ENTRE-CROISEMENT DES PYRAMIDES
antérieur répond à la partie située entre les racines de V hypoglosse et le raphé {fig. 122) ; le cordon latéral, aux parties du champ moteur situées en dehors des racines dii grand hypoglosse. Le champ moteur se compose :
1) Des faisceaux de la calotte, venant de la couche optique ; .
2) Du feuillet superficiel du ruban de Reil, venant . du tubercule quadrijumeau supérieur ;
3) Du feuillet profond du ruban de Reil, venant du tubercule quadrijumeau inférieur ;
4) Du faisceau longitudinal postérieur ou cordon acoustique ;
5) D'un petit faisceau venant du pédoncule cérébral ;
6) De parties provenant du pédoncule cérébelleux inférieur; mais il est difficile (voir plus haut) de dire avec précision quelles fibres de ces parties sont motrices.
II. — De toute la partie motrice des pyramides; ces faisceaux forment les prolongements du pédoncule cérébral ; ils viennent :
1) Du noyau lenticulaire (noyau extra-ventriculaire du corps strié) ;
2) Du corps strié (noyau caudé ou intra-venlriculaire) ;
3) Sans doute quelques fibres viennent directement de Técorce cérébrale ;
4) De la substance de Sômmering ;
5) Des tubercules mamillaires.
B. — Le cordon postérieur de la moelle renferme :
I. — Les pédoncules cérébelleux inférieurs qui s'entre-croisent dans la moelle allongée en englobant dans leur intérieur les olives.
II. — De la racine ascendante du trijumeau qui disparaît bientôt vers le bas.
III. — De la partie externe du pédoncule cérébral. Ces fibres se rendent à Técorce du lobe occipital, sans traverser aucun ganglion.
Les figures schématiques 126 à 129, montrent la formation de la substance grise. Il résulte de ces figures que la corne antérieure est le prolongement du noyau de Thypoglosse d'une part, de l'accessoire de l'autre, que le col de la corne postérieure constitue le prolongement du noyau du nerf vague, et que la tète de la corne postérieure représente la continuation de cette substance gélatineuse qut nous avons vue commencer déjà au niveau de l'émergence du trijumeau. Au-dessus de l'entre-croisement des pyramides cette substance gélatineuse présente uu renflement notable (le tubercule de Rolando). Au reste, on comprend facilement que dans la substance grise de la
moelle doivent apparaître sans cesse de nouvelles parties qui ne peuvent pas être considérées comme des prolongements de parties supérieures. Dans les cordons blancs de la moelle les choses se passent autrement, par la raison qu'en dehors des racines il ne pénètre pas d'éléments nouveaux.
II nous faut encore une fois revenir sur l'entre-croisement des pyramides. Nous admettons que cet entre-croisement est complet chez l'homme, car les raisons qu'on a émises pour un entre-croisement partiel ne nous paraissent pas suffisamment probantes.
Une autre question encore est celle de la signification de la substance rétictilée {fig. 131, /}. On donne ce nom à la substance présentant de larges mailles, dans laquelle viennent aboutir les faisceaux entre-croisés des pyramides (cordons latéraux). Il y a ici un entrelacement de fibres si riche, et une si grande quantité de cellules nerveuses de différentes grosseurs que Ton comprend très-facilement que l'on ait pu avoir des vues très-différentes sur cette région. L'opinion la plus généralement acceptée est la suivante :
La substance réticulée n'est pas autre chose que la coupe des faisceaux des pyramides qui se rendent et s'entre-croisent dans les cordons latéraux. Les cellules nerveuses qui s'y trouvent appartiennent les unes au nerf accessoire ; la signification des autres est inconnue. Les fibres des pyramides ne subissent par conséquent après leur entre-croisement aucune interruption durant leur. trajet vers le bas.
Une autre opinion appartient à Deilers et peut se formuler ainsi :
Les fibres des pyramides se terminent après leur entre-croisement dans les cellules de la substance réticulée. Les fibres se reconstituent à nouveau dans ces cellules et deviennent, à partir de ce point, partie constituante des cordons latéraux (1).
On a opposé à cette manière de voir d'abord que les cellules de la substance réticulée appartiennent à l'accessoire, et ensuite que les amas de substance grise devraient être beaucoup plus nombreux si toutes les fibres des pyramides y aboutissaient ; que, d'autre part, chez certains animaux ces amas de cellules sont beaucoup plus considérables que chez l'homme, alors que les pyramides elles-mêmes sont comparativement beaucoup plus petites (Meynert). €hacun comprendra l'importance de ces objections. Mais par contre on ne s'ex-
(1) Nos propres études nous amènent à rejeter complètement l'opinion de Deiters : la formation réticulée nous paraît due uniquement à une fragmentation de la base de la corne antérieure^ au moment où cette substance est traversée par les innombrables faisceaux qui constituent l'entre-croisement des pyramides.
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pltque nullement pourquoi les fibres nerveuses du cordon latéral "^ offrent une épaisseur beaucoup plus grande que celle des pyra- l mides. Il y a là de toute façon quelque chose que nous ne connais- ^ sons pas, car nous ne pouvons admettre un changement direct dans le calibre des fibres elles-mêmes. ,^
Nous parlerons plus loin, à propos de la moelle épinière, de la manière dont nait la racine ascendante du trijumeau de la corne inférieure (1).
(1] II nous paraît utile de jeter ici un coup d'œil d'ensemble sur les masses <f
blanches et grises du bulbe et de la protubérance, et de montrer notamment ^
comment tous les noyaus des divers nerfa crâniens peuvent se rattacher aux j^ systèmes des cornes antérieures (nerfs moteurs) ou des cornes postérieures (nerfs
eensitirs) de la moelle. Huguenin a bien esquissé un tableau de ce genre dans l'arti- \ '^
cle II du présent chapitre (pag. 238} ; mais, dans sa démonstration, il est descendu du ^
bulbe vers la moelle; nous croyons qu'il est plus démonstratif, et plus conforme T
à la nature même des choses, de remonter de la moelle vers le bulbe, et de faire il
voir que celui-ci n'est que celle-là transfor- ' S
mèe et compliquée. Cette nouvelle exposi- i
tioa mettra le lecteur en face de quelques .^ rédites, mais en matières aussi difSciles
et délicates que l'étude des centres ner- y'
veux, ce n'est pas trop que de dire deux • f
fois les choses sous deux formes difTé- "5 rentes : iiaus apportons du reste à l'appui
de ce nouvel exposé une série de figures ' N
schématiques qui résument toute l'anato- d <-^, mie du bulbe, de la protubérance et de la région des pédoncules.
A. Substance blanche. ~ Étant connue
la disposition des parties blanches et des ,
parties grises de la moelle (Qg. 13Ï) au r
niveau des régions cervicales moyennes, ^'E- 13Î. — Schéma rTune coupe de la c
quand on examine une coupe de la par- moelle cervicale au niveau des racines -^ j
tie supérieure de la moelle cervicale, près de la seconde paire rachiiienne (*). ,^ du collet du bulbe, on observe, à quelques différences prés, dans le contour des parties, les mêmes dispositions dans la
substance grise et dans les cordons blancs ; mais on remarque que les câtés de la ";
substance grise, dans sa limite concave entre les cornes antérieure et postérieure, ,.
sont moins nettement circonscrits : en ce point la substance grise semble s'étendre ..^
en dehors sous forme de réseau et aller empiéter sur le territoire des cordons "^^ blancs latéraux (vo y. Hg. 132). Cet aspect, auquel on adonné le nom de formation
réticulée de Deiters,6&t dû en réalité à ce qu'à ce niveau les cordons latéraux '-
se massent en petits faisceaux distincts, qui pénétrent dans la substance grise et ^'
vont bientôt la traverser entièrement de dehors en dedans et d'arrière en avant, 0-' pour s'entre-croiser, celui de droite avec celui de gauche, ainsi qu'on l'observe â ' un niveau un peu'plus élevé (Qg. 133).
Ce niveau est celui du collet du bulbe : l'entre- croisement, bien connu, qu'on observe sur ce point, est exclusivement formé par les cordons latéraux (ou anléro-
laléraux proprement dits) ; les cordons antéro -internes et postérieurs n'y prennent ^ aucune part. Cet entre-croisement se produit de la manière suivante : les deux
cordons latéraux s'inclinent l'un vers l'autre, pour se porter en dedans [x, Qg. 133), , ^ - >
en avant et en haut, et se déçussent par couches successives qui s'ëtagent de bas J
n«diM intérieur; —p.
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