux^ une inflammation au fondement^ une envie continuelle d'aller à la selle. Ces femmes passaient ignoramment pour sorcières (1). »

L'art d'encheviller et d'enclouer reposait sur les mêmes principes. Enfonçait-on une cheville en terre, juste sur le lieu où un homme avait uriné, il était enchevillé, c'est-à-dire condamné à une rétention d'urine absolue. Faisait-on la même chose sur le point juste où un cheval avait posé son pied d'aplomb, le cheval boitait aussitôt, et boitait tant qu^on n'avait pas enlevé le maléfice.

Si Ton invoquait ces sympathies pour nuire, on les invoquait aussi pour guérir. C'est le lieu de rappeler ici Vun^ guentum armarium de Paracelse, la fameuse poudre de sympathie du chevalier Digby, et celle de Dionis pour faire suer,

(1) Digby, Discours touchant la guérison des plaies par la poudre desym-pathiCf imprimé à la suite d'une disserUtion sur le tœnia, par Dionis. Paris, 1749, p. 239. — Cf. Ant. Deusingius, De morbo Man Slacht, infaseiculo disser^ tationutn selectarum, Groningue, 1660, p. 88. L'auteur nous apprend qu'on s'imaginait guérir de son temps les aliénés affectés de la folie homicide, en leur donnant à boire, soit de l'eau, soit de la bière où Ton avait agité le couteau ou le glaive qui avait servi à un assassin.

IN7LUBNGB DB l'iMAOTNATION, BTG. 611

Voici la recette de Paracelse : Prenez deux onces d*usnée» qui est une mousse formée sur un crâne humain abandonné à Tair, deux onces de graisse humaine ; ajoutez-y mumie et sang humain, demi-once; huile de lin; térébenthine; bol d*Arméniey une once. Pilez le tout dans un mortier» et conservez le mélange dans un vase oblong. On plongeait dans ce vase le fer qui avait fait la blessure ou tout autre objet taché du sang qui s'en échappait. Le blessé se bornait à laver le matin la plaie de son urine, et il était bientôt guéri sans aucune douleur (1).

Le procédé de Digby était beaucoup plus simple. 11 faisait dissoudre, dans un bassin d*eau commune, une poignée de poudre de vitriol de Chypre, ou même du vitriol commun du commerce (sulfate de cuivre), et y plongeait quelque objet ayant servi au pansement de la blessure; Teau devait être tenue à une température douce et fraîche. II raconte comment il guérit ainsi d'une grave blessure à la main sir Jacques Howell, secrétaire du duc de Buckingham, et fort aimé du roi Jacques. Tout le monde connaît le discours qu'il écrivit à ce sujet et dans lequel il essaye d'expliquer cette guérison par les principes de la physique de son temps.

La poudre de sympathie, que Dionis préconise pour faire suer, n'était point de son invention; il en avait appris la formule de Tabbc de Grély, vicaire général d*£mbrun. On la composait ainsi :

ÂBBa-foetida trèft-«ëche 6 onces.

LiUiarge d'or • • 6 »

GoQperoee* 1»

Mercure cru 1/2 »

Antimoine 1 »

Castor en poudre 1 »

On pilait toutes ces drogues, et, après y avoir ajouté deux

(1) Voy. PorU, Magiœ noi. lib. VIII, cap. xll, p. m.

dis DES EFFETS DB L^IMÂOIIIÀTION.

verres d*eâu de rivière, on calcinait le mélange dans un pot de terre à feu qu'il fallait pousser jusqu'au rouge. La masse était ensuite refroidie et de nouveau pulvérisée ; on en prenait huit onces qu'on mêlait dans un matras de verre, contenant une pinte à une chopine environ d'urine du matin. Le matras ne devait pas être absolument plein. On le bouchait ensuite hermétiquement avec un bouchon de liège bien flcelé* Après vingt-quatre heures d'infusion, on mettait le matras au sable dans une terrine, de manière à faire bouillir Turine doucement. Le malade prenait deux tasses de thé, et bientôt il se développait une sueur abondante. Le même mélange pouvait servir plusieurs fois (!)•

Il ne reste plus guère aujourd'hui de ces procédés que quelques recettes populaires relatives à ta guérison des verrues. L'on affirme que ces procédés sympathiques guérissent. Je n'en puis rien dire, ne les ayant jamais essayés.

Vnnguenium armarium devait agir sur certaines particules détachées du corps du blessé. Il en était de même de la poudre sympathique de Digby. L'objet, à la destruction duquel était attaché le destin de la verrue, doit avoir été frotté contre elle. Cet objet est d'ailleurs assez indifférent. C'est tantôt du sang de pigeon ou un morceau de viande, tantôt une limace des champs; mais si des particules détachées du corps conservent avec lui une sympathie occulte, à plus forte raison des parties détachées d'un corps vivant, et conservées ailleurs vivantes, le doivent-elles faire. On connaît la fameuse histoire de Taliacot. Il avait fait un nez à un homme riche, de la peau d'un pauvre diable. Le jour de la mort de celui-ci, le nez emprunté à sa peau se flétrit et tomba. Voltaire a mis cela en vers à sa manière.

(0 DIonIf. Poudre fympathique pour faire suer.

UfFLUBNGB DE L'iMÀOIIfÀTIOir) ETC. 618

On a aussi admis entre les jumeaux des sympathies singulières; mais Tastrologie en réclame l'explication. Dans ces choses, quand on ne les a pas observées soi-même, la part du vrai et du faux est très-difficile à faire*

Quelques sorciers employaient des procédés plus directs. Ils se servaient de poudres, de poisons , méthode familière aux nègres des Antilles. Ailleurs, on tirait d'affreux maléfices de crapauds baptisés et nourris d'hosties consacrées. Le sorcier pouvait se tromper dans ses calculs, mais le diable y trouvait toujours son compte. D'autres, plus puissants, agissaient par la seule force de leur volonté et par la puissance de certaines paroles, c J'ai vu, dit le célèbre Femel, un homme qui arrêta une hémorrhagie incoercible, en touchant la blessure et en murmurant des paroles mystérieuses (1). »

Pomponace dédie son livre de Incantaiianibus à un médecin de Hantoue qui avait vu des prodiges de ce genre, et lui en demandait l'explication. U citait, en particulier, un fer de lance que tout l'art d'un chirurgien n'avait pu arracher de la plaie. Un magicien prononça quelques paroles, et ce fer tomba de lui-même.

Les livres sont pleins d'exemples de ce genre , et il serait superflu d'y insister ici ; mais l'histoire a conservé le souvenir de certains hommes doués d'un pouvoir inexpliqué. Tel était ce Valentin Greatrakes, du comté de Waterford , en Irlande. Il entendit, pendant la nuit, une voix qui lui disait : Je te donne le pouvoir de guérir les écrouelles. Plus tard, il reçut le don de guérir aussi les fièvres, et enfin toutes les maladies. 11 guérissait en touchant les parties malades, et en éloignant par des passes le mal des parties les plus essentielles. Pechlin (2) a raconté son histoire : « C'était, dit-il en parlant de

(1) J^e abditit rerum aouit. Lib.1I, cap. Xti, p. 243, FrancoAirtl, 1574.

(2) J. Pechllnt. Obi.phffi. med. Ub. III, obe. xixi, p. 476. Hamb., 1691.

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Greatrakes, un homme doux, très-religieux et simple en tout. » Nous n'insisterons pas ici sur les célèbres exorcismes de Gassner, ni sur les miracles authentiques du prince de Hohenloë, miracles acceptés par Nasse, qui les attribue à l'influence de rimagination. Quoi qu'il en soit, nous arrivons, de proche en proche, aux procédés du magnétisme animal, et ce n*est pas sans quelque tremblement que je vais toucher à cette question brûlante.

Le magnétisme animal a évidemment ses principales racines dans les doctrines alchimiques. « L*esprit universel, dit c Haxwel, maintient et conserve toutes choses. Tout ce qui c est corps ou matière ne possède aucune activité, s'il n'est a anhné par cet esprit, et s'il ne lui sert, en quelque sorte, de « forme et d'instrument. Ces corps servent de base à l'esprit c vital; c'est par lui qu'ils agissent et qu'ils opèrent (1). » Ce fluide liait l'homme aux astres. Il avait son flux et son reflux.

Thouret a démontré, dans un ouvrage intéressant, que la doctrine défendue plus tard par le célèbre Mesmer n'est qu'une répétition assez servile de celle de Haxv^ell (2). Comme ce dernier, Mesmer cnit à l'existence d'un agent universel, a C'est, dit-il, « un fluide universellement répandu. Il est le moyen d'une « influence mutuelle entre les corps célestes, la terre et les « corps animés. Il est continué de manière à ne soufirir aucun c vide. Sa subtilité ne permet aucune comparaison. II. est « capable de recevoir, propager, communiquer toutes les « impressions du mouvement. Il est susceptible de flux et de c reflux. Le corps animal éprouve les effets de cet agent, et c c'est en s'insinuant dans la substance des nerfs qu'il les « affecte immédiatement» On reconnaît particulièrement dans

(1) Maxwell. Demedieinà magneUeà, Francofart., 1670, iii-16. Aph. 5, 6, 13.

(2) Thouret* Beckerche* et doutes sur le magnéUsme animoL Parifi, 1784.

IRILUXXffCB DB l'|]CA6INATI0N, BTC. 615

€ le corps humain des propriétés analogues à celles de Taimant; c on y distingue des pôles également divers et opposés. L*ac- « lion et la vertu du magnétisme animal peuvent être corn- « munîquées d'un corps à d'autres corps animés et inanimés. « Cette action a lieu à une distance éloignée, sans le secours « d'aucun corps intermédiaire; elle est augmentée , réfléchie « par les glaces, communiquée, augmentée, propagée par le c son. Cette vertu peut être accumulée, concentrée, transc portée. Quoique ce fluide soit universel, tous les corps a animés n'en sont pas également susceptibles. Il en est même, c quoique en très-petit nombre , qui ont une propriété si c opposée, que leur présence détruit tous les effets de ce fluide c dans les autres corps »

« Le magnétisme animal peut guérir immédiatement les c maux de nerfs, et médiatement les autres. Il perfectionne € Faction des médicaments. 11 provoque et dirige les crises c salutaires, de manière qu'on peut s'en rendre maître. Par a son moyen, le médecin connaît Fétat de santé de chaque « individu, et juge avec certitude Torigine, la nature et le c progrès des maladies les plus compliquées; il en empêche c l'accroissement et parvient à leur guérison, sans jamais « exposer le malade à des effets dangereux ou à des crises fâc cheuses, quels que soient l'âge, le tempérament et le sexe. »

Tel est le mesmérisme à son début; Un fluide universel; un éther divin, semblable au sublime candens d'Ennius, au fluide odylique ou odique des magnétiseurs modernes. A ce degré rien n'est absolument merveilleux dans le magnétisme. Il y a dit-on, un flinde; ce fluide a des propriétés; ces propriétés agissent sur les corps vivants. Dans toutes ces prétentions il y a du physicien, bien plus que du thaumaturge. Les personnes, qui traitent aujourd^ui certaines maladies au moyen de l'électricité, au fond ne prétendent rien autre chose. Il

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peut sans doute y avoir beaucoup d'illusion dans les procédés mesméristes, mais erronés ou non, ces procédés appartiennent moins à Tart du sorcier qu*à celui du naturaliste.

En quoi consistaient ces procédés? Voici comment les commissaires du roi en ont rendu compte, c Us ont vu >, dit le rapporteur de la commission, c au milieu d'une grande salle, une caisse circulaire faite de bois de chêne, et élevée d'un pied ou d'un pied et demi, que Ton nomme le baquet, et ce qui fait le dessus de la caisse est percé d'un grand nombre de trous d'où sortent des branches de fer coudées et mobiles. Les malades sont placés à plusieurs rangs autour de ce baquet, et chacun a sa branche de fer, laquelle, au moyen du coude, peut être appliquée directement sur la partie malade. Une corde, placée autour de leur corps, les unit les uns aux autres. Quelquefois on forme une seconde chaîne en se tenant par les mains, c'est-à-dire, en appliquant le pouce entre le pouce et le doigt index de son voisin. Alors on presse le pouce que Ton tient ainsi. L'impression reçue à la gauche se rend à la droite et elle circule à la ronde. »

« Un piano-forte est placé dans un coin de la salle, et on y joue différents airs sur des mouvements variés. On y joint quelquefois le son de la voix et du chant. Tous ceux qui magnétisent ont à la main une baguette de fer, longue de 10 ou 12 pouces.'

c M. Deslon, ajoute le rapporteur, a déclaré aux commissaires:

« l'' Que cette baguette est conducteur du magnétisme. Elle a l'avantage de le concentrer dans sa pointe et d'en rendre les émanations plus puissantes. »

c 2<> Le son, conformément aux principes de H. Mesmer, € est aussi conducteur du magnétisme, et pour communiquer

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