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FiG. 32. — La région pyramidale du pied du pédoncule cérébral , d'après Charcot. [Localisations cérébrales, p. 200.)
D, dégénération secondaire occupant environ les deux quarts moj'ens de l'étage inférieur du pédoncule. — F, étage inférieur du côté sain. — L, locus niger.— P. faisceau interne de l'étage inférieur du côté malade. — T, étage supérieur du pédoncule cérébral.
fibres pédonciilaifes indirectes (Fig. bO), c'est-à-dire se terminant dans l'épaisseur des corps striés, des fibres pcdoncidaires directes venant de la corticalité, qui traversent la capsule interne sans entrer dans les noyaux gris des masses centrales. Toutefois, il ne leur assigna pas une localisation dans la capsule interne.
Dans un travail ultérieur, Charcot en se fondant principalement sur les recherches de Flechsig contrûlées par ses propres observations, divisa le pied du pédoncule cérébral en trois faisceau.\; :
Un faisceau interne, qui correspond à toutle segment antérieur de la capsule interne, qui dégénère parfois, mais exceptionnellement à la suite de lésions cérébrales, et dont la dégénérescence ne peut être suivie au delà de la^protubérance;
Un faisceau moyen, ou faisceau pyramidal, qui comprend au moins les deux quarts
Les trois faisceaux du pied du pédoncule d'après Charcot.
FiG. S3. — La région pyramidale de la capsule interne et du pied du pédoncule, d'après Flechsig. 1, coupe horizontale de la région thalamique de la capsule interne; 2, coupe ^lorizontale de la région sous-optique de la capsule interne; 3, coupe transversale du pied du pédoncule cérébral.
a, le faisceau externe de la couche inférieure du pied du pédoncule cérébral (faisceau occipito-temporo-protubérantiel non encore myélinisé). — p,\s. voie pyramidale myélinisée.
— p, la voie centrale des nerfs moteurs crâniens, en particulier du facial et de l'hypoglosse.
— c, le faisceau interne de la couche inférieure du pied du pédoncule cérébral (fibres du noyau caudé) non encore myélinisé. — d, la partie interne de la couche supérieure ou dorsale du pied du pédoncule cérébral (fibres du lobe frontal, du noyau lenticulaire et du noyau caudé) non encore myélinisée. — b, la partie externe de la couche supérieure ou dorsale du pied du pédoncule cérébral (fibres du noyau lenticulaire et de la queue du noyau caudé) non encore myélinisée. — g, les radiations de la calotte.
moyens de l'étage inférieur du pédoncule cérébral et répond aux deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule interne (région pyramidale de la capsule) ;
Un faisceau externe (îa.iscea.u. sensitif de Meynert), qui jamais sous aucune condition ne dégénère, qui est composé de fibres centripètes et qui forme le tiers postérieur du segment postérieur de la capsule interne.
En 1880, Brissaud subdivisa le faisceau interne en deux faisceaux inégaux : un petit La subdivision du faisceau externe, contigu au faisceau pyramidal, qui renferme les fibres des noyaux p^éd"^du 'pédoncule moteurs bulbaires (facial et hypoglosse) et correspond au genou de la capsule interne par Brissaud. (faisceau géniculé) ; un faisceau interne, beaucoup plus grand, qui répond au segment antérieur de la capsule interne, « se termine également dans le bulbe et dont la dégénérescence ne semble coïncider le plus souvent qu'avec des troubles intellectuels » (« faisceau psychique »). Plus tard, Brissaud abandonnant l'épithète de faisceau psychique, rerient à l'ancienne opinion de Meynert et identifie tour à tour le faisceau interne du pied du pédoncule avec l'anse du noyau lenticulaire et avec le faisceau d'Arnold.
Les travaux de
Flechsig bases sur la méthode embryologique.
La constitution du pied du pédoncule d'après Flechsig.
La couche ventrale.
Son contingent cortical.
Son contingent strié.
La couche dorsale.
Son contingeni strié.
Flechsie, dans une série Je travaux parus eu 1869, 1877, 1878, 1881. 1884, étudie, l'aide de l'anatomie de développement, le trajet du faisceau pyramidal dans la moelle épinière et s'occupe plus spécialement des variations que présente la décussation des pyramides. Dans ses premiers travaux, il admet encore, avec Meynert, l'origine striée du faisceau pyramidal ; dans ses travaux ultérieurs (1881-1883), il étudie le trajet du faisceau pyramidal dans la capsule interne, admet l'existeuce de libres corlico-méduUaires et cortico-protubérautielles directes, et divise chez le nouveau-né le pied du pédoncule cérébral en deux couches, l'une ventrale inférieure ou périphérique, l'autre dorsale ou supérieure.
La couche ventrale comprend quatre faisceaux (Fig. 33) :
1° Le faisceau externe (a), faisceau cortico-protubérantiel postérieur, faisceau temporooccipito-proiubérantiel (Hintere oder Temporo-occipitale-Grosshirnrinden-Briickenbahn), occupe le tiers externe du pied du pédoncule, ne se myélinise que plusieurs mois après la naissance et ne présente jamais une dégénérescence descendante. Il ne constitue pas, comme le croyait Meynert, l'entre-croisement sensitif ; il ne représente pas un faisceau sensitif; il n'atteint pas le bulbe, mais relie la substance grise antérieure du pont à l'écorce occipito-temporale;
2° Le faisceau moyen ip), faisceau pyramidal, occupe da.ns\sL région pédonculaire inférieure le tiers moyeu et dans la région pédonculaire supérieure, le troisième quart externe du pied du pédoncule. C'est un faisceau myélinise à la naissance, très bien délimité en dehors, qui passe par l'étage antérieur de la protubérance, n'abandonne aucune fibre aux noyaux]pontiques, forme la pyramide bulbaire et se continue avec les faisceaux pyramidaux direct et croisé de la moelle. Dans la capsule interne, il occupe la partie postérieure du segment postérieur, se rapproche du genou de la capsule sur les coupes supérieures, puis aborde le centre ovale et se rend dans le lobe pariétal, en particulier dans la circonvolution pariétale ascendante ;
3° En dedans du faisceau pyramidal se trouve un faisceau encore peu myélinise à la naissance (p'j, il n'atteint pas le bulbe, occupe dans la capsule interne le segment postérieur en avant du faisceau pyramidal et représente les fibres des nerfs moteurs de la protubérance;
4°Le /"afsceau interne (c), qui comprend les deux cinquièmes internes du pied du pédoncule, se revêt tardivement de myéline. Il fait suite au segment antérieur de la capsule interne et à la partie antérieure de son segment postériem'et contient des libres du lobe frontal, du noyau caudé et de la partie antérieure du noyau lenticulaire, a) Les libres originaires du lobe frontal constituent le faisceau cortico-protubérantiel antérieur ou frontal (vordere oder frontale Grosshirnrinden-Bruckenbahn) ; elles prennent leur origine dans les trois circonvolutions frontales ainsi que dans leurs pieds d'insertion sur la frontale ascendante; elles dégénèrent à la suite de lésions de ces régions, occupent le bord interne du pied du pédoncule cérébral, deviennent profondes dans la partie inférieure du pédoncule et occupent alors la partie interne de la couche dorsale ou profonde ; elles ;iboutissent finalement à la substance grise de l'étage antérieur de la protubérance, mais ne participent pas à la constitution de la pyramide. 6) Les fibres du noyau caudé, provenant de la tète, du tronc et de la queue de ce noyau, se rendent directement dans la capsule interne, passent en avant du faisceau pyramidal et se placent dans le pied du pédoncule, entre le faisceau cortico-protubérantiel antérieur et le faisceau des nerfs moteurs crâniens ; elles occupent ensuite le bord interne de la protubérance lorscpie les fibres cortico-protubérantielles antérieures sont devenues profondes, c) Quant aux fibres du noyau lenticulaire, les unes occupent la couche dorsale, les autres se rendent dans la couche ventrale et sont situées entre le faisceau des nerfs crâniens moteurs et le faisceau des fibres caudées; elles forment avec ce dernier le faisceau strio-protubérantiel (Streifenhilgel-Brii ckenbahn) .
La couche dorsale du pied du pédoncule cérébral est située au voisinage immédiat du locus niger et correspond au stratum intermedium de Mej-nert; elle est constituée en dedans (Fig. 53 (d) par les fibres du faisceau cortico-protubérantiel antérieur et en dehors par les fibres du noyau lenticulaire (b).
Les auteurs qui ont succédé à Fleclisig se sont en général rangés à son opinion (Obersteiuer, Édinger, Becliterew, v. Monakow, Zaclier) et admettent dans le pied du pédoncule cérébral : un faisceau cortico-protubérantiel antérieur, un faisceau des nerfs moteurs crâniens, un faisceau pyramidal, un faisceau cortico-protubérantiel postérieur et, dans les couches internes et profondes du pied du pédoncule des fibres d'origine caudée et lenticulaire.
Les recherches do Dejerine (1893), basées sur la méthode des dégénérescences secondaires étudiées à l'aide des coupes microscopiques sériées, — méthode qui doit en dernier ressort fixer l'origine de ces fibres, au moins chez l'homme, — ont démontré (Fig. 49) :
1» Que le pied du pédoncule cérébral ne contient pas de fibres striées, qu'il est exclusacment formé de fibres d'origine corticale et qu'il dégénère en totalité à la suite de lésions étendues de la corticalité cérébrale ;
2° Que le faisceau interne du pied du pédoncule cérébral tire son origine non pas du lobe frontal tout entier, comme l'admettaient Meynert, Flechsig, Bechterew, Edhiger, etc., — mais qu'il prend naissance dans l'opercule rolandique et dans le pied d nisertion de la troisième circonvolution frontale ;
3° Que le faisceau externe ou de Tûrck, n'est point, comme le croyaient Meynert, Flechsig, etc., un faisceau venant de la région occipilo-temporale, mais qu'il vient de la partie moyenne de la corticalité temporale, et en particulier des deuxième et troisième circonvolutions temporales ;
4° Que le faisceau pyramidal occupeles trois cinquièmes moyens du pied du pédoncule cérébral.
En 1894 et 1896, Flechsig modifiant ses anciennes idées sur la texture du cerveau et abandonnant son opinion sur l'origine des faisceaux cortico-protubérantiels antérieur et postérieur, émit (en
se basant sur l'étude du développement de la myéline dans les hémisphères cérébraux) une nouvelle opinion sur la texture du cerveau qui peut se résumer ainsi qu'il suit : Il existerait dans chaque hémisphère des zones distinctes les unes des autres au point de vue anatomique et partant fonctionnel : les zones des centres de projection ou zones des sphères sensorielles (Sinnesspharen ou Projectionscentren) et les zones de centres d'association (Associationscentren).
Les zones des centres de projection seraient reliées par des fibres de projection aux centres inférieurs du nevraxe; elles comprendraient : 1° la région rolandique, le lobule paracentral.Ia partie adjacente de la circonvolution du corps calleux et la partie postérieure des trois circonvolutions frontales (sphère tactile); 2° le cunéus et la lèvre calcarine du lobule lingual (sphère visuelle) ; 3° la partie moyenne de la première circonvolution temporale (sphère auditive) ; 4° les circonvolutions limbiques, en particulie- Fhippocampe et la substance perforée antérieure (sphère olfactive).
Les zones des centres d'association seraient dépourvues de fibres de projection mais seraient reliées aux sphères sensorielles par de nombreuses fibres d'association. Ces zones, au nombre de trois, seraient : l'une postérieure, comprenant le lobe temporooccipital, le lobe pariétal et le précunéus ; l'autre moyenne, localisée dans l'insula de Reil; la troisième antérieure, localisée dans la partie antérieure du lobe frontal.
D'après Flechsig, il n'y aurait donc guère qu'un tiers de la corticalité encéphalique qui serait pourvu de fibres de projection, les deux autres tiers en seraient privés et serviraient seulement à associer les unes aux autres les sphères sensorielles et la sphère
FiG. 54. — La région pyramidale du pied du pédoncule cérébral, d'après Dejerine. (Voy. aussi Fig. 49.)
Travaux de Dojerino sur l'origine exclusivement corticale des libres du pied du pédoncule cérébral.
Les nouvelles idées de Flechsig sur la texture du cerveau.
Les centres de projection.
Les centres d'association.
Ces derniers seraient dépourvus de fibres de projection.
Recherches do Dejerine, Sachs, v. Monakow, Siemerling, O. Vogt démontrant la présence de fibres de projection dans les soi-disant centres d'association de Flcchsig.
Modifications app04"tées par Flechsig à ses opinions.
tactile. Les zones des centres de projection existeraient, ^d'après Flechsig, dans toute la série des mammifères, quelquefois même avec un développement plus considérable que chez l'homme. Les zones des centres d'association représenteraient les centres intellectuels (Geistige Centren), les véritables organes de la pensée (Denkorgane). Elles n'appartiendraient qu'aux primates, constitueraient la marque caractéristique du cerveau de l'Iiomme et leur développement, variable d'un cerveau humain à l'autre, serait en rapport étroit avec le développement des facultés intellectuelles. Dans la série des mammifères elles perdraient de leur importance et finiraient par disparaître complètement au fur et à mesure que l'on descend dans l'échelle zoologique.
Cette conception de la corticalité cérébrale, que Flechsig a émise dans plusieurs publications, repose sur l'étude de cerveaux de nouveau-nés ou d'enfants dont le plus âgé avait cinq mois; elle est en contradiction absolue avec tout ce que nous enseignent l'anatomie normale et l'élude des dégénérescences secondaires.
L'anatomie normale, appuyée sur l'étude des dégénérescences secondaires, démontre que toute la corticalité cérébrale contient des fibres de projection, y compris probablement l'insula. L'un de nous, en 1897, a montré que l'extrémité antérieure du lobe frontal et le pli courbe envoient de nombreuses fibres de projection dans la couche optique, et les faits que nous rapportons dans cet ouvrage (Fig. 66 à 141, p. 90 à 149) montrent une fois de plus que toute la corticalité cérébrale possède des fibres de projection. Mais le secteur moyen de l'hémisphère envoie seul des fibres de projection dans le pied du pédoncule cérébral, et de là dans les régions inférieures du névraxe. Les secteurs antérieur et postérieur, c'est-à-dire les deux tiers antérieurs du lobe frontal, le lobe pariétal et le lobe occipital, le précunéus, les lobules lingual et fusiforme, la pointe temporale, envoient de très nombreuses fibres de projection dans le thalamus et les ganglions qui en dépendent, mais n'en envoient pas dans le pied du pédoncule cérébral.
En 1897, Sachs est de même arrivé à des résultats opposés à ceux de Flechsig en employant la méthode des dégénérescences secondaires, et v. Monakow, en 1898, étudiant la myélinisatiou de la corticalité cérébrale chez un enfant âgé de quatre mois, a pu constater très nettement que le lobe pariétal, comme les circonvolutions occipitotemporales, possède des fibres de projection, et qu'il participe à la constitution des couches sagittales du lobe occipito-temporal et du segment rétro-lenticulaire de la capsule interne. Siemerling enfin (1898) étudiant la myélinisatiou de l'écorce chez le fœtus de huit et de neuf mois et chez des enfants de un à treize mois a constaté que la corticalité cérébrale tout entière, y compris l'insula, possède des fibres de projection.
L'anatomie comparée montre, du reste, que les cerveaux des mammifères, en particulier du chat (0. Vogt, 1898), présentent le même mode de développement de la myéline que l'homme. La myélinisatiou apparaît d'abord aux trois points qui correspondent aux « trois centres sensoriels ou de projection » de l'homme; ces points s'agrandissent peuàpeu,puis se fusionnent et s'étendent bientôt à toute la corticalité cérébrale.
La nouvelle conception de Flechsig est donc erronée. Qu'une grande partie de l'écorce cérébrale soit encore dépourvue de fibres de projection chez l'enfant en bas âge, — et le cerveau de l'enfant le plus âgé étudié par Flechsig était celui d'un enfant de cinq mois, — la chose est probable. Il n'y a rien d'étonnant à ce que les centres sensoriels et sensitivo-moteurs se développent plus vite que d'autres régions de l'écorce, puisqu'ils sont d'ordre phylogéné tique plus ancien. Mais se baser sur ce fait que certaines fibres ne sont pas encore développées à une certaine période de la vie, pour dire qu'elles n'existeront pas plus tard, c'est là une proposition inadmissible.
Du reste Flechsig n'a pas tardé à modifier son opinion (1898); il admet aujourd'hui au lieu des 7 zones corticales primitives (4 zones de projection et 3 d'association) « pour le moins « 40 zones corticales embryologiques; il admet en outre que ses «anciennes » zones d'association possèdent des fibres de projection mais en quantité moindre que les zones de projection.
III. TRAJET DES FIlîlŒS DE PUOJECTIO.N' DU MANTEAU CÉRÉBRAL ÉTUDIÉES :
1° PAR LA MÉTHODE DES DÉGÉNÉRESCENCES SECONDAIRES; 2" DANS CERTAINS CAS d'aCÉNÉSIES du .MANTEAU CÉRÉBRAL.