‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 22 sur 118 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

A-NATOMIE DES CENTRES NEHVEEX.

Cas Rivaud. 1K-miplègio côrc^bralo infantile gauclic.

Plaque jaune do l'iusula. de la région rétro-insulaire et do l'opercule sylvien sectionnant lo pied des segments antéi-ieur, moyen et postérieur de la couronne rayonnante.

Oégénércsconce du pulvinar, des noyaux oxicrne et interne du thalamus, des corps genouiUés interne et externe, de la partie supérieure du noyau rouge, du locus ni- ,'er, des quatre cinquièmes internes du iJÎed du pédoncule cérébral.Agénésie complète de la pyramide bulbaire droite, dans son trajet bulbaire et médullaire. Hypertrophie compensatrice de la pyramide gauche; faisceau pyl'amidal homolatéral.

Mieux que ce dernier, il montre : 1° Vagénésie, Farrèt de développement des différentes fibres de projection corticale, conséquence directe de la lésion des neurones de premier ordre; 2° les atrophies indirectes, secondaires des neurones de deuxième et troisième ordre consécutives aux vastes lésions corticales et sous-corticales, La lésion remonte en efl'et, il une période de la vie (12 à 18 mois), où la myélinisatiou des différents faisceaux n'était pas parachevée; elle réalise par conséquent une véritable expérience de Gudden chez le jeune enfant.

Comme atrophie secondaire indirecte, il faut riter ; Yatrophie du ivigone ccrèhval (Tg) (Fig. 61, p. 04) et du faisceau de Vicq d'Azyr (Fmp, Fig. J47 à 149), caractérisée,

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Fig. 160. — Cas Rivaud. Hémiplégie cérébrale infantile. Un fragment grossi de la partie antérieure du segment postérieur de la région thalamique de la capsule interne de la Fig. 145, p. Ib4. Le segment postérieur de la capsule interne complètement dégénéré est traversé par de fins fascicules appartenant aux radiations strio-thalamiques. 11 est limité en dedans et en arrière par le tœnia semicircularis (tsc) et les fibres qu'il envoie à la couche optique. Méthode de Weigert-Pal. iO/1 grandeurnature.

comme le sont toujours les atrophies secondaires, par la petitesse, la minceur, le tassement des fibres, et non par une dégénérescence de ces dernières; l'hémiatrophie cérébelleuse croisée, due à Yatrophie secondaire des pédoncules cérébelleux supérieur (Pcs) et moyen (Fig. dSOà loi); l'atrophie du ruban de Reil (Um) dans son trajet pédonculaire, protubéranliel et bulbaire (Fig. 149 à lo2); l'atrophie des fibres arciformes internes du bulbe, de Ventre-croisement sensitif du bulbe et des noyaux des cordons de Goll (NCG) et de Burdach (iNCB) du côte' opposé à la lésion cérébrale (Fig. -IbS). Cette atrophie est en tout comparable à celle du trigone (Fig. 61, p. 94).

L'atrophie de ces différents faisceaux est cause de la diminution de volume en masse de la moitié du tronc encéphalique correspondant à la lésion, mais ici intervient proba-

blement encore un aulre facteur : la dégénérescence des collatérales ou des libres aberrantes que la voie pédonculaire envoie à la calotte. Notons entln que la moitié gauche de la moelle e'pinière[[présenlc dans toutes ses parties une légère diminution de volume (Fig. 15o à U)9)'; c'est là un fait banal dans rhémiplégie céi-ébrale infantile.

Ce qui frappe encore dans le cas Rivaiid, c'est la petitesse, l'atrophie extrême de la partie supérieure de la couche optique [pulvinar, noyaux externe et interne) (Fig. 14S et ■iO) et le développement presque normal de sa partie ventrale {centre médian de Luys

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Cas Rivaud. Ih-miplégie cérébrale infantile gauche.

Plaqiio jaune de l'insula, do la région rétro-insulaire et do l'opercule sylvicn sectionnant lo pied des segments antérieur, moyen et postérieur de la couronne rayonnante.

Dégénérescenco du pulvinar, des noyaux externe et interne du thalamus, dos corp-^ genouillés interne et externe, de la partie supérieure du noyau rouge, du locus niger, des quatre cinquièmes internes du pied du pédoncule cérébral.Agénésie complète de la pyramide bulbaire droite, dans son trajet bulbaire et médullaire. Hypertrophie compensatrice de la pyramide gauche; faisceau pyramidal homolatéral.

FiG. 161. — Cas Rivaud. Un fragment grossi de la partie antérieure du segment postérieur de la partie inférieure de la région thalamique de la capsule interne. Les radiations strio-thalamiques travei'sent en fascicules onduleux si serrés le segment postérieur de la capsule interne, qu'elles en masquent la dégénérescence. On n'y retrouve même plus les intervalles plus ou moins volumineux qui séparent, à l'étal normal ou dans les lésions de l'adulte, les radiations strio-lhalamiques les unes des autres. (Comparer cette figure avec la Fig. 78 du cas Pradel.) Méthode de Weigert- Pal. 10/1 grandeur nature.

(Sra), noyau semi-ZtmaH'e (XF) (l-'ig. 147). Le corps strié (NC, NLi, NLs, NLs,) est de même normal (Fig. 1 44 à 147), bien qu'il participe à la diminution de volume en masse de cette moitié du névraxe. Ces faits mettent bien en évidence les connexions étroites de la partie supérieure du thalamus avec la corticalité cérébrale, et les relations insignitiantes de l'écorce avec le corps strié.

L' agénésie presque complète des fibres du système de projection du manteau cérébral permet de suivre avec facilité le trajet des systèmes de fibres saines qui croisent les fibres de projection dans leur trajet capsulaire. Tels sont les radiations strio-thalamiciues et sous-thalamic[ues {anse du noyau lenticalaire [Al], fibres strio-luy siennes, faisceau lenticulaire de Foret [FI] etc.), et les fibres que le issnia semi-circularis (ftsc) (Fig. 160) envoie à la couche optique. Contrairement à ce qui existe à l'état normal, ou encore dans les vastes lésions corticales de l'adulte, même lorsqu'elles sont très anciennes, comme

dans le cas Pradel (Fig. 78), — les radiations strio-lhalamiques e( strio-sous-thalamiquesne souL pas dans le cas Rivaud séparées les unes des autres par des intervalles plus ou moins volumineux ; elles traversent le segment postérieur de la capsule interne (Cip) en fascicules ondnleux, denses, serrés et parallèles, et forment presque une couche continue (Fig. 161). A première vue le segment postérieur de la capsule interne paraît contenir un grand nombre de fibres de projection, il ne contient en réalité que des fibres strio-tlialamiques sectionnées parallèlement à leur axe.

Cotte apparence est facile à comprendre, si l'on songe que les fibres de projection ont dégénéré ici très peu de temps après leur myélinisation. Elles ont par conséquent disparu sans laisser de traces pour ainsi dire — l'état de la pyramide le démontre suffisamment. — Dans les cas d'agénésie par malformations des hémisphères cérébraux remontant aux premiers mois de la vie intra-utérine, cotte disparition est encore plus accusée (voy.

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Fig. 162. — Cas Rivaud. Coupe passant par la partie inférieure de l'entre-croisement moteur des pyramides. La pyramide gauche saine, mais hypertrophiée, abandonne au cordon latéral gauche un faisceau compact de fibres pyramidales homo-latérales (fPyh), et au cordon latéral droit un volumineux faisceau pyramidal croisé (FPyc). Méthode de Weigert-Pal. 15/1 grandeur nature.

cas Richard, Fig. 220). Chez l'adulte, par contre, les faisceaux dégénérés sont toujours indiqués nettement par la sclérose névroglique qui a pris la place du faisceau disparu, tout en occupant une étendue moindre que ce dernier (cas Pradel, Fig. 78). Le cas Rivaud est enfin remarquable par l'hypertrophie considérable de la. pyramide bulbaire du côté sain qui a presque doublé de volume. La voie pyramidale gauche ou saine est du reste hypertrophiée dans toute la longueur de son trajet capsulaire, pédonculaire, protubcrantiel, bulbaire et médullaire (Fig. 147 à l,ï8). Au niveau du collet du bulbe (Fig. 1S4, 186 et 162) elle donne un faisceau pyramidal croisé (FPyc), un faisceau pyramidal direct et des fibres pour le cordon latéral du même côté — pbres pyramidales homolatérales (fPyh). Ces dernières fibres, assez peu nombreuses à l'état normal, forment ici un véritable faisceau compact qui se porte en arrière et en dehors, décapite la corne antérieure du même côté (Fig. 154, 156, 162) et se rend au cordon latéral de la moelle du même côté, oii il se place en avant du col de la corne postérieure (Fig. 157).

En présence de celle hypertrophie considérable de la pyramide bulbaire, on peut se •demander s'il ne s'agit pas ici d'une hypertrophie compensatrice et si l'intégrité, presque complète, du membre inférieur ne tient pas au développement d'un véritable faisceau pyramidal hoinolati'ral.

FiG. 163.

FiG. 163 et 164. — Irrigation vasculaire des noyaux gris centraux et delà capsule interne représentée sur deux coupes horizontales passant par la région thalamique et la région sous-thalamique de la capsule interne (Fig. 163) sur neuf coupes vertico-transversales (Fig. 164) passant par le segment antérieur (Cia) le genou (C(g)), les segments postérieur (Cip), sous-lenticulaire (Cisl) et rétro-lenticulaire (Cirl) de la capsule interne. Le tronc de l'artère cérébrale antérieure (artères striées antérieures, colorées en rose) irrigue la face orbitaire des première et troisième circonvolutions frontales, la partie interne de l'espace perforé antérieur, la tète du noyau caudé, la partie inférieure et antérieure du putamen, et les deux tiers inférieurs du segment antérieur de la capsule interne. — - Le tronc de l'artère sylvienne (artères lenticulostriées et lenticulo-optiques, colorées en bleu) irrigue la partie externe de l'espace perforé antérieur, les segments externe et moyen du noyau lenticulaire, le tronc du noyau caudé, le tiers supérieur du segment antérieur et la moitié supérieure du segment postérieur de la capsule interne. — Le tronc de l'artère cérébrale postérieure (artères optiques colorées en vert) irrigue l'espace perforé postérieur, la paroi du troisième ventricule, les deux tiers postérieurs de la couche optique, de la région sous-optique et du pédoncule cérébral. — L'artère communicante postérieure et le tronc carotidien (colorés en jaune) irriguent le chiasma, le tuber cinereum, les tuber-

A.NAIO.MIE DKS CENTRES .\EUVEUX.

FiG. 164.

cules mamillaires, La liandelette oplique, la région du genou et de la partie adjacente du segment postérieur de la capsule interne, le pilier antérieur du trigone, l'extrémité aniérieure de la couche optique et de la région sous-optique. — L'artère clioroïdieune antérieure (colorée en brun) irrigue la queue du uoyau caudé, le pilier postérieur et le tronc du trigone, le segment interne du noyau lenticulaire, les trois quarts postérieurs du segment postérieur, les segments rétro-lenticulaire et sous lenticulaires de la capsule iuterne, et la partie supérieure du pied du pédoncule cérébral.

FIBRES DE l'UOJECTION l"» E L'EGORGE GEREBRALE.

Lésions centrales circonscrites.

((. Lésion de la partie supérieure du segment antérieur <Cia) et de la partie adjacente du segment postérieur (Cip) de la capsule interne, sans participation du faisceau gèniculé (Ci)g). — Le cerveau du cas Racle (Fig. IGo à. 173) présente une lésion centrale dans le domaine des branches artérielles' du tronc sylvien, en particulier d'un certain nombre d'artères lenticulo-striées externes (voy. Fig. 1(33 el lti4). La lésion a détruit le putamen et la face adjacente du globus pallidus, le tronc et la partie adjacente de la tète du noyau caudé, sectionné la partie supérieure du segment antérieur (Gia) et les deux tiers antérieurs de la partie supérieure du segment postérieur (Cip) de

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Cas Raclo. Hémiplégie droite avec apliasio. Lésion contralo ; destruction du putamen, du tronc du noyau eau dé, section do la partie supérieure du segment antérieur et de>deuxtiers antérieur!?

du segment postérieur do la capsule interne. Dégénérescence de la partie moyenne du pied du pédoncule. Intégrité partielle du faisceau géii'culc.

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Fig. 16o.

FiG. 165, 166 et 167. — Cas Racle. Hémiplégie droite avec contracture et aphasie motrice datant de 30 ans. Topographie de la lésion centrale qui a détruit le putamen, évidé le tronc et la partie supérieure de la tète du noyau caudé, sectionné la partie supérieure du segment antérieur (Gia) et les deux tiers antérieurs du segment postérieur (Gip) de la capsule interne. Goupes horizontales un peu obliques en bas, en arrière et en dedans, passant par la partie supérieure (Fig. 163) et la partie moyenne (Fig. 166 et 167) de la région thalamique de la capsule interne; la partie antérieure de la coupe appartient, par conséquent, à un plan plus élevé que la partie postérieure. Dans la partie postérieure du segment antérieur de la capsule interne (Gia) complètement dégénérée (Fig. 163) apparaissent (Fig. 166 et 167) de gros fascicules de libres saines appartenant au pédoncule antérieur du thalamus (Pa Th) qui s'irradient dans la moitié antérieure des noyaux externe et interne du thalamus, et limitent en dedans la zone dégénérée du segment postérieur de la capsule interne .(Gip). Les coupes sériées permettent de suivre les fibres saines du pédoncule antérieur de la couche optique dans la partie inférieure du segment antérieur de la capsule et de la

Cas Racle. Hèmililègic droite avec aphasie. Lésion centrale ; destruction du putamen, du tronc du noyau caud(5, section de la partie supérieur du segment antérieur et des deux tiersautérieurs du segment posterieur do la capsule interne. Dégénérescence de la partie LQoyenne du pied du pédoncule. Intégrité partielle du faisceau ■ réniculé.

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FiG. 166.

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