PANCRÉAS
Le pancréas ou glande salivaire abdominale existe chez tous les mammifères. Il présente toujours un aspect blanchâtre chez les animaux de celle classe; il se compose de plusieurs lobes, et verse son produit dans l'intérieur de l’intestin, en unissant son canal excréteur A celui du foie. On observe quelquefois deux
Fig. 140. — Glande pancréatique du pvlhon hivit laïus d apres Poelinan. n Intestin. — 4 Pancréas. — c Canal hépatique.
canaux qui s’ouvrent séparément dans la cavité du duodénum. On n’a pas reconnu encore de rapport entre 1e volume ou les modifications de cet organe, et le régime de l'animal.
Le pancréas est très-volumineux chez les oiseaux; il est toujours de couleur blanchâtre et situé dans l’anse formée par le duodénum. Il se compose quelquefois de deux lobes accolés dans le sens de leur longueur. Les conduits excréteurs sont au nombre de deux ou de trois et s’abouchent séparément dans l’in-
lestin . Il est à remarquer que le grand volume du pancréas compense chez les oiseaux le faillie développement des glandes salivaires. Il est à supposer que le produit du pancréas et la bile agissent séparément sur la matière nutritive, puisque nous voyons dans l’autruche le canal cholédoque s’aboucher près du pylore et le canal du pancréas à trois pieds de distance du précédent.
Claude Bernard prétend que le canal pancréatique et le canal cholédoque se contractent de la manière la plus évidente avec une forme rhylhmique dans les oiseaux.
Le pancréas est facile à découvrir chez tous les reptiles et les batraciens (fig. 14-0); il a souvent une teinte jaune; il est généralement moins développé chez les reptiles aquatiques que chez les terrestres. Cet organe contracte aussi, chez quelques-
uns de ces animaux, une union assez intime avec la rate. Le canal excréteur est rarement double et il s’insère généralement vis-à-vis du canal cholédoque.
Dans la classe des poissons, il existe un pancréas véritable dans les sturioniens, les poissons plagiostomes ( les raies et les squales), et dans un grand nombre de poissons osseux, indépendamment des cæcums pyloriquesC II a un aspect glanduleux dans ces poissons comme
1 On en a vu dans le salmo salar, elupea harengus, jjadns, callarias enttus «corpins, perça fluviatilis, pleur, platessa, pl. maximus, belone longirostr is, et cyprin, brama, d'après Brnkniann.
Fig. 141. — Estomac et cæcums pj toriques de salmo fario.
APPAREILS GLANDULAIRES
dans les vertébrés supérieurs ; aussi le liquide pancréatique est versé dans l’intestin par un canal unique à une petite distance du pylore.
Chez les poissons osseux, on trouve en général des cæcums autour du pylore, que l’on nomme cæcums pyloriques et que l'on a longtemps considérés comme représentant le pancréas (lig. Hl). Le nombre et le volume de ces cæcums sont très-variables; ils sont d’autant plus volumineux qu'ils se trouvent en plus petit nombre. On en voit depuis deux, trois ou quatre, jusqu’au delà de cent. Ils s’abouchent dans l’intestin par plusieurs ouvertures; on les trouve généralement pleins. Dans d’autres animaux de cette classe, ceux qui terminent la série des vertébrés, les cæcums pyloriques et le pancréas manquent complètement.
Les seuls animaux sans vertèbres chez lesquels on observe un pancréas, sont les mollusques céphalopodes. Il existe à la base du foie et sur les conduits hépatiques, des tubes glandulaires ramifiés ou des cæcums formant des lobes et qui s’abouchent par divers orifices dans le canal excréteur du foie; celte glande, qui a été vue depuis longtemps, représente évidemment le pancréas.