II. — ÉCORCE DU RHINENCEPHALON
L'écorce du rhinencéphalon se distingue de celle du manteau cérébral non seulement par l'agencement particulier de ses cellules, mais encore par la grande richesse de ses fibres tangentielles, dont les plus superficielles forment une couche épaisse, visible à l'œil nu, et particulièrement accentuée au niveau de la circojivolution de l'hippocampe (Ls[w]), où elle porte le nom de lame médullaire superficielle ou de substance réticulée d' Arnold (Lms). Du variations dans reste, la structure de l'écorce du rhinencéphalon n'est pas partout la même ; corce''duU1rhinen1ce- tantôt, comme au niveau de lapremière circonvolution limbique (L,), les dif- Phalon- férences ne portent que sur le nombre des couches ainsi que sur la forme
et le volume des éléments qu'elles contiennent, tantôt les différences sont beaucoup plus accentuées, et il existe des modifications importantes du Formes atypiques, type normal. Ces modifications, ces formes atypiques, peuvent être la conséquence soit d'un arrêt de développement, tel est le cas pour les bandelettes olfactives, le septum lucidum, le mince voile gris qui tapisse la face supérieure du corps calleux, soit d'une modification considérable dans la disposition des couches, se traduisant par une morphologie spéciale, s'éloignant du type normal, tel est le cas pour la corne d'Ammon, la circonvolution godronnée et le bulbe olfactif. Il est certain que ces différences de structure sont en rapport avec des fonctions spéciales, et l'anatomie seule nous conduit déjà à admettre, que les différentes parties de l'écorce jouissent de propriétés physiologiques différentes.
Écorce de la pre- Première circonvolution limbique. Nerf de Lancisi. Taenia
mière circonvolution . T i . i i ., • i *• i« -i • ix \
limbique. tecta. — L ecorce de la première circonvolution limbique (L,j ou cir-
convolution du corps calleux, ne se distingue de celle du manteau cérébral, que par quelques légères modifications qui portent surtout sur la présence
de la première circonvolution limbique.
de la strie interne de Baillarger. et la pauvreté de la 3° couche en grandes cellules pyramidales.
Les deux premières couches de celte circonvolution (couche moléculaire et couche des petites cellules pyramidales) ne présentent rien de spécial dans leur structure. La couche moléculaire, quoique très large, est toutefois moins dense en libres tangentielles que dans les autres régions de l'écorce.
La troisième couche (couche des grandes cellules pyramidales), contient dans sa moitié externe quelques petites cellules pyramidales et dans sa moitié interne des cellules pyramidales de moyenne grandeur (25 à 36,".), qui occupent presque toutes la profondeur de cette couche. Il résulte de cette disposition que la partie moyenne de la 3° couche, pauvre en cellules, est traversée par les dendrites ascendantes ou primordiales des cellules pyramidales moyennes sous-jacentes, dendrites qui donnent à cette zone intermédiaire un aspect strié ou radié, de là son nom de stratum su-atum raûiatum radiation. Peu marqué au niveau de la première circonvolution limbique, le stratum radiation s'accentue dans la circonvolution de l'hippocampe ou deuxième circonvolution limbique (H [L2]) et atteint son plus haut degré de développement dans la corne d'Ammon.
La quatrième couche enfin, ou couche des cellules polymorphes, présente les mêmes caractères que dans les autres régions de l'écorce.
L'écorce de la première circonvolution limbique (L^ se distingue encore de celle des circonvolutions du manteau cérébral, par les particularités suivantes signalées par Greppin et confirmées par Vulpius et par Kaes : ses libres tangentielles sont peu nombreuses, le réseau d'Exner de la couche moléculaire est plus large, mais moins serré, et dans les couches profondes, les feutrages super et interradiaire , ainsi que les stries externe et interne de Baillarger, sont également plus lâches que dans d'autres régions de l'écorce.
Large de 3 millimètres au niveau de la scissure inter-hémisphérique, Muséum griseum l'écorce de la première circonvolution limbique s'amincit en se portant vers le corps calleux ; elle tapisse le sinus du corps calleux, se réduit à ce niveau à 1 millimètre d'épaisseur, et paraît à l'œil nu s'arrêter brusquement au niveau des fibres transversales du corps calleux. En réalité, elle recouvre ces fibres d'un mince voile de substance grise de 20 à 40 p- d'épaisseur, connu sous le nom à'induseum griseum du corps calleux; ce voile gris se renfle en dedans, sous forme d'une bande longitudinale, de 0,3 à 1 millimètre de hauteur, qui constitue le nerf de Lancisi,ou strie longitudinale interne on médiane A& partie externe de l'induseum griseum, en général un peu saillante, constitue le taenia tecta ou strie longitudinale externe ou latérale.
Lorsque l'écorce de la première circonvolution limbique s'amincit pour se continuer avec le tamia tecta, l'amincissement se fait surtout aux dépens de la troisième couche, dont les cellules pyramidales deviennent de plus en plus rares et finissent même par disparaître, de telle sorte que la deuxième et la quatrième couches se confondent l'une avec l'autre au niveau du corps calleux.
et nerfs de Lancisi.
Structure des nerfs df I.ancisi.
On trouve dans les nerfs de Lancisi et les taenia tecta des cellules nerveuses décrites par Golgi, Giacomini, Blumenau. Cajal. Chez les petits mammifères, où Cajal les a étudiés, les nerfs de Lancisi seuls sont bien
Fig. 348. — Coupe transversale de la substance grise supra-calleuse du cerveau du lapin nouveau-né. Les stries longitudinales internes apparaissent soudées en une lame grise. Méthode de Golgi. ^D'après Ramon y Cajal.)
a, fibres du corps calleux. — b, grosses fibres antéro-postérieures des nerfs de Lancisi. — c, grosses cellules de la région profonde. — d, couche moléculaire ou superficielle. — e. cylindre-axe d'une cellule inférieure. — /", celui d'une cellule supérieure. — g. corpuscule fusiforme antéro-postérieur. — h, fond de la scissure inter-hémisphérique.
développés, car ici les taenia tecta se confondent avec l'écorce grise des hémisphères ^Blumenaui. Cajal distingue trois couches dans les nerfs de Lancisi, une superficielle ou moléculaire, une moyenne ou cellulaire et une profonde ou de substance blanche (fig;. 348).
La couche moyenne est composée de cellules ovoïdes ou fusiformes à
Fig. 349. — Coupe longitudinale d'un nerf de Lancisi d'un rat de 15 jours. Méthode de
Golgi. (D'après Ramon y Cajal.
a, cellules grandes et profondes se continuant en b avec des fibres à direction antéropostérieure. — c, fibre antéro-postérieure notablement variqueuse et très riche en collatérales ascendantes. — d, fibrilles fines antéro-postérieures de la couche moléculaire.
grand axe vertical, cellules dont le volume augmente de haut en bas. Par leur extrémité supérieure, elles donnent naissance à des dendrites se ramifiant dans la zone moléculaire , particularité qui les rapproche des cellules pyramidales de l'écorce (Giacomini, Blumenau). Le cylindre-axe se détache du corps de la cellule, descend et après un court trajet, se continue avec
une libre à myéline, soit de la couche profonde, blanche. Parfois même, le cylindre-axe se divise en
soit de la substance Y et donne ainsi nais-
sance à deux libres se dirigeant en sens inverse (Cajal) (fig. 349).
La couche profonde est constituée par la réunion des cylindres-axes des cellules de la couche moyenne. Ces fibres nerveuses donnent naissance à des collatérales, qui se terminent dans la couche moyenne et dans la couche moléculaire par de riches arborisations (fig. 349). On rencontre encore, d'après Cajal, dans les couches moyennes et profondes, des cylindres-axes plus variqueux que les précédents, et que cet auteur regarde, sans cependant rien affirmer sur leur origine, comme se terminant librement dans les nerfs de Lancisi, à la manière des cylindres-axes des cellules du type II de Golgi.
La couche moléculaire, formée par la réunion de presque toutes les expansions dendritiques, contient, comme dans l'écorce cérébrale ordinaire, un grand nombre de fibres tangentielles très délicates, ramifiées et à direction longitudinale ou antéro-postérieure (fig. 349). On trouve aussi dans cette couche quelques rares éléments fusiformes, dont le mode d'origine et le trajet du cylindre-axe ne sont pas encore établis (Cajal).
En résumé, les nerfs de Lancisi ne sont autre chose, ainsi que l'a montré Blumenau, qu'un prolongement de l'écorce cérébrale, dont ils possèdent la même structure fondamentale. La simplification des couches cérébrales est encore beaucoup plus grande dans Vinduseum griseum.
Les fibres longitudinales des nerfs de Lancisi se continuent en avant avec les fibres Au pédoncule du septum lucidum, en arrière avec la circonvolution godronnée (Zuckerkandl, Honegger), elles correspondent aux fibres tangentielles du reste de l'écorce, et constituent un système d'association intracorticale, mettant en connexion deux territoires plus ou moins éloignés du rhinencéphalon.
Les fibres du tsenia tecta représentent également
des fibres tangen-
Les nerfs de Lancisi représentent une écorce cérébrale très simplifiée.
tielles; en avant, elles ne dépassent guère le bec du corps calleux, en arrière elles se confondent ainsi que Honegger l'a montré, avec la substance réticulée d'Arnold ou lame médullaire superficielle de la circonvolution de l'hippocampe.
Deuxième circonvolution limbique ou circonvolution de Fhippocampe. — La structure de l'écorce de la deuxième circonvolution limbique varie, suivant que l'on considère la partie de la circonvolution qui appartient au subiculum de la corne cïAmmon, ou celle qui fait saillie dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral pour former la corne d'Ammon proprement dite.
Deuxième circonvolution limbique.
1° Subiculum de la corne d'Ammon. — La partie de l'écorce de la sa structure au circonvolution de l'hippocampe, qui fait suite au lobule fusiforme et forme sure'cofiatéraic.SOi la lèvre interne de la scissure collatérale, présente une structure qui ne s'écarte guère de celle de l'écorce typique. On rencontre ici, comme dans
les autres régions de l'écorce, les quatre couches décrites par Cajal et ^qui sont, en allant de la surface à la profondeur : 1° la couche moléculaire ;
CA Jt
Fig. 350. — Coupe vertico-transversale de la corne d'Ammon passant par les corps genouillés. Méthode de Weigert. 2/1 grandeur naturelle. Détails dessinés à un grossissement de 12 diamètres. La circonvolution godronnée est colorée en rouge.
CA, corne d'Ammon et ses couches. — Alv, alvéus. — P, couche des cellules pyramidales. — L, stratum lacunosum. — M, stratum moleculare. — ft, fibres tangentielles ou lamina medullaris involula. — Cg, circonvolution godronnée et ses couches. — M, stratum moleculare.— G, couche des grains. — Pin, couche des cellules polymorphes. — AM, avant-mur. — Cge, Cgi, corps genouillés externe et interne. — Cing (p), faisceau postérieur du cingulum. — Cip, segment postérieur delà capsule interne. — Fli, faisceau longitudinal inférieur. — fr, fibres radiées du thalamus. — Fus, lobule fusiforme. — H, circonvolution de l'hippocampe. — h, sillon de l'hippocampe. ■ — Lms, lame médullaire superficielle. — NC, queue du noyau caudé. — Ne, noyau externe du thalamus. — NL3, NLa, troisième et deuxième segments du noyau lenticulaire. — ot, sillon collatéral. — P, pied du pédoncule cérébral. — Pcs, pédoncule cérébelleux supérieur. — Py, faisceau pyramidal. — RCge, radiations du corps genouillé externe. — Rm, ruban de Reil médian. — RTh, radiations optiques de Gratiolet. — SR, substance réticulée do la calotte du pédoncule cérébral. — Tap, tapetum. — Tgp, pilier postérieur du trigonc. — Th, thalamus. — tsc, taenia semi-circularis. — Zr, zone réticulée ou grillagée.
2° la couche des petites cellules pyramidales; 3° la couche des grandes cellules pyramidales ; 4° la couche des cellules polymorphes.
Mais déjà au niveau de la crête de la circonvolution de l'hippocampe, et davantage encore au niveau de la face qui regarde le sillon de l'hippocampe, c'est-à-dire au niveau du subiculum ou du lit de la corne d'Ammon, apparaissent des modifications qui s'accentuent de plus en plus, à mesure que l'on se rapproche de la corne d'Ammon. Ces modifications portent surtout sur la richesse de ces parties en fibres tangentielles et sur la diminution du nombre des cellules pyramidales petites et moyennes.
La couche moléculaire est beaucoup plus large que dans les autres régions de l'écorce, grâce au développement considérable que prennent les fibres tangentielles qui forment ici une couche appréciable à l'œil nu et d'as-, pect réticulé. C'est la couche réticulée d'Arnold ou laine médullaire superficielle ou externe du subiculum (fig. 330, Lms). L'épaisseur de cette couche n'est pas partout la même ; lorsqu'on examine une coupe microscopique vertico-transversale de la circonvolution de l'hippocampe, colorée par les méthodes de Weigert ou de Pal, on constate que la couche moléculaire contient un grand nombre de libres parallèles, revêtues d'une couche relativement épaisse de myéline et qu'elle est limitée, non par une ligne régulière, mais par une ligne festonnée ou crétée, qui empiète sur la couche des petites cellules pyramidales. C'est à cette épaisseur inégaie de la couche des fibres tangentielles, qu'est dû l'aspect réticulé que présente à l'état frais ou après durcissement la surface de la circonvolution de l'hippocampe. L'inégalité d'épaisseur de cette couche est d'autant plus appréciable que du sommet des festons se détachent des faisceaux de fibres radiées, qui descendent jusque dans la substance blanche de la circonvolution (fig. 350).
Cette couche moléculaire, qui contient comme celle de l'écorce typique un certain nombre de cellules du type de Ca/al, présente en outre un nombre considérable de cellules du type II de Golgi (Cajal).
La 2e couche ou couche des petites cellules pyramidales ne forme pas une couche régulière; elle s'emboîte en etfet dans les festons et les dentelures de la couche moléculaire.
Dans la 3e couche ou couche des grandes cellules pyramidales, nous voyons s'exagérer une disposition que l'on constate déjà dans l'écorce occipitale et surtout dans la première circonvolution limbique. La zone des celulles pyramidales petites et moyennes s'éclaircit et la 3e couche ne contient, pour ainsi dire, que de grandes cellules pyramidales, qui peuvent atteindre 40u. de longueur et qui occupent surtout les parties profondes de cette couche. Leurs dendrites ascendantes s'arborisent dans la zone moléculaire et impriment à la 3e couche un aspect radié très manifeste, qui lui a valu le nom de stratum radiatum. Cette couche est en outre riche en fibres tangentielles à direction parallèle au grand axe de la circonvolution, fibres groupées en faisceaux, et qui, sur des coupes vertico-transversales traitées par les méthodes de Weigert ou de Pal, donnent à cette couche un aspect, tacheté tout particulier (fig. 350).
Sa sti'ucturo au niveau du subiculum.
Couche lairo.
mulccu-
Cetto couche est plus épaisse ici que dans le reste do l'écorce.
Ses libres tangentielles constituent la substance réticulée d'Arnold.
Couche des petites cellules pyramidales.
Couche des grandes cellules pyramidales et stratum radiatum.
couche dos ceiiuics Quant à la 4e couche, couche des cellules polymorphes, elle ne se distingue guère de la couche semblable des autres régions de l'écorce.
substance blanche La substance blanche du subiculum est épaisse et contient deux couches de fibres à myéline. La couche profonde — celle qui entoure le diverticule du subiculum de la corne sphénoïdale — se compose de fines fibres entourées d'une mince couche de myéline; elles appartiennent au système des fibres commissurales (fornix transversus de Forel) et représentent, ainsi que nous le verrons plus loin, les collatérales des cylindres-axes des cellules pyramidales du subiculum et de la région adjacente de la corne d'Ammon; par la voie du trigone cérébral, ces fibres entrent dans la constitution de la lyre de David ou psalterium.
La couche de fibres commissurales est entourée d'une couche de fibres de plus gros calibre, revêtues d'une épaisse couche de myéline et se colorant intensivement par l'hématoxyline. Elles se continuent avec les fibres de l'alvéus, représentent le cylindre-axe des cellules pyramidales de la corne d'Ammon et du subiculum, et appartiennent au système des fibres d'association, en particulier au faisceau postérieur du cingulum, dont les fibres mettent en connexion la corne d'Ammon avec la circonvolution de l'hippocampe et avec des régions plus ou moins éloignées du manteau cérébral.
2° Corne d'Ammon. — La corne d'Ammon constitue un relief conoïde situé dans le prolongement sphénoïdal du ventricule latéral (voy. fig. 210, p. 360). Elle est produite par la saillie que forment, dans la cavité ventriculaire, l'écorce grise et la substance blanche qui tapissent le fond du sillon de l'hippocampe (fig. 350). La corne d'A mmon et la circonvolution godronnée, Travaux de Ma- qui lui est intimement unie, représentent, ainsi que Mathias Duval l'a montré, deux circonvolutions cérébrales adhérentes entre elles par leur couche moléculaire : Cette conception de Mathias Duval, basée sur les recherches embryologiques, est celle qui concorde le mieux avec les résultats fournis par l'histologie; elle est adoptée aujourd'hui parla majorité des auteurs. Une des difficultés de l'étude de ces deux circonvolutions tient à ce que La corne dAmmon le sillon de l'hippocampe qui les sépare, au lieu d'être largement ouvert.
et la circonvolution I , ■ ii* *x 1 r -u t • „ ' • „
podronnée adhèrent comme pour les autres circonvolutions, reçoit un seul feuillet pie-merien entre elles par leurs par l'intermédiaire duquel, les couches moléculaires de ces deux circonvolu-
couches moleculai- l ,
rcs. tions sont intimement unies. Il en résulte que, lorsque l'on pratique une
coupe vertico-transversale de cette région, la couche moléculaire de la corne d'Ammon et la couche moléculaire de la circonvolution godronnée sont adossées, et ne sont séparées l'une de l'autre, que par le feuillet piemérien et par leurs couches respectives de fibres tangentielles (fig. 380). Aspect de la corne Sur une coupe vertico-transversale, la corne d'Ammon et le subiculum coupTvertico-trans- affectent la forme d'un S italique. La courbe inférieure de Y S correspond à versa,c- la circonvolution de l'hippocampe, la courbe supérieure à la corne d'Am-
mon proprement dite.
C'est dans la concavité de la corne d'Ammon que se loge la circonvolution godronnée, qui représente une circonvolution cérébrale avortée, proton-
STRUCTURE DE L'ECORCE CÉRÉBRALE. 70o
dément modifiée, plissée en forme de bourse dont l'ouverture oxihile regarde Hiie <io la circonen haut et en dehors. Or, il surgit ici une seconde difficulté qui complique encore l'étude de cette région. L'extrémité supérieure de la corne d'Ammon pénètre en etfet dans le hile de la circonvolution godronnée, de telle sorte que l'éeoree de la circonvolution godronnée forme la paroi de la bourse et que l'éeoree de la corne d'Ammon en constitue le centre (fig. 351). La L'extrémité sustructure si complexe de cette région se trouve donc expliquée : 1° par !;^m™nd° '^"o l'adhérence des couches moléculaires respectives de la circonvolution dansiohiiodoiatir-
1 i ii. convolution godron-
godronnée et delà corne d'Ammon au niveau du sillon de l'hippocampe ; née, de telle sorte 2° par la superposition des deux écorces cérébrales dans la région du hile veàu^nolupe^os/de la circonvolution (fig. 3o3~). Il découle de ce dernier fait que les fibres "?"*> de,,x écorces
v c i cérébrales.
de la circonvolution godronnée, destinées au pilier postérieur du trigone, sont obligées de traverser, dans la région du hile, l'éeoree de la corne d'Ammon avant d'arriver à leur destination (fig. 351).
On considère généralement comme limite, entre le subiculum et la corne Limites do la corne d'Ammon, une ligne passant par le point où la circonvolution godronnée dAmmonn'est séparée du subiculum que par un seul feuillet pie-mérien et, comme limite entre la corne d'Ammon et la circonvolution godronnée, le hile de cette circonvolution (fig. Soi). La corne d'Ammon comprend par conséquent deux régions qui ont chacune des connexions et une structure différentes : l'une est en rapport avec la circonvolution godronnée, l'autre avec le subiculum. Cajal, étudiant la corne d'Ammon chez de petits mammifères lissencéphales, chez lesquels elle est très développée, désigne, sous le nom de région supérieure de la corne d'Ammon, la région en relation avec le subiculum, et sous le nom de région inférieure, celle qui est en rapport avec la circonvolution godronnée fig. 359). Chez l'homme les rapports sont autres : il suffit d'examiner une coupe vertico-transversale de l'hémisphère (fig. 351 ),pour constater que la partie de la corne d'Ammon adjacente à la circonvolution godronnée constitue la région supérieure, et la partie en connexion avec le subiculum la région inférieure. Pour éviter la confusion que pourrait créer, dans l'es- Région godronnée pèce, l'emploi des termes supérieur et inférieur, nous décrirons ces deux p'qutfde ^"eTrnë régions de la corne d'Ammon sous le nom de : région godronnée (région JAmm°ninférieure de Cajal) et de région hippoccanpique (région supérieure de Cajal). C'est l'extrémité supéro-interne de la région godronnée de la corne d'Ammon, qui pénètre dans le hile de la circonvolution godronnée, et cette portion incluse dans la circonvolution godronnée présente la même structure et les mêmes connexions que la région godronnée proprement dite.
Les différentes couches constituantes de la corne d'Ammon ont été structure de ia décrites il y a déjà longtemps par Kupffer, Meynert, Krause, Ganser, Todt corne d'Ammouet Kahler, Obersteiner, Giacomini, etc., etc.
Golgi, Sala, puis Schâffer et Cajal ont appliqué à l'étude de cette région la méthode par l'imprégnation d'argent.
Les différences de structure, entre la corne d'Ammon et l'éeoree cérébrale, portent principalement sur la morphologie de ses cellules pyrami-
:on
Fig. 351. — Schéma de la corne d'Ammon et de la circonvolution godronnée de l'homme vues sur une coupe vertico-transversale. La circonvolution godronnée est colorée en rouge ; deux lignes interrompues limitent les deux régions de la corne
d'Ammon : 1° La région inférieure ou hippocampique est comprise entre la circonvolution godronnée et le diverticule du subiculum [ds); elle se continue en dedans avec l'écorce du subiculum et de la circonvolution de l'hippocampe; 2° La région supérieure ou godronnée est située au-dessus et en dehors de la circonvolution godronnée.Son extrémité supéro-in terne pénètre dans le hile de la circonvolution godronnée
et il existe à ce niveau deux écorces cérébrales superposées. La ligne pointillée
correspond au hile de la circonvolution godronnée.
Air, alvéus. — cep, crcte épendymaire du pilier postérieur du trigone. — Cg, circonvolution godronnée. — Cing (p), faisceau postérieur du ciugulum. — ds, diverticule du subiculum.
— fg, sillou fimbrio-godronné. — Fli, faisceau longitudinal inférieur. — fin, fibres moussues de Cajal. — ft, fibres tangcntielles ou lamina meclullaris involuta. — Fus, lobule fusiforme.
— G. couche des grains ou des cellules ovoïdes. — gP'J, grande cellule pyramidale du subiculum. — H, circonvolution de l'hippocampe ou deuxième circonvolution limbique. — h, sillon de l'hippocampe. — L, stratum lacunosum. — /, cellule du stratum lacunosum. — Lms, lame médullaire superficielle du subiculum. — M, couche moléculaire. — NC, cpieuc du noyau caudé. — 0, stratum oriens ou couche des cellules polymorphes. — o, cellule de Golgi a cylindre-axe horizontal du stratum oriens. — o', cellule à cylindre-axe arqué de Cajal du stratum oriens. — P, couche dos cellules pyramidales. — p, p, cellules pyramidales de cette couche.
— Pchl, plexus choroïdes. — Pm, couche des cellules polymorphes. — pP'J, petite cellule pyramidale du subiculum. — fi, stratum radiatum. — RTh, radiations optiques de Gratiolet. — Tap. tapetum. — Tgp {Fi), pilier postérieur du trigone (Fimbria). — tsc, tœnia semi-circularis.
— Vspk, corne sphénoïdale du ventricule latéral.
dales. le nombre et la variété' de forme de ses cellules du type II de Golgi, sa richesse en fibres tangentielles, ainsi que sur le mode de distribution des cylindres-axes provenant des « grains » de la circonvolution godronnée (Cajal). Quant au nombre des couches et à leur structure, elles sont, ainsi que l'a montré SchâlTer, presque les mêmes ici que dans le reste de l'écorce.
La corne d'Ammon ne diffère en effet de l'écorce typique, ainsi que le fait remarquer Cajal, que par la complexité de sa couche moléculaire et par la simplicité relative de ses couches profondes.
En abordant la corne d'Ammon, l'épaisse couche de fibres tangentielles, qui forme la lame médullaire superficielle du subiculum, se dédouble et donne naissance à la lame médullaire superficielle (lamina medullaris involuta ou circumvoluta) et au stratum lacunosum. Les cellules pyramidales petites et moyennes disparaissent, les grandes cellules s'accumulent dans la partie profonde de la couche des cellules pyramidales. Leurs longues dendrites ascendantes traversent ainsi, avant d'aborder les parties supérieures de la couche moléculaire, une zone pauvre en cellule, le stratum radiatum.
On a décrit à la corne d'Ammon sept et même huit couches distinctes : ce sont en allant de la cavité crânienne à la cavité ventriculaire :
1° La lame médullaire superficielle ou externe, le feuillet nucléaire (Kernblatt) dés auteurs allemands ou la lamina medullaris involuta s. circumvoluta.
2° La couche moléculaire, stratum moleculare.
3° La couche lacunaire, stratum lacunosum (Meynert), stratum reticulare (Kupffer), stratum medullare médium (Obersteiner, Cajal).
4° La couche radiaire, stratum radiatum (Meynert).
5° La couche des cellules pyramidales (stratum cellularum pyramidalium) ou stratum lucidum.
6° Le stratum oriens.
Sa richesse en libres tangentielles.
Les 8 couches de la corne d'Ammon de
Meynert.
7° L'Alnéus, feuillet vallonné desauteurs allemands (Muldeublatt).
8° La couche épilhéliale de la corne sphénoïdale.
Si l'on veut ramener les 8 couches de la corne d'Ammon aux quatre couches de l'écorce du manteau cérébral, on peut construire le tableau suivant :
Parallèle entre les Corne d'Ammon. Ëcorce du manteau cérébral.
couches de la corne . .....
ii'Ammon et celles 1 • Lamina medullaris mvoluta. \
.le îéeorce du mau- -2. Stralum moleculare. . . . I , . . , .
teau cérébral. g. stratum lacunosum .... '" Couche moléculaire.