SPERMATOZOÏDES
Comme l’ovaire produit un œuf qui conlienl le germe, le testicule produit un œuf qui est rempli de globules pourvus d'un appendice vibralile (lig. 1 i ) ; ce sont les animalcules sperma-
Fig. 151.— Formation dus sperui«tloti»ïdes.
tiques des anciens, les spermatozoïdes des modernes. On en trouve dans tous les animaux qui produisent des œufs.
Il y a donc un œuf mâle et un oeuf femelle Les spermatozoïdes sont analogues aux globules vilellins de l’œuf femelle. Ces globules vilellins deviennent libres dans les mâles et ils forment, dans les femelles, les matériaux organiques pour la fabrication des embryons. Les spermatozoïdes forment l’essence de la liqueur mâle, comme les globules du sang forment l’essence du sang dans les animaux vertébrés.
Ce ne sont évidemment pas des animalcules parasites.
L’action de l’appendice vibralile donne un air de vie qui les avait fait regarder comme des animalcules. Ou les a même, il n’y a pas si longtemps, regardés comme formés de divers organes qu’on avait cru remarquer dans leur intérieur.
Ce sont les spermatozoïdes qui rendent la liqueur mâle féconde; le liquide qui a perdu ces corps ne produit plus aucun cfTel sur les œufs.
Pour produire cette fécondation, il ne faut autre chose que le contact de l’œuf avec le spermatozoïde, ou plutôt la pénétrait.
lion de celui-ci ù travers les enveloppes, soit dans l’intérieur île l’ovaire, soit dans l’oviduete ou la matrice, soit hors du corps de la mère. On peut produire la fécondation artificielle comme dans les plantes. Chaque espèce a une forme de spermatozoïdes qui lui est propre (lig. 1 52).
Fig. 152. — Spermatozoïdes de l’homme, du rat, du coq, du bombinator, de la loche, du colimaçon, de crabe, d’écrevisse et d'ascaris.
Les différences principales que l’on remarque entre eux consistent dans le développement plus ou moins grand de l’appendice vihratile qu’on a désigné sous le nom de queue. Il est généralement unique, plus ou moins long, quelquefois immobile et triple; mais la disposition la plus remarquable est celle que nous montrent les céphalopodes. Aussi bien que le vitellus s'entoure d'une coque et de blanc fournis par l’oviducte après sa sortie de l’ovaire, aussi bien le spermiducte forme quelquefois une gaine propre autour des spermatozoïdes, et ceux-ci sont renfermés dans un tube qui est lancé par le mâle, sur le corps de la femelle et éclate comme une fusée. On l’appelle sperrnatopbore (fig. 153 et 154, p. 167). C’est par ce singulier moyen que la fécondation s’opère chez ces animaux.
APPAUEIL GENERATEUR
Chez le cyclops castor, un tube cylindrique, rempli d’un liquide spermatique, s’échappe de l’ouverture sexuelle du male immédiatement après l’embrassement ; le mâle saisit ce tube et le colle contre le ventre de la femelle, au-dessous de la vulve.
Les spermatozoïdes sont des organes de l’économie qui servent ù la fécondation ; la durée de leur vie est plus ou moins longue après leur séparation du corps. Dans la poche copulutive des insectes, la vitalité se conserve pendant plusieurs mois. Nous croyons qu’elle peut se conserver des années chez les linguatules et chez plusieurs vers.
MAMMIFÈRES
Appareil mâle. — Cet appareil comprend : le testicule, le canal déférent ou le spcnniducle, la vésicule séminale, le canal éjaculateur, la vésicule prostatique, le pénis avec le canal excréteur commun qui le parcourt dans toute sa spermotophore de longueur, et enfin des glandes qui
J" ”,rhe: sont destinées ù sécréter le liquide
qui doit lubrifier les surfaces.
Le testicule est toujours double chez les mammifères; dans le jeune âge, il est logé dans l’abdomen où il reste pendant toute la vie chez quelques-uns d’entre eux, surtout chez les rongeurs. Cet organe est toujours arrondi et enveloppé de plu sieurs membranes, quand il est situé à l’extérieur. L’intérieur se compose de canaux très-fins, anostomosés entre eux, qu'on appelle vaisseaux séminifères et qui communiquent avec le canal excréteur (fig. 155). L’épididyme ne manque jamais dans cette classe.
Le canal déférent est très-long et se rend h la base du canal
Kig. 154.
Spcnnatophore de cyclops castor.
de l’urètre, en montrant la vésicule séminale près de sa terminaison. Celte vésicule séminale n’existe pas constamment, mais
Fig. I î>5- — Testicule injecté au niei eui e
on trouve toujours entre les deux canaux une petite poche qui représente la matrice mâle (fig. 150, p. 109).
La vésicule séminale, en effet, manque chez beaucoup de carnassiers et de marsupiaux, chez les monotrèmes, les cétacés et les rongeurs. Il y en a trois dans le cheval et une très-grande dans le lièvre.
Un canal commun, le canal de l’urètre, conduit ensuite au dehors, à travers le pénis, l’urine et la liqueur spermatique. Il y a un pénis dans tous les animaux de celle classe, mais dans chaque espèce il a une forme particulière. Le gland qui termine cet organe est quelquefois couvert de soies ou même de petites écailles. Un os est logé dans l’intérieur du pénis chez beaucoup de mammifères, c’est l’os pénial. Chez quelques mammifères, comme les singes et les quadrumanes, le pénis est peu-
APPAREIL GÉNKUATEl H
duiil; tandis que d’aulres, comme les ruminants, le portent dans une gaine située le long des parois de l’abdomen.
Les glandes, qui s’ouvrent à l’intérieur de l'urètre, et dont le produit est destiné à lubrifier sa surface, sont la prostate et les glandes de Cowper.
La prostate est souvent mullilobée et très développéedans plusieurs rongeurs et insectivores. Ou en compte trois paires dans le hérisson et autant dans le rat. La glande de Cowper existe dans la femelle quand ou l’observe dans le mâle.
Elle est très- grande dans le rat et les chauves-souris en général :
très- petite, au contrai re, dans le chat et nulle dans le chien.
Appareil femelle. —
Il se compose d’un ovaire, d’un oviduete, d’une matrice, d’un vagin et d’un clitoris.
L’ovaire est toujours double et symétrique. Il est logé à l'intérieur. Sa forme se rapproche de celle du testicule, à moins que les œufs ne soient assez grands, comme dans quelques mammifères, et ne lui donnentun aspect bosselé ou en forme de grappe. C'est l’ovaire qui produit l’œuf, comme le testicule produit les spermatozoïdes.
l/œuf, arrivé à sa maturité, quille l’ovaire, pénètre dans l'oviducle et va se loger dans la matrice pour un temps variable dans chaque espèce. Ces deux oviductes s’ouvrent souvent dans une poche distincte, ou bien s’ouvrent l’un dans l’autre en se dilatant à la partie inférieure, et ils donnent de celle manière naissance à des matrices de forme très-différente, mais qui se
Fig IS6. — Appareil *r\uel mttr ti'u» lapin Agé tir « rois tutus.
i Vessie urinaire. — b Testicule. — r Canal déférent. — d Utérus mâle. — t Pénis.
rapportent à un seul et même type. C’est la partie inférieure de l’oviduete qui se sépare plus ou moins nettement et qui devient matrice. Comme l’oiseau couve l’œuf dans son nid après la ponte, le mammifère couve son œuf dans la matrice. L’œuf de l’oiseau, au moment de la ponte, correspond à l’œuf du mammifère au moment d’entrer dans la matrice. L’époque de la ponte correspond au moment où l’œuf quille l’oviducte. L’oviducte se termine supérieurement en entonnoir, et cet entonnoir est plus ou moins bien situé pour recevoir les œufs murs qui se détachent de l’ovaire. La matrice est simple dans les singes, les chéiroptères et quelques édentés; elle est bicornue dans les ruminants et les cétacés, divisée dans les carnassiers et double dans la plupart des rongeurs. Le vagin s’ouvre directement en dessous du canal de l’urètre. Chez plusieurs mammifères, il existe à l’entrée du vagin une valvule qui a été désignée sous le nom de membrane de l’hymen.
Le clitoris ressemble en général au pénis du mâle. Il est trèsgrand et percé comme le pénis chez le maki et le lori, simple dans les mammifères monodelphes, double ou plutôt bifurqué dans les didelphes; le clitoris de la loutre porte un os pénial.
Chez tous les mammifères, l’embryon ne séjourne pas dans la matrice jusqu’au développement complet de ses principaux organes; les mammifères de l’Australie, que l’on nomme didelphes ou marsupiaux, portent sous le ventre une bourse, dans laquelle se trouvent les letines des mamelles; les petits quittent la matrice quand ils sont encore à l’état embryonnaire, ils séjournent dans celle bourse un temps déterminé, entés sur les letines, et dans cette seconde matrice ils prennent leur développement complet. Ces singuliers animaux naissent pour ainsi dire deux fois, et ils peuvent rentrer encore dans cette poche sous-abdominale aussi longtemps qu’ils sont trop faibles pour se défendre.
Leur appareil sexuel se compose de deux ovaires et de deux oviductes, d’une matrice assez petite et de deux vagins qui s’ouvrent dans un canal urétro-sexuel unique (fig. 157). Quelquefois la matrice (macrop. Benettii ) s’ouvre directement dans le eanal urétro-sexuel (Paelman).
APPAREIL GÉNÉRATEUR
Les mâles ont un pénis dirigé en arrière pendant le repos, et le gland est divisé en deux parties, correspondant aux deux vagins.
Les monolrèmes ont à droite et à gauche un ovaire bosselé comme celui des oiseaux, et un oviducle qui se dilate à sa partie inférieure avant de pénétrer dans le canal urétro-sexuel. C’est l’appareil sexuel des oiseaux,
I mais au lieu d’ètre simple comme dans ceux-ci, il est double (lig. 158).
Les mamelles sont l’apanage exclusif de la première classe du règne animal ; c’est à cause de la présence de ces glandes qu’on les appelle mammifères.
Elles sont formées, comme les autres glandes, de cæcums ramifiés qui s’abouchent à un ou
Fig. 4 57. — Appareil femelle dr ktnguroo.
quelques canaux excréteurs. Ce canal est terminé par une papille (le mamelon ou le telin), â l'exception des monolrèmes.
Il existe un rapport entre le nombre de petits que l’animal produit à la fois et le nombre de mamelles; on voit une paire de mamelles pour un jeune.
Ces organes varient beaucoup quant à leur situation et leur nombre; les mamelles sont : pectorales, abdominales ou inguinales, selon qu’elles occupent la poitrine, l'abdomen ou le pli de l’aine. Quelques mammifères portent ces trois sortes a la fois.
Elles sont situées à l’extérieur dans les divers ordres de
mammifères; dans les marsupiaux, elles sont situées au fond de la bourse (fig. 159).
Les mamelles sont pectorales dans les quadrumanes, les
chéiroptères, les bradypes, les cétacés herbivores et l’éléphant. Chez les carnassiers et les rongeurs, elles sont surfont abdominales; les ruminants et les pachydermes les ont souvent inguinales.
— Appareil femelle d’ornilhorh> nque.
Fig I î>9 . — Hourse et mamelles de didelpbis opossum.
Les lelines du coïpou sont situées, au nombre de quatre, sur les flancs, le long d’une ligne qui partirait au-dessus de l’œil et se dirigerait vers les hanches. Elles sont situées sur l’épaule chez le porc-épic.
Les cétacés véritables portent deux mamelles a coté de
l’anus. , , , i
Oiseaux.— Les testicules sont doubles, de couleur blanche,
de forme arrondie et de grandeur très-variable selon l’époque de l’année Les testicules des coqs sont au moins quatre fois plus grands au printemps qu’en hiver. Ces organes sont toujours logés dans l’intérieur de la cavité abdominale, en dessous de la partie antérieure des reins. Ils sont composés de vaisseaux ou
AIM’AISKIl. (if.NKHATKlMl .
plulol de tubes séminifères très fins, comme dans les mammifères.
Les canaux excréteurs forment à leur sortie un renflement qui représente I épididyme du testicule des mammifères. Chacun de ces canaux excréteurs ou déférents s’ouvre dans l'intérieur du cloaque, a côté de I uretère. A l'exception de quelques oiseaux, comme l’autruche et le cnsoar, ainsi que les oiseaux palmipèdes, ils sont tous dépourvus de pénis véritable. Cet organe, quand il existe, présente le long de sa face inférieure une gouttière qui conduit la liqueur spermatique.
I. appareil sexuel femelle des oiseaux se distingue de celui île
tous les vertébrés, parce qu'il ne se compose que d’un seul ovaire et d’un seul oviducle, celui du côté gauche. L’autre est de bonne heure atrophié (fig- 160). Cet ovaire estsitué è la même place que le testicule gauche dans le mâle; il a un aspect bosselé ou prend même l’aspect d’une grappe de raisin. Il est beaucoup plus développé à l’époque des amours et contient des œufs ù tous les degrés de développement. L’oviduclc diffère aussi considérablement de diamètre; il est terminé supérieurement en entonnoir et reçoit l’œuf mûr qui se détache de l’ovaire. Cet œuf ne consiste que dans le jaune.
Les parois de l’oviducle sé- ***• i«o. — organrsgtfniMui J» poni*. crètcnl d’abord le blanc ou l’albumen qui doit envelopper le jaune et, à sa partie inférieure, au milieu d’un renflement qui est une sorte de matrice, un liquide blanc est sécrété par ces parois et devient, en se solidi-
liant, la coquille de l’œuf. Ce canal excréteur s’ouvre aussi dans le cloaque, et on trouve un clitoris dans les femelles dont les mâles portent un pénis.
Les oiseaux, à l’époque de l’incubation, perdent les plumes de l’abdomen, et les vaisseaux de la peau prennent un développement extraordinaire; il en résulte une augmentation considérable de température dans celte région.
Quoique les organes sexuels soient toujours cachés, dans les mâles comme dans les femelles, on châtre cependant les oiseaux aussi bien que les mammifères, pour rendre leur chair plus délicate. Le coq devient chapon après celle opération, et la poule poularde.
Parmi les oiseaux, les pigeons sont pourvus d’organes qui ne sont pas sans quelque analogie avec les mamelles. Après l’éclosion, il se forme dans le jabot une sécrétion assez abondante d’un liquide lactescent qui imprègne la nourriture que la mère dépose d’abord dans son jabot avant de la donner à ses petits.
Ilepliles. — Les testicules ne sont généralement pas placés à la même hauteur dans la cavité abdominale, et ils diffèrent en même temps entre eux par la forme. Ils sont situés au-devant ou au-dessous de la partie antérieure des reins. On y reconnaît encore les canaux séminifères. Le canal déférent est eu général très-long et s’ouvre dans le cloaque. Les tortues et les crocodiles ont un pénis simple, logé dans le cloaque; les autres sauriens et les serpents ont un pénis double, logé en dessous de la peau, à côté du cloaque, et qui se déroule comme un doigt de gant.
Il existe deux ovaires dans tous les reptiles, à la même place où se trouvent les testicules dans les mâles. Les oviducles sont au nombre de deux, et contrairement à ce qui se voit dans les deux classes précédentes, ils sont placés au coté externe des ovaires. Ils sont souvent bien longs et décrivent des circonvolutions. Ces ovaires sont creux et les œufs se développent dans leur intérieur.
Batraciens. — Les deux testicules sont encore de forme arrondie, de couleur blanche et sont situés au fond de la cavité
APPAREIL GÉNÉRATEUR -
abdominale. On reconnaît encore des canaux séminifères dans leur intérieur. Le canal déférent se confond dans un canal
commun avec I uretère chez la grenouille; il est assez large, descend le long du bord externe des reins et s’ouvre dans le cloaque. Il n y a pas de pénis, mais il existe une papille qui en tient lieu chez les tritons et qui e>t surtout développée à l’époque des amours. Il y a souvent des glandes qui s’ouvrent directement dans le cloaque et que l’on a comparées à la prostate.
Les ovaires sont aussi au nombre de deux; ils sont très-volumineux, surtout à l’époque des amours. Ils consistent dans des sacs assez larges, dans l’intérieur desquels se développent les œufs. Les oviductes sont toujours séparés des ovaires: ils forment de longs canaux qui présentent de nombreuses circonvolutions et qui s’ouvrent dans la paroi dorsale du cloaque.
Poissons. — Les organes sexuels s’éloignent, sons divers rapports, de ceux des classes précédentes. Quoiqu’il y ait des poissons à un seul testicule (myxinoïdes), la plupart en portent cependant deux; le testicule est toujours très-volumineux.
occupe souvent toute l’étendue de la cavité abdominale et varie beaucoup de couleur et de consistance, il ressemble, dans quelques poissons, par exemple les anguilles, tellement
Fig. 161. — Testicule cl canal déférent de raie.
Fig. 162. — Torpédo, d'après Muller.
a Testicule. — b Kpididynie.
à l’ovaire, qu’on ne le distingue pas à l’œil nu et que l'on a cru
pendant longtemps que ces poissons n’avaienl qu’un seul sexe. Cet organe est creux (fig. 165), très-long, inlesliniforme chez quelques-uns; les spermatozoïdes se forment dans l’intérieur. Il est composé de granulations très-fines. On reconnaît aussi dans plusieurs poissons les canaux séminifères qui sont anoslomosés entre eux et qui se réunissent en un canal déférent.
Les testicules sont entourés en partie par le péritoine, et ils ont en outre une tunique propre, qui enveloppe les canaux spermatiques.
Les poissons plagiostomes ont les testicules composés de canaux ou plutôt de cloisons qui divisent leur substance en cavités plus ou moins grandes ; chacune de ces cavités renferme une vésicule, qui est remplie de cellules dans lesquelles on trouve les spermatozoïdes ; des canaux afférents assez larges aboutissent
à un canal déférent, après avoir formé un épididyme composé de nombreuses circonvolutions (fig. 161 et 162 p. 175). Le canal excréteur s’ouvre dans le cloaque conjointement avec le canal excréteur des reins. D’autres poissons n’ont pas de traces de canal déférent, la liqueur spermatique est directement évacuée par une ouverture située derrière l’anus, ou bien encore la liqueur tombe dans la cavité abdominale et se répand ensuite au dehors par une ouverture post-anale (eyclostomes). Les deux canaux déférents se réunissent souvent en un canal commun qui s’ouvre ensuite dans une petite papille située derrière l’anus (pleuronectes). *
Le canal déférent des esturgeons s’ouvre dans la cavité abdominale, à son origine, comme Poviducte des classes supérieures, et s’abouche dans l’uretère.
Les males des poissons plagiostomes portent à l’extérieur
Fig. 165. — Appareil mâle* Uu trigla.
a. Rectum. — b. Anus. — c. Testicule. — d. Canal déférent. — e. Reins. — /'. Uretère. — y. Vessie.
APPAIIF.II. GÉNÉRATEUR
deux appendices à la base de la queue, dont la nature fonctionnelle n’est pas connue. Cel organe s’ouvre et se ferme, présente souvent dans son intérieur une lame tranchante qui peut devenir une arme dangereuse, et dans l’intérienrest logée une glande secrétant un liquide lactescent, composé de très-petits globules.
I. 'ovaire des poissons est souvent un sac, dans l’intérieur duquel se développent des replis longitudinaux ou transversaux, sur les parois desquels se forment les œufs. Un repli du péritoine le maintient en place. L’ovaire est quelquefois simple, mais plus souvent cependant double et toujours très-volumineux. Il y a des poissons chez lesquels les ovaires occupent toute la cavité abdominale, au point de laisser à peine de la place pour les autres viscères. L’oviducte manque quelquefois et les œufs tombent alors dans la cavité abdominale, d'où ils sortent par un orilice situé derrière l’anus, mais devant l'orifice du canal de l’urètre. Quand il y a deux ovidurtes, souvent ils si* réunissent en un seul et s’ouvrent, comme dans le cas précédent, derrière l’anus. Ou bien, comme dans les plagioslomes, où l’ovaire est comparativement petit, et quelquefois unique, les deux oviducles sont larges et n’ont qu’un orifice abdominal; ils présentent sur leur trajet, chez les ovipares, une forte glande qui sécrète la coque cornée des oeufs et ils se renflent sur leur trajet pour former une matrice véritable dans les ovo-vivipares. comme les mustelus; avant de s’ouvrir dans le cloaque, les deux oviducles se réunissent en donnant naissance à une sorte de vagin.
Chez les saumons et les anguilles, l'ovaire est lisse d’un côté, couvert de feuillets de l'autre, et les œufs qui se forment sur ces feuillets tombent dans la cavité abdominale pour se répandre au dehors par le pore génital. Il n’y a pas d’oviducle.
Les esturgeons ont l’oviducte ouvert dans la cavité abdominale par un entonnoir, comme le canal déférent dans les mâles; les ovaires sont très-volumineux et laissent tomber les •rufs dans la cavité abdominale. Les oviducles s’ouvrent ensuite dans un canal commun avec les uretères (fig. UH p. 178)
Chez les syngnathes et les hippocampes, poissons lophobranches. les mâles portent derrière l'anus une poche d’incubation
formée par la peau et dans laquelle les embryons achèvent leur développement.
Insectes. — Tous les insectes ont les sexes séparés; quelquesuns, comme les abeilles ou les fourmis, ont, outre le sexe male et femelle, le sexe neutre, et l’espèce se compose de trois sortes d’individus. On dit que les neutres sont des femelles, dont l’appareil sexuel est dans un arrêt de développement.
Les insectes sont ovipares, tous s’ac-
Fig. 164. — O'iduclt'S, elc., d'esturgeon.
a. Entonnoir. — b. Oviducte. — c. Uretère.
— d. Orifice commun.
— c. Oviducledu cAlé opposé.
Fig. 105. — Appareil mâle de carabe.
a. Muscles. — b. Pénis. — c. Canal éjaculaleur.
couplent; les pucerons et quelques autres sont en outre gemmipares pendant une partie de l’année.
Les femelles portent souvent au bout de l’abdomen un organe particulier qui leur permet de déposer les œufs dans les lieux les plus convenables à leur développement. Ces œufs ont des formes très-variées.
Les deux sexes présentent souvent de grandes différences, non-seulement dans la couleur, la taille et la forme, mais dans tous leurs organes. Ainsi, dans le ver luisant, la femelle est aptère, ressemble à une larve, sécrète une pulpe phosphorescente, tandis que le mâle est un insecte ailé, et qui ne semble avoir aucun rapport d’organisation avec sa femelle.
APPAREIL GÉNÉIlATEl'R
ï-es œufs sont fécondés avant la ponte.
Appareil mâle. — Les testicules sont doubles et symétriques; ils consistent souvent en un tube flexueux très-long qui se pelotonne quelquefois sur lui-même, mais que l’on peut aisément dérouler (flg. 1(55 et 1(5(5); le canal déférent est également double; il n’est que la continuation du vaisseau séminifère ; les deux canaux se réunissent en un canal éjaeulateur qui s’ouvre derrière l’anus. Les canaux déférents se dilatent quelquefois pour former une vésicule séminale, et l’on trouve habituellement sur le trajet du conduit éjaculateur deux cæcums simples, qui représentent la prostate.
Les canaux séminifères qui constituent le testicule varient considérablement en nombre, forme, volume, étendue, etc., au point de ressembler à des corps très-différents et d’affecter parfois la forme de Heurs.
A l’extrémité postérieure de l’abdomen, on voit les organes de la copulation qui sont extraordinairement variables d’une espèce à l’autre. Outre le pénis, les mâles portent des pièces cornées en forme de stylets ou de pinces, qui varient beaucoup et qui servent â retenir la femelle; on voit souvent des organes pareils sur les antennes ou sur les pattes.
Dans quelques insectes, il y a une intumescence dans le pénis qui fait qu’après l’accouplement, les organes de la femelle, revenant brusquement sur eux-mêmes, saisissent le pénis et l'arrachent au mâle. C’est ce qui a permis à Huber de s’assurer que la reine d’une ruche d’abeilles qu'il observait, était fécondéeà son retour. Elle portail l’organe mâle avec elle.
Appareil femelle. — Il existe toujours un ovaire double: sa forme varie extraordinairement, tout en conservant toujours le type glandulaire. Chez plusieurs de ces animaux, on
ISO
voit des tulies effilés et terminés en pointe s’ouvrir dans une cavité commune et montrer des œufs en voie de développement sur toute leur longueur ; ce sont les ovaires (6g. 1(>7). Ils s’ouvrent directement dans un oviduele, et ces deux conduits excréteurs s’abouchent ensuitedans un vagin unique.
On remarque dans les insecles sur le trajet du canal sexuel femelle une poche qui est remplie souvent de liqueur mâle; c’est la vésicule copulative. Le sperme s’y conserve longtemps sans perdre sa faculté fécondante.
Pendant l’accouplement, la verge du male s’introduit dans celle poche pour y déposer le sperme.
Souvent l’appareil femelle extérieur est très-compliqué? On voit des appendices à l’extrémité postérieure du corps, qui servent ou comme organe de défense, ou comme organe particulier pour la distribution des œufs (oviscapte et aiguillon).
Les pucerons sont agames en été et se reproduisent par gemmes; en automne, les appareils sexuels se développent dans toute une génération, et au lieu de donner des gemmes, ils sont ovipares.
La femelle du grillon, pendant l’accouplement, monte sur le mâle, qui fait saillir une capsule transparente, remplie de sperme; celle capsule entre dans i’orilice vaginal et la femelle se relire en l’emportant, une partie de la capsule restant dehors. Le mâle n’a pas de pénis. (Ébrard.)
Myriapodes. — Les myriapodes ont les sexes séparés comme tous les vrais articulés; les orifices génitaux mâles sont situés dans le septième segment, les orifices de l’appareil femelle dans le troisième, du moins si nous prenons pour exemple les iules.
(/appareil mâle dans ces derniers est composé de deux longs cordons, garnis de cæcums latéraux sur une grande partie du
Fig. i67. — Appareil femelle d’insecte, a. Ovaire. — b. Poche comilative.
APPAREIL EÉNÉRATEliR
trajet (fig. 168). Vers le milieu, ees cordons sont réunis par des iinastomoses. Les canaux déférents sont collés l’un contre l’autre et se séparent tout près de l’orifice.
L’appareil femelle est encore plus simple (fig. 16!)). L’ovaire est formé d’un sac unique très-allongé, qui s’étend dans toute la longueur du corps, et les œufs se développent simultanément dans toute l’étendue. Tout près des orifices, il se forme deux canaux excréteurs par la bifurcation du canal unique; ils se rendent à l’extérieur aux deux orifices. Il existe un réceptacle du sperme.
Les orifices de cet appareil s’ouvrent à la partie postérieure chez les scolopendres; il n’y aurait chez les lilhobies qu’un seul testicule d’après Tréviranus, et un seul orifice génital ; et les femelles n'au- rig.
raient de même qu’un seul ovaire m‘'led0 lB,e frmeii* * lui*, s’ouvrant dans le dernier segment du corps. Sur le côté de l’extrémité de l’oviducte, on découvre aussi une vésicule spermatique.
Arachnides. — Les araignées véritables ont un appareil sexuel mâle très-simple (fig. 170 p. 182). Il consiste en deux tubes plus ou moins flexueux, logés en partie entre les lobes du foie; chacun de ces tubes continue sous forme de canal déférent, souvent très -grêle et qui vient s’ouvrir dans une fente transverse, située à la base de l’abdomen. Les palpes de ces mâles sont profondément modifiés et acquièrent souvent un grand volume. On a même cru que ces organes contenaient le testicule dans leur intérieur. Les araignées recueillent la liqueur mâle à l’aide de ces palpes, et elles les appliquent ensuite sur l’orifice de l’appareil femelle.
L’appareil femelle des aranéides est tout aussi simple que celui des mâles; il existe deux ovaires très-simples, de forme ovale, qui s’abouchent dans un oviducte, lequel s’ouvre à son tour dans le vagin; l’orifice de cet appareil est situé à la base de l’abdomen, entre les deux sacs pulmonaires. Il existe deux réservoirs séminaux à côté l’un de l’autre.
Crustacés. — Tous les crustacés, à l’exception des cirrhipèdes, ont les sexes séparés. Les parasites même ne font pas exception.
Les spermatozoïdes des mâles sont souvent contenus dans une capsule (spermatophore) qui doit ... éclater dans le voisinage de l’appareil sexuel fe-
Appareil môie melle. V. Siebold a vu le male, dans le cyclops <i nrmgnee. cnstor, c0ner ce spermatophore â côté de la vulve.
Chez presque tous, il y a une poche incubatrice que les femelles portent derrière ou en dessous de l’appendice de la queue ou de l’abdomen.
Chez les crustacés supérieurs, les crabes et les écrevisses, les œufs sont collés à l’aide d’une substance visqueuse aux appendices sous-abdominaux ; dans les crustacés inférieurs, les lernéens et d’autres, ils sont logés dans une grande et longue poche pendante (fig. 181, p. 186).
Les mâles des crustacés brachyurcs mg deviennent beaucoup plus grands que les femelles, tandis que celles-ci deviennent des centaines de fois plus grandes que les mâles dans les crustacés parasites de la famille des lernéides. Chez ces derniers, les mâles vivent eu parasites sur les femelles et ne les quittent pas.
Plusieurs enlomoslracés (daphnés, cy pris) se reproduisent par gemmes et sans concours de sexes; on a vu plusieurs générations agames se succéder les unes aux autres comme dans les pucerons parmi les insectes.
Appareil mâle. — Cet appareil ne diffère que très-légèrement dans les divers ordres de crustacés. Le testicule consiste
1 7 1.— Appareil femelle d’araignée.
APPAHF.II. GÉ.NÊIIATFUR. * |85
(lij;. 1 7^2 , 173 et I7i) en un tube plus ou moins (lexueux, ordinairement allongé el double, quelquefois pourvu de ramificaliou>, el dans quelques cas les deux testicules communiquent
FiK r*K- 173 Fig, (71.
App. niAle i(e l'écrfvUtr App. mâle de l’agurus beriilmniu* A|»p mile dr homanl
par une anastomose. Dans le homard, deux cæcums assez larges se réunissent de chaque côté en un canal déférent: les antérieurs sont réunis par une anastomose assez large, les autres sont séparés dans toute leur largeur. Dans l’écrevisse, on voit trois lobes glandulaires se réunir et donner naissance à deux canaux (lexueux assez larges, qui aboutissent à la hase de la cinquième paire de pattes. Les deux testicules sont des tubes terminés en cæcums très-longs, entortillés el sans communication l'un avec l’autre dans les pagures. Dans Poniscus murarius, les deux testicules sont séparés aussi, mais ramifiés au bout ; dans le genre anchorella (lernéen), le testicule consiste dans un tube assez large, divisé en lobes el terminé par un court canal déférent. A l’époque du frai, on distingue toujours aisément le sperraiducle par sa couleur blanche (lig. 175).