‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 126 sur 186 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Trois gros cordons pénètrent de chaque côté dans le cervelet.

1) Le pédoncule cérébelleux supérieur {Bindearm), On ne sait pas où ce pédoncule prend son origine dans l'écorce cérébrale; il passe sous la partie postérieure de la couche optique et sous les tubercules quadrijumeaux, s'entre-croise avec son congénère sous ces tubercules, et pénètre après un court trajet dans le cervelet.

2) Le pédoncule cérébelleux moyen [crus cerebelli ad pontem). Du pont de Yarole sort de chaque côté une masse de fibres volumineuse qui monte dans le cervelet. La continuité apparente des fibres fait penser que l'on a affaire à une commissure des deux moitiés du cervelet. Mais nous avons dit plus haut quelle était la signification probable de ces fibres dans la protubérance (voy. p. 219).

3) Le pédoncule cérébelleux inférieur (pedunculus cerebelli) va de la moelle épinière dans le cervelet et se divise en deux parties avant de pénétrer dans cet organe :

a. La partie externe, ou corps restiforme ;

b. La partie interne, formée par le funiculus cuneatus etffracilis. Mais le cervelet reçoit d'autres fibres encore.

a) Du vermis supérieur du cervelet partent des faisceaux longitudinaux très-grêles qui se rendent dans la valvule de Vieussens, s'y entre-croisent sur la ligne médiane, se recourbent près du bord inférieur des tubercules quadrijumeaux en formant une courbe à convexité antérieure et se joignent aux faisceaux du ruban de Reil. Ils descendent avec ces derniers jusque dans la moelle épinière. D'après cette manière de voir, le cervelet serait mis en relation avec le cordon antéro-latéral de la moelle épinière. Comparez à ce sujet ce que dit Meynert [Stricker^ Handbuch der OewebelehrCy p. 1S7).

b) Dans le cervelet pénètrent des portions très-importantes du nerf trijumeau et de l'acoustique. Nous avons vu précédemment com-

MOYA.U DENTELÉ. 269

ment ces faisceaux de fibres entrent dans l'organe. On ne sait absolument rien sur la distribution du trijumeau dans le cervelet, tandis que nous donnerons plus loin des détails assez importants sur celle du nerf acoustique.

On ne connaît pas jusqu'ici d'autres fibres pénétrant dans le cervelet.

Nous avons déjà donné la description extérieure du cervelet; nous nous occuperons plus loin de la structure de l'écorce de cet organe.

Kg. 142. — Coupe du cervelet {m a enlevé, en sectionnant selon un plan parallèle à Caxe du bulbe, ta moitié stipérieure du cej-velet, <f est-à-dire la paroi supérieure du oentrieule) (*),

En dehors de l'écorce, le cervelet offre encore les masses grises suivantes.

a) Le noyau dentelé [nucleus dentatus ; corps rkomàoïdal ; olive cérébelleuse) [fig. 142, a), qui forme dans chaque moitié du cervelet un feuillet gris plissé comme le feuillet des olives, La forme générale est celle d'un bonnet ou d'une bourse dont le fond est dirigé

n a, niijaii deileld, on corps rhomboTdïl du rer»elel ; — 4, noyau du loi! ; — e, lolmha eentralia ; — à, région bous liquelle esl placé le pédoncule cérâbelleui supérieur ; —f, nerf scouiiique ; — g, ■lri« acottiliques ou barbei du calamui; — A, noyuu du nerf griud hïpoglosie; — i, nayau du

en haut vers l'écorce, et dont Touverture (hile) regarde en bas et en dedans. L'organe se trouve rapproché de la face inférieure du cervelet, qui, comme il a été dit plus haut^ est en partie blanche; il est très-visible sur une coupe divisant transversalement l'organe dans son tiers antérieur {fig. 142).

Nous devons aussi à Meynert des données plus précises sm* la forme du noyau dentelé des -animaux. Chez le singe déjà il n'offre pas de plis comme chez l'homme, il forme un simple feuillet recourbé de substance grise. Chez les mammifères plus inférieurs il est encore plus réduit. Chez le chien, par exemple, il est représenté seulement par divers fragments feuilletés, et n'est reconnaissable que par l'analogie de ses éléments et sa situation.

b) Lesnoyaux dentelés accessoires (Meynert). — Ce sont deux petits feuillets de substance grise, dentelés, situés en bas et en avant des noyaux dentelés proprement dits. C'est Meynert qui les a décrits le premier; on ne sait du reste encore absolument rien sur leurs connexions.

6") Lesnoyaux du toit de Stilling [Stillings'chenDachkerne^fig. 142, b). — Ces noyaux sont faciles à découvrir au moyen de la coupe signalée plus haut au travers du tiers antérieur du cervelet. Ils sont placés directement sous le lobule central [fig. 142, c; fig. 65, LC), très-près du toit du quatrième ventricule, et représentent deux noyaux gris de 6 à 7 millimètres de longueur et 3 millimètres de hauteur.

Ils sont situés tout près de la ligne médiane et leur coloration grise est peu accentuée. Au reste il n'y a pas entre eux une séparalion bien complète, car les deux noyaux sont réunis par une mince commissure dans leur partie postérieure.

Les rapports des pédoncules du cervelet avec la substance grise de cet organe sont les suivants :

1) Pédoncule cérébelleux moyen.

Il est facile de constater la disposition de ce pédoncule sur des pièces préparées. On voit qu'il envoie ses fibres dans l'écorce du cervelet. Ces fibres se groupent en un nombre considérable de petits feuillets, qui plongent dans les circonvolutions de toute la superficie. De cette façon le pédoncule moyen est forcé de se diviser en un arbre de faisceaux qui décrivent une courbe en avant, en haut et en dedans.

La figure 143, a, montre une représentation schématique grossière de cette disposition, qui peut aussi se démontrer d'une façon trèsnette sur des coupes de cervelets d'animaux. Les fibres du pédoncule

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX. 271

cérébelleux moyen n'entrent par conséquent pas en relation avec des masses grises autres que l'écorce. Ces fibres sont :

à) Des fibres commissurales ;

b) Des fibres qui sortent du pédoncule cérébral. Nous n'avons pas à rappeler les rapports de ces fibres (voyez ci-dessus, page 219).

2) Corps restiforme.

Les libres du pédoncule cérébelleux moyen, décrites dans le para-

Fig. 143. — Figure scMmatique d'une coupe transversale de là protubérance et du cervelet, pour montrer la distribution des pédoncules cérébelleux moyens (').

graphe précédent, forment la couche la plus extérieure sur laquelle on arrive lorsqu'on pénètre dans le cervelet par le côté.

Si l'on envisage, les rapports du corps restiforme (partie externe du pédoncule cérébelleux inférieur) et du pédoncule cérébelleux moyen (Jig. S7), il est clair que le premier de ces pédoncules forme, aussi loin qu'on peut le poursuivre comme faisceau compact, la seconde couche sur laquelle on arrive lorsqu'on pénètre par le côlé dans le cervelet. La direction des éléments du corps restiforme dans

(*) p. pynmiil«i (p<dciDciil« cérébnui) i — CR, corpi retlirornie ; — FC, funàulat eimealut et pni — a, «pancluiweineDt du pédoncule tdrCbcLleiu moven (cP) dans Ji subsiance cscticsie du cerrclel.

la substance du cervelet devient ensuite assez confuse. Il est certain que les fibres se dirigent vers le haut dans le voisinage du noyau dentelé, et puis qu'elles gagnent Técorce du cervelet en rayonnant. On ne sait pas exactement si ces fibres se rendent à toutes les parties de récorce. Ici aussi, par conséquent, il n'existe pas d'interruption bien apparente de ces fibres au travers des masses grises centrales du cervelet. Meynert admet cependant la possibilité de l'union des fibres du corps restiforme avec les cellules du noyau dentelé. 3) Pédoncule cérébelleux supérieur.

Dans la figure 1 42 le regard plonge par derrière dans l'angle supérieur du quatrième ventricule, et on y voit en rf, de chaque côté, une saillie développée sur la partie du cervelet qui forme le toit de la cavité ventriculaire. Cette saillie correspond au trajet du pédoncule cérébelleux supérieur dans le toit du quatrième ventricule. Le pédoncule cérébelleux supérieur se rend de haut en bas au hile du noyau dentelé, pénètre dans Tintérieur de ce noyau et se met probablement en rapport avec ses cellules par l'entremise de ses fibres rayonnantes. Mais le pédoncule cérébelleux supérieur ne trouve passa dernière terminaison dans ce point; on peut démontrer sa continuation sous forme d'un système rayonné qui unit le noyau dentelé avee l'écorce. On ignore si cette union a lieu avec tous les points de cette écorce. On voit aussi facilement, que ses fibres doivent s'entre-croiser et s'entrelacer avec les fibres du corps restiforme et du pédoncule cérébelleux moyen.

4) Partie interne du pédoncule cérébelleux inférieur {funiculus cuneatus et gracilis) [fig. 144, A).

Ce cordon envoie ses éléments dans deux régions qui sont formées de substance grise.

à) Dans le noyau du toit de Stilling (144, a et A). Ces fibres se dirigent en haut et en dedans en décrivant une courbe, et gagnent les unes le noyau du même côté et les autres celui du côté opposé en s'entre-croisant sur la ligne médiane. Il n'est pas certain que les fibres ressortent à nouveau du noyau. Meynert admet cependant qu'elles se rendent, dans un trajet ultérieur, jusque dans la substance du vermis inférieur.

b) Dans les parties supérieures et latérales de F écorce du cervelet {fig. 144, c, rf, /, g). Ces fibres se dirigent en haut et de côté, elles s'entrelacent avec le système de fibres signalées précédemment et forment une véritable couronne rayonnante. On ne peut pas préciser quelle est la partie de Técorce à laquelle cette couronne rayonnante

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX. 373

m rend plus particulièrement. Meynert admet qu'elle envoie des âbres à toutes les parties de l'écorce.

On voit donc en définitive que de toutes les fibres qui pénètrent dans le cervelet pour aboutir à l'écorce, les unes, celles du pédoncule ^jérébelleux meyen et du coiçs restiforme, se rendent à celte écorce directement et sans interruption ; tandis que celles du pédoncule cérébelleux supérieur sont interrompues dans Je noyau dentelé, et que celles àii/uniculus cuneatus et gracilis subissent au moins en partie

Rg. 144. — Sikéma des irradiations de la partie interne (funicuhis gracilii! et cuneatus) du pédoncule cérébelleux inférieur dans le cervelet {').

une interruption dans le noyau du toit. Nous verrons plus tard si cette disposition anatomique est susceptible de recevoir une interprétation physiologique.

Si maintenant nous considérons le cervelet comme une partie détachée du cerveau, et que nous envisagions les faisceaux que nous venons de décrire comme formant un système de projection, nous trouverons aussi des fibres qui peuvent être mises en parallèle avec les systèmes de coordination ou systèmes arciformes du cerveau. Depuis longtemps on connaîl un grand nombre de petits systèmes

n A,/toi(«Iiu «UMOfvt a graetlis; — B, corps ««Wonne ; — C, pjwmldfs; — D, nerf Moustique;

M 'graeSit lonl m aojiu du (oil ;— c, d, {, g, Gbres qui Tont à l'écorce du cerielel ; — *,', fibres qni TODl dD iio)siu eilatnt de ruoustique du dotui du lait.

BUQUBHin. — Syst. nerv. 18

arciformes très-riches en fibres et reliant entre elles d'une façon très-régulière les circonvolutions voisines. On peut les voir facilement sur des coupes perpendiculaires à l'axe des circonvolutions. Puis viennent des faisceaux à trajet plus étendu, que Stilling décrit et qui mettent en communication des points éloignés de Técorce. C'est ainsi que, d'après cet auteur, le vermis supérieur est traversé dans le sens de sa longueur par un faisceau pair situé de chaque côté de la ligne médiane et qui va depuis la partie la plus antérieure de l'écorce {lingula) jusqu'à sa partie la plus postérieure. Puis ce faisceau se recourbe en bas, passe dans la moelle du verrais inférieur, la parcourt d'arrière en avant et se rend aux circonvolutions les plus antérieures de cet organe. Au reste on trouve aussi sous Téçorce des systèmes arciformes qui sautent deux ou même trois circonvolutions, de telle façon qu'en principe, à ce point de vue, l'analogie est complète entre le cervelet et le cerveau.

Ce que nous venons de dire peut s'appliquer aussi aux fibres commissurales qui se trouvent dans le cervelet.Le nombre et la distribution de ces fibres ne sont, il est vrai, pas très-bien connus ; on n'a pas encore réussi à faire rentrer sous une même loi générale les fibres transversales peu nombreuses trouvées dans la substance blanche. Il est évident qu'il ne peut être question d'une commissure analogue au corps calleux par son importance et son étendue. Par contre nous tenons à l'assertion que nous avons précédemment énoncée, à savoir qu'une partie des fibres transversales de la protubérance qui se rendent au cervelet avec le pédoncule cérébelleux moyen, doivent être considérées comme de simples fibres commissurales des deux moitiés du cervelet.

Nous avons déjà fait remarquer plus haut que nous ne savons rien du rôle que jouent dans le cervelet les fibres du trijumeau qui traversent le pédoncule cérébelleux supérieur. Dans le fait nous ignorons absolument si ces fibres gagnent une masse grise. Mais nous avons sur le nerf acoustique quelques données dont nous devons faire ici une plus ample mention.

En exposant le trajet des racines du nerf acoustique, nous avons parlé du noyau dit externe {fig. 117, III.) Ce noyau se trouve situé entre les faisceaux de la partie interne du pédoncule cérébelleux inférieur et renferme un grand nombre de belles et grosses cellules polygonales. Sur le schéma 144 le noyau est représenté en H. 11 est facile de voir (144, h et i) que des fibres ou plutôt des faisceaux fort apparents sont en connexion avec ce noyau. Ces faisceaux se

Page 1