DIVERS DÉPOTS DE SUBSTANCE GRISE
flexes fort variés ; et c'est là une seconde raison qui nous fait supposer que dans les voies qui descendent dans la moelle allongée se trouvent des fibres qui subissent une interruption et une déviation.
Nous pouvons admettre des noyaux d'interruption :
Dans le pédoncule cérébelleux supérieur. Celui-ci offre sous la couche optique, dans le point où il commence à se dévier en dehors, un dépôt important de cellules qui élargit considérablement ce faisceau {noyau rouge). Après le noyau rouge, le faisceau pédonculaire est beaucoup plus volumineux qu'avant ; le calibre des fibres ne présente cependant pas de réelle différence. De toute façon les connexions des fibres avec les cellules ne sont pas démontrées. Les cellules du noyau rouge ont des dimensions fort variées ; on ne connaît pas encore la façon dont se comportent leurs prolongements.
Dans le feuillet superficiel du faisceau de ReiL C'est Meynert qui, le premier, a démontré que la présence de petites cellules allongées entre les faisceaux de cet organe permet d'expliquer l'augmentation du nombre des fibres de bas en haut. De toute façon la coupe transversale du feuillet superficiel du ruban de Reil dans Ja région de la calotte est en disproportion sensible avec celle qu'offre ce faisceau près des tubercules quadrujimeaux. On n'a cependant pas encore démontré directement l'interruption des fibres par des cellules.
Dans le champ moteur, au niveau du noyau moteur supérieur du trijumeau. A la page 181 et 186, nous avons déjà attiré l'attention sur Taugmentation subite des fibres du champ moteur, et nous a vous trouvé une des raisons de cette augmentation dans ce fait que le feuillet profond du ruban de Reil se résout dans le champ moteur et contribue ainsi à l'augmentation du nombre des fibres. Mais nous avons dit plus loin (p. 186) que cette augmentation de fibres coïncide aussi précisément avec l'apparition de nombreux noyaux de petites cellules nerveuses. Ce fait paraît digne d'attention en ce sens que l'on pourrait admettre ici aussi, avec les mêmes raisons que précédemment, une augmentation des fibres due à l'intercallation de cellules nerveuses. Mais il n'est pas possible d'affirmer la chose d'une façon certaine.
Dans le pédoncule cérébelleux inférieur. Nous avons fait provenir, avec Deiters, du corps restîforme du côté opposé, toute la partie du cordon postérieur qui est visible à l'extérieur et qui paraîtse rendre directement de la moelle épinière au cervelet (Voyez les schémas, p. 235 et 236). Mais les fibres, en gagnant successivement le cordon postérieur, rencontrent un amas très-volumineux de substance grise qui est la cause de l'augmentation de volume des cordons postérieurs au
niveau du calamus. Cet amas se compose de petites cellules qui sont entourées et entremêlées de fibres de la façon la plus compliquée. Cette substance grise se continue en bas dans les cordons postérieurs de la moelle et se suit assez loin dans le funiculus cuneatus et gracilis (cordon cunéiforme de Goll). On ne peut pas constater ici d'une façon bien précise un changement de calibre des fibres ; on ne peut pas non plus établir un changement dans le nombre des fibres, car il est de fait impossible d'apprécier même d'une façon approximative le nombre des fibres arciformes qui pénètrent dans les cordons postérieurs. Nous ne pouvons par conséquent pas non plus donner ici une démonstration positive de l'interruption des fibres nerveuses.
Il se trouve dans la moelle allongée une région où des réflexes seraient possibles, en dehors des noyaux des nerfs. C'est toute cette région du champ moteur dans laquelle sont répandues les fibres arciformes qui transmettent au cervelet l' entrefer oisement des cordons postérieurs. Meynert tient pour absolument certain que ces fibres arciformes se trouvent unies avec les amas de petites cellules et par l'intermédiaire de celles-ci avec les fibres de projection qui viennent d'en haut. Si les choses sont ainsi disposées, il ne peut pas y avoir de région plus favorable pour la production d'excitations réflexes. On s'explique aussi très-facilement de cette manière la possibilité des réflexes entre-croisés dans la moelle allongée.
En dehors de ces amas de petites cellules nerveuses, la moelle allongée présente encore, outre les noyaux moteurs, des masses importantes de grosses cellules analogues aux cellules à prolongements nombreux des noyaux moteurs. Le nombre de ces cellules augmente dans la région du facial et on les retrouve jusqu'au niveau des origines du nerf spinal. On ignore selon quelle loi elles sont agencées et unies entre elles; tout ce qui a été dit sur ce point est pure hypothèse (1). La remarque de Meynert que ces cellules paraissent s'anastomoser aussi avec les fibres arquées du champ moteur mérite seule l'attention. C'est bien certainement dans ces amas de cellules que l'on pourra un jour trouver les connexions servant aux réflexes complexes que l'on présume exister enrre les noyaux des différents nerfs.
(l) Quelques-uns de ces amas, représentant des débris de la tête de la corne antérieure, peuvent cependant être rattachés aux noyaux des nerfs moteurs : tel est l'amas de substance grise que nous avons décrit sous le nom de noyau accèssoire de l'hypoglosse (Voy. ci-dessus, p. 223, la note 2).
FORMATIONS OLIVAIRES. 335