‹ Anatomie comparée et expérimentale des Feuilles souterrainesChapitre 9 sur 14 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Nous avons entrepris, au Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau, deux séries d'expériences. Dans la première série, nous avons enfoui sous le sol, de jeunes rameaux pendant un laps de temps variant de un à deux mois : nous avons ainsi placé des feuilles aériennes dans les conditions de milieu où se développent d’ordinaire les écailles. Pour la deuxième série, nous avons fait l’expérience inverse : nous avons déterré des rhizomes et les avons placés à l’air et à la lumière, c’estàa-dire dans les conditions normales où se développent les feuilles.

Ainsi, notre première série d'expériences avait pour but la transformation de feuilles en écailles et la seconde série, la transformation inverse d’écailles en feuilles. Nous avons, de plus, placé certains des rhizomes déterrés à l'air et à l'obscurité, de façon à nous rendre compte quelles étaient, dans les écailles souterraines, les modifications de structure dues, d’une part, à l'absence de lumière, d'autre part, à l’influence du sol lui-même.

(A) PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES AYANT POUR BUT LA TRANSFORMATION DES FEUILLES EN ÉCAILLES

Glechoma hederacea J. STRUCTURE DE LA FEUILLE NORMALE.

A) Pétiole. — Le pétiole, sur une coupe transversale, présente une partie supérieure courbe, concave en dehors, se continuant latéralement avec deux petites ailes et une partie inférieure, ayant la forme d’un demi-cercle. L’épiderme est composé de cellules dont toutes les parois sont épaissies. Sur les faces latérales, la première ou les deux premières assises de cellules situées en dedans de l’épiderme ont des parois fortement collenchymateuses, tandis qu’au niveau de la face inférieure, le nombre des rangées de cellules où le collenchyme est développé s'élève à trois ou quatre : les deux ailes supérieures sont exclusivement constituées par du collenchyme.

En dedans, le parenchyme est formé de cellules arrondies, séparées les unes des autres par des méats. Les faisceaux libéroligneux sont au nombre de trois, disposés selon un arc ouvert en haut : le faisceau le plus développé situé dans le plan médian de symétrie a son bois tourné en haut et son liber en bas : les deux faisceaux latéraux plus petits, situés à droite et à gauche du précédent, ont leur bois tourné en dedans et leur liber en dehors. |

B) Limbe (PI. II, fig. 18 et 19). — L’épiderme supérieur a, d’une façon générale, des cellules à parois plus épaisses que celles de l’épiderme inférieur : toutefois, au niveau d’une nervure, cet épiderme inférieur a des cellules à parois épaissies. Le collenchyme existe, à ce niveau, dans les deux ou trois assises de cellules situées en dedans de l’épiderme inférieur, tandis qu’à la face supérieure, il n’y a guère que la première assise sous-épidermique qui soit collenchymateuse. La face inférieure de la feuille présente de nombreux stomates.

La différenciation du mésophylle en un tissu palissadique et un tissu lacuneux est manifeste. Les cellules palissadiques sont courtes et disposées sur une seule assise ; les lacunes sont bien développées. Les faisceaux libéroligneux ont la disposition et l’orientation normales.

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