‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 121 sur 186 · ART. I". — DISPOSITIONS GÉNËBALES DES CORDONS BLANCS · texte numérisé non relu

ART. I". — DISPOSITIONS GÉNËBALES DES CORDONS BLANCS

La moelle épinière forme dans le canal vertébral un organe cylindrique qui conimence à Tendrait oi!l rentre-croisement des pyramides est complètement achevé.

en baat i les couches les plus internes se rapprochent en effet du canal centrait puis échancrent les cornes antérieures au niveau de leur continuité avec la sobstance grise qui entoure le canal centrait d'autres couches blancbea obliqoM s'ajoutent aux précËdentes, agrandissent l'échancrure et enSn la complètent de telle sorte que les deux comes antérieures se trouvent enân de compte compttteroent décapitées. Après leur entre-croisement, les deux cordons montent parallèlement sur les côtés du sillon médian antérieur, celui de droite occupant le cûté gauche du sillon et réciproquement. Cest ainsi que se trouvent conitituées les pyramides antérieures da bulbe, ou pour mieux dire la portion motrice des pyramides (p et p', Dg.133}, portion remarquable par l'aspect fascicule qu'elle présente sur les conpes.

Cette partie motrice des pyramides passe du bulbe dans la protubérance, traverse celle-ci, s'étale ensuite largtment sur la Ikce inférieure des pédoncules cérébraux (étage inférieur des pédoncules) et se porte vers les coipi striés, dont elle constitue les coDchw " blanches.

Nous avons dit que les cordons latéraux formaient, après leur entr»«roi-

„, ,„ „ j , sèment, la portion motrice dei pyra-

F%. m.-Couptdtlapartu!,nfineurtda. mides : ïaporiion sensitive esttomia bulbe rachidien au niveau de i'mtre-croi- par les cordons postérieurs, dont nous sementdei pyramides (partie motrice) C), avons décrit, avec Sappey, l'entrecroisement (1) : en effet, les cordons postérieurs de la moelle, parvenus au-dessus de l'entre-croisement des cordons antéro-latéraux, se comportent comme ceux-ci, mais ils ne commencent à s'entre-croiser que lorsque l'entre-croisement des précédents est tout i bit terminé. On les voit alors s'inDéchir en avant (s, x, ûg. 134) et se décompo.ser en un certain nombre de faisceaux, qui décapitent la corne postérieure en traversant son extrémité profonde et qui contournent ensuite la substance grin située au-devant du canal central, pour se porter, ceux de droite vers le cUA gauche, et ceux de gauche vers le cQté droit {x', fig. 134). Ainsi entre-croisés, IM

t*) I, 1,3, cordoDi aDUro-iDlSTue, ulim-lalénl et poitéricur ; — Cl., RI., eomn al racinM ultriM-

MOELLE ËPmifiRG. 249

La moelle épioière a acquis alors sa constitution définitive. Cette

raphé épais s'allonge d'arrière en avant, ea passant entre les cordons BQtëro-iDtenies qu'il sépare, et ne tarde pas k prendre la flgnre d'un cordon à coupe reclangulaire appliqué derriâre la portioa motrice des pyramides, et divisé en une moitié droite et une moitiA gauche, d'autant plus distinctes que l'entre-croisenent s'achève ; lorsque celui-ci est complété, les deux cordons postérieurs de la moelle se trouvent en définitive appliqués à la portion motrice des pyramides, dont ils constituent la couche profonde ou tensilive. Cette partie sensitive des

pyramides s'engage aussi dans la ^''B- '3*- ~ Coupe du bulbe au niveau de protubérance, la traverse, et vient partie supérieure de t'entre-croisement [d prendre part à la constitution des pyramides {partie sensitive) ('). pédoncules cérébraux ; mais elle

fkit partie de L'étage supérieur des pédoncules et va se perdre, d'après nos pr près recherches, dans les couches optiques, au lieu d'oller, comme la portion m< trice, jusqu'au niveau des corps striés.

Que deviennent donc les cordons antérieurs ou antéro - internes de la moelle épiniére 7 Vu In dtaposition des entre-croi-

de décrire, ces cordons, tout ea restant parallèles, se trouvent déplacés, de telle sorte que, antérieurs dans la moelle, ils oocu- " pent dans le bulbe sa partie centrale, puis répon- ^' dent bientôt è sa face postérieure. On les voit ainsi, par suite de leur déplacement progressif, ar- Fig, 135. ■ river jusqu'à la paroiinférienre du quatrième ventricule, c'est-à-dire qu'ils deviennent postéro-supérieurs. C'est dans cette situation,

Oa,««p, lUlommédiïiiunlérieurelporttrienr; — CA, tMo de U earnu utérieaR ; — C'A', bue da U coraa uUrisim (noyia de llijpoglaiia ; — H, Sbru ridEculsirei de l'hypaglauE j — 1, 1. 3, «Ofdoiu blanoi BDUro-inteniB, litéral (ceux-ci praïque diiptriu pur le fiit de ïk dtcnmlion prteédenle, Sg. 133) et pmtdrieur; — x, x, Bbrei tcquoI dai cordoni poilârienrs et l'enlre-croi- BWIl «a ^ ; — T,f pyramidei (putie motrice eonililuïe pir le d«cuiutioQ précédente, Bg. 133) ; — HB, Dojiu dei corpe reitiform».

[••) P, P, pjremide g1o«liNH,D<.]re

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iu!herdu4«Tenlricill(i iïr«.dhrpog:lo.«;-

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iilérieure); — T, mcin ,; - 01, Urne griie-e ; — XX, nph«.

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de U corne pé eumogulriqi»

imire eileoie

290 MOELLE ÉPIMARE.

constitution reste la même dans toute l'étendue de l'oi^ane, sauf dans la partie cervicale où l'on voit de légères modifications dues :

toujours sous-Jacents au plancher gris du quatrième ventricule, qu'ils t

la protubérance et viennent prendre part à la constitution de l'âtage supérieur des

pédoncules cérébraux poui: aller pénétrer dans les couches optiques.

B. Substance grise. — Au piemiet aho'cd. par l'inspectloQ découpes faites 1 dilTérents niveaux dans le bulbe et la protubérance, il semble que la. subs tance griie de ces parties ne rappelle en rien la disposition de la substance grise de la moelle. Mais une élude attentive de nombreuses coupes échelonnées graduellement de bu en haut permet de constater qu'il est possible de reconnaître, dans le buibe, la protubérance et les pédoncules cérébraux, des parties grises dont les unes raprésentent les cornes antérieures et les cornes postérieures de la moelle pratoDgées jusque dans les étages supérieurs (comme les cordons blancs médullaires), tandis que les autres sont des amas gris surajoutés [de même que les cordons

Fig. 136. — Sdiéma d'une coupe au niveau de ta ligne de jorKlion du buibe etdtls protubérance {'),

blancs surajoutés ; corps restiformes, pédoncules cérébelleux), dout nous nstunn occupons pas ici.

a. Masses grises qui prolongent les cornes antérieures. — Ces masses représenleut les noyaux d'origine des nerfs moteurs bulbaires et protubérantiels. Loreqne les cordons antéro-latéraux ont, par leur décussation, décapité les comasunirieures (Qg. 133 et 134] ainsi que nous l'avons décrit précédemment, chacune de ces cornes se trouve divisée en deux parties distinctes; t° l'une, la base delt corne, reste contigue au canal central (hV, 6g. 133 et c'n', Qg. 134), se prolongesor toute la longueur du plancher du quatrième ventricule, de chaque cdté de la ligw médiane, et y Terme les amas connus sous les noms de noyau de Chypngb» {hb, Ilg. 135), de not/au commun du facial et du moteur oculaire externe (Dulil supérieur, h, Dg. 136); plus haut, au niveau des pédoncules cérébraux, sitdessous de l'aqueduc de Sylvius et de cbaque c&té de la ligne médiane, cett« pn> longation de la base de la corne antérieure s'éteint an forniant le noy&a d'wigine da moteur oculaire commun et da pathétique [cV, flg. 189); — 2- l'autre ptftit, la léte de la corne décapitée, sa trouve rejelée en avant et en dehors (c», flg. lïlj;

(')P, F, Fyriin1dH;Pr, Pr, llbrei traniierisIeB de la protiib^riDce; cotre lu conebes dinnel * (■

ic dn ngrf uoiutiqDa ; •

1. A l'émergence du nerfaccessoirejusqu'à la cinquième vertèbre cervicale.

mtis elle ne disparaît pas, comme on a paru gânéralement le croire, seulement les amas gri» qu'elle forme sont coupf^s et fragmentés par le passage des fibres arciformes venues du corps rastiforme. Une étude attentive, à l'aide de nombreuses coupes, permet de constater que cette partie toute périphérique et isolée de la corne antérieure donne naissance d'abord à la formatioii grise connue sous le nom de noyau anUro-laléral depuis les travaui de Stilling, Kflliiker, L. Clarke et J. Dean. Ce noyau autéro-latéral (s et n'n', lig. 135J est le noyau moteur des nerl^ mixtes, c'est-à-dire du spinal, du pneumogastrique et du giosso-pharyngien (s, flg. 135); il représente ^ssi, par ses parties tas plus internes (le plus souvent ft'agmentèes par le passage des fibres arcirormes], ua noyau antéi-ieur accessoire de Vhypogloise (n'h', Gg. 135). Plus haut, au niveau du plan de séparation entre le bulbe et la protubérance, les formations grises qui font suite au noyau antérolatéral, c'esl-à-dire à la partie détachée de la corne antérieure, sont représentées

FIg, 13T. — Schéma d'une coupe dé la prolubirance [au niveau de son bord inférieur) (*).

par le no^au tn/'^rieur du facial (fi, tig. 136 et 137], et par le noyau tnaslicateur du trijulneau, ce dernier noyau étant situé en pleine protubérance, àpeu près au niveau même de l'émergence du nerf (ni, fig. 13S).

A. Masses grises qui prolongent les cornes postérieures. — Les cornes postérieures sont décapitées, comme les cornes antérieures, mais seulement par le passage des cordons postérieurs marchant vers leur décussatlon, ainsi que nous l'avons décrit précédemment (Qg. 134); comme pour les cornes antérieures, une partie des cornes postérieures, leur base, reste contre te canal central, et une autre partie, la tôte, est rejetée vers la périphérie.

1* La base de la corne postérieure présente des modiUcations importantes déjà au-dessous du niveau où les cordons postérieurs se dirigent vers leur décussatlon (Qg. t33j ; elle envoie, en effet, dans la partie la plus interne de ces cordons (dans les cordons grêles ou pyramides postérieures) un prolongement gris, dont la signiScation est inconnue et qu'on a nommé noyau des cordons grêles ou des pyramides postérieures (np, Qg. 133 et 134) ; plusbaut, un prolongement semblable va s'irradier dans les corps restiformes et porte le nom de no^au resliforme IHB. Qg. 131 et 135). Mais à mesure que le canal central s'étale pour former le plancher du quatrième ventricule, la base de la corne postérieure, que ne recouvrent plus les cardons postérieurs, se trouve à découvert sur ce plancber (flg. 13}}, dont elle forme les parties externes (m), en dehors des niasses grises

(*} P, Fi-, T, CP, HE, H, ccmme din< lu Ëgure ptéeédinxt; FT, puiie iupérienre du faMcieulu tirei gcnce-F, F), el rsceTiol 'encore queJque'i fibrei ndiculaîret du iio;>u interieui' (Ft); — OS.oliTe

252 MOELLE ÉPINlSRB.

2. A la substance réticulée, laquelle résulte, nous l'avons dit, de la décussation des pyramides,

situées de chaque cûté de la ligne médiane et appartenant i la base de la corne antérieure (un). Il est, en effet, bcile de comprendre que le canal central s'ilt.

Flg. 131. — Schéma d'une coupe de la protubérance au niveau de Cémergencf de ta 5» paire (N. trijumeau) [*).

lont en plancher du quatrième ventricule, les bases des cornes autérieurei ai postérieures, qui confinaient au canal, doivent devenir les parties grises àAoi plancher et se placer, les coniBS ^^ anlérieures (base) en dedans, c'ssti-

dire de chaque oAté de la Ugne mi' .

diane, les cornes postérieures (base) en dehors. Ces masses grises eiternes, faisant suite, nous na augnons pas de le répéter encore, à li base des cornes postérieures, se trouvent ici, comme dans la moalle, en rapport avec des racines Miuitives, et en effet les noyaux qa'ellu Tonnent sont connus sons le nom da noyaux lensitifs des nerfi mata, c'est-à-dire du spinal, du glosso-plHryngien et du pneumogastrique (m, Qg. 135); au-dessus de ces no^aai, elles constituent une vaste surbee grise dans laquelle s'implantent les barbes ducalamus et qui reprèsaote l'un des centres bulbaires da ntrr acoustique; plus haut enfin la base des cornes postérieures se termine en s'âtiloi sur la partie supérieure du plancher du quetrième ventricule, où eUe fbima I'hh des masses d'origine du trijumeau (tt, fig. 138).

- Schéma (Funs coupe des pidon cules cérébraux (**).

(*) P, Pi pjramides;

1 protuMrinu ine itntiSaUani i I i' *«ilricDl« [laew ejn-KJou); — C sDlei du Irijumeaii, M neouFbânl pou

ir [pyramide, :ii ptthéliqiie

rf pithéliqiH ; — GC, aq

II nxi(M de SUlIint iiUM u tao da Sjlriiu.

3. A la racine ascendante ou inférieure du trijumeau visible jus* qu'à la troisième vertèbre cervicale environ.

La forme extérieure de la moelle épinière a été brièvement décrite plus haut : nous avons mentionné le sillon longitudinal antérieur et postérieur, les sillons latéraux, la division de la moelle en cordons distincts; nous avons aussi signalé la commissure antérieure qui forme une véritable décussation; le sillon accessoire, qui, sur la partie supérieure du cordon postérieur sépare le funiculus gracilis du funiculus cuneatus (1). L*examen extérieur fait voir déjà que les racines du nerf accessoire descendent jusqu'à la cinquième et sixième vertèbre cervicale ; sur des coupes transversales on peut poursuivre ces racines (voir plus haut^ à la moelle allongée), jusque dans un groupe de cellules situé sur les côtés de la corne antérieure (prolongement du noyau latéral ou antérieur du nerf vague et du glosso-pharyngien). Ce groupe de cellules, après avoir cessé de fournir des fibres à l'accessoire, persiste avec des dimensions un peu réduites et peut se poursuivre, comme noyau latéral de cellules

2* La tête de la corne postérieure se trouve fortement rejetée en dehors, déjà au-dessous du niveau où se fait Tentre-croisement des cordons postérieurs (voy. iig. 133 et 134). Cette tête, suivant le mouvement général par lequel toutes ies parties postérieures de la moelle se portent, dans le bulbe, en avant et en dehors, est dès lors fortement éloignée de sa congénère du côté opposé, de façon à atteindre les couches superficielles des parties latérales du bulbe; ce qu'on nomme en anatomie descriptive tubercule cendré de Rolando n'est autre chose que la tôte de la corne postérieure devenue plus ou moins apparente à l'extérieur, selon les sujets, tant est mince la couche de substance blanche qui la sépare de la surface du bulbe. A mesure qu'on observe des coupes faites à un niveau plus élevé dans le bulbe et la protubérance, on voit toujours cette tète de la corne postérieure (fig. 135 à 138) et on constate qu'elle occupe toujours une position de plus en plus antérieure; en même temps, on voit se grouper à son bord externe (finalement bord antérieur) un cordon de fibres blanches (t, fig. 135 à 138), qui montent avec elle jusque dans la partie moyenne de la protubérance : à ce niveau (fig. 138), ce cordon se dirige en avant et forme la plus grande partie du trijumeau, dont il représente la racine inférieure ou bulbaire ; c'est à ce niveau que s'arrête la tête de la corne postérieure (fig. 138, gp). Nous avons vu que là aussi les masses de substance grise qui font suite à la tête de la corne antérieure constituaient le noyau moteur (masticateur) du trijumeau et se terminaient à ce niveau. Les formations terminales des têtes des cornes antérieures et postérieures se trouvent ainsi côte à côte dans la protubérance ; ces formations, c'està-dire ces noyaux terminaux, sont placés, au niveau de l'émergence du trijumeau, le noyau moteur en dedans, la masse grise dite noyau sensitif en dehors, absolument comme, sous le plancher du quatrième ventricule, les noyaux moteurs et les noyaux sensitifs sont disposés, les premiers de chaque côté de la ligne médiane, les seconds dans les régions latérales externes.

(1) Burdach a donné le nom de cordon grêle au faisceau interne, et le nom de cordon cunéiforme au faisceau placé en dehors du précédent, contre l'insertion des racines postérieures : cette nomenclature est adoptée en Allemagne. — Mais Kôlliker a donné le nom de cordon cunéiforme de GoU au cordon grêle de Burdach; cette nomenclature» adoptée par quelques auteurs allemands, est classique en France. — Il y a là malheureusement une source de confusion que le lecteur saura éviter en se rappelant qu'Huguenin adopte toujours la nomenclature de Burdach.

254 MOELLE ÉPINIËRE.

de la corne antérieure, dans toute la longueur de la moelle épinière (Gerlacli.) La substance réticulée se retrouve de même aussi longtemps qu'il y a des racines de Taccessoire. Nous avons donné plus haut la signification de cette substance.

Trente et une paires de nerfs sortent de chaque côté de la moelle épinière. Chaque nerf se divise au voisinage de la moelle en une racine postérieure et une racine antérieure ; la racine postérieure est sensible, et offre à peu de distance de la moelle un ganglion ; la racine antérieure est motrice et ne présente pas de ganglion.

Les renflements de la moelle dans les régions cervicales et lombaires ne sont pas dus aux cordons blancs. Il est très-facile de constater sur les coupes que ces renflements sont produits par une augmentation de la substance grise centrale [Centrales Hôhlemark^ Meynert) dont le développement est proportionnel au nombre et au volume des nerfs qui pénètrent dans cette région. L'épaisseur plus grande de la substance grise fait que la substance blanche est étalée dans ces points sur une plus grande étendue. Cependant il y a aussi une augmentation du nombre des fibres dans les cordons blancs de bas en haut, et cela dans les trois cordons.

Le cordon postérieur n'offre chez Thomme rien de remarquable en dehors du sillon qui le divise en haut en deux parties. 11 est absolument lisse. Mais chez le singe se montrent des détails nouveaux qui existent sans doute aussi chez Thomme, mais qui se trouvent masqués par le nombre plus considérable des fibres. Gratiolet dit que la partie la plus inférieure de la moelle (système caudal) s'amincit vers le renflement lombaire et s'y termine en pointe; un nouveau cordon postérieur (système lombo-dorsal) commence à ce niveau pour se terminer lui-même en pointe vers la région cervicale. Il se forme alors un dernier système de fibres (système cervical), qui lui ne s'amincit plus vers le haut. Cette disposition tient probablement à une double torsion des cordons postérieurs autour de leur axe longitudinal, de telle sorte que les fibres des cordons postérieurs qui sortent de la substance grise sont d'abord super^cielles et externes, puis se rapprochent de la ligne médiane et pénètrent enfin dans le sillon longitudinal postérieur pour se placer à la face interne du cordon postérieur. On n'a pas encore démontré une semblable disposition pour la moelle de l'homme (1).

(1) Si des dispositions semblables ne se constatent pas au premier abord chei l'homme adulte, elles n'en existent pas moins» comme Ta démontré Pierret i Taide des noUons embryologiques et pathologiques; cet auteur arrive à ce sujet k cette ooo-

CORDONS BLANCS. 25o

Le cordon latéral n'offre rien de pareil. Par contre nous devons citer un fait établi par Foville et dont la signification n'a pas encore été nettement donnée. Le cordon latéral du nouveau-né n'est pas complètement blanc, mais grisâtre, presque transparent, semblable aux pyramides et au pédoncule cérébral. Mais sur ce cordon latéral se dessine nettement un très-petit faisceau que l'on peut suivre tout le long de la moelle et qui s'enfonce en haut dans la moelle allongée sous le bord externe du corps restiforme. C'est une partie du pédoncule cérébelleux inférieur qui n'est plus distinctement visible chez l'adulte.

Le cordon antérieur est le plus simplement construit. On n'y voit ni sillon comme au cordon postérieur, ni torsion sur l'axe.

Lorsqu'on écarte un peu le cordon postérieur du cordon latéral, on voit une traînée grise longitudinale qui relie les origines des racines postérieures (sulcus lateralis posterior); c'est la substance grise qui apparaît sous le mince revêtement fibreux de la corne pos^ térieure [substance gélatineuse de Rolando). De la même manière on peut faire voir la substance grise de la corne antérieure, mais seulement sur la moelle des nouveau-nés.

La loi générale qui régit la structure de la moelle épinière est la suivante :

Les fibres des nerfs périphériques pénètrent jusque dans la substance grise de la moelle épinière (système de projection du troisième ordre), et y trouvent leur première terminaison ; elles abandonnent ensuite cette substance grise par des voies très-complexes, et gagnent la moelle allongée en se groupant dans les cordons de la moelle.

Il en résulte que cette entrée des fibres se renouvelle de bas en haut autant de fois qu'il y a de racines.

Nous avons déjà dit brièvement que la structure de la moelle était à peu près la même dans toute l'étendue de l'organe, et nous avons montré comment se fait la transformation successive de la moelle allongée en moelle épinière. Nous allons brièvement rappeler encore une fois quelle est cette structure de la moelle, c'est-àdire quelles sont les voies conductrices qu'elle renferme.

\)Le cordon antérieur. — II se compose des fibres de la calotte^

clusion, à savoir que le funicule marginal, ou cordon grôle de Burdach,: doit être regardé comme un faisceau de fibres çommissurales longitudinales desUnées à relier difTérents étages de la moelle (Pierrel, Sur le faisceau postérieur de la moelle, Arch. dephijsiol, norm, et pathol , 1873, p. 534).

256 MOELLE ÉPINIËRE.

fibres qui traversent la moelle allongée : ces fibres sont probablement destinées à des fonctions réflexes.

2) Le cordon latéral. — Il se compose des fibres du pédoncule cérébral, lesquelles forment Fentre-croisement des pyramides, ces fibres conduisent bien certainement les incitations volontaires.

3) Le cordon postérieur. — Il renferme : 1** des fibres sensibles en connexion avec le cervelet; S^^la racine ascendante du trijumeau; 3"" enfin les fibres sensibles du pédoncule cérébral, fibres qui forment rentre-croisement supérieur des pyramides.

4) Des faisceaux qui montefit verticalement dans la substance grise de la moelle épinière. — Ils se composent de fibres qui bornent l'entre-croisement moyen des pyramides. Nous avons dit précédemment que ces fibres conduisaient probablement les impressions de douleur.

Pour faire comprendre la structure de la moelle épinière, nous suivrons maintenant une marche inverse de celle que nous avons suivie jusqu'à ce moment; nous rechercherons quel est le sort des racines antérieures et postérieures depuis leur entrée dans la moelle. Pour cela nous allons d'abord étudier la structure de la substance grise.

La substance grise de la moelle épinière présente la forme d'une croix ou plutôt de deux moitiés latérales réunies par une commissure plus mince. La forme de ces parties latérales change avec les régions ; elles sont beaucoup plus volumineuses dans les renflements brachiaux et lombaires. Bans les parties cervicales et dorsales, l'aspect de la substance grise est caractéristique et permet de reconnaître les différentes coupes ; nous ne parlerons pas de ces caractères par la raison que nous en ferons connaître d'autres plus précis.

Dans la commissure qui unit les deux moitiés latérales, se trouve le canal central qui commence à la partie inférieure du quatrième ventricule et est revêtu d'un épithélium cylindrique ; immédiatement autour du canal central se trouve une substance grise à laquelle on a refusé avec raison la qualité de substance nerveuse (substance gélatineuse centrale, Stilling; centraler Ependymfaden^ Kôlliker) (1).

(1) Cette névroglie periépendymaire est évidemment de tout autre nature que de nature nerveuse : le sinus rhomboîdal des oiseaux présente ce Ussu en abondance et avec des éléments anatomiques très-développés, de sorte qu'ici l'étude en peut être faite très-facilement, ainsi que nous l'avons déjà indiqué dans une note pâcédente (Voy.p. 12 et 13).

La corne antérieure de la substance grise est formée par un tissu uniforme, tandis que la corne postérieure présente à son extrémité postérieure la substance gélatineuse de Rolando, que nous avons déjà rencontrée en haut dans la moelle allongée, et que nous avons toujours vue en relation intime avec la racine ascendante (racine bulbaire) du trijumeau.

Mais tandis que cette dernière ne descend que jusqu'au commencement de la moelle épinière, la substance gélatineuse accompagne les deux cornes postérieures jusqu'à la partie la plus inférieure de la substance grise de la moelle. Elle forme sur la corne postérieure une sorte de coiflfe dont la convexité est dirigée en arrière et offre toujours, notamment chez beaucoup de mammifères, un aspect gélatineux qui devient très-apparent après un durcissement modéré dans l'acide chromique (y, jig. 140).

La substance grise se compose de cellules nerveuses et de fibres nerveuses; elle renferme en outre un réseau très- développé de capillaires, qui sont abondants surtout autour des groupes de cellules ganglionnaires. Enfin elle contient une partie conjonctive sur laquelle nous reviendrons plus loin. Nous ne nous occuperons pour le moment que des cellules et des fibres nerveuses de la substance grise.

a. Cellules de la substance grise.

Les cellules de la substance grise sont très-variables; elles offrent d'une façon générale des prolongements ramifiés, et renferment des noyaux arrondis ou ovales avec des nucléoles. Une partie de ces cellules offre une structure spéciale (contenu réticulé), décrite par Schultze Qt sur laquelle nous reviendrons. On peut diviser les cellules de la substance grise en groupes suivants :

1) La substance gélatineuse offre une forme de cellules spéciales. Sans vouloir entrer dans la discussion de savoir si ces cellules sont de nature nerveuse ou conjonctive, nous ferons remarquer que de toutes les cellules que présente la substance grise, celles-ci sont les plus petites, et offrent le plus souvent une forme arrondie ou triangulaire avec trois ou quatre prolongements sur le sort desquels nous n'avons pas encore de données bien précises.

2) Dans toute la corne postérieure, jusque vers le canal central, on ne voit que peu de cellules nerveuses ; elles y sont de grandeur moyenne ou même au-dessous de la moyenne. Le prolongement de Deiters manque à ces cellules de la corne postérieure (Gerlach).

3) Dans toute la partie dorsale de la moelle, et encore un peu au-

HuGUBNiN. — Syst. nerv. 17

dessus de cette partie, depuis le renflement cervical jusque dans ie renflement lombaire, se trouve à la base de la corne postérieure un amas de cellules distinctes : c'est la colonne de Clarke ou noyau de Stilling. Les cellules de cette colonne sont au-dessus de la grandeur moyenne avec trois ou six prolongements ramifiés ; ces cellules offrent d'après Gerlach un prolongement de Deiters.

4) Les cellules nerveuses les plus grandes et les plus développées se rencontrent dans la corne antérieure de la substance grise. Elles y sont réunies en difi'érents groupes constants, dont le plus important se trouve placé à la pointe de la corne antérieure {fig^ 141, t). Un deuxième groupe se trouve au bord externe, et un troisième au bord interne de la corne antérieure [fig. 141, A, k). Ces cellules sont de toutes les cellules de la moelle les plus grandes ; elles offrent de nombreux prolongements que l'on peut suivre sur une longue étendue, et qui se ramifient d'une manière très-variée. Ces cellules semblent être les seules de la substance grise qui soient construites d'après le schéma de Deiters, c'est-à-dire qu'elles ont un prolongement qui ne se subdivise pas pendant un trajet relativement assez long, reçoit ensuite une enveloppe de myéline, et enfin se continue avec une fibre nerveuse de la racine antérieure. Deiters donne le nom de prolongement cylindre-axe à ce filament, en opposition avec les autres prolongements qu'il nomme prolongements de protoplasma,

b. Fibres nerveuses.

Les fibres nerveuses de la substance grise sont tellement nombreuses que l'on peut se ranger sans réserve à Topinion de KôUiker, qui veut qu'elles forment au moins la moitié de la masse totale de la substance grise. Il y a des fibres de tous les calibres, depuis les fibres les plus fines à peine mesurables, jusqu'aux grosses fibres à moelle. Ces fibres sont remarquables par leurs nombreuses subdivisions : on peut dire qu'elles ont une tendance à former des réseaux, tels qu'on n'en voit dans aucune autre partie du système nerveux central.

A côté de cesréseaux se voient des faisceaux de fibres à moelle qui traversent la substance grise, dans des directions très-variées, et dont les unes ne font que passer à travers la substance grise, tandis que d'autres disparaissent et se terminent réellement dans cette substance. On ne connaît que très-peu le trajet réel de ces différentes fibres ; nous pouvons cependant accepter comme certains les ' points suivants. Partout dans la substance grise, dans la corne antérieure et dans la corne postérieure, se trouve un réseau à mailles

Racines antérieures. 259

serrées (Gerlach), résultat de la division successive des fibres plus épaisses, qui se résolvent peu à peu en leurà fibrilles primitives. Ce réseau offre de nombreuses connexions, autant avec les prolongements des cellules ganglionnaires qu'avec les racines des nerfs rachidiens, racines dont nous allons faire Tétude.

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