CONNEXIONS DES PÉDONCULES AVEC LE CERVELET
cellules de la couche moyenne de la protubérance, qu'elles se reformaient dans cette région et marchaient alors, en changeant de direction, vers le cervelet, dans l'intérieur du pédoncule cérébelleux moyen. D'après cette manière de voir, ces fibres, venues du pédoncule, se seraient rendues dans la moitié correspondante du cervelet.
Meynert a donné une description nouvelle du trajet de ces fibres ; si nous ne pouvons pas encore l'accepter entièrement, elle mérite cependant d'être rapportée. Il admet que chaque faisceau du pédoncule cérébelleux moyen, arrivé dans les couches superficielles de la protubérance, passe du côté opposé, puis s'enfonce dans la profondeur, traverse le pédoncule cérébral du côté opposé, et entre en relation avec les cellules de cet organe. Le faisceau contourne ensuite le pédoncule en formant une anse autour de lui, pénètre dans les couches des fibres transversales profondes, et retourne dans le pédoncule cérébelleux moyen par lequel il est venu. Il faudrait admettre de cette façon que chaque fibre cérébelleuse qui, par le pont de Varole, gagne le pédoncule cérébral, se trouve en connexion avec ITiémisphère cérébelleux opposé à ce pédoncule par deux faisceaux disposés en anse. Meynert rattache à cette description le fait de l'atrophie d'une des moitiés du cervelet lors de l'atrophie de l'hémisphère cérébral et du pédoncule cérébral opposé. Outre que ces faits déduits de simples coupes ne nous paraissent pas jusqu'ici suffisamment bien établis, nous avons quelques doutes sur l'existence d'un entre-croisement pareil. Il n'existe pas en pathologie de faits concernant cette question qui ne puissent être expliqués d'une autre manière, et Gudden a montré d'une façon évidente, par ses extirpations, ' qu'il n'existe réellement pas de pareilles connexions entre le cervelet et les organes mentionnés. L'ablation d'un hémisphère détermine, selon lui et d'autres observateurs, l'atrophie du pédoncule cérébral correspondant, mais les deux moitiés du cervelet ne subissent pas de changement. Réciproquement l'ablation d'une moitié du cervelet n'exerce aucune influence sur le pédoncule cérébral.
Nous sommes donc obligés de continuer à admettre qu'il existe bien des connexions du pédoncule cérébral avec le cervelet, mais nous ne pouvons pas préciser si ces connexions sont croisées ou non. De même nous ignorons la signification de la substance grise répandue dans les couches profondes et superficielles de la protubérance. Nous rappellerons en terminant qu'il existe aussi, dans la protubérance, des fibres commissurales entre les deux moitiés du cervelet.
220 ORiaiNES DU NERF GRAND HYPOGLOSSE.