‹ Anatomie comparée du système nerveuxChapitre 65 sur 74 · INFLUENCE DB L*IMÀGINÀTION, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DB L*IMÀGINÀTION, ETC

a le fluide au piano-forte il suffit d*en approcher la baguette € de fer. Celui qui touche à Tinstrument en fournit aussi, et c le magnétisme est transmis, par les sons, aux malades en-

< vironnants. »

c 3*" La corde dont les malades s'entourent est destinée, « ainsi que la chaîne des pouces, à augmenter les effets par

< la communication. >

« 40 L'intérieur du baquet est composé de manière à y € concentrer le magnétisme. C'est un grand réservoir d'où il € se répand dans les branches de fer qui y plongent (l). »

Les commissaires reconnurent aisément que de ces appa» reils ne résultait aucun effet électrique appréciable. Mais il n'en était pas. de même des organismes humains. Des troubles nerveux, des convulsions singulières les agitent. D'ailleurs, tous sont soumis à celui qui les magnétise, c Les malades ont « beau être dans un assoupissement apparent, sa voix, un € regard, un signe les en retire. On ne peut s'empêcher de c reconnaître à ces effets constants une grande puissance qui c agite les malades, les maîtrise, et dont celui qui magnétise « semble être le dépositaire. »

Ainsi les faits sont constatés et accordés par les commissaires; mais quelle en est la source? Est-il prouvé que leur manifestation explique celle d'un agent spécial? Les commissaires ne le pensent pas. « Il y a, disent-ils, tant de rapport, « quel qu'en soit le moyen, entre la volonté de l'âme et les c mouvements du corps, qu'on ne saurait dire jusqu'où peut c aller l'influence de l'attention qui ne semble qu^une suite ft de volontés dirigées constamment sur le même objet. Quand c on considère que la volonté remue le bras comme il lui « plaît, doit-on être sûr que l'attention arrêtée sur quelque

(1) Bardin et F. Dabola, Histoire académique du Magnéiitm animal, P«ris, 1841, p. 80.

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c partie intérieure du corps ne peut y exciter de légers mou-' € vements, y porter de la chaleur, et en modifier l'état € actuel de manière à y produire de nouvelles sensations ? Le c premier soin des expérimentateurs, ajoutent-ils, a dû èive c de ne pas se rendre trop attentifs à ce qui se passait en € eux. Si le magnétisme est une cause réelle et puissante, c elle n'a pas besoin qu'ils y pensent pour agir et pour se « manifester. Elle doit, pour ainsi dire, forcer, fixer leur « attention, et se faire apercevoir d'un esprit distrait, même < à dessein. >

Des expériences faites sur quelques malades, magnétisés par M. Jumelin, justifient ces présomptions et ces doutes. Les commissaires voient certains phénomènes se produire chez les gens crédules et avertis. Mais si on leur bande les yeux, si on agit à leur insu, rien n'arrive. Réciproquement les troubles magnétiques se développent en eux, alors même qu'on n'agit point quand ils s'imaginent être réellement magnétisés. Ainsi une demoiselle qui tombait en crise, lorsqu'elle se savait magnétisée au travers d'une feuille de papier, n'éprouvait rien lorsqu'elle l'ignorait. Dès lors, dans le rapport des commissaires du roi, tous les effets du magnétisme sont attribués à l'imagination (1). H. Â.-L. de Jussieu, qui s'était séparé de la commission, exprime dans le sien des conclusions moins exclusives. Il admet, il est vrai, le pouvoir de l'imagination; mais il reconnaît en outre la réalité d'une action qui en est indépendante, et sur la nature de laquelle il ne décide rien. € Les expériences faites pour constater l'existence d'un c fluide magnétique, prouvent que l'homme produit sur son c semblable une action sensible par le frottement, par le

(1) Rapport des eommiuairei chargés par le roi de l'examen du wiagné" Uêm animal. Paris, 1784. — Bardin et F. Dubois, Hist. du Magnét., p. 70.

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« contact, ety plus rarement, par un simple rapprochement à c quelque distance (1). >

Évidemment le fluide magnétique, tel que le concevaient Maxwell et Mesmer, n'existe point. Si tous les corps de la nature en sont pénétrés, des expériences faciles en peuvent démontrer l'existence; or, jusqu'à présent du moins, cette démonstration physique a été complètement impossible.

Il n'en est plus de même s'il s'agit d'un fluide exclusivement propre aux corps vivants. Mais voici une difficulté : ]es magnétiseurs prétendent donner à leur gré, aux corps les plus inertes, certaines propriétés magnétiques; tout cela est fort obscur. L'erreur est souvent difficile à démêler, et la discussion des faits est la plupart du temps impossible.

Ainsi, en tant que physiciens, les Mesmérites sont à peu de chose près vaincus et terrassés. L'idée d'un fluide universel, empruntée de Démocrite et de quelques anciens philosophes, est à peu près abandonnée ou du moins on y insiste légèrement. Mais tout n'est pas dit encore; il est certain, quelle qu'en soit la raison, que les pratiques du magnétisme déterminent des convulsions, des accidents hystériques, des mouvements nerveux très-divers, plus souvent encore de la somnolence, et tous les médecins savent qu'il peut se produire dans ces cas, suivant le tempérament des individus, des spasmes cataleptiques, de l'extase, des hallucinations et des songes, et dans certaines circonstances un somnambulisme véritable.

Tous ces faits sont inexpliqués, mais ils sont naturels, et l'homme ayant la faculté de rêver, pendant le sommeil normal, il n'est pas impossible d'admettre qu'il puisse à la fois

(1) Rappori de Tun des cùmmissaires chargés par te roi de C examen du magnitisme animal. Paris; HérisBant, 1784. - Burdin et F. Pa|>ois, Hist. du Magnétisme, p. 187.

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