‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 125 sur 186 · GORDON BLANC LATÉRAL · texte numérisé non relu

GORDON BLANC LATÉRAL

Dissent ensemble jusqu'à ce qu'elles forment un petit faisceau équivalent à un cylindre axe; ce petit faisceau s'entoure alors d'une gaine de myéline, et puis abandonne son terrain d'origine pour monter vers le haut dans le cordon antérieur sous la forme d'une fibre nerveuse à moelle.

b) De la substance grise de la corne antérieure du côté opposé, [fig. 141, v). — Nous avons parlé plus haut de la commissure blanche antérieure de la substance grise. En avant de celle-ci se trouve encore une lamelle de fibres à moelle, qui se voit sur la coupe sous forme d'un épais entre-croisemennt de fibres. Si nous suivons les fibres qui les composent, nous les verrons commencer dans la corne antérieure d'un côté, et se terminer dans le cordon antérieur du côté opposé ; en d'autres termes, chaque cordon reçoit de cet entre-croisement des fibres de la corne antérieure du côté opposé. Je ne puis comprendre cette commissure que de cette façon, ei ne suis par conséquent pas en accord avec les auteurs qui considèrent la commissure antérieure comme formée par l'entre-croissement réel des cordons antérieurs. Pour ce qui concerne l'origine de ces fibres dans la corne antérieure, nous ferons les mêmes remarques que celles que nous avons faites dans le paragraphe précédent (a). Elles ne naissent pas directement des cellules, mais très-probablement du fin réseau des fibrilles. Elles passent ensuite, à travers la ligne médiane, du côté opposé dans le cordon antérieur, se recourbent vers le haut et font dès lors partie du cordon antérieur.

Il est presque impossible de fournir la signification de cet entrecroisement. Tout ce que l'on peut faire observer, c'est que vers le haut, le cordon antérieur devient le champ moteur de la moelle allongée, et que, ainsi que nous Savons dit plusieurs fois antérieurement, toutes les fibres de cette région ne sont pas entre-croisées; les fibres de la couche optique par exemple sont en partie directes. Peut être ces fibres directes se croisent-elles seulement dans la moelle épinière à ce niveau?

2) Cordon latéral.

Le cordon latéral de la moelle épinière, qui renferme bien certainement les fibres qui conduisent les incitations volontaires, reçoit aussi ses fibres de deux sources :

a) Partout où le cordon latéral touche à la corne antérieure, et puis aussi au niveau d'une petite partie avoisinante de la corne postérieure, sortent de la substance grise des fibres horizontales, plus sou-

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vent à direction légèrement oblique vers le haut, lesquelles se rendent dans les cordons latéraux et se dirigent vers le haut dans l'intérieur de ces cordons {fig. 140, a, î).

L'origine de ces fibres se trouve dans les réseaux flbrillaires de la substance grise, comme celle des fibres des cordons antérieurs.

Nous rappelons que Kôlliker a observé des fibres qui partent des colonnes de Clarke^ c'est-à-dire de ces amas de cellules isolées décrits plus haut à la base* de la corne postérieure, et qui se rendent en dehors aux cordons latéraux. Gerlach a vu également ces fibres. S'il était démontré que ces amas de cellules (colonnes de Clarke) président à certains mouvements réflexes (respiration?), les fibres en question seraient peut-être celles qui modifient ces mouvements sous l'influence de la volonté.

b) Le cordon latéral reçoit aussi de nombreuses fibres des racines antérieures ; ces fibres sont celles qui se dirigent obliquement en haut et en dehors (fig. 141, o) en traversant la corne antérieure. Nous avons déjà donné antérieurement quelques explications sur la signification probable de ces fibres (p. 259).

3) Cordon postérieur.

Le cordon postérieur de la moelle renferme bien certainement les fibres qui conduisent les impressions du tact ; il reçoit ces fibres de deux sources :

a) Partout où le cordon postérieur avoisine la corne postérieure, il part de celle-ci des fibres nombreuses qui, après un trajet horizontal ou oblique, se recourbent en haut et vont constituer le cordon postérieur.

L'origine de ces fibres dans la substance grise se fait de la façon décrite précédemment.

b) D'autres fibres viennent, au traversdela commissure postérieure, de la corne postérieure du côté opposé. Il n'y a pas d'autres sources de fibres pour le cordon postérieur.

4) Cordon longitudinal de la substance grise [Làngsbundel der grauen Substanz).

Ces faisceaux, que je considère comme prenant part à la transmission des impressions de douleur, naissent de la corne postérieure et, pour mieux préciser, des régions avoisinant directement la substance gélatineuse.

Nous ne connaissons jusqu'ici rien sur le mode d*origine de ces fibres. Mais nous pouvons faire à leur égard les mêmes suppositions

CORDON BLANC POSTERIEUR. 267

que pour les fibres décrites précédemment (elles naîtraient du réseau de fibrilles).

Tel est le résumé de tout ce que nous savons sur le trajet des fibres de la moelle. Les détails microscopiques (tissu conjonctif, épaisseur des fibres, forme et structure des cellules) seront donnés plus loin.

5) Racine du trijumeau.

Il nous reste maintenant encore à dire quelques mots sur le sort de la racine ascendante du trijumeau. Nous avons laissé cette racine lors de son passage de la moelle allongée dans la moelle épinière^ là où elle apparaît sous la forme d'un croissant qui enveloppe sur les coupes la substance gélatineuse de la corne postérieure [fig. 131, h). Nous ne pouvons pas préciser jusqu'à quel point de la moelle épinière descend cette racine; ce doit être à peu près jusqu'au niveau de la 3* ou 4® paire cervicale.

Comme les autres nerfs sensitifs de la moelle, cette racine du trijumeau n'a pas de rapport avec la substance gélatineuse. £n effet ses fibres traversent la substance gélatineuse et disparaissent dans la substance grise de la corne postérieure. Le sort ultérieur de ces fibres est encore aussi peu clair que celui de la plus grande partie des fibres des racines postérieures.

Quelle est la fonction de ces fibres du trijumeau? A cet égard nous ne pouvons faire que des hypothèses. Quelques observations pathologiques, qui ne sont du reste pas tout à fait démonstratives, sembleraient établir qu'elles jouent un rôle dans la transmission de la douleur. Mais ce n'est encore là qu'une simple hypothèse (1).

Il nous reste enfin à mentionner les cordons cunéiformes de Goh (KoUiker) ; ces cordons ne sont pour ainsi dire autre chose que le reste de la substance grise si développée au niveau de la moelle allongée, dans le funiculus cuneatus et gracilis. Ces cordons ont une structure toute particulière, et offrent notamment une richesse trèsgrande en tissu conjonctif. Vers les régions fnférieures, ces cordons, dont la signification est encore absolument incomprise, se raccourcissent encore dans les portions cervicale et thoracique de la moelle épinière ; ils se montrent, dans les cordons postérieurs, sous forme de deux traînées médianes, plus sombres et cunéiformes, dont la base se trouve à la superficie des cordons postérieurs et dont la pointe est dirigée vers la commissure postérieure. Il est remarquable que ces cordons renferment les fibres les plus minces de la moelle épinière. Ces fibres ont manifestement des rapports avec la sub-

(1) Voyez la note ci-dessus p. 191.

stance grise si développée vers le haut du funiculus cuneatus et gracilis, mais il est impossible de dire actuellement rien de précis sur leur destination.

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