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II. — STRUCTURE ET CONNEXIONS DE LA COUCHE OPTIQUE

Les noyaux du thalamus.

Les noj-aux intrinsèques.

Structure. — Les coupes vertico-transversales, horizontales et sagittales montrent que la couche optique n'est pas constituée par vine masse homogène, mais hien par une série de noyaux gris, de volume et de structure variables, qui se fusionnent en partie et qui sont incomplètement séparés les uns des autres par la lame médullaire interne (Lmi) ; leur face libre est recouverte par une couche de fibres à myéline connue sons le nom de couche zonale, de slratiim zonale (Strz, Fig. 290).

Burdach distingua dans la couche optique quatre noyaux : les noyaux antérieur, externe, interiie et le pulvinar. Luys décrivit un cinquième noyau profondément enclavé entre les noyaux externe et interne, et le désigna sous le nom de centre médian. Meynert (1870), frappé par la différence d'aspect que présente dans ses parties supérieure et inférieure le thalamus vu sur une coupe vertico-transversale, considéra sa partie ventrale ou inférieure comme un noyau spécial qu'il désigna sous le nom de couche ventrale du thalamus ;\. Tschisch et Flechsig décrivirent dans cette même région ventrale un noyau aplati et arqué, d'aspect semilunaire sur la coupe, le noyau en forme de coupe [Schalenformiger Kûrper), que nous avons désigné dans nos séries de dessins sous le nom de noyau semilunaire de Flechsig (NF). Nissl (1889) montra que les cellules de la couche optique se disposent en groupes de volume et de forme variables et distingua chez le lapin près de vingt groupes cellulaires; v. Monakow (1893) enfin, se basant à la fois sur les dimensions des cellules nerveuses, leur groupement et les connexions des différents groupes cellulaires avec la corticalité cérébrale, décrivit, dans chacun des quatre noyaux thalamiques principaux de Burdach, trois à quatre noyaux secondaires.

Les noyaux thalamiques sont donc en réalité beaucoup plus nombreux qu'on ne l'admet généralement. Nous maintiendrons néanmoins les grandes divisions établies par Burdach et par Meynert, et nous décrirons à la couche optique quatre noyaux principaux, les noyaux antérieur,

externe, interne et le pulvuiar. Avec v. Monakow, nous considérons le centre médian de Luys comme une dépendance du noyau interne, mais nous rattacherons au noyau externe du thalamus la zone grillagée ou réticulée, le noyau semi-lunaire et la couche ventrale du thalamus. L'étude des coupes horizontales et A'ertico-transversales montre, il est vrai, que dans la partie supérieure ou dorsale du noyau externe la substance grise prédomine et que la pénétration des fibres radiées s'y effectue avec beaucoup de régularité, tandis que la moitié inférieure ou ventrale de ce noyau est remarquable par sa richesse en fibres verticales. Néanmoins la transition entre ces deux parties, qui toutes les deux sont en connexion avec la corticalité cérébrale, se fait d'une manière graduelle et insensible, et il s'agit plutôt dans l'espèce de deux régions d'un seul et même noyau, que de deux noyaux distincts.

Outre ces noyaux en quelque sorte intrinsèques, le thalamus possède Les noyaux extrindes noyaux surajoutés ou extrinsèques, teh sontles coi'ps ge}ïouillés exteriic ^"i""^et interne et le ganglion de l'hahenula.

Les cellules nerveuses des différents noyaux du thalamus appartien- Éléments ceiiunent aux deux types de cellules décrits par Golgi (Voy. T. L'', Histogenèse, thaiamique p. 170). On y trouve par conséquent des cellules du type II de Golgi, ou à cylindre-axe court, et des cellules du type I à cylindre-axe long. Les recherches pratiquées à l'aide de la méthode de Golgi et entreprises par Marchi (1886), par Tartuferi (1881), P. Ramon (1891), Cajal (1893), v. Kôlliker (1896), n'ont pas encore permis d'élucider ni le nombre respectif de ces deux types cellulaires, ni surtout le trajet, l'origine et la terminaison de nombre de cylindres-axes qui sortent du thalamus ou qui y entrent. Pour V. ^lonakow, les cellules intercalaires ou cellules du type II de Golgi seraient très nombreuses et c'est par leur intermédiaire que s'effectueraient les connexions du thalamus avec la corticalité cérébrale, d'une part, et avec la région de la calotte, d'autre part. Pour v. Kôlliker, par contre, l'existence de ces cellules à cylindres-axes courts ne serait pas démontrée chez l'homme.

Les cellules nerveuses du thalamus présentent des formes variables. Les plus nombreuses sont étoilées, polygonales, triangulaires ou fusifoi-mes, et ressemblent par leur aspect aux cellules des cornes antérieures de la moelle épinière. Les plus volumineuses mesurent de 43 à 60 u-, les moyennes et petites de 30 à 20 et 13 \i.. Du corps cellulaire partent six à huit longues dendrites pourvues de nombreuses et courtes arborisations dépourvues d'épines (B, Fig. 318). Le cylindre-axe que l'on ne peut suivre que sur une courte étendue se détache d'un cône d'insei'tion et abandonne en général une ou deux collatérales. A côté de ces cellules étoilées à longs prolongements ramifiés, KôUiker décrit une autre forme cellulaire, les cellules pénicillées (Buschzellen), caractérisées par leur mode d'arborisation dendritique (A, Fig. 318). Ce sont des cellules de moyenne et petite dimensions(23à43 u.) à corps globuleux, polygonales ou fusiformes; elles émettent quatre à six courtes dendrites, qui s'arborisent en pinceau en donnant nais-

I,e feutrage intorcellulaire.

sance à de nombreuses branches fines et peu ramiliées. Entre ces deux formes cellulaires se trouvent tous les intermédiaires. Les cellules étoilées sont disséminées dans toute l'étendue du thalamus ; les cellules pénicillées siègent surtout dans la partie interne du pulvinar et du noyau externe.

Toutes ces cellules sont plongées au sein d'une substance fondamentale, finement granuleuse, qui se colore intensivement par le carmin et qui est constituée par l'enchevêtrement des arborisations dendritiques, des ramifications cylindraxiles terminales et collatérales et par les fibres et cellules de la névi'oglie. Dans les noyaux antérieur, externe, interne et dans le pulvinar, ce réseau est remarquable par sa pauvreté en fibres à myéline. Dans le centre médian de Luys et dans la couche ventrale du thalamus, les fibres à myéline sont par contre nombreuses et serrées, et donnent aux coupes traitées suivant la méthode de Weigert-Pal une apparence foncée spéciale et très caractéristique.

Noyau antérieur.

Sa forme.

Sa structure.

Ses connexions corticales.

1. Noyau antérieur (noyau dorsal de KôUiker) (Na). — Ce noyau occupe la partie antérieure et supérieure de la couche optique et s'enfonce à la manière d'un coin entre les noyaux externe (Ne)etmto'ne (Ni) (Fig. 310). Il est recouvert par le stratum zonale et repose sur une bifurcation de la lame médullaire interne (Lma). Il présente, ainsi que nous l'avons vu plus haut (T. I", p. 381), une forme en massue, assez analogue à celle du noyau caudé. Son extrémité antérieure, plus ou moins volumineuse suivant les sujets, produit la saillie connue sous le nom de tubercule antérieur de la couche optique ou corpus album subrotunduni , son extrémité postérieure, effilée en forme de queue, appartient à la face supérieure du thalamus (Fig. 310 et 7, p. 10).

Les cellules nerveuses du noyau antérieur (Na) sont petites, étoilées et multipolaires, et réunies en petits amas réguliers séparés par d'étroits intervalles.

Chez le chat, le lapin, le chien, Nissl et v. Monakow ont décrit, à côté de ce noyau antérieur principal (ant. a.), plusieurs noyaux accessoires ; v. Monakow distingue un noyau interne et un autre ventral. Le noyau accessoire interne (ant. c), situé dans un dédoublement du stratum zonale, est caractérisé par ses cellules nerveuses volumineuses, ainsi que par la richesse de sa substance fondamentale en fibres à myéline. Le noyau accessoire ventral (ant. b.) est séparé du noyau principal par de volumineux fascicules de fibres appartenant au pédoncule interne de la couche optique. Ses cellules sont très analogues à celles du noyau principal, la substance fondamentale seule se distingue par une moindre densité de son réiiculum.

Le noyau antérieur (Na) reçoit du segment antérieur de la capsule interne (Cia) et de la partie antérieure du segment postérieur (Cip) de nombreuses fibres radiées qui pénètrent dans l'extrémité antérieure de la couche optique au-dessous du stratum zonale, traversent les couches superficielles du noyau externe (Ne), puis abordent le noyau antérieurpar sa partie externe (Fig. 291). L'origine et le lieu de terminaison de ces fibres sont encore inconnus. Proviennent-elles des cellules du noyau antérieur (fibres tha-

GANGLIONS INFRACORTICAUX : CO UCHE OPTIQUE.

lamo-corticales^, sont-elles d'origine corticale (fibres cortico-thalamiques)? Y. Monakow les rattache, chez le lapin, à la face interne de rhémisplière, à la région qui correspondrait au lobule paracentral, à la circonvolution frontale interne et à la circonvolution llmbique, et considère cette région comme la zone corticale du noyau antérieur. Nos recherches, basées sur l'étude des dégénérescences secondaires chez l'homme, ne confirment pas ces faits expérimentaux de v. Monakow. Dans les nombreux cas de lésions corticales rapportés plus haut (p.9 1 et suiv.), nous n'avons jamais constaté une dégénérescence isolée du noyau antérieur, lequel est presque toujours respecté, même dans les lésions étendues de la corticalité cérébrale, comme dans le cas Rivaud (p. 151). Il était toutefois dégénéré avec les autres noyaux thalamiques dans la vaste lésion corticale du cas Pradel (p. 100). Ce noyau entre donc chez l'homme en connexion avec la corticalité cérébrale, mais son intégrité, dans le cas Scheule (p. 133), prouve qu'il n'est pas en connexion avec le lobule paracentral, dont les fibres de projection passent du reste, comme nous l'avons indiqué, par la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne (Cip) et non pas par le segment antérieur (Cia).

Si les connexions corticales du noyau antérieur sont mal connues, nous savons, par contre, depuis les travaux de Cajal (1895) et de Kôlliker (1896), et contrairement à l'opinion de Gudden, que ce noyau est le noijau terminal du faisceau de Vicfj d' Azyr. Ce faisceau naît d'un tronc commim avec le faisceau de la calotte de Gudden, prend son origine dans les cellules du tubercule mamillaire (Fig. 274, 276 et 277) et traverse de bas en haut le noyau externe du thalamus, à peu près dans le plan vertiço-transversal de la commissure molle ou moyenne (com). Il aborde le noyau antérieur par sa partie postéro-externe (Fig. 310) et y pénètre sous forme de fins fascicules rigides, légèrement divergents, bien différents d'aspect des fascicules onduleux des fibres radiées corticales. Le noyau antérieur reçoit encore, dans sa partie inféro-interne, quelques fibres du pédoncule inféro-interne de la couche optique.

Ses connexions avec le tubercule mamillaire.

2. Noyau interne (Ni). — Le noyau interne n'atteint pas les limites antérieures de la couche optique (Fig. 310 et 291) et n'apparaît sur les coupes vertico-transversales sériées, que lorsque le noyau antérieur commence à diminuer de diamètre. Limité en dehors par la lame médullaire interne (Lmi), recouvert en dedans par la substance grise centrale (Sgc) qui le sépare du troisième ventricule, le noyau interne est intimement uni en avant au noyau antérieur (Na) et se continue en arrière avec le pulvinar (Pul) (Fig. 291 et 310j, Sur les coupes horizontales supérieures, le noyau interne et le pulvinar se fusionnent sans ligne de démarcation appréciable (Fig. 21, p. 31). Dans la région thalamique moyenne (Fig. 43, p. 63), la limite entre ces deux noyaux est constituée par le ganglion de l'habenula (Gh) et le centre médian de Luys (Nm).

A l'état frais, le noyau interne présente la même couleur sombre que

Noyau interne.

Son étendue.

Sa structure.

Lma

Zr VA

Ne ; Lim

PlcTi

Na

Ta

FM

fp

Pul

. CcvSpl,

SR

SgAq

FiG. 3fO. — Coupe sagittale'des^gaiiglions de la , base et de la partie adjacente du troue encéphalique intéressant le noyau antérieur de la couche optique, le faisceau de Vicq d'Azyr, le faisceau rétroflexe de Meynert, le noyau rouge, le pédoncule cérébelleux supérieur. Méthode de Weigert. 2/i grandeur nature.

Aol, aire olfactive. — B, carrefour olfactif de Broca. — Cc(Spl], bourrelet Ju corps calleux. — CNR, capsule du noyau rouge. — coa, coainiissure antérieure. — F, champ de Forel. — /■(, sillon olfactif. — FM, faisceau rétroflexe de Meynert. — fp, fibres perforantes du corps calleux destinées au trigone cérébral dont elles concourent à former le fornix longus. — ft, fibres tangentielles de la première circonvolution limbique (ii). ^ Le, locus cœruleus. — Lmi, lame médullaire interne ; Lmn, lame médullaire supérieure du thalamus. — Ln, locus niger. — Na, noyau antérieur; AV, noyau externe: A'/, noyau interne du thalamus. — NR, noyau rouge. — oFiGr), gyrus rectus, face orbitaire de la première circonvolution frontale. — P, pied du pédoncule cérébral. — Pcs, pédoncule cérébelleux supérieur. — Plch. plexus choroïdes fermant le ventricule latéral. — PiTli. pédoncule inféro-interne du thalamus. — Poa,Pop, fibres transversales antérieures et fibres transversales postérieures de la protubérance. — PTin, pédoncule du tubercule mamillaire. — Pul, pulvinar. — P;/, fibres longitudinales de l'étage antérieur de la protubérance faisant suite à la voie pédonculaire et concourant à former le faisceau pyramidal. — Qa, tubercule quadrijumeau antérieur; Qp. tubercule quadrijumeau postérieur. — Rm, ruban de Reil médian; R/. ruban de Reil latéral; — sec, sillon du corps calleux. — SexL<, surface extraventriculaire du thalamus, recouverte par la toile choroïdicnne et le corps du trigone et appartenant h la grande fente cérébrale de Dichat. — •'■'f/Arj, substance grise de l'aqueduc de Sylvius. —

corticales.

Sgc, substance grise centrale.— S;/Po, substance grise de l'étage antérieur de la protubérance. — ^'/^. formation réticulée de la calotte protubéranlielle. — Sti, substance innominée sous-lenticulaire de Reichert. — lec, tœnia tecta. — T;/, corps; Tr/a, pilier antérieur du trigone. — Tli, thalamus. — Tma. tubercule mamiUaire accessoire. — Isc, taînia semicircularis. — VA, faisceau de Vicq d'.'Vzyr. — T7, ventricule latéral. — Zr, zone [réticulée du thalamus. — //, bandelette optique. — 17, nerf moteur oculaire externe.

le noyau antérieur et le pulvinar; il se colore comme ces derniers noyaux intensivement par le carmin, et comme eux il apparaît pâle sur les coupes traitées par les méthodes de Weigert ou de Pal. Il se rapproche également de ces noyaux par sa structure. Comme le noyau antérieur, il contient un grand nombre de petites cellules étoilées ou pyramidales, très rapprochées les unes des autres et entourées d'une substance fondamentale pauvre en fibres à myéline. Ces cellules sont d'autant plus petites que l'on examine des régions plus rapprochées de la substance grise centrale (v. Monakow).

Le noyau interne reçoit, surtout dans ses régions antérieures, de nombreuses libres radiées qui lui viennent par les segments antérieur (Cia) (Fig. 21, 43,47 etFig. 291 et 310) et postérieur (Cip) delà capsule interne et ses connexions qui traversent toutes le noyau externe du thalamus (Ne) et la lame médullaire interne (Lme). Sur les coupes traitées par la méthode de Weigert ou de Pal, ces fascicules de fibres radiées, légèrement onduleux, se détachent avec beaucoup de netteté sur le fond clair du noyau interne (Ni) (Fig. 21). Ils affectent pour la plupart une direction presque sagittale et impriment au noyau interne, vu sur les coupes vertico-transversales, un aspect tacheté spécial (Fig. 284, T. I*"^). Ces fibres tirent leur origine de la partie externe et antérieure des circonvolutions frontales et dégénèrent, ainsi que le noyau interne, à la suite de lésion destructive de ces régions (Voy. cas Moriceau, p. 147). Pour v. Monakow, la zone corticale du noyau interne correspondrait aux deuxième et troisième circonvolutions frontales (F^, F') et aux circonvolutions antérieures de l'insula.

Par sa partie inférieure et interne, le noyau interne reçoit de nom- ses connexions breuses fibres du pédoncule inféro-interne du thalamus, de l'anse lenticii- ^*"'^'^'*taire et quelques fibres du faisceau lenticulaire de Forel. Ces fibres dégénèrent à la suite de lésions de la partie antéro-inférieure des noyaux interne et externe du thalamus (cas Gardette, Fig. 302 à 309). Le noyau interne reçoit en outre quelques radiations strio-thalamiques qui traversent le segment postérieur de la capsule et le noyau externe du thalamus, dans les régions thalamiques moyenne et inférieure.

Centre médian de Luys (Nm), (Fig. IS, 43, 47, 311). — Au noyau centre médian de interne de la couche optique se rattache le centre médian de Luijs (Nm); noyau Itte^ne!""""^" c'est un noyau irrégulièrement sphérique (Fig. 311), situé entre le pulvinar (Pul), le noyau interne (Ni) et le noyau externe (Ne) du thalamus, au-dessus de la partie ventrale du noyau externe, en dedans de la lame médullaire interne (Lmi) et du noyau semilunaire de Flechsig (NF), en avant et au-dessus du corps genouillé interne (Cgi) (Fig. 43). Il est situé

3oO

Sa structure.

dans le plan verlico-transversal et dans le plan horizontal du ganglion de l'habenula (Gh). En dehors et en arrière, il est nettement délimité par la lame médullaire interne; en dedans et en avant, il se fusionne avec le noyau interne; en avant, il envoie un petit prolongement dans l'épaisseur de la lame médullaire interne.

Malgré la fusion si intime du noyau interne et du centre médian de Luys, ces deux noyaux se- distinguent très bien, soit à l'état frais, soit sur des coupes colorées par le carmin ou traitées par la méthode de Weigert- Pal. Le centre médian de Luys est très riche en fibres à myéline; il apparaît par conséquent plus clair que le noyau interne sur les coupes pratiquées à l'état frais, et plus foncé que ce dernier, sur les coupes colorées suivant la méthode de Weigert.

Les cellules du centre médian de Luys sont petites, triangulaires ou fusiformes ; elles sont entourées d'une substance fondamentale très riche en fibres à myéline qui, disposées en fins fascicules, s'entre-croisent dans tous les sens en formant un feutrage très dense et particulièrement abondant dans les parties postéro-inférieures du centre médian. Il se confond à ce niveau avec cette épaisse couche de fibres situées à la partie postéroinféro-externe du centre médian de Luys, que nous avons désignées sur nos figures sous le nom de région du ruban de Reil médian, et à laquelle font suite, dans les régions inférieures, les radiations de la calotte (RC) et le ruban de Reil médian (Rm).

Chez le chat, le chien, le lapin, la taupe, etc., le noyau homologue au centre médian de Luys affecte une forme rubannée; il est situé (med. b), d'après v. Monakow, dans un dédoublement de la lame médullaire interne et se rapproche par sa structure de la zoue réticulée ou grillagée. — Au-dessus de ce noyau, on trouve un petit groupe très bien différencié de cellules nerveuses, le noyau à grandes cellules, imcleus magno-cellularis, de Ganser, Nissl etv. Monakow(med. c), remarquable, comme son nom l'indique, par le volume de ses cellules nerveuses multipolaires. Il se retrouve également chez l'homme et ses cellules sont particulièrement apparentes sur les coupes traitées par le carmin ou parla méthode de Marchi.

Bien que l'on ne connaisse pas encore le trajet que suivent les cylindres-axes des cellules du centre médian de Luys, nous savons touteconnexions fois que ce centre affecte des connexions importantes avec la corticalité cérébrale et avec la région de la calotte. Dans sa partie supérieure et moyenne s'irradient de nombreuses fibres radiées qui traversent la partie postérieure du noyau externe du thalamus, occupent la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne et proviennent des parties moyennes et supérieures des circonvolutions rolandiques et de la partie adjacente du lobe pariétal. Ces fibres appartiennent au système de la couronne rayonnante du thalamus, aux fibres cortico-thalamiques supérieures (Voy. p. 62); elles ont été désignées par v. Monakow sous le nom de ruban de Reil cortical. En réalité, elles ne se rassemblent, ni dans la capsule interne, ni dans la couronne rayonnante, en un faisceau compact et distinct, mais s'entremêlent dans toute la longueur de leur trajet avec

Ses avec la corticalité cérébrale.

d'autres catégories de fibres, telles que les fibres cortico-protubéraniielles sos connexions

et COrticO-médullaireS. avec la région do la

•11 1 calotte, en particu-

Par la région do lu calotte et par la région sous-optique, le centre ner avec le ruban de

Rcil médian, le pé-

Str2i

:Lini . ; StTZ

donculo cérébelleux supérieur et la formation réticulée.

. Ktpo

FiG. 311. — Coupes sagittales des corps opto-striés,passantpar le centre médian de Luys, le corps de Luys et le pédoncule olfactif. Méthode de Weigert. 2/1 grandeur nature.

Aol, aire olfactlTe. — B, fente cérébrale de Bichat. — BrQa, bras du tubercule quadrijumeau antérieur. — Ce' {Spl), bourrelet du corps calleux. — Cj(Fc), fasciola cinerea de la circonvolution godronnée. — Cia, segment antérieur de la capsule interne. — Ci{g) genou de la capsule interne. — coa, commissure antérieure. — CL, corps de Luys. — fp, fibres perforantes du corps calleux. — ft, fibres tangentielles du subiculum de la corne d'Ammon-

— /"i, sillon olfactif. — h, sillon de l'hippocampe. — iv 4- ^jo, branche communeà la scissure calcarine et à la scissure pariéto-occipitale. — L,, première circonvolution limbique. — Lmi. lame médullaire interne du thalamus. — Une, lame médullaire externe du noyau lenticulaire. — -Vc, noyau caudé. — -Va, noyau antérieur du thalamus. — îVe, noyau externe.

— Xi, noyau interne de la couche optique. — Nm, centre médian de Luys, séparé de la lame médullaire interne {Lmi') par le noyau semi-lunaire de Flechsig. — oFi, face orbitalre de la première circonvolution frontale. — P, pied du pédoncule cérébral. — PIc/t plexus choroïdes du ventricule latéral. — Pol, pédoncule olfactif. — Pul, pulvinar. — Bolp, radiations olfactives profondes. — • Sexv, surface extra-ventriculaire de la couche optique. — si, sUlon intermédiaire ou opto-strié. — Strz, stratum zonale du thalamus. — Tg, corps du trigone. — Th, couche optique. — Toi, tubercule olfactif. — tsc, tœnia semicircularis. — VCst, veine du corps strié. — VI, ventricule latéral. — it ri, pli rétro-limbique. — //, bandelette optique.

médian de Luys reçoit un certain nombre de fibres du ruban de Beil médian, du pédoncule céréhelleux supérieur et des fibres longitudinales de la forrnation réticulée. Ces fibres abordent le centre médian de Luys par sa

partie inférieure et par toute la liauleur de sa face externe, puis s'y terminent.

Le centre médian de Luys représente donc une sorte de relais ganglionnaire entre le neurone bulbo-thalamique du ruban de Reilqui s'y termine et les neurones thalamo-cortical et cortico-thalamique qui y prennent leur origine ou y arrivent.

Lame interne.

Sa lame supplémentaire supérieure.

Son étendue et ses rapports.

méduuaire Laïue médullaire interne (Lmi) (Fig. 7, 21, 43, 47, 310, 311, 323, 324. 325). — La lame médullaire interne sépare le noyau interne du noyau externe. Sur les coupes vertico-transversales (Fig. 7, p. 10, 323, 324, 323), elle occupe toute la hauteur du thalamus, se dirige obliquement en bas et en dehors, et se bifurque en haut pour former une lame médullaire supplémentaire que Ton peut désigner sous le nom de lame médullaire supérieure ; celle-ci s'implante comme une sorte de gouttière sur la lame médullaire interne, décrit dans son ensemble une courbe à concavité inférieure, loge la queue et l'extrémité antérieure du noyau antérieur qu'elle sépare des noyaux interne et externe et atteint de chaque côté le stratum zonale qui la renforce par de nombreuses fibres. Il résulte de cette disposition que l'on peut considérer la lame médullaire supérieure soit comme une dépendance de la lame médullaire interne, soit comme un dédoublement du stratum zonale (Fig. 323, 324, 325).

La lame médullaire interne n'appartient qu'aux trois quarts antérieurs du thalamus. Les coupes horizontales qui passent par le tiers moyen de la couche optique montrent qu'elle n'atteint pas le pulvinar et qu'elle décrit deux courbes en sens inverse présentant ainsi l'aspect d'un 5 italique. La courbe antérieure (Fig. 21, p. 31) passe en arrière du noyau antérieur, la courbe postérieure circonscrit le centre médian du Luys. Sur les coupes plus inférieures, lorsque le noyau antérieur a disparu, la courbure antérieure disparaît à son tour et la lame médullaire interne n'atteint plus l'extrémité antérieure de la couche optique (Fig. 43, p. 63). Sur les coupes qui intéressent le tiers inférieur de la couche optique (Fig. 47, p. 69), la partie antérieure de la lame médullaire interne correspond à la commissure molle onmoijenne (com) à laquelle elle envoie de nombreuses fibres. Dans cette même région, la courbe de la partie postérieure de la lame médullaire interne s'accentue et sépare le centre médian de Luys (Nm) de la région du ruban de Reil médian (rgRm), du bras du tubercule quadrijumeau postérieur (Br(Jp) et, plus en dedans, du corps genouillé interne (Cgi). Elle se dédouble en outre (Fig. 47, p. 69 et Fig. 311) et donne naissance à une lamelle médullaire supplémentaire, la lame médullaire moyenne qui limite le noyau semi-lunairf de Flechsig (NF) et le sépare en dehors du faisceau thalamique de Forci (Fth). Aux confins de la région sous-optique enfin (Fig. 312), la lame médullaire interne, réduite encore dans ses diamètres antéro-postérieurs, est située en dehors du faisceau rétroflexe de Meynert (FM) et du ruban de Reil médian (Rm), en dedans du noyau semi-lunaire de Flechsig. Elle envoie un grand nombre de ses fibres dans

Sa lame supplémentaire moyenne.

la région sous-opliquo : les antérioiires se joignent au faisceau thalamique de Forel et aux radiations de la calotte (RC), les postérieures situées au voisinage du centre médian de Luys se rendent dans la région du ruban de Reil médian.

La lame médullaire interne est formée de fibres à direction surtout verticale et de libres à direction plus ou moins sagittale. Une partie de ces dernières traversent la commissure molle et établissent une connexion entre les deux lames médullaires internes, les autres se recourbent en bas dans les régions ventrales de la couche optique et se joignent aux fibres verticales.

Les fibres verticales et sagittales sont croisées par les faisceaux radiés des régions antéro-externes du thalamus (Fig. 310), qui traversent le noyau externe et la lame médullaire interne avant d'aborder le noyau interne. Entre ces fibres, on trouve constamment, dans la lame médullaire interne, de petites cellules nerveuses, et quelques rares cellules multipolaires plus volumineuses.

L'origine des fibres de la lame médullaire interne n'est pas encore élucidée. La plupart proviennent évidemment des cellules nerveuses situées dans la lame médullaire interne, ou adjacentes à cette lame. Quelques-unes ne sont probablement que les collatérales des fibres radiées ou du stratum zonale ; d'autres représentent des libres terminales provenant de la région sous-optique ou de la calotte du pédoncule cérébral en particulier du pédoncule cérébelleux supérieur, de la formation réticulée, etc. La lame médullaire interne est en effet en connexion étroite avec la région sous-optique et elle contient, à côté de fibres qui prennent leur origine dans le thalamus, d'autres qui s'y terminent.

Sa constitution.

Noyau externe (Ne) (Fig. 7, 10, 14, 21, 41, 43, 47, 310, 311, 312, 323, 324, 32o). — Le plus volumineux des noyaux thalamiques, le noyau externe, occupe la partie supérieure et externe de la couche optique, correspond au segment postérieur ou lenticulo-optique de la capsule interne (Cip i et se caractérise à l'état frais par un aspect strié qu'il doit aux fibres radiées qui le pénètrent. Grâce à sa richesse en fibres à myéline, il est plus pâle à l'état frais que le noyau antérieur, le noyau interne et le pulvinar. Il se colore moins intensivement par le carmin et apparaît plus foncé sur les coupes traitées suivant les méthodes de Pal ou de Weigert (Fig. 21 et 43). Il est donc facile à reconnaître sur ces coupes, et se présente sur celles qui sont pratiquées horizontalement sous l'aspect d'un noyau allongé, légèrement convexe en dehors, et qui occupe les trois quarts antérieurs du thalamus (Fig. 21, p. 31). Sur les coupes vertico-transversales et sagittales, il occupe toute la hauteur du thalamus, repose sur la région sous-thalamique de Forel et décrit une courbe autour des parties antérieure et externe du noyau interne (Ni). Il résulte de cette disposition que sur les coupes horizontales passant par les couches supérieures du thalamus, les noyaux externe et antérieur sont seuls intéressés (T. I",

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