CALOTTE ET PÉDONCULES
cula lutea dans la direction d'un rayon tombé d'abord sur les parties latérales de la rétine, le nerf oculo-moteur commun d'un côté, et l'oculo-moteur externe de l'autre, doivent entrer en fonction simultanément. Les points identiques de la rétine doivent donc avoir des centres coordonnés dans les tubercules quadrijumeaux d'où partent des connexions avec les noyaux des nerfs. Meynert a démontré une de ces connexions pour l'oculo-moteur commun, mais il est hors de doute qu'il en existe encore bien d'autres, et notamment des connexions avec entre-croisement.
On peut donc admettre qu'il y a des mouvements complexes des extrémités qui sont produits dans la couche optique ou peut-être aussi dans les tubercules quadrijumeaux. Nous avons vu que des faisceaux, les uns croisés, les autres non croisés, vont de la couche optique à la calotte, de sorte que l'on peut concevoir la possibilité de mettre en mouvement, par un seul côté des centres nerveux, les muscles des deux côtés du corps. Dans des mouvements réflexes rapides des deux bras, par exemple ceux que l'on fait pour atteindre un même but (défense), les muscles opposés des deux extrémités supérieures doivent entrer en contraction. Si, par exemple, une excitation arrive à la couche optique par la rétine droite, et qu'elle ait pour résultat de mettre en mouvement les deux bras pour se défendre contre un danger menaçant, on peut se représenter sans difficulté que le mouvement a été communiqué aux muscles opposés des deux bras par la couche optique gauche, d'où est résulté le mouvement complexe conforme au but proposé. De pareils mécanismes, que nous pouvons hardiment admettre, sont le produit de l'habitude et de Texpérience; les notions de ces mouvements s'emmagasinent et se perfectionnent par répétition volontaire, jusqu'à ce qu'enfin ils se produisent absolument sous la simple influence réflexe.
Un grand nombre de mouvements encore plus compliqués ne sont pas le résultat d'une action réflexe de ce genre. Ils dépendent de l'excitation d'un centre situé plus haut, l'écorce cérébrale, qui seule est capable de produire des mouvements simples nouveaux, et de grouper des mouvements qui n'ont encore jamais été exécutés (!)•
(l) ^opposition établie par Meynert entre le pied du pédoncule, voie d'innervation volontaire, et la calotte, voie d'innervation réflexe, est encore confirmée, ainsi que cet auteur lui-même Ta fait remarquer, par la considération des proportions si différentes que présente la masse de ces deux systèmes dans la série animale : ainsi la voie de la calotte acquiert une prépondérance de volume d'autant plus élevé que ranimai est placé plus bas dans l'échelle des vertébrés, c'est-à-dire qu'il n'olTre que des mouvements volontaires relativement peu accusés, en rapport avec le faible développement des pédoncules cérébraux et des hémisphères.
i86 PROTUBÉRANCE.