‹ Anatomie des centres nerveux (volume 2)Chapitre 6 sur 85 · VA · texte numérisé non relu

VA

Fig. 3. — Coupe de Meynert. Manteau des deux hémisphères cérébraux réunis par le corps calleux. (D*après une photographie.)

Ce, corps calleux. — ipo, incision préoccipitale.

— iSl, insertion du septum lucidum. — LO, lobe occipital. — LOi; lobule orbi taire. — LT, Lobe temporal. — oFi{Gr), gyrus rectus (partie orbitaire de la première circonvolution frontale).

— Op, opercule. — Sik, scissure inter-hemisphévique. — S(p), branche postérieure de la scissure de Sylvius.

Fig. 4. — Coupe de Meynert. Tronc encéphalique et cervelet. (D'après une photographie).

AM, avant-mur, — B. bulbe rachidien. «- — Cv, hémisphères du cervelet. — Epa, espace perforé antérieur. — Fe. faisceau en écharpe de Féré. — V, insula. — i, sillon de l'insula. — la, circonvolutions antérieures de l'insula. — Ip, circonvolution postérieure de l'insula. — LF, lobe frontal. — LT, lobe temporal. — JVA, noyau amygdalien. — P, pied du pédoncule. — pFl, pli f aie if orme de Broca. — Vsph, Ventricule spliénoïdal. — xll, chiasma des nerfs optiques.

tome, les surfaces de section apparaissent de plus en plus obliques par rapport à l'axe. C'est ainsi, par exemple, qu'à la hauteur des tubercules quadrijumeaux antérieurs, la coupe intéresse à la fois ces tubercules, la protubérance et les pyramides bulbaires, et pour s'orienter il faut avoir une grande habitude du procédé. Cet inconvénient peut du reste être évité, en faisant durcir à plat le tronc encéphalique, ainsi que l'a conseillé Meynert. Nous n'employons cette coupe que lorsqu'il existe une lésion protubérantielle ou bulbaire.

Coupes vertico-transversales. Procédé de Pitres (1877). — Dans ce pro-

La coupe de Meynert doit être réservée pour les cas de lésion de la protubérance ou du pédoncule.

Procédé de Pitres

cédé, on pratique sur l'hémisphère reposant sur sa face interne et dépouillé

de sa pie-mère, une série de coupes vertico-lransversales et parallèles au

sillon de Rolando.

Le procédé de pi- La méthode de Pitres, très lionne quand il s'agit de localiser des

cabieaux pâcesMjuë lésions du centre ovale, ne doit être employée que lorsqu'on n'a pas l'in-

ron veut taire durcir tention de l'aire durcir le cerveau pour le soumettre à l'examen microsco-

pour l'examen nu- t ... , . ,

eioseopiquc. pique. Elle ne peut du reste être utilisée pour 1 étude des lésions de la

capsule interne, étude qui n'est possible que sur des coupes horizontales.

Procédé de Nothna- A la méthode de Pitres se rattache celle de Nothnagel (1879), divisant également l'hémisphère en six coupes vertico-transversales. coupes horizontales. Coupes horizontales des hémisphères. — ■ Les coupes horizontales du

cerveau, sont celles qui ont été le plus anciennement connues, et celles auxquelles aujourd'hui encore on a le plus souvent recours. On les pratiquait en général, en sciant horizontalement la calotte crânienne et le cerveau tout à la fois, coupe de vicq-d'Azvr Yicq-d'Azyr en a reproduit un exemple remarquable dans la planche XI de son Atlas (1786). Dans cette figure, la capsule interne, son genou, son segment antérieur et postérieur, ses rapports avec les ganglions de la

coupe de Fiechsig. base, y sont très fidèlement reproduits. C'est à Fiechsig (1877) que revient le mérite, d'avoir proposé de nouveau la mise en pratique des coupes horizontales, et d'avoir montré leur importance pour l'étude des masses centrales et de la capsule interne en particulier.

Technique de la La coupe dite de Fiechsig est une coupe horizontale, passant par la coupe de Fiechsig. ^g ^ n0yau cauclé et par la partie moyenne de la couche optique, (fig. 5, ligne A B).

La coupe de Fiechsig se pratique de la manière suivante : après avoir scié la calotte crânienne à la hauteur habituelle, on laisse cette dernière en place, et on sectionne horizontalement le cerveau, au moyen d'un couteau introduit entre les bords de l'ouverture osseuse. On coupe ainsi le cerveau en bloc et de dehors en dedans.

Procédé deBrissaud. Il est préférable, ainsi que l'a indiqué Brissaud, de pratiquer cette coupe

de dedans en dehors et sur chaque hémisphère isolément. Elle est, en effet, plus facile à faire dans ces conditions. Au lieu d'une coupe à direction horizontale, Brissaud a proposé une coupe oblique en bas et en arrière, et fait passer le couteau par le milieu de la tête du noyau caudé et par le point de réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de la couche optique (fig. 5, ligne XY).

procédé employé A Bicêtre, nous avons l'habitude de prendre comme point de repère de la coupe de Fiechsig, le tubercule antérieur de la couche optique et l'extrémité antérieure du pli cunéo-limbique. Cette coupe est donc, comme dans le procédé de Brissaud, oblique en bas et en arrière et de plus, nous inclinons la lame du couteau légèrement en bas et en dehors. Nous obtenons de cette manière, une coupe oblique par rapport à l'axe horizontal et à l'axe vertico-transversal. La capsule interne est ainsi sectionnée dans sa plus grande étendue, le genou en est extrêmement accentué, et la coupe

par nous.

MÉTHODES USITEES DANS L'ETUDE DES CENTRES NERVEUX, il

intéresse les trois segments du noyau lenticulaire. Cette coupe, qui doit être pratiquée sans enlever la pie-mère, ne rend de services, de même que celle de Brissaud, qu'au point de vue macroscopique, car, comme elle passe très près de la partie supérieure de la région sous-optique, elle n'est pas à employer, s'il s'agit d'une pièce que l'on veuille faire durcir et débiter au microtome en coupes sériées. Dans ce cas il est de beaucoup préférable de revenir à la coupe horizontale de Flechsig, mais en la pratiquant par la face interne de l'hémisphère et en faisant passer le couteau plus haut que ne le fait cet auteur, c'est-à-dire par le tiers supérieur de la couche optique. On n'intéresse alors que deux des segments du noyau lenticulaire, le genou de la capsule interne est certainement moins accentué que dans la coupe à direction oblique, mais on a le grand avantage de pouvoir, une fois la pièce durcie, la couper en séries de haut en bas au microtome, et de pouvoir ainsi étudier dans toute sa hauteur, la zone de transition située entre la partie thalamique de la capsule interne et la région sous-thalamique. On peut par conséquent, assister au mode de formation de touslesfaisceaux de cette dernière

Inconvénients des coupes horizontales lorsqu'elles sont trop inférieures.

Fig. 5.

AB, Coupe de Flechsig. — XY, coupe de Brissaud. — CD, coupe que nous pratiquons à Bicètre.

Du reste, quand on se proposed'étudierl'a-

natomie normale, il est préférable de faire durcir l'hémisphère en entier, et d'en faire durcir plusieurs à la fois. En usant des précautions que nous indiquerons plus loin — abondance de liquide, renouvellement fréquent, — on arrive toujours à en obtenir quelques-uns complètement durcis dans toute leur épaisseur.

Technique des coupes à pratiquer sur un cerveau pathologique à l'état frais. — Lorsque l'on a affaire à un cerveau porteur de lésions, les procédés employés pour le couper à l'état frais, varieront nécessairement suivant le parti que l'on veut en tirer. S'il existe des lésions corticales on les reportera avec soin sur un schéma, puis on pratiquera une coupe de Flechsig ou plusieurs de ces coupes, à un centimètre de distance les unes des autres. Si la lésion est centrale, on la mettra en évidence à l'aide de ce dernier procédé, et on dessinera également la lésion sur un schéma. On peut arriver ainsi à établir, avec un degré de précision très relatif, la topographie d'une lésion corticale ou centrale, ainsi que la disposition des dégénérescences secondaires de certains gros faisceaux. Mais cette méthode a donné depuis longtemps tout ce qu'elle pouvait donner et, on ne peut

Modification dans 1 a n'a u t e u r de la coupe de Flechsig.

Importance de cette modification pour obtenir, après durcissement, des coupes sériées.

Durcissement en lilocde l'hémisphère.

faire aujourd'hui des études exactes sur les localisations corticales ou centrales, ainsi que sur les dégénérescences secondaires, qu'au moyen de pièces durcies et coupées en séries au microtome. Voici comment, à Bicêtre, dans le service de l'un de nous, nous préparons dans ce but les cerveaux pathologiques.

Technique du pm- L'encéphale extrait de la cavité crânienne et recouvert de sa pie-mère, vioyonSUedaIIn0s"Siioue cst examiné sur toutes ses faces, pour voir d'abord s'il existe une lésion service de Bicêtre. COrticale. On examine également avec soin — en plaçant l'encéphale sur la convexité — l'étage inférieur des pédoncules pourvoir s'il existe une dégénérescence secondaire. Ceci fait, on sépare l'isthme de l'encéphale d'avec le cerveau, en sectionnant la protubérance suivant un plan horizontal passant au-dessus de la grosse racine du trijumeau, et dirigé parallèlement Précautions à prcn- à la face inférieure du cerveau. L'encéphale se trouve ainsi divisé en deux drrautreies0rdeux parties, l'une supérieure comprenant les deux hémisphères, les pédonhémisphères. cules cérébraux, la partie supérieure de la protubérance et les tuber-

cules quadrijumeaux conservés intacts par suite de l'obliquité de la coupe, l'autre comprenant le reste de la protubérance, le cervelet et le bulbe rachidien. Ceci fait, on recherche avec soin sur la surface de section de la protubérance, s'il existe une dégénérescence du faisceau pyramidal ou du ruban de Reil, puis on sépare l'un de l'autre les deux hémisphères cérébraux.

Ici se présente — lorsque la lésion n'est pas apparente à la corticalité — une difficulté très vite tranchée en général, celle de savoir quel est l'hémisphère malade. La chose a son importance, car on doit sectionner le corps calleux le plus près possible de l'hémisphère sain, afin de pouvoir mieux l'étudier au point de vue des dégénérescences, de môme, qu'au niveau de la base, la coupe ne doit pas passer par l'espace interpédonculaire, mais empiéter d'au moins un centimètre sur le pédoncule normal et sur la moitié correspondante de la protubérance. Il est en général très facile de se tirer d'affaire et de voir, en examinant avec soin la surface de section de la protubérance, de quel côté siège la dégénérescence. Différences dans Les deux hémisphères une fois séparés l'un de l'autre, partant de ce qu'iTex'^te'ou^n™ principe qu'en anatomie pathologique comme en anatomie normale, les une lésion corticale. faisceaux nerveux doivent être étudiés de préférence, sur des coupes perpendiculaires à leur direction, nous traitons l'hémisphère malade de deux manières différentes, suivant qu'il existe ou non une lésion corticale, et les coupes que nous y pratiquons sont toujours faites en conservant la pie-mère.

Dans ic cas de ié- A . Il existe une lésion corticale . — Dans ce cas nous pratiquons les

sioncorticale, diviser • . to **\

l'hémisphère en trois COUpCS Suivantes (fig. t>) :

1° Une coupe vertico-lransversale (CD) passant en arrière du bourrelet du corps calleux.

2° Une coupe également vertico-transversale (AB) passant en avant du genou du corps calleux.

L'hémisphère est ainsi divisé en trois segments : un postérieur compre-

nant le lobe occipital et une partie du lobe pariétal; un antérieur comprenant la partie antérieure du lobe frontal; un moyen plus volumineux que les autres, comprenant la région rolandique, la partie moyenne des circonvolutions temporales, le pied des circonvolutions frontales, les ganglions de la base, le pédoncule et la partie correspondante de la protubérance. Les segments antérieur et postérieur sont placés jusqu'à durcissement dans le liquide de Mùller, et si la lésion corticale est étendue et profonde, permettant par conséquent une facile imbibilion de la pièce, nous agissons de même pour le segment moyen. Dans le cas contraire, nous pratiquons sur ce tronçon moyen, une coupe horizontale (EF) passant par le tiers supérieur de la couche optique. Dans le premier comme dans le second cas, les pièces une fois durcies sont coupées au microtome, les segments antérieur et postérieur sont débités en séries dans le sens vertico-lransversal et en entier, le segment moyen dans le sens horizontal et dans toute sa hauteur. Si ce dernier a été divisé en deux à l'état frais, les deux morceaux sont également coupés en séries toujours dans le sens horizontal. A l'aide de ce procédé, non seulement on arrive à localiser une lésion corticale avec une précision très grande, mais on peut étudier dans tout leur trajet les faisceaux atteints de dégénérescence, ce qu'il est impossible de faire avec les autres méthodes

de coupes. Quels que soient le siège et l'étendue de la lésion corticale, cette division de l'hémisphère en trois segments donne de bons résultats. B. Il n'existe pas de lésion corticale. — Dans ce cas nous pratiquons sur l'hémisphère une coupe horizontale passant par le tiers supérieur de la couche optique et, après avoir pris un croquis de la topographie de la lésion, les deux moitiés de l'hémisphère sont durcies dans le liquide de Mùller, puis coupées au microtome. En résumé, nous pratiquons dans ce cas une coupe de Flechsig plus élevée que d'habitude. Si nous ne divisons pas ici l'hémisphère en trois tronçons, c'est que, dans le cas de lésion centrale de l'hémisphère, les seules dégénérescences vraiment importantes à étudier, sont celles des faisceaux de la capsule interne et de la région de la calotte.

Sens dans lequel on doit couper au microtome les segments une fois durcis.

Fig. 6. — Coupes que nous pratiquons à Bicêtre sur un cerveau présentant une lésion corticale, avant de le faire durcir.

Importance de cette méthode pour l'étude des localisations et des dégénérescences.

Technique à suivre lorsque la corticalité est intacte.

Lorsqu'il n'existe pas de lésion corticale ou centrale, que le foyer Dans le cas de i«-

* L 7 ± j S10n protubéranttelle

siège dans la protubérance ouïe pédoncule, on pourra reconnaître le plus ou pédoncuiau-e, em-

souvent son existence — asymétrie et aplatissement de la région, etc., — Meynort! °°Upe

2i ANATOMIE DES CENTRES NERVEUX.

en pratiquant l'examen général de l'encéphale aussitôt après l'autopsie. Dans ce cas, pour étudier la dégénérescence des faisceaux en coupes sériées, on aura recours à la coupe dite de Meynert, et on fera durcir le tronc encéphalique en entier.

Cervelet. — Lorsque l'on veut faire durcir le cervelet, on aura soin de ne pas le séparer du tronc encéphalique, et on divisera chaque hémisphère cérébelleux de dehors en dedans, à l'aide d'une coupe horizontale. Dans le cas de lésion cérébelleuse, si cette dernière est corticale et profonde, on pourra faire durcir en bloc l'hémisphère correspondant; dans le cas contraire, on pratiquera une coupe dans le même sens que lorsque le cervelet est normal.

Protubérance et bulbe rachidien. — On peut faire durcir ces parties en bloc, et c'est le seul procédé à employer si l'on veut obtenir des coupes sériées ; dans le cas contraire on divisera la protubérance à l'aide d'une coupe horizontale, passant par sa partie moyenne, et on pratiquera sur le bulbe rachidien une coupe analogue passant par la région moyenne des olives. Quant à \&moelle épinière, on la divisera, si c'est nécessaire, à l'état frais en une série de segments, dont la surface de coupe passera entre les racines rachidiennes. Il est préférable de ne pratiquer ces coupes, que lorsque la moelle a déjà séjourné une semaine dans le liquide de Millier, car on évite ainsi le gonflement ultérieur des surfaces de section. Pendant l'été, nous avons l'habitude de ne faire qu'une seule section de la moelle épinière, et de plonger de suite cet organe dans le liquide de Mûller.

Durcissement des 4. Méthodes de DURCISSEMENT. — Qu'il s'agisse de pièces normales ou pathologiques, l'emploi des solutions de bichromates — de potasse ou d'ammoniaque — est aujourd'hui d'un usage général pour obtenir le durcissement des centres nerveux, et nous donnons, pour notre part, la préférence au liquide de Mûller.

Eau 100 grammes.

Bichromate de potasse 2 —

Sulfate de soude. 1 —

Nécessité d'em- Quelle que soit du reste la solution de bichromate dont on fasse usage, quantités "de^iqûide il est de toute nécessité, pour obtenir de bons durcissements, d'employer et do le changer sou- Qe granaes quantités de liquide et de renouveler souvent ce dernier. Pour un hémisphère, il faut cinq ou six litres de liquide ; pour le cerveau de l'homme, huit à dix litres; pour l'isthme de l'encéphale, cervelet compris, quatre à cinq litres; pour le cervelet seul, deux litres; pour la moelle épinière, quatre litres.

Temps nécessaire Le renouvellement du liquide doit avoir lieu souvent, très souvent

pour obtenir un bon . . » . -. »T im i *i i î i î i* • 1

durcissement avec îo surtout les premiers jours. .Nous avons 1 habitude de changer le liquide

liquide de Muiicr. jous ies jours ]a première semaine, tous les deux jours la deuxième, tous

les quatre jours la troisième et la quatrième semaine, puis toutes les

semaines jusqu'à complet durcissement. Pour faire durcir un hémisphère

ou un cerveau humain, il faut en moyenne — car il existe à cet égard des

centres nerveux dans le liquide de Mûller

différences assez grandes et dont nous ignorons les causes — , de dix, douze à quinze mois. Ce temps est nécessaire, si l'on veut obtenir d'une part une pièce suffisamment dure pour être coupée facilement, et d'autre part suffisamment imbibée de sels de chromé, pour se prêter à de bonnes différenciations par les méthodes de Weigert ou de Pal. Pour la moelle épinière il faut de six à huit mois. On aura soin aillant que possible, de tenir les pièces à l'abri de la lumière.

L'état de la température influe beaucoup sur la rapidité du durcisse- imiuencedeiatem-

. .. n> i i • i , i • > i ti pérature sur le dur-

ment : on sait, en eflet, depuis longtemps, que tes pièces durcissent plus 0iSSement. vite l'été que l'hiver. On peut du reste accélérer beaucoup le durcissement, en mettant dans l'étuve à 40°, le cristallisoir contenant la pièce, à condition de le fermer hermétiquement, de manière à empêcher la concentration du liquide. On peut dans ces conditions durcir un hémisphère en cinq ou six semaines ; mais d'une manière générale, nous croyons qu'il est préférable d'employer la méthode de durcissement lent.

Lorsqu'il s'agit de cerveaux malades, on aura soin de ne pas enlever les Durcissement des méninges s'il existe des lésions corticales, et de pratiquer les coupes mé- qU™aux pathol°s" thodiques que nous avons indiquées plus haut. On s'exposerait, en effet, en faisant durcir l'hémisphère en bloc, à ne pas obtenir un durcissement suffisant des masses centrales, ou encore à avoir au bout de quelques mois une pièce dont le centre serait plus ou moins putréfié. Ces accidents, peu importants lorsqu'il s'agit de cerveaux sains, faciles à remplacer, sont naturellement irréparables lorsqu'il s'agit de cerveaux pathologiques.

Enfin, dans l'un comme dans l'autre cas et pour éviter les déformations, Précautions a

..,,..,, i 1 .- • 1 * il i j*ji prendre pour éviter

on aura soin, s il s agit d un seul hémisphère, de fe coucher au tond du des déformations au cristallisoir sur sa face interne, et s'il s'agit d'un cerveau entier, de le faire courf du durcisse-

~ ment.

reposer sur sa convexité. Dans les deux cas, une couche épaisse d'ouate hydrophile, sera interposée entre le tissu nerveux et le fond du récipient. Afin d'éviter les déformations, conséquence d'une pression trop prolongée, on retournera la pièce fréquemment.

Pour la moelle épinière, la protubérance et le bulbe, on se servira également de liquide de Mùller. La moelle sera posée à plat dans un cristallisoir, d'une contenance de quatre litres, sur de la ouate hydrophile, ou bien suspendue dans un bocal; le liquide sera renouvelé aussi souvent que précédemment. Il est nécessaire, pour obtenir un bon durcissement, de Technique à suivre

i i ■ , • ! ,. . ... -, , pour le durcissement

séparer la moelle en une série de fragments, mais, ainsi que nous 1 avons Je la moene épidit, il y a avantage à ne pratiquer ces coupes que lorsque la moelle, le nièrebulbe, etc., ont séjourné une semaine au moins dans le liquide de Millier. Dans les cas pathologiques cependant, il y a intérêt à déterminer la topographie des lésions médullaires, ainsi qu'à pratiquer l'examen microscopique d'une parcelle du tissu malade — étude des lésions cellulaires et Étude histoiogique

. . . , i • . i • ii i , i ii des lésions à l'état

vascufaires, caractères histotogiques de la sclérose, recherche des corps frais granuleux, état des racines. — 11 sera donc nécessaire de pratiquer quelques coupes à l'état frais, en ayant soin d'en limiter le plus possible le nombre. On se rappellera aussi que, lorsque la moelle épinière est atteinte de

ramollissement — surtout lorsque la lésion est de date récente, — la moelle a perdu sa consistance sur une partie plus ou moins grande de son étendue, et que la section de l'organe au niveau des parties malades, compromet gravement le durcissement ultérieur de la pièce. On tiendra encore grand compte de l'état de la température au moment où l'autopsie est pratiquée, car la loi française n'autorisant l'ouverture des corps que vingt-quatre heures après la mort, il n'y a en général pas de temps à perdre, pendant l'époque des fortes chaleurs, si l'on veut obtenir un bon durcissement des pièces.

Durcissement des Pour le durcissement des troncs nerveux, on emploiera la même technique que pour la moelle épinière — liquide de Mùller, — ou l'acide osmique si on veut obtenir un durcissement rapide (Page 43).

Durcissement ra- Pour obtenir un durcissement rapide, certains liquides ont été préco- Hquided'ErUcki!1 " nisés, entre autres le liquide d'Erlicki dont voici la formule :

Richromate de potasse 2 gr. 50.

Sulfate de enivre 0 — oO.

Eau 100 grammes.

inconvénients de Avec ce liquide on peut obtenir en huit ou dix jours le durcissement de la moelle épinière à froid, en quatre ou cinq jours dans l'étuve à 40°. Nous ne recommandons pas l'emploi du liquide d'Erlicki, car il a le grand inconvénient de ratatiner les tissus, et d'amener la formation de précipités fort gênants pour l'interprétation des coupes.

Liquide de Fui. Pour durcir de petits fragments du système nerveux central ou péri-

phérique, ainsi que les ganglions, on peut avoir recours au liquide de Fol.

Solution d'acide osmique à 1 p. 100. . 2 volumes.

Solution d'acide chromique à 1 p. 100. 25 — Solution d'acide acétique à 2 p. 100. . 8

Eau distillée 68 —

On emploiera de grandes quantités de liquide que l'on renouvellera dès qu'il perdra sa limpidité. Les pièces y séjourneront de un à deux jours au moins, puis seront lavées dans l'eau distillée et, si on ne les coupe pas de suite, conservées dans de l'alcool à 80°.

Nécessité d'em- 5. MÉTHODES EMPLOYÉES POUR PRATIQUER LES COUPES. INCLUSION DES PIÈCES,

pouces" coupcs° du MlCROTOMES. MÉTHODE DES COUPES EN SÉRIES. MONTAGE DES COUPES MACROSCO-

sj-stème nerveux cen- PiqUES- — . Pour obtenir de bonnes coupes du système nerveux central, il est nécessaire de les pratiquer au microtome sur des pièces préalablement durcies. Cette pratique, indispensable pour les coupes microscopiques, nous paraît également nécessaire pour obtenir de bonnes coupes macroscopiques, car c'est le seul moyen d'obtenir des surfaces de section régulières, équidistantes et d'un repérage facile. Méthodo d'inciu- inclusion des pièces. ■ — Pour obtenir des coupes minces des centres nerveux, il est nécessaire d'avoir des pièces non seulement bien durcies

par les bichromates, mais encore imprégnées dans toute leur épaisseur par une substance solidifiable. Un très grand progrès fut réalisé dans la technique, le jour où M. Duval introduisit en histologie, la méthode à' in- Méthode de Duvai. clusion au collodion, permettant d'exécuter des coupes minces et sériées. îodioT0" dans '° °0'~ Cette méthode de Duval est aujourd'hui en usage dans tous les laboratoires, et ce que l'on désigne sous le nom d'inclusion à la celloïdine, n'est autre chose que l'inclusion des pièces dans un collodion chimiquement pur.

Voici la façon de pratiquer l'inclusion avec cette méthode. La pièce est Lavage de la pièce

ijr i, i • ■ • >*i>*ai> dans l'eau distillée.

lavée pendant quelques jours — une semaine au moins s il s agit d'un hémisphère entier — dans de l'eau distillée, opération qui a pour but de la débarrasser de l'excès de bichromate qui par la suite ternirait le collodion. Lorsque l'eau dans laquelle baigne la pièce ne présente plus de coloration jaune, on déshydrate cette dernière, en la plaçant dans de Déshydratation par l'alcool ordinaire, pendant un temps qui varie suivant le volume de la par^I^ôrabsoiu! pièce. Trois jours suffisent pour des fragments de moelle ou de bulbe ; mais pour de grosses pièces, telles qu'un hémisphère entier, il faut au moins trois semaines, quelquefois davantage. On aura soin de renouveler l'alcool aussi longtemps qu'il prendra, au contact de la pièce, une coloration jaune. Au sortir de 'l'alcool ordinaire, la pièce passe dans l'alcool absolu, où elle séjournera de deux à huit jours, selon son volume. Après cette déshydratation complète, la pièce est plongée pendant un temps variable — vingt-quatre heures à huit jours suivant son volume — dans un mélange à parties égales d'éther et d'alcool absolu, en vase herméti- Mélange d'éther et quement clos. Elle est désormais prête pour l'imprégnation au collodion dao°° a s< ou à la celloïdine.

Le collodion épais de Duval, ou le collodion non riciné d'hôpital, imbibition de ia s'emploient à consistance filante. On choisit un cristallisoir ou un flacon à Aiant.par large tubulure, en rapport avec le volume de la pièce à imprégner, et on place cette dernière dans la solution de collodion en ayant soin qu'elle y baigne de toutes parts. Le récipient est fermé hermétiquement de manière à empêcher complètement l'évaporation. C'est là une condition sine quà non pour obtenir une bonne imbibition, qui n'est possible que si le collodion reste à l'état liquide. Le séjour dans le collodion sirupeux, varie d'une à cinq ou six semaines, suivant la grosseur de la pièce. Au bout de ce temps, l'imbibition étant complète, la pièce est transportée dans une solution -épaisse de collodion, contenue dans un flacon ou un cristallisoir incom- Emploi du coiioplètement fermés, permettant par conséquent une évaporation lente. Le ,on paii collodion s'évaporant plus vite du côté de la surface que du fond, on aura grand soin pendant cette période de changer fréquemment la pièce de position. Lorsque le collodion a acquis un degré de consistance suffisant, la pièce est collée avec du collodion, sur un morceau de bois taillé de inclusion de gros-

, , , i • i ■ i-i- t i • .ses pièces au collo-

maniere a s adapter a la pmee du microtome, si au lieu du microtome a uion. traîneau on se sert du microtome de Gudden, on entoure de paraffine la pièce collodionnée au préalable. Lorsque l'on a affaire à de petits

inclusion au coiio- fragments de tissu nerveux — moelle épinière, troncs nerveux, — les d'e°tu volume.0* pièces au sortir du collodion liquide, sont placées dans de petites boites rondes ou carrées, contenant du collodion épais. Après évaporation, on obtient des cylindres ou des tubes de collodion, contenant la pièce dans leur intérieur. Ce moyen est particulièrement recommandable si l'on se propose d'inclure à la fois la moelle et ses racines.

Emploi de la cci- Au lieu du collodion d'hôpital, on peut employer la celloïdine. Cette substance se trouve dans le commerce sous forme de plaques qui restent à l'état élastique et translucide, tant qu'elles n'ont pas subi trop longtemps le contact de l'air. Il suffit de dissoudre ces plaques, fragmentées en petits cubes d'un centimètre, dans un mélange à parties égales d'éther et d'alcool absolu, pour obtenir un liquide sirupeux, en tout point semblable au collodion, et que l'on manipule d'ailleurs de la même façon.

11 arrive parfois, surtout lorsqu'il s'agit de pièces d'un grand volume, que, malgré toutes les précautions prises, la pièce n'est pas imbibée dans toute son épaisseur; après y avoir pratiqué un certain nombre de coupes, on tombe alors sur une surface sans cohésion et qui s'effrite sous le tran-

siéthodo de Duvai. chant du rasoir. Dans ce cas il faut recourir à la méthode de Duval, c'estcoupes'.0"1 * à-dire au collodionnage des coupes. On procède de la manière suivante :

La surface de section bien affrontée par le couteau du microtome est d'abord complètement séchée à l'aide d'une poire de Richardson, puis, avec un pinceau, on la recouvre rapidement d'une mince couche de collodion liquide. Cette couche une fois desséchée, on pratique la coupe; on répète la même opération à chaque coupe. Cette méthode du collodionnage des coupes est très précieuse lorsqu'on veut obtenir des coupes en série, mais n'est pas applicable aux microtomes dans lesquels la pièce est maintenue sous l'eau ou sous l'alcool. Elle ne peut servir qu'avec le microtome ordinaire à traîneau.

Méthode d'inciu- Inclusion à la paraffine. — Pour imbiber de paraffine, un fragment de substance nerveuse préalablement durcie dans les bichromates, il faut d'abord laver la pièce à l'eau distillée pendant plusieurs jours. On procède ensuite à sa déshydratation par les alcools — ordinaire et absolu — pendant un à quatre ou cinq jours et même davantage, selon son volume. La pièce est ensuite placée dans du xylol pendant douze heures — plus longtemps si elle a un certain volume, — puis de deux à quatre heures dans un mélange à parties égales de paraffine et xylol contenu dans un flacon bien bouché. Au sortir de ce bain, on place la pièce dans une cupule et on arrose avec de la paraffine fondue, mais pas trop chaude, que l'on maintient pendant une heure à l'état de fusion. On place ensuite la pièce dans un moule quelconque (boite en papier, en carton, etc.), on verse autour d'elle de la paraffine fondue et on laisse refroidir. Lorsque le bloc tout entier a pris une teinte opaque par le refroidissement, on le colle sur un liège ou sur un morceau de bois. Pour avoir de bonnes imprégnations, il faut, en général, faire un mélange de différentes paraffines ayant des points de fusion différents — de io° à o2°, — mélange que l'on fait à

ment à la ciro et à la paraffine.

Procédé mixte.

Imprégnation au collodion et enrobe-

parties égales à l'étuve. Les pièces imprégnées à la paraffine, doivent être L'inclusion aiapacoupées à sec et perpendiculairement à leur axe, et non pas obliquement Sf qu-à'des^èôw comme avec les autres procédés d'inclusion. L'inclusion à la paraffine, do petites dimen-

Page 1