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II. — MODES DE PRÉPARATION DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

1. Ouverture du crâne et extraction du cerveau. — Le sujet reposant ouverture du crâne sur le dos, et la tète étant maintenue soulevée à l'aide d'un billot, qui du marteau. embrasse par sa concavité la partie postérieure de la nuque, le cuir chevelu est incisé suivant une ligne transversale allant d'une oreille à l'autre, et passant par le sommet de la tète. Les deux lambeaux sont rejetés l'un en avant jusqu'au niveau du bord orbitaire, et l'autre en arrière jusqu'au niveau de la protubérance occipitale externe. La calotte crânienne est ensuite enlevée, après incision horizontale des muscles temporaux. Le meilleur moyen d'enlever la calotte, est encore de la briser circulairement à l'aide du marteau, suivant une ligne passant environ à un centimètre, au-dessus de la ligne d'incision des parties molles. L'enlèvement de la calotte à l'aide du marteau, est d'un usage courant en France, et nous parait préférable à l'emploi de la scie. Cette dernière méthode, usitée à l'étranger, a le défaut d'exposer l'opérateur à léser la corticalité, accident assez facile à produire, grâce à la différence d'épaisseur que présente la calotte crânienne suivant les régions. La scie ne doit être employée que lorsqu'il existe des lésions du crâne, fractures etc., et que l'on tient à conserver la pièce. La section du crâne une fois pratiquée, la calotte est

enlevée et détachée de la dure-mère, au moyen du crochet situé à l'extrémité du marteau, chez les enfants io Chez les jeunes enfants, l'ouverture du crâne nécessite en général l'emvért'à raiaetr<L°h[ Ploi de la scie, du fait des adhérences qui existent entre la dure-mère et le

scie

crâne, ainsi que de la mollesse du cerveau à cet âge. C'est dans ces cas, que l'on peut être amené à sectionner transversalement le crâne et le cerveau tout à la fois. On arrive cependant le plus souvent à détacher la calotte, après avoir incisé la dure-mère circulairement au niveau du trait ouverture du erane de scie. Chez le nouveau-né et à plus forte raison chez le fœtus, l'extraction

chez le fœtus et le i . 3jtt a h. ± J ' 1 11 i * i . •

nomeau-ne. du cerveau est assez délicate, étant donnée la mollesse extrême du tissu

cérébral à cette époque de la vie. La méthode qui nous paraît être la meilleure dans ces cas est la suivante : après avoir incisé et rabattu l'épicràne comme précédemment, on incise au scapel le périoste, àla périphérie de chacune des plaques osseuses, sans intéresser les fontanelles ni la membrane suturale. On enlève ces plaques, parcelles par parcelles et, lorsque les deux os pariétaux, les deux os frontaux et l'écaillé de l'occipital ont été ainsi enlevés, on plonge la tète dans une solution très faible de liquide de.Mùller, puis avec des ciseaux, on incise sous le liquide la dure-mère, soit circulairement, soit en croix. Dans ces conditions, il devient facile d'extraire l'encéphale qui flotte dans le liquide. Il faut avoir soin, en employant ce procédé, de ne pas léser la dure-mère en enlevant les plaques osseuses, caria moindre ouverture donne issue à la matière cérébrale.

Chez l'adulte, une fois la voûte crânienne enlevée, on examine la face externe de la dure-mère, puis on incise cette membrane, soit circulairement, soit crucialement; ce dernier procédé nous parait être le meilleur. A l'aide de ciseaux mousses, on l'incise d'abord parallèlement de chaque côté du sinus longitudinal supérieur et chacun de ces lambeaux est divisé en deux par une incision perpendiculaire à la précédente. Extraction du ccr- Pour extraire le cerveau, on introduit les doigts de la main gauche sous les lobes frontaux et, en soulevant légèrement le cerveau, on sectionne successivement au scalpel et en exerçant le moins de traction possible, les nerfs de la base du crâne, et la tige pituitaire. On incise ensuite à l'aide du scalpel la tente du cervelet le long du bord supérieur du rocher, tout en soutenant les hémisphères cérébraux de la main gauche. On sectionne également le reste des nerfs de la base, les deux artères vertébrales et en fin, aussi bas que possible, la moelle épinière. Les doigts de la main droite étant placés sous le cervelet, on attire à soi la masse encéphalique que l'on dépose ensuite sur sa convexité. Dans les différentes manœuvres nécessitées pour enlever le cerveau, il faut avoir grand soin — lorsque le cerveau est soulevé en arrière afin de pratiquer la section de la tente du cervelet, — d'exercer le moins de traction possible, car il est très facile dans ces conditions de léser les pédoncules, accident qui n'est pas à négliger, surtout lorsqu'il s'agit de cerveaux porteurs de lésions.

Le cerveau une fois extrait de la cavité crânienne, sera traité de différentes manières, suivant le parti que l'on en veut tirer, suivant, en d'autres

eau de l'adulte.

(le moelle opiuicre.

MÉTHODES USITEES DANS L'ÉTUDE DES CENTRES NERVEUX. lo

termes, que l'on fait de l'anatomie normale ou de l'anatomie pathologique.

2. Ouverture du rachis. — Extraction de la moelle épinière. — Le Extraction cadavre étant couché sur le ventre, on soulève la partie supérieure du tronc à l'aide d'un billot placé sous la fourchette sternale, de manière à ce que la tète pende en bas et en avant de la table d'autopsie. Les bras sont également abaissés de chaque côté de la table. A l'aide d'un couteau court et très tranchant, on pratique le long des apophyses épineuses, une longue incision allant de l'écaillé de l'occipital jusqu'à la base du coccyx. On rabat la peau de chaque côté, et on détache à droite et à gauche des apophyses épineuses et des lames des vertèbres, les masses musculaires spinales. Cet enlèvement des masses musculaires doit être fait avec soin, et en raclant avec une rugine courbe les lames osseuses, de manière à enlever complètement tout le tissu musculaire. On procède ensuite à l'ouverture du canal rachidien, au moyen du rachitome d'Amussat et du marteau, méthode préférable de beaucoup, à celle qui consiste à ouvrir le canal à l'aide d'un rachitome à double lame de scie. L'épaisseur de la lame du rachitome est calculée de telle manière que, si cette lame est maintenue toujours en contact avec les apophyses épineuses, la section des lames vertébrales s'effectue suivant une ligne passant en dehors de la moelle épinière. 11 suffit donc de maintenir d'une main ferme, le rachitome dans cette situation, pour ouvrir le canal rachidien sans crainte d'accident. Une fois les lames coupées de chaque côté et sur toute la longueur du canal, on applique le rachitome sur la dernière vertèbre lombaire et on sectionne transversalement à ce niveau la partie supérieure de la vertèbre. Puis, passant le crochet sous l'apophyse épineuse de cette dernière, on exerce une traction. Si l'opération a bien réussi, on doit enlever d'un seul coup et jusqu'à l'occipital, toute la paroi postérieure du canal rachidien. La moelle entourée de sa duremère apparaît alors dans toute sa longueur. S'il reste des esquilles dans le canal, on aura soin de les enlever avec le davier ou une pince coupante. Lorsqu'il existe des lésions de la colonne vertébrale — mal de Pott, fractures, luxations, — le rachitome à marteau sera abandonné et on ouvrira le rachis à l'aide d'une petite scie et d'un ciseau à froid. Pour extraire les ganglions spinaux, il sera nécessaire de mettre les trous de conjugaison à nu, en enlevant les pédicules des vertèbres au moyen d'une pince coupante. Chez le fœtus et le nouveau-né, le rachitome sera remplacé par un fort scalpel ou une pince coupante.

Le rachis ouvert, on examine la face superficielle de la dure-mère, puis on procède à l'extraction de la moelle, en sectionnant d'abord la queue de cheval au niveau de la dernière vertèbre lombaire. On saisit ensuite la duremère de la main gauche à l'aide d'une pince à dissection, et on coupe successivement les racines de bas en haut, et en relevant de plus en plus l'organe. Le procédé qui consiste à ouvrir la dure-mère par une section longitudinale, pour extraire ensuite la moelle doit être rejeté.

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Lorsque l'on pratique — et c'est le cas ordinaire — l'extraction du cerveau avant celle de la moelle, il arrive constamment que, par suite de la section oblique de cette dernière, au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, on perd un ou deux centimètres pour l'étude ultérieure de la pièce en coupes sériées. Lorsque l'on présume l'existence d'une lésion de la partie supérieure de la moelle, ou lorsque l'on veut étudier en coupes sériées l'extrémité tout à fait supérieure de cet organe, il est préférable d'ouvrir la cavité rachidienne et d'en extraire la moelle, avant de procédera l'ouverture du crâne. On sectionnera alors la moelle perpendiculairement à son axe, au niveau de l'arc postérieur de l'atlas et, par ce procédé, la région cervicale supérieure et bulbaire inférieure pourront après durcissement être débitées en coupes sériées.

Il est souvent nécessaire, lorsque l'on pratique l'extraclion d'une moelle pathologique, de prendre un point de repère, permettant, une fois la pièce durcie, de savoir exactement à quelles paires rachidiennes correspondent les coupes. Cette précaution est indispensable, dans les cas à' atrophie mus- Étiquctagc des ra- cataire limitée ou de compression des racines. Pour arriver à ce résultat il suffit, la moelle étant encore contenue dans le canal rachidien, de prendre une racine comme point de repère. Nous avons l'habitude de choisir la l"' dorsale, facile à reconnaître à son volume et à ce fait que la racine qui lui succède (2e dorsale) est très grêle. Après l'avoir entourée d'un fil — qui servira de point de repère la pièce une fois durcie — on procède ensuite à l'extraction de la moelle. Pour éviter, du reste, toute cause d'erreur dans le numérotage des racines, on peut aller à la recherche du premier nerf dorsal, dans le creux sus-claviculaire, au niveau du point où il entre dans la constitution du plexus brachial. Ce nerf est toujours facile à reconnaître, car il passe par dessus la première côte. En le dénudant un peu et en exerçant sur lui une légère traction, on s'assure aisément si laracine étiquetée 1'° dorsale dans le canal rachidien, correspond bien au premier nerf dorsal.

Lorsqu'il s'agit de lésions portant sur la queue de cheval, il faut ouvrir la colonne vertébrale plus bas que d'habitude, jusqu'au canal sacré et enlever toute la poche dure-mérienne. Les racines restant ainsi adhérentes à la dure-mère, il est beaucoup plus facile de les étiqueter, en prenant comme point de repère la l,c dorsale ou la lrc lombaire.

3. Examen du cerveau normal et pathologique a l'aide de coupes macroscopiques. ■ — Technique de ces coupes. — Lorsque l'on veut étudier l'anatomie du cerveau, il faut après avoir examiné sa conformation extérieure (circonvolutions, scissures, sillons, etc.), examiner sa configuration intérieure (ventricules, etc.), en pratiquant une coupe horizontale des deux Coupe dite : du hémispbères, le cerveau reposant sur sa face inférieure. Cette coupe, qui vieussens. doit raser le corps calleux, constitue la coupe dite du centre ovale de Vieits-

sens. Une fois cette coupe pratiquée, il suffit d'inciser la masse blanche de chaque côté et parallèlement au corps calleux, pour pénétrer dans les cavités ventriculaires.

Lorsque l'on veut étudier non plus la morphologie proprement dite du cerveau, mais les masses ganglionnaires, ainsi que les faisceaux de substance blanche qui le constituent, il faut pratiquer, sur les hémisphères séparés l'un de l'autre sur la ligne médiane, une série de coupes dans différents sens, — horizontales, vertico-transversales et sagittales.

A dire vrai, ces coupes pratiquées à l'état frais ne sont pas très instructives, et on peut dire qu'on ne les interprète bien, qu'après avoir étudié le cerveau à l'aide d'autres procédés, c'est-à-dire sur des coupes macro et microscopiques, pratiquées au microtome sur des cerveaux durcis par les bichromates. Aussi, ne décrirons-nous pas ici les apparences multiples que présente le cerveau à l'état frais, suivant qu'on y a pratiqué des coupes dans tel ou tel sens, et nous renvoyons aux figures qui représentent, grandeur naturelle, ces mêmes coupes pratiquées sur des hémisphères Différenciation des durcis dans le liquide de Millier. Sous l'action de l'imprégnation chromique, ™™xt au'bfchroles faisceaux de la substance blanche apparaissent en effet avec une netteté mateautrement caractérisée qu'à l'état frais. (Voy. Coupes macroscopiques du cerveau.)

Lorsqu'il s'agit de cerveaux atteints de lésions, il peut être nécessaire, coupesài'ctatfrais

, -, , 1, ,. , ,,,. , c . i . ..h de cerveaux porteurs

dans beaucoup de cas, d'y pratiquer a 1 état trais des coupes suivant telle de irions. ou telle direction. Nous disons il peut et non pas il doit être nécessaire d'y pratiquer des coupes, car, en face d'un cerveau pathologique, plusieurs problèmes peuvent se poser. Ou bien il existe une lésion corticale, ou bien l'écorce est intacte et la lésion ne peut être décelée qu'à l'aide de coupes, ou bien enfin la corticalité et les masses centrales sont à la fois lésées. Mais, quel que soit le siège occupé par la lésion, qu'elle soit apparente ou cachée, la question que doit se poser l'observateur est la suivante : quel usage veux-je faire de cette pièce? vais-je me contenter d'une description sommaire et macroscopique de la lésion, ou bien veux-je l'étudier complètement et, pour cela, la faire durcir dans les bichromates pour la couper ensuite au microtome?

Il existe, en effet, plusieurs procédés pour couper un cerveau porteur de lésions ; mais la plupart ont le grave défaut de mutiler la pièce de telle manière que tout examen microscopique complet, la pièce étant durcie, devient totalement impossible. Tel est le cas en particulier pour le procédé coupedevuchow, de Virchow, ou pour d'autres, dérivant plus ou moins de ce dernier, et ^^â veut faire consistant à sectionner horizontalement et de dedans en dehors, la substance durcil' la pieceblanche de chaque hémisphère par une série de coupes successives, et à diviser ensuite les masses centrales, au moyen de coupes verticales plus ou moins rapprochées. Ce sont là des procédés qui doivent être complètement abandonnés.

Différents procédés ont été proposés, pour sectionner à l'état frais les cerveaux porteurs de lésions, un des plus anciens est celui de Meynert.

Coupe de Meynert. — Cette coupe (fig. 4 et 5) a été employée par Meynert coupe de Meynert. dans le but de peser isolément les différentes parties du tronc encéphalique ^Hirnstamm) d'une part, et les différents lobes du manteau cérébral

Technique de ï coupe de Moynert.

Inconvénients de la coupe de Meynert.

d'autre part. L'encéphale reposant sur sa convexité, l'opération se fait en trois temps :

1er temps. — On soulève légèrement de la main gauche l'écorce du lohule orbitaire; un scalpel, posé à plat sur l'espace perforé antérieur, est porté horizontalement en avant de façon à entamer, sur une longueur de 3 centimètres et le long du sillon marginal antérieur de l'insula, le lobe que l'on vient de soulever. On porte ensuite brusquement le tranchant du scalpel en bas et on pénètre dans les cornes frontales des ventricules latéraux.

2e temps. — Ce temps a pour but de sectionner le pied de la couronne rayonnante du lobe fronto-pariétal. Pour atteindre ce résultat, continuant l'incision précédente, on dirige le scalpel d'avant en arrière, en suivant le sillon marginal supérieur de l'insula, tandis que la pointe chemine librement dans l'intérieur du ventricule latéral et rase la surface libre du noyau caudé. La section ne doit pas dépasser l'extrémité postérieure du sillon marginal supérieur de l'insula. On agit de môme de l'autre côté.

3" temps. — On coupe le pied de la couronne rayonnante du lobe temporal. Pour cela on soulève l'extrémité libre de la pointe de ce lobe et on plonge horizontalement la pointe du scalpel, le tranchant tourné en avant, dans l'extrémité antérieure du ventricule sphénoïdal, en arrière de la circonvolution du crochet. Par un mouvement circulaire d'arrière en avant et de dedans en dehors, on rejoint l'extrémité postérieure de l'incision précédente, en suivant le bord postérieur de l'espace perforé antérieur et le sillon marginal postérieur de l'insula. On opère de même sur l'autre hémisphère. Le manteau ne tient plus alors au tronc encéphalique que par les piliers postérieurs du trigone en arrière et la lame mince du septum lucidum en avant; il suffit de sectionner ces parties pour l'en séparer.

On obtient ainsi et séparés l'un de l'autre : d'une part, le manteau des deux hémisphères réunis par le corps calleux (fig. 3) et d'autre part, le tronc encéphalique avec le cervelet (fig. 4). On sépare ensuite ce dernier organe du tronc encéphalique.

Lorsque la coupe de Meynert a été bien pratiquée, la section doit passer parle pied de la couronne rayonnante, et respecter les noyaux gris centraux. Dans ses pesées, Meynert séparait le manteau de chaque hémisphère en sectionnant le corps calleux, puis par une section passant par la scissure de Rolando, il séparait le lobe frontal du lobe pariéto-temporo-occipital.

La coupe de Meynert est d'un emploi peu usité chez nous; en Allemagne elle est d'un usage assez général. Cette coupe présente du reste beaucoup d'inconvénients, celui entre autres de rendre très difficile l'étude histologique des dégénérescences du centre ovale, à la suite de lésions de la corticalité. L'étude des faisceaux d'association et de projection des lobes frontaux et occipitaux — pédoncule antérieur de la couche optique, faisceau uncinatus, faisceau arqué, faisceau longitudinal inférieur, radiations optiques, etc., — pratiquée à l'aide de coupes faites après durcissement est également très difficile. Le seul avantage de la coupe de Meynert est de rendre possible,

après durcissement du tronc encéphalique, l'étude en coupes histologiques sériées, de tout ce tronc encéphalique, depuis la partie inférieure du bulbe, jusqu'au niveau du pied de la couronne rayonnante. Mais ici se présente une difficulté inhérente à la direction de l'axe de ce tronc. Cet axe en effet, n'est vertical que dans sa partie inférieure, il se recourbe peu à peu en avant, de telle sorte que sur les coupes vertico-transversales pratiquées au micro-

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