‹ Anatomie des centres nerveuxChapitre 52 sur 118 · III. — RÉGION SOUS-OPTIQUE · texte numérisé non relu

III. — RÉGION SOUS-OPTIQUE

La région «ousoptiquo.

Elle représente la partie antérieure sous-thalamique de la région de la calotte.

Sa direction.

Sa limite établie par le plan du faisceau de Aleynert.

.Sa forme.

La région sous-optique ou sous-thalamique (Fig. 24, 28, 33, 7, lo, 2o3, 310, 311, 323, 324, 323), bien décrite par Forel en 1877, est une petite région aplatie, située au-dessous de la couche optique, au-dessus du locus niger et du pied du pédoncule cérébral, entre la capsule interne et la substance grise centrale du troisième ventricule. Elle atteint en avant la substance perforée antérieure et se continue en arrière et en bas, sans ligne de démarcation nette, avec la calotte du pédoncule cérébral. Elle représente l'extrémité antérieure, terminale, sous-thalamique de l'importante région de la calotte, région qui s'étend de la substance perforée antérieure au processus reticularis de la moelle cervicale et qui comprend de haut en bas : 1° La région sous-optique; 2° L'étage moyen ou calotte du pédoncule cérébral; 3° L'étage postérieur ou calotte de la protubérance; 4° La plus grande partie du bulbe rachidien.

La région sous-optique n'est pas située dans l'axe de la calotte du pédoncule cérébral, mais forme avec elle un angle ouvert en bas et en avant et dont le sommet correspond au cerveau moyen, à la coudure du vertex du cerveau embryonnaire. 11 résulte de cette disposition — particulièrement accentuée dans le cerveau humain et très nette sur les coupes sagittales (Fig. 310) — que les faisceaux sagittaux qui traversent la région sous-optique et se continuent dans la calotte pédonculaire, n'affectent pas la même direction dans ces deux régions. Horizontaux ou légèrement obliques en bas et en arrière dans la première région, ils deviennent presque verticaux dans la seconde.

La limite artificielle établie par Forel entre la région sous-thalamique et la calotte pédonculaire correspond à un plan oblique en bas et en avant, qui passe par le faisceau rétroflexe de Meynert. Tout ce qui est situé en avant de ce plan appartient à la région sous-optique; tout ce qui est en arrière, à la calotte pédonculaire. Ce plan sectionne le noyau rouge qui se trouve ainsi à cheval sur les deux régions, son tiers antéro-supérieur appartenant à la région sous-optique, ses deux tiers postéro-inférieurs à la calotte du pédoncule cérébral (Fig. 310, p. 348).

Considérée dans son ensemble, la région sous-optique constitue une pyramide horizontale à quatre pans, dont la base située en arrière est sectionnée obliquement en bas et en avant. Sur les coupes horizontales, elle affectera par conséquent la forme d'un triangle à sommet antérieur (Fig. 24, p. 33), d'autant plus étendu que l'on examine des coupes plus supérieures; sur les coupes vertico-transversales (Fig. 323, 324, 325), elle est de forme quadrilatérale et d'autant plus petite que l'on examine des coupes plus antérieures. Sur les coupes sagittales, elle forme un triangle très allongé à sommet antérieur (Fig. 310). Il résulte en outre de l'inclinaison de sa base que les coupes horizontales, qui passent par la

partie inférieure du globus palliduset la substance innominée sous-lenticulaire do Reichert, intéressent dans leur partie postérieure la calotte pédonculaire, tandis que les coupes vertico-transversales qui passent par le tiers moyen de la couche optique (depuis la commissure postérieure jusqu'à la commissure molle) sectionnent dans leur partie supérieure la région sous-thalamique, et dans leur partie inférieure la calotte pédonculaire. Ce sont là les conséquences forcées de la fusion de la région sous-optique avec la calotte pédonculaire, ainsi que de la courbure du tronc encéphalique.

On peut considérer à la région sous-optique quatre faces, un sommet et une base. Les faces sont supérieure, inférieure, interne et externe :

La face supérieure, située au-dessous de la région ventrale du thalamus, sa face supérieure. s'étend depuis le ta?nia semicircularis et le pilier antérieur du trigone jusqu'au corps genouillé interne et au tubercule quadrijumeau antérieur, ainsi que le montre nettement la coupe horizontale (Fig. 312, p. 359) qui passe à la limite du thalamus et de la région sous-thalamique. Elle est en rapport d'avant en arrière : 1° avec la partie inférieure du pédoncule antérieur et avec le pédoncule inféro-interne du thalamus qui s'irradient dans l'extrémité antéro-inférieure de la couche optique; 2" avec le faisceau de Vicq d'Azyr qui traverse la partie antérieure de la région sous-optique; 3° avec la partie inférieure de la lame médullaire externe et le noyau externe du thalamus ; 4° avec les lames médullaires moyenne et interne du thalamus et le noyau semi-lunaire de Flechsig ; S° avec la partie ventrale du noyau interne et le faisceau rétroflexe de Meynert; 6° enfin, avec la région du ruban de Reil médian situé en arrière et audessous du centre médian de Luys.

La face inférieure, de moitié moins étendue dans le sens antéro-postérieur que la face supérieure, repose sur le locus niger et se continue avec la calotte pédonculaire. Elle ne comprend sur la Figure 44, p. 64, que la partie du pédoncule cérébral qui contient le corps de Luys, et la partie du noyau rouge situé en avant du faisceau rétroflexe de Meynert.

La face interne est tapissée par la substance grise centrale dont la séparent incomplètement le faisceau de Vicq d'Azyr et les fibres du pédonciile inféro-interne du thalamus qui passent entre le faisceau de Vicq d'Azyr et le pilier antérieur du trigone (Fig. 310 et 312). En haut, le sillon de Monro constitue du côté du troisième ventricule une excellente limite entre le thalamus et la région sous-thalamique; en bas, le plancher du troisième ventricule, en particulier les tubercules mamillaires, et l'espace inter-pédonculaire séparent la région sous-optique droite de la gauche (Fig. 3:>3, 324. 32.o,.

La face externe de la région sous-optique, oblique en bas et en dehors, forme avec la face inférieure une courbe convexe en dehors et en bas. Elle est recouverte par la capsule interne réduite dans la région sousthalamique, ainsi que nous l'avons vu plus haut, à ses segments postérieur et rétro-lenticulaire ; or c'est le segment postérieur de la capsule interne (Cip)

Sa face inférieure.

Sa face interne.

Sa face externe.

?>oii sommet et sa Ijasc.

auquel s'est joint le faisceau de Tuick (FT, c'est-à-dire les éléments constitutifs du pied du pédoncule cérébral qui aiïectent seuls des rapports avec la région sous-optique. Le segment rétro-lenticulaire iCirl) occupe en effet une situation plus postérieure, il est séparé de la région sousoptique et de la région de la calotte par les corps genouillés externe et interne (Fig. 312).

Le sommet de la région sous-optique correspond au pilier antérieur du trigone; la base, en continuité directe avec la calotte pédonculaire et les régions du ruban de Reil médian, n'affecte que des rapports éloignés avec le pulvinar, dont il est toujours séparé par le corps genouillé interne. La région sous-optique ne correspond en effet qu'aux deux tiers antérieurs de la couche optique.

I^ couche dorsale (le la région sousoptique.

Son étendue.

Son aspect et son épaisseur variable suivant les plans vortico - transversaux.

Les faisceaux lenticulaire et thalamique de Forel.

Constitution. — La région sous-optique est essentiellement constituée : 1° par une couche de fibres à myéline, la couche dorsale de la région sous-opt/qite : 2" par un petit amas ganglionnaire, le corps de Luys .

i. COUCHE DORSALE DE LA RÉGION SOUS-OPTIQUE. (Fig. 2i, 28, 46, 47,

7, 253, 310, 323, 324, 32o.) — La couche dorsale occupe toute l'étendue de la région sous-optique. Elle s'étale au-dessous de la moitié antérieure de la face inférieure du thalamus, s'étend de l'extrémité antérieure du thalamus au plan vertico-transversal qui passe en avant du noyau rouge et dans le sens transversal, de la zone réticulée du thalamus à la substance grise centrale du troisième ventricule. Elle augmente d'épaisseur d'avant en arrière, se continue avec la couche de fibres qui entoure le noyau rouge et avec les fibres longitudinales de la calotte pédonculaire, et forme à elle seule iFig. 323) la partie de la région sous-optique située on avant du plan vertico-transversal qui passe par les tubercules mamillaires. Les coupes vertico-transversales sont particulièrement favorables à son étude.

La partie antérieure de la couche dorsale est formée par les faisceaux lenticulaire et thalamique de Forel. Le faisceau lenticulaire [Y\, p. 327, Fig. 24, 28, 78, 203, 204, 46, 233, 310, 323, 324, 323, et Fig. 318, T. P-^j large et épais, limite la région sous-optique en bas et tapisse ia face interne du segment postérieur de la capsule interne (Cip). Il appartient au système des radiations strio-sous-thalamiques, se fusionne en avant, avec l'anse lenticulaire et s'irradie avec elle dans l'extrémité antérieure du thalamus et dans la substance srise du tuber cinereum: en arrière, il s'amincit et participe à la formation de la capsule de fibres qui entoure le corps de Luys. Le faisceau thalamique (Fth) (Fig. 7, 24, 28, 47, 233, 312, 324, 325), beaucoup plus grêle, n'atteint pas l'extrémité antérieure du thalamus et ne dépasse pas le plan vertico-transversal de la commissure molle ou moyenne (Fig. 312, 2i et 324); il fait corps avec la lame médullaire externe et le dense feutrage de fibres qui sillonne la moitié ventrale de ce ganglion et n'est en réalité que la partie inférieure, épaissie, de ce feutrage. Les faisceaux thalamique et lenticu-

GANGLIONS INFRACORTICAIX : RÉGION SO US-OPTIOUE. 393 laiiv de Forel sont nellemenl séparés l'un de l'autre par une mince lame

pCR

CSqt

FiG. 3-23. — Coupe vertico-transversale passant en avant des tubercules mamillaires et delà corne sphénoïdale du ventricule latéral, parle tiers antérieur de la couche optique, et sectionnant le pied du pédoncule cérébral et la substance innominée souslenticulaire de Reichert dans la région où elle unit le globus pallidus au noyau amygdalien et à l'extrémité recourbée de la queue du noyau caudé.

La région sous-optique, très étroite, est réduite aux faisceaux de Forel (F) en particulier au faisceau lenticulaire (FI) dont les fibres peuvent être suivies à travers le segment postérieur de la capsule interne jusque dans le globus pallidus. — Méthode de Weigert, 2/1 grandeur nature.

Al, anse lenticulaire. — AM, avaat-mur. — Ce, capsule externe. — Cip, segment postérieur de la capsule interne. — CM, commissure de Meynert. — coa, commissure antérieure. — pcR, pied de la couronne rayonnante. — CSgt, couches sagittales du segment inférieur de la couronne rayonnante dans la région oii elles s'infléchissent en dedans pour se continuer avec le segmeut sous-lenticulaire de la capsule interne. — ■ F, champ de Forel.

— FI, fcdsceau lenticulaire de Forel. — Fie, fibres lenticulo-caudées qui traversent la partie supérieure du segment postérieur de la capsule interne. — la, circonvolutions antérieures de l'insula. — ■ le, lame cornée. — Lme, lame médullaire externe delà couche optique.

— lme, lame médullaire externe du noyau lenticulaire. — Imi, Imi, lames médullaires interne et supplémentaire du globus paUidus. — Lms, lame médullaire superficielle de la circonvolution du crochet. — ms, sillon marginal supérieur de l'insula. — A'J, noyau amygdalien. — .Va, noyau antérieur, Ni, noj'au interne de la couche optique. — A'C, noyau càudé. — NC , la partie recourbée de la queue du noyau caudé. — A'is, Ai», Ati, les trois segments du noyau lenticulaire. — OF + Pr, le faisceau mixte de fibres occipitofrontales et de projection. — Pcld, plexus choro'ide du ventricule latéral. — Sexv, la surface extraventriculaire du thalamus. — Sge, substance grise centrale du 3° ventricule. — SI, septum lucidum. — SU, substance innominée sous-lenticulaire de Reichert. — Strz, stratum zonale du thalamus. — Te, tuber cinereum. — Telh, toile choro'idienne du troisième ventricule. — Tg, corps du trigone. — Tga, pilier antérieur dutrigone. — Th, thalamus. — tth, tîenia thalami. — U, circonvolution du crochet. — Vest, veine du corps strié. — VI, ventricule latéral. — T's, troisième ventricule. — Zr, zone réticulée. — //, bandelette optique.

horizoutalo de substance e;risc, la zona incerta de Forel (Zi)

Il s'agit ici

La zoua incerta, dépcndauco de la zone réticulée du thalamus.

Le champ de Fo-

rel.

11 représente la jiartie antérieure de la capsule du noyau rouge.

dune dépendance de la zone réticulée du thalamus qui longe entre les deux faisceaux de Forel la face inférieure du thalamus et se perd en dedans, dans la substance grise centrale du troisième ventricule. La zona incerta est sillonnée de fines fibres entre-croisées dans tous les sens, et se distingue surtout de la zone réticulée thalaraique par l'absence de gros fascicules de fibres enchevêtrées.

Dans le plan destuberculesmamillaires(Fig. 32i), la région sous-optique change d'aspect : le corps de Luys apparaît et s'insinue entre le segment postérieur de la capsule interne et le faisceau lenticulaire de Forel, en même temps que les deux faisceaux de la couche dorsale se réunissent en un faisceau volumineux qui occupe, le long de la substance grise centrale du troisième ventricule, la partie supérieure et interne de la région sousoptique, et qui représente le champ de Forel. (F) (Fig 203. 204, 324, 325). Celui-ci est surtout constitué par le faisceau thalamique de Forel qui s'épaissit considérablement grâce à l'apport incessant de fibres qui lui viennent de la couche optique; il reçoit en effet les nombreuses fibres verticales de la lame médullaire externe, du noyau externe, et des lames médullaires interne et moyenne qui délimitent le noyau semilunaire de Flechsig et le centre médian de Luys (Fig. 312, 324, 22); il reçoit en outre la partie postérieure et amincie du faisceau lenticulaire de Forel dont les fibres forment une capsule au corps de Luys. Ces dernières fibres traversent la zona incerta et la divisent en deux parties : l'une interne, sus-mamillaire, qui s'adosse à la substance grise centrale du troisième ventricule; l'autre, externe, plus mince, en connexion avec la zone réticulée du thalamus, qui sépare le faisceau thalamique du corps de Luys et de sa capsule de fibres, et se continue en arrière avec le segment de la zone réticulée qui s'insinue entre le faisceau de Tûrck et le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne (Fig. 312).

Le champ de Forel, comme les faisceaux thalamique et lenticulaire, est formé de fibres entre-croisées dans tous les sens, il est fusionné en dedans au faisceau de Vicq d'Azyr et au faisceau mamillaire principal dont il est difficile à délimiter sur les coupes horizontales ou vertico-transversales, et reçoit le faisceau de la calotte de Gitdden (voy. p. 300 et Fig. 277). Ainsi constitué, le champ de Forel représente la partie antérieure de la capsule du noyau rouge. Au voisinage de cet amas ganglionnaire, ses fibres divergent, entourent les faces supérieure, interne, inférieure et externe du noyau rouge, s'accolent aux radiations de la calotte et concourent à former les fibres longitudinales de la formation réticulée de la calotte.

L'origine et la terminaison des fibres de la couche dorsale de la région sous-optique est fort complexe. Elle contient des radiations strio-sousthalamiques, des fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs, du noyau rouge, des fibres longitudinales de la formation réticulée, des fibres thalamiques descendantes, et quelques fibres mamillaires. Mais ni le fais-

ceau thalamiquc, ni le faisceau lenticulaire de Forci n'abandonnent de fibres au ruban de Reil médian (Voy. Région de la calotte, III'' partie).

2. CORPS DE LUYS (Forel). — (Fig. 15, 16, 2i, 28, 33, 44, 46, 48, 203, corps do Luys. 204, 233, 310, 311, 324, 32o.) Corps sous-thalamique (Henle), Corps de Forel (^Edinger), disciis lentiforinis (Meynert), micleus amygdaliformis (StiUing).

Le corps de Luys (CL) occupe la partie postérieure et externe de la sa situation à la région sous-optique ; il a la forme d'une lentille biconvexe très bien déli- tèraè" (ic°^"rogi'o^n mitée, dont le volume est un peu inférieur à celui du noyau rouge de sous-optiquo. Burdach et de Stilling; il est entouré comme ce dernier noyau d'une capsule de fibres à myéline qui le relient au corps strié (noyau caudé, putamen et giobus pallidus). Bien décrit par Forel en 1877, il a été découvert par Luys en 1863 qui le désigna sous le nom impropre de bandelette accessoire de l'olive supérieure : il ne s'agit pas ici, en effet, d'une bandelette de fibres, mais d'un véi'itable amas ganglionnaire; « l'olive supérieure » de Luys correspond en outre au noyau rouge de Burdach, de Stilling et de tous les auteurs, et ne doit pas être confondue avec l'olive supérieure ou protubérantielle, décrite en 1859 par Schroeder Van der Kolk, et située dans la calotte protubérantielle au voisinage du sillon bulbo-protubérantiel.

Situation. — Le corps de Luys est situé au-dessous du noyau externe du thalamus, en dedans du segment postérieur de la région sous-thalamique de la capsule interne et du sommet du giobus pallidus, au-dessus et en dedans du pied du pédoncule cérébral et de la partie supérieure du locus niger, au-dessus, en dehors et en avant du noyau rouge. Il a chez l'homme la forme d'une lentille biconvexe, très bien délimitée, dont le sa forme. grand axe se dirige en avant et un peu en dedans (Voy. Coupes horizontales) et dont le petit axe se dirige obliquement en haut et en dehors (Voy. Coupes vertico-transversales). Il résulte de cette obliquité que les coupes vertico-transversales et horizontales sectionnent le corps de Luys obliquement, et non pas parallèlement à son petit ou à son grand axe.

Plus petit par son volume que le noyau rouge, il mesure 10 à 13 millimètres de longueur, sur 6 à 7 millimètres de largeur, et 3 à 4 millimètres d'épaisseur.

Il présente à l'état frais une teinte café au lait qu'il doit à sa richesse en capillaires et au pigment de ses cellules nerveuses ; sur les coupes traitées par le carmin, il présente une couleur jaune-rosée, et sur celles traitées suivant la méthode de Weigert une couleur foncée qu'il doit à sa richesse en fines fibres à myéline.

Sur les coupes ue/V2co-^?'«n.çt)e?'sa!/e5 sériées, le corps de Luys apparaît, sur les coupes veravec sa forme caractéristique de lentille biconvexe, sur les coupes qui passent immédiatement en avant des tubercules mamillaires. Il augmente rapidement de volume, atteint ses plus grandes dimensions sur les coupes qui passent par la partie moyenne des tubercules mamillaires (Fig. 324),

puis diminue graduellement et disparaît sur les coupes qui intéressent le faisceau rétroflexe de Meynert.

t:ur les coupes ho- Sur Ics coupes horizoyitciks sériées, il apparaît sur les coupes qui inté-

rîzontalos. ■*

n.Qillct

FiG. 324. — Coupe vertico-lransversale ijassaiil par Its tubercules mamillaires, la partie antéiieure du segment sous-lenticulaire de la capsule interne et l'extrémité antérieure de la corne d'Ammon.

La région sous-optique comprend le corps de Luys et la couche dorsale, constituée par les faisceaux thalamique et lenticulaire de Forel et la zona incerta.

Alv, alveus intraventriculaire. — .-1.1/, avant-mur. — CA, corne d'Ammon. — Ce, capsule externe. — Ci/j, segment postérieur de la capsule interne. — Cisl, segment sous-lenticulaire. — CI/, eomuiissure de Meynert. — coa, commissure antérieure. — CL, corps de Luys. — pCR. pied de la couronne raj'onnante. — F. champ de Forel. — F/, faisceau lenticulaire. — Fie, fibres lenticulo-caudées. — Fmp, faisceau mamillaire principal. — Flh, faisceau thalamique de Forel. — la, circonvolutions antérieures de l'insula. — le, lame cornée. — Lme, lame médullaire externe du thalamus. — Ime, lini, lames médullaires externe et interne du noyau lenticulaire. — Lms, lame médullaire superficielle de la circonvolution du crochet. — Ln, locus niger. — NX, noyau amygdalien. — An, A7, Xe. les noyaux antérieur, interne et externe de la couche optique. — XC, le noyau caudé. — -Vis NL2, NL,, les trois segments du noyau lenticulaire. — P, pied du pédoncule cérébral. — Pchl, plexus choroïdes du ventricule latéral. — PXL, pédoncule du putamen. — Sr/, couches sagittales du segment inférieur de la couronne rayonnante. — Sf/c, substance grise centrale. — SI, septum lucidum. — Sirz, stratum zonale de la couche optique. — Tcli. toile choroïdienne. — f/j, corps du trigone. — Th, couche optique. — Tm, tui)ercule mamillaire. — tlh, t.'enia thalami. — K-1, faisceau de Vicq d'Azyr. — Vcst, veine du corps strié. — VI, ventricule latéral. — Vspli, corne sphénoïdale. — F3, troisième ventricule. — Zi, zona incerta.— Zr, zone réticulée. — II, liandeictte optique.

ressent la partie supérieure des commissures antérieure et postérieure du cerveau, sous l'aspect d'un corps ovalaire en contact immédiat avec la partie moyenne du segment postérieur de la capsule interne (Fig. 24,

GAiSGLIONS INFRACORTICAUX : RÉGION SOUS-OPTIQUE.

p. 33). Plus bas il augmente en étendue, se rapproche en grandissant de la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne (Cip), occupe d'abord les deuxième et troisième cinquièmes internes de ce segment (Fig. 28, p. 42), puis les trois cinquièmes internes (Fig. 33, p. 48) et atteint ses plus grandes dimensions au-dessous de la partie moyenne de la commissure antérieure, sur les coupes qui intéressent la substance innominée sous-lenticulaire de Reicliert, à la limite du pied du pédoncule cérébral et de la région sous-optique. 11 diminue (Fig. 44, p. 64) ensuite graduellement de volume tout en conservant ses rapports avec la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne, dans laquelle il se creuse une dépression très accusée, puis disparaît d'arrière en avant à mesure que le locus niger croît. Il a disparu lorsque le pied du pédoncule cérébral apparaît librement à la base du cerveau, au-dessous de la bandelette optique (Fig. 34, p. 50).

Sur les coupes sagittales sériées, le corps de Luys est plus arrondi, plus globuleux ; ses connexions avec le segment postérieur de la capsule interne et le pied du pédoncule cérébral deviennent très manifestes; il occupe en effet le sinus de l'angle formé par le pied du pédoncule cérébral et la capsule interne (Fig. 311).

On peut déci'ire au corps de Luys deux faces convexes, deux bords et deux extrémités. Les faces convexes sont l'une dorsale ou supéro-interne , l'autre ventrale ou inféro-externe; les bords sont interne &ï externe ; les extrémités antérieure et postérieure.

La face dorsale ou siipéro-externe est la plus convexe; elle est recouverte dans toute son étendue par une couche continue défibres à myéline, la capsule du corps de Luys, dont les fibres se dirigeant obliquement en haut et en dehors appartiennent au système des radiations strio-sousthalamiques (p. 326), en particulier au faisceau lenticulaire de Forel. La zonaincerta(Zi), située au-dessus de cette capsulede fibres, sépare le corps de Luys de la partie ventrale du noyau externe du thalamus, et d'avant en arrière du champ de Forel (F, Fig 284, T. I"), du faisceau thalamique de Forel (Fth, Fig. 324, 24, p. 35) des radiations de la calotte (Fig. 28, p. 43) et de la partie antéro-externe du noyau rouge (Fig. 33, p. 49).

La face ventrale ou inféro-externe est enclavée dans le segment postérieur de la capsule interne (région sous-thalamique) et dans la partie adjacente du pied du pédoncule cérébral. Les fibres de la capsule interne séparent cette face de la bandelette optique et du segment interne du globus pallidus (Fig. 324, 32o).

Le bord externe est en même temps supérieur, il est en rapport avec le segment postérieur de la région sous-thalamique de la capsule interne et correspond au plan horizontal qui passe au-dessous de la commissure molle ou moyenne. Le bord interne, situé à la hauteur de la partie profonde du tubercule mamillaire, est en rapport avec la partie interne du pied du pédoncule cérébral (Fig. 324 et 323).

\^ extrémité postérieure du corps de Luys est située aux confins du

Sur les coupes sae:ittale.s.

Rai)ports de sa face dorsale.

De sa face ventrale.

De ses bords.

Doscsextromités. Segment postériour de la capsule interne et du pied du pédoncule cérébral, dont le sépare la partie supéro-externe du locus niger. L'ex/rémilc antérieure est enclavée dans le faisceau lenticulaire de Forel (FI). Cette disposition est particulièrement nette sur les coupes horizontales et sagittales sériées (Fig. 24, 28, 33, 44, 48, 46, 253, 234, 311).

Connexions du Le faisceau lenticulaire de Forel abandonne quelques fibres au corps de corps de ujs. L^yg^ ainsi quc le montrent les dégénérescences secondaires consécutives aux lésions du noyau lenticulaire et traitées suivant la méthode de Marchi. Mais le corps de Luys est en outre en connexion très étroite et très active Avec le corps strié, avcc le corps strié (noyau caudé, putamen, globus pallidus) par le riche système des radiations strio-hiysiennes (p. 327) qui perforent et cloisonnent dans la région sous-thalamique le segment postérieur de la capsule interne, et abordent le corps de Luys, par toute l'étendue de sa face inférieure (adhérente à la capsule interne) sous forme de petits fascicules fortement colorés par la laque hématoxylinique qui s'irradient en faisceau et dont quelques-uns parcourent toute l'épaisseur du corps de Luys. Le trajet de ces fibres, leurs connexions avec le corps strié, en particulier avec le système des fibres radiées et des lames médullaires du globus pallidus, sont particulièrement faciles à suivre, soit dans les cas de destruction étendue ou totale de la corticalité cérébrale sans participation des corps opto-striés (cas Pradel, Fig. 78, cas Rivaud, Fig. 148, 149), soit dans les anomalies d'évolutions de l'écorce cérébrale et du système de projection corticale (cas Longery, Fig. 203, 204, 20o, cas Richard, Fig. 226 à 228), soit encore dans les cas de dégénérescences secondaires de ces fibres, consécutives aux lésions du noyau lenticulaire et traitées par la méthode de JMarchi (cas Ronse, Fig. 298).

Le corps de Luys et le système des radiations strio-luysiennes dégénère en effet toutes les fois qu'une lésion pathologique ou expérimentale détruit le corps strié en particulier le noyau lenticulaire. Le degré de dégénérescence du corps de Luys et des fibres qui lui arrivent est dans ces cas proportionnel à l'étendue de la lésion destructive. Ce sont là des faits signalés pour la première fois chez l'homme par Mahaim et par v. Monakow (méthode au carmin) et dont nous avons été à même de vérifier plus d'une fois l'exactitude avec notre matériel anatomo-pathologique personnel traités par les méthodes de Weigert-Pal et de Marchi. Le corps de Luys ne paraît pas recevoir de fibres de projection corticale, il apparaît intact à la suite des lésions corticales étendues qui n'intéressent pas les corps optostriés et dont les préparations ont été traitées par la méthode de Weigert-Pal ou par le carmin ; mais lorsqu'on applique la méthode de Marchi, on constate dans ces cas une dégénérescence très légère du corps de Luys. Les fibres dégénérées proviennent du segment postérieur de la capsule interne, passent par les lames médullaires du globus pallidus, perforent la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne avec les fibres strio-luysiennes, puis abordent le corps de Luys, dans

loqncl olles s'irraditMit (Déjerine et Long) (cas Caillot, Fig. 283 et 284

et cas Hilaire, Fig. 287 et 288). Le corps de Luys reçoit donc quelques

très rares fibres de la corticalité cérébrale, mais leur nombre est insigni- Avec la corticaiitô

fiant lorsqu on le compare au riche système strio-luysien.

Le corps de Luys envoie enfin de nombreuses fibres dans la commissure de Fore/ (cF) ou commissure sous-thalamique postérieure (Decussatio subtlialamica posterior. Ganser) (voy. p. 406) qui occupe la substance grise de l'espace perforé postérieur (Fig. 325) ; ces fibres relient probablement le corps de Luys au corps de même nom du côté opposé.

Outre ces connexions certaines du corps de Luys, quelques auteurs connexions fiouen admettent encore d'autres dont l'existence pour nous est loin d'être démontrée. Telles sont les connexions admises :

t" Entre le corps de Luys et les noyaux des cordons de Goll et de Burdach par l'intermédiaire du ruban de Reil médian ;

2° Entre le corps de Luys et la bandelette optique;

3° Entre le corps de Luys d'un côté, et le noyau lenticulaire du côté opposé, par l'intermédiaire delà commissure de Meynert.

Pour Flecbsig, Bechterew, Edinger, Henschen et d'autres, le ruban de Avec les noyaux Reil médian, arrivé dans les régions supérieures du noyau rouge, se porte- dach^par" rimermérait en dehors vers le corps de Luys. Une partie de ses fibres s'y termi- ;''^.','''' ^'^. ™''^" "^^

i- -j i- <J Reil médian.

nerait, assurant ainsi les connexions entre ce corps et les noyaux des cordons de Goll et de Burdach; la plus grande partie contournerait les parties supérieure et externe du corps de Luys et se continuerait soit avec l'anse du noyau lenticulaire, soit avec la commissure de Meynert et relierait ainsi les noyaux des cordons postérieurs de la moelle avec le globus pallidus du même côté et du côté croisé. Ces connexions sont rien moins que démontrées ; si à l'aide de coupes microscopiques sériées on ne peut, vu la complexité de la région de la calotte et de la région sousoptique réfuter cette hypothèse, les résultats fournis par l'anatomie pathologique ou expérimentale ne sont pas en sa faveur. Nous avons montré en effet dans un travail basé sur l'examen de nombreux cas de lésions corticales, capsulaires protubérantielles ou bulbaires, traitées par la méthode de Weigert-Pal, ainsi que par de nouveaux cas soumis à la méthode de Marchi que la destruction du ruban de Reil n'entraîne pas une atrophie ou une dégénérescence du corps de Luys, et que le ruban de Reil médian se termine dans le thalamus (Voy. Ruban de Reil). Pour nous, il n'existe pas de neurone reliant directement le corps de Luys aux noyaux des cordons postérieurs et ces connexions, si elles existent, ne peuvent être que des connexions indirectes.

Pour Darkschewitsch et Pribytkow dont l'opinion a été admise par Avec lo noyauien- Bechterew, c'est par la commissure de Meynert, c'est-à-dire par ce tractus ytnievmi^STJ' àïXs. blanc situé dans le tuber cinereum au-dessus de la bandelette optique commissure de Mey- (Voy. p. 408), que s'effectueraient les connexions croisées entre le corps de Luys et le noyau lenticulaire. Parmi les fibres du corps de Luys qui

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