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TOME II

386 ANATOMIE DES CENTHES NEliVEUX.

ganglion impair, médian et symétrique, le r/anglion interprdonciilaire (Gip), situé dans l'espace perforé postérieur et découvert par Gudden. Nettement accusé chez les mammifères, ce ganglion est insignifiant chez l'homme.

Ses aeux espèces Le faisceau rétrotlexe comprend deux sortes de libres. Les unes, fines et dépourvues de manchon de myéline, se colorent intensivement par le carmin; elles représentent les cylindres-axes des petites cellules du noyau interne de l'habenula (Fig. .S18 A); les autres, volumineuses et pourvues d'un épais revêtement myélinique, prennent leur origine dans les cellules du noyau externe de ce ganglion (B).

Chez les mammifères antres que l'homme et les primates, le noyau interne du ganglion de l'hahenula ainsi que le ganglion inter-pédonculaire sont bien développés, les fibres amyéliniques prédominent et, sur les coupes colorées au carmin, le faisceau rétrotlexe présente, selon l'expression de Forel. l'aspect d'un faisceau sclérosé. Chez l'homme, les fibres fines sont beaucoup moins nombreuses, les grosses fibres myéliniques prédominent et occupent la périphérie du faisceau. Cette disposition est très facile à constater sur les coupes horizontales sériées. Au voisinage du ganglion de l'habenula, le faisceau rétroflexe se compose de quatre à cinq fascicules, disposés sur une|ligne légèrement courbe, à concavité postérieure (Fig. 319, p. 639, T. P''). Sur les préparations colorées par la méthode de Weigert, chaque fascicule présente une partie périphérique foncée, formée par les fibres à myéline fortement colorées par l'hématoxyline, et une partie centrale claire contenant les fibres dépourvues de myéline. Cette disposition se retrouve plus bas, ou, par suite de la fusion des fascicules, le faisceau de Meynert se compose seulement d'un ou de deux faisceaux.

Leurs lieux doter- 11 est probable que ces deux ordres de fibres, d'origines diverses, présentent également une terminaison différente. Les fines fibres amyéliniques se terminent très certainement, ainsi que Forel l'a indiqué et que V. Gehuchten et Cajal l'ont constaté de visu, dans le ganglion interpédonculaire (Fig. -322). La prédominance de ces fibres chez les mammifères, dont le ganglion interpédonculaire est bien développé, milite complètement en faveur de cette opinion. Quant aux fibres entourées d'une épaisse gaine de myéline, il est fort probable qu'elles se terminent dans la substance perforée postérieure ou que, se comportant de la façon décrite par Meynert, elles se continuent avec des fibres loneitudinales de la calotte à dcstination inconnue. — Il est un fait certain, c'est que chez l'homme : 1" le faisceau de Meynert ne peut être suivi au delà de la partie antéro-interne de la capsule du noyau rouge ; 2" le volume du faisceau rétroflexe n'est pas en rapport avec le développement rudimentaire du ganglion interpédonculaire. C'est là du reste une opinion émise d'abord par Fritsch, puis par Honnegger et à laquelle nous nous rallions complètement.

(ianglion interpé- Ganglion interpédonculaire (Gip). — Le ganglion inlerpcdoiiciilaire est un petit doiiculaire des ron- g£^ug|JQ,i uiangulaire, très bien développé chez les rongeurs et qui occupe l'espace interpédonculaire de Cruveilhier au voisinage du bord supérieur de la protubérance. Il se

GANGLIONS INFRACOUTl CAUX : COUCHE OPTIQUE.

voit très bien cà l'œil nu chez le lapin (Voy. T. 1", p. 326, lig. 191); chez le chat et le chien, il est plus petit. Chez le singe, il est situé dans la protubérance; chez l'homme enfin, il occupe la voûte du trou borgne pédonculo-protubérantiel. Il s'agit bien ici, du moins chez les rongeurs et les mammifères inférieurs, d'un ganglion nettement délimité qui sert de noyau de terminaison au faisceau rétroflexe de Meynert et qui ne doit pas être confondu avec la substance perforée postérieure.

Découvert par v. Gudden, bien décrit par Forel, puis par Mayser et par Ganser, le ganglion interpédonculaire a é.té étudié à l'aide de la méthode de Golgi par Edin-

FiG. 322. — Coupe vertico-transversale un peu oblique en bas et en arrière du ganglion interpédonculaire de la souris de quatre jours (d'après Cajal, 1896). Le ganghon interpédonculaire est limité de chaque côté par la bifurcation des fibres du faisceau rétroflexe de Meynert (A). — B, cellules du ganglion interpédonculaire vues de champ. — C, arborisation terminale d'une fibre du faisceau rétroflexe. — a, bifurcation d'une de ces fibres; b, ses collatéi'ales ; c, anse formée par ces fibres. — D, entre-croisement ventral de la calotte.

ger chez les reptiles, par v. Gehuchten et Cajal chez les poissons osseux, et par Cajal également chez les mammifères.

Les fibres du faisceau rétroflexe de Meynert qui abordent le ganglion interpédonculaire, se recourbent brusquement en bas et en dedans, pénètrent dans la partie antérieure et supérieure de ce ganglion et l'entourent d'une sorte de fer à cheval. Elles sont toutes très fines, dépourvues de myéline, ainsi que Gudden l'a signalé, et se colorent intensivement par le carmin. En s'entrelaçant avec celles du côté opposé, elles forment dans l'intérieur du ganglion interpédonculaire un système de fibres parallèles légèrement curvilignes, très serrées les unes contre les autres, et dont l'aspect est caractéristique de cet amas ganglionnaire. Décrite par v. Gudden, Ganser, Edinger, cette disposition a été étudiée par Cajal, puis par KoUiker, à l'aide des imprégnations d'argent, et cet auteur l'a comparée à l'aspect que présente la zone moléculaire de l'écorce cérébelleuse vue sur les coupes pratiquées parallèlement à la longueur des lamelles.

Lorsqu'on étudie attentivement le trajet de chaque fibre du faisceau de Meynert, on

Mode de terminaisons des fibres du faisceau rétrolioxe.

Cellules du ganglion interpêdonculairc.

Leurs connexions avec les ganglions de la caloiio de Gudden.

coiislate qu'elle ne se termine pas dans le cùlé opposé, mais qu'elle décrit plusieui^ méandres horizontaux qui occupent toute la largeur du gan^ilion et sont situés sur plusieurs plans vertico-transversaux (Fig. 322). Gudden et Ganser avaient du reste signalé ces dispositions en disant que les fibres du faisceau de Meynert décrivent des 8 de chiffre dans l'épaisseur du ganglion interpédonculaire.

Dans la première partie de leur trajet intraganglionnaire, ces fibres n'émettent que de rares collatérales. Plus loin, près de leur terminaison, elles fournissent quelques collatérales qui naissent à angle droit, se portent en haut et en bas et se ramifient librement entre les cellules. Quant au cylindre-axe, il se termine par deux à trois rameaux variqueux, horizontaux, pourvus souvent d'un bouton terminal. Quelquefois, la fibre se bifurque en abordant le ganglion, et les deux branches se comportent comme nous l'avons précédemment indiqué, mais occupent des plans vertico-transversaux distincts.

Les cellules du ganglion interpédonculaire qui entrent en contact avec les fibres du faisceau rétroflexe sont, ou bien de petites cellules étoilées,pour\'ues de fines dendrites, et dont le cylindre-axe se comporte à la manière des cellules du type II de Golgi, ou bien des cellules volumineuses, fusiformes ou triangulaires à cylindre-axe long et plus ou moins ilexueux. Elles occupent la périphérie et le centre du ganglion interpédonculaire et sont pourvues de trois à quatre fortes dendrites hérissées de grosses épines, qui se terminent par un panache de ramuscules épineux disposés souvent en bois de cerf enchevêtrés (Cajal). Les cellules les plus périphériques sont parallèles à la surface libre du ganglion et affectent souvent l'aspect d'un fuseau. Les cellules profondes possèdent des dendrites plus courtes, plus velues, qui se terminent par un épais panache à texture très compliquée. Ces cellules sont toutes aplaties transversalement, quoique d'une façon moins absolue que les cellules de Purkinje du cervelet (Cajal). Leurs cylindres-axes se réunissent en un petit faisceau signalé par Ganser chez la taupe et la souris des champs, et dont l'existence est confirmée par KôUiker chez le lapin. C'est le faisceau tegmentaire du ganglion interpédonculaire i Haubenbiindel des ganglion interpedunculare de Ganser) dont les fibres se détachent du ganglion de chaque côté de la ligne médiane (Fig. 332), se portent sagittalement d'avant en arrière, croisent à angle droit l'entre-croisement ventral de la calotte de Forel et se terminent dans la substance grise centrale de la partie supérieure du quatrième ventricule et dans le ganglion dorsal de la calotte de Gudden.

GLANDE PINÉALE (Gp.)

Glande pinéale.

.Son aspect.

.^a situaliun*

La glande pinéale, ou conarium [Z'irhel; Zirbeldriise, des Allemands; pineal body or gland des Anglais), est un organe dégénéré, une formation visuelle ancestrale, dont l'étude se rattache jusqu'à un certain degré à celle de la couche optique. Développée aux dépens de la voûte du troisième ventricule, elle porte encore le nom A'épiphijse (epiphysis cerebri), par opposition à Yhypophyse, ou corps pituitaire, développée aux dépens du plancher de ce même ventricule.

Cest un corps mou, impair et médian, de couleur gris rougeàtre, d'aspect grenu, de forme ovo'ide ou conique, dont le sommet regarde en arrière et la base en avant. Du volume d'un petit noyau de cerise ou d'un pois, aplatie de haut en bas, la glande pinéale mesure 10 millimètres de longueur sur ri millimètres d'épaisseur et 5 millimètres de largeur. Elle est située à la partie postérieure du troisième ventricule, en arrière de la commissure interhabénulaire, au-dessous de la toile choro'idienne et des veines de Galien, au-dessus de la commissure postérieure, entre les deux

la toile ohoroïdienne.

tubercules quadrijiimeaux antérieurs, et repose sur une surface triangulaire tantôt bombée (tubercule sous-pinéal, colliculus subpinealis de Schwalbe), tanlùl déprimée (fossette du conarium, Charpy), qui appartient au cerveau moyen et termine en haut le sillon sagittal médian des tubercules quadrijumeaux. Ces rapports s'etTectuent par l'intermédiaire d'un feuillet réfléchi de la pie-mère cérébelleuse et n'existent que chez l'homme, oii, grâce au développement considérable que prend le bourrelet du corps calleux, la glande pinéale se renverse en arrière et se dirige obliquement en bas et en arrière. Chez la plupart des mammifères et chez les oiseaux, elle est en effet verticale, et chez les vertébrés inférieurs elle est renversée en avant.

La face supérieure de la glande pinéale n'affecte avec la toile cho- ses rapports avec roïdienne et les veines de Galien que des l'apports très lâches. Elle en est séparée en effet par un diverticule du troisième ventricule, le diverticide ou citl-de-sac suspinéal de Reicliert, tapissé par l'épendyme ventriculaire et particulièrement développé chez le fœtus et le jeune enfant. — Le point de réflexion de l'épendyme ventriculaire sur la face inférieure de la toile choroïdienne correspond donc, non pas à la face convexe de la commissure interhabénulaire, mais à la face .supérieure du conarium (Fig. 317) et au A oisinage de son sommet, ainsi que Key et Ketzius l'ont démontré.

Ces relations avec la toile choroïdienne assurent la fixité de la glande pinéale, fixité qui est encore assurée par un cordon fibreux qui relie le sommet de la glande à la pie-mère de la fente cérébrale de Bichat, ainsi qu'à la petite circonférence de la tente du cervelet.

La base de la glande pinéale est très rétrécie et se dédouble en deux lames transversales qui interceptent un petit diverticule du troisième i.e diverticuie piventricule, ouvert en avant, le diverticule pinéal ou sous-pinéal de Mihal- ""^'' kowicz, le ventricule du conarium de Hyrtl. La lame supérieure du diverticule pinéal s'insère sur le bord inférieur de la commissure interhabénulaire, et a été désignée sous le nom de lame des pédoncules de la glande pinéale [lamina pedoncidorum s. superior) par les auteurs qui considéraient la commissure interhabénulaire comme la commissure des pédoncules antérieures du conarium. La lame inférieure [lamina conarii s. iiiferior) se continue avec le bord supérieur de la commissure postérieure.

Composée d'une substance grise molle, creusée d'une ou plusieurs structure lymcavités kystiques renfermant souvent des concxétions calcaires, la glande pinéafe. " pinéale est surtout constituée par du tissu lymphoïde. Elle est entourée d'une capsule conjonctive fournie par la pie-mère qui envoie dans l'épaisseur de la glande de nombreuses travées conjonctives riches en vaisseaux. Sur une coupe elle montre un stroma conjonctif très dense, dont les mailles sont tapissées de cellules arrondies ou fusiformes, de 15 p. de diamètre environ, contenant des granulations pigmentaires jaunes ou rouge-jaunâtres. Les travées conjonctives ou névrogliques, les kystes, la commissure interhabénulaire et la partie adjacente de la toile choroïdienne renferment, même chez l'enfant, des concrétions calcaires qui constituent

les acevvnles ou sable cérébral et qui sont composées do carbonate et de phosphate acide de chaux disposés en couches concentriques ou réunies en amas irrégulièrement mamelonnés.

La nature lymphoïde de la glande pinéale est admise par Schwalbe, Edinger et par la majorité des auteurs, contrairement à Meynert et à Hagemann qui considéraient cet organe comme un ganglion nerveux. D'après Bizzozero, un certain nombre de ses cellules présenterait des prolongements plus ou moins ramifiés : d'après Cionini, elle contiendrait de nombreuses Ses libres nor- ccUules uévrogliqucs. Quant aux fibres nerveuses de la glande pinéale, Iu"svstTmr'sv"mpa- admises par Meynert, par Darkschewitsch, etc., elles semblent, d'après les ''"'!"''■ recherches de Cionini, Honegger et Cajal, appartenir au système sympa-

thique et arriver à la glande pinéale avec les vaisseaux de la toile choroïdienne : la commissure interhabénulaire ne lui abandonne aucune fibre. Les fibres nerveuses sympathiques forment, d'après Cajal, dans l'épaisseur de la glande un plexus interstitiel très riche, qui occupe les travées conjonctives ou névrogliques et se résout finalement en une arborisation de rameaux courts pourvus d'un bouton terminal (Cajal). Entre ces rameaux on trouve quelques petites cellules nerveuses, analogues aux grains du cervelet, pourvues de trois à quatre larges dendrites ramifiées et dont le cylindre-axe n'a pu encore être décelé. 11 s'agit peutêtre ici des cellules sympathiques interstitielles de Cajal.

Nous n'avons pas à faire ici le développement phyllogénéLique de la glande pinéale Elle constitue — ainsi que Rabl-Ruckhard (1882) le soupçonna et que de Graaf (1886) et Baldwin Spencer le démontrèrent — un organe visuel dégénéré, pourvu chez les sauriens, les amphibienset les cyclostomes d'un cristallin, d'une rétine et d'un nerf optique.

Les recherches de Béraneck (1892 et 1893) semblent montrer toutefois que l'œil pinéal ou pariétal — qui parait avoir eu son plein développement chez les sauriens préhistoriques et qui est logé dans le trou pariétal médian — ne correspond pas à la glande pinéale de l'homme et des mammifères. Il serait une formation analogue, une épiphysc ou évagination surajoutée, développée aux dépens de la voûte du troisième ventricule, en avant de l'épiphyse du couarium, et n'existerait que chez les sauriens, les amphibiens et les cyclostomes. Quant au nerf pim'al, il ne serait pas formé aux dépens des pédoncules de la glande pinéale et de la commissure interhabénulaire, mais représenterait un tractus nerveux distinct provenant non du trijumeau, ainsi que de Graaf le croyait, mais de la voûte du cerveau intermédiaire et présentant par conséquent une origine semblable à celle du nerf optique.

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