ORIGINES DU NERF TRIJUMEAU
cines sensibles qui émergent à un niveau un peu inférieur, il doit s'étendre un peu vers le bas dans le sens de la longueur de la moelle allongée.
Nous n'avons aucune notion sur les relations de ce noyau avec l'anse du noyau lenticulaire [Linsenkernschlinge). Meynert pense que des fibres du raphé rejoignent le noyau en passant par le champ moteur, parce que ces fibres occupent le voisinage immédiat du ruban ^de Reil ; nous avons cru rencontrer pour notre compte ce genre de fibres dans un autre faisceau, qui se trouve dans le voisinage du faisceau longitudinal postérieur. Mais il a été prouvé que ce faisceau n'est pas constant. Il est également impossible de dire actuellement quelque chose de précis sur les autres connexions de ce noyau ; on ne connaît bien aucune voie qui le mette en relation avec d'autres centres nerveux, de sorte que nous n'avons pas de notions anatomiques touchant les nombreux réflexes qui se produisent dans la sphère de ce noyau (1).
Une coupe faite immédiatement au-dessous de la précédente et correspondant à la ligne b de la figure 97, nous mène dans le territoire de la racine sensitive du nerf trijumeau. La figure 111, mischématique, montre la région de h calotte ; toute la partie correspondante de la protubérance, qui est traversée par le tronc du trijumeau, n'est pas représentée ici. Nous voyons le sinus rhomboîdal avec ses cinq côtés ; le toit du sinus est formé par la valvule de Yieussens (i), sur laquelle se trouvent couchées quelques circonvolutions du lobule central du vermis supérieur du cervelet. Les côtés du sinus rhomboïdal ne sont plus formés maintenant que par les pédoncules cérébelleux supérieurs [a). Ceux-ci ont conservé .leur configuration précédente, mais ils sont notablement plus élevés. bans la région de la calotte, on voit, de chaque côté de la ligne médiane, le champ moteur, à peu près avec la même disposition que précédemment. La différence consiste en ce que les fibres transversales commencent à être de plus en plus nombreuses. En outre, le
(1) Le noyau moteur du trijumeau (noyau masticateur) a l'aspect d'une masse sphérique ou tout au plus ovoïde, à grand diamètre verticale; en réalité, du moins chez rhomme, il est tout à fait sphérique, c'est-à-dire que ses divers diamètres sont à peu près égaux. Ceite indication, ainsi précisée, paraîtra en désaccord avec les descriptions des auteurs qui se sont les premiers occupés de fixer la place et la figure du noyau masticateur ; d'après ces anatomistes, et notamment d'après Stilling et L. Clarke, ce noyau serait assez étendu dans le sens longitudinal (de haut en bas) et se composerait de plusieurs étages, de plusieurs groupes de substance grise. C'est que les auteurs en question ont rattaché au nerf masticateur non- seulement son noyau propre, mais encore le noyau inférieur du facial, ainsi que nous l'indiquerons bientôt à propos du facial lui-même.
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feuillet superficiel dii ruban de Reil (m) commence à se diviser en Taisceaux disposés sans ordre qui se mêlent aux fibres du champ moteur. Le champ moteur se compose donc, à partir de ce point, des faisceaux venant de la couche optique, du feuillet profond du ruban de Reil, du feuillet superficiel du ruban de Reil, et enfin du petit faisceau du pédoncule que nous avons mentionné plusieurs fois précédemment (Voy. pages 180 et 183).
En h se trouve, comme précédemment, le faisceau longitudinal postérieur de la calotte (dit anciennement le cordon acoustique, acusli-
Fig. Jll. — Coupe de !a protubérance au niveau de l'émergence du ti-ijamea» (').
cusstrang) ; en b se voit le prolongement de ta racine descendante du trijumeau qui prend son origine au-dessous du tubercule quadrijameau, et dont nous avons parlé précédemment à plusieurs reprises. A ce niveau enfin apparaît la grosse racine sensible du trijumeau, qui pénètre obliquement dans la protubérance {111, T). Le Irooc
(■) U région de la caMle est seule repr«seDli!e (pse les fibres Iransierses de U protubérincE, ni Js
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comniun se compose d'un assez grand nombre de faisceaux qui viennent de différentes directions, et dont l'origine et le trajet ultérieur sont encore loin d'être complètement connus.
Ce qu'il y a de plus remarquable incontestablement, c'est qu'une partie de ces racines vient du cervelet, qu'une autre partie plus considérable prend naissance dans la substance grise des cornes postérieures de la moelle épinière, et pénètre, après un trajet ascendant relativemenf assez long, dans les racines efférentes du trijumeau.
Nous dirons quelques mots d'abord du lociis cœrideus^ cette région (Yoy. fig. 57, p. 80) qui est désignée sur le plancher du quatrième ventricule, dans le triangle supérieur, comme le noyau sensible du trijumeau. Sa couleur gris-bleu provient exclusivement de la substance ferrugineuse placée au-dessous ; celle-ci forme une colonne assez lâche de cellules pigmentées en brun et en noir (111, p) qui entoure la racine descendante du trijumeau {b). •Mais ces mêmes cellules se retrouvent aussi disséminées auprès du faisceau longitudinal postérieur, elles remontent même dans les parois latérales du sinus rhomboïdal, où on les rencontre dans le voisinage immédiat du pédoncule cérébelleux supérieur. Meynert considère celte substance ferrugineuse comme un ganglion d'origine des fibres sensibles du trijumeau ; il est impossible actuellement d'établir le fait d'une façon évidente, dans tous les cas ce n'est pas cet amas de cellules que l'on est accoutumé à considérer comme le noyau sensible, par conséquent la désignation de locus casriileus comme noyau sensible du trijumeau n'a plus qu'une importance historique.
Meynert divise les racines du trijumeau en plusieurs catégories, que nous adopterons faute d'une division plus rationnelle.
1 . Les racines qui naissent au niveau même oit se fait r émergence du trijumeau. — Ces fibres proviennent d'un groupe de cellules que les anciens auteurs ont déjà désigné comme le noyau sensible du trijumeau (111, d). Ce noyau est constitué par une colonne de cellules qui s'étend vers le haut jusqu'auprès du noyau moteur du trijumeau, et qui se subdivise souvent en un petit nombre de noyaux secondaires. La hauteur de la colonne est d'environ S à 6 millimètres. Les groupes isolés du noyau sont séparés les uns des autres par des travées de fibres qui se déversent dans le tronc commun. Les cellules que renferme le noyau sont tout à fait différentes de celles que nous avons rencontrées dans le noyau de l'oculo-moteur et du pathétique. Elles sont trois ou quatre fois plus petites et n'offrent que des prolongements rares peu distincts ; il n'est plus question ici de belles cel-
Iules pyramidales multipolaires et en forme d'étoiles comme celles des noyaux moteurs (1).
2. Une grosse racine ascendante. — Lorsqu'on fait des coupes au niveau du point d'émergence du trijumeau, on voit toujours au côté interne du nert une figure formée par la coupe de nombreux petits faisceaux g, qui représentent par leur ensemble un faisceau à surface de section convexe en avant et concave en arrière. D^gis la concavité du faisceau [g à gauche) se trouve toujours une substance à noyaux particulièrement fins, d'aspect gélatineux, qui renferme une grande quantité d'éléments cellulaires dont la nature nerveuse ou conjonctive n'est pas encore déterminée. C'est la substance gélatineuse de Rolando ; nous la retrouverons avec le faisceau qui l'entoure jusque dans les cordons postérieurs de la moelle épinière.
La racine descendante du trijumeau décrit autour de la substance gélatiniforme une courbe d'à peu près un quart de cercle.
Cette racine bulbaire (2), dont la coupe a la forme d'un fer à cheval, a reçu diverses interprétations. On la considérait autrefois comme le prolongement du faisceau profond du ruban de Reil, qui lui-même était alors considéré comme un faisceau sensitif, par la raison que l'on pensait pouvoir suivre ses fibres jusque dans les cordons postérieurs de la moelle. Cette même manière de voir fit donner.le nom de champ sensitif k ce faisceau, dont la coupe représente un fer à cheval, pour l'opposer au champ moteur.
Nous avons dit plus haut où allait aboutir réellement le faisceau profond du ruban de Reil, et du reste nous reviendrons encore sur ce point un peu plus bas. Mais, pour le moment, nous devons insister sur ce fait, à savoir que le faisceau en fer à cheval dont il s'agit ici représente uniquement les fibres de la racine ascendante (ou bul-
(1) Ce noyau sensible du trijumeau, placé au même niveau que rémergence duoerf, est formé par l'extrémité supérieure de la colonne de substance gélatineuse de Rolando, colonne qui accompagne dans son trajet ascendant la racine bulbaire da triiumeau.
(2) Les expressions de racine descendante et de racine ascendante du trijumeau prêtent souvent à confusion ; ainsi la racine ici en question est dite ascendante par les uns, parce quils la suivent de son origine (bulbe) vers son émergence (protubérance); les autres, suivant son trajet en sens inverse, la uommQtïi descendante, \X serait plus simple de lui donner définitivement le nom de racine inférieure ou racine ][>ulbaire. De même la racine qui est décrite ici dans le paragraphe 3* (p. 192) est nommée alternativement ascendante ou descendante; le nom de racine supérieure éviterait toute confusion ; car si le nom de racine descendante est naturellement employé, comme le fait Huguenin, par l'anatomiste, qui suit les filets nerveux depuis leurs noyaux jusqu'à leur émergence, le nom de racine ascendante s'impose presque oécessairameot au physiologiste qui voit dans ces fibres des conducteurs centripètes, à trajet ascendant depuis leur entrée dans la protubérance jusqu'à leur terminaison dans les centres placés plus haut; il eh est inversement de même pour la racine inférieure ou bulbaire.