TOME II
Pédoncule cérébelleux moyen.
Aspect de la région pontinc.
8ti'iation transversale.
Kaisceaii oblique
Collier des pyramides.
Les deux étages constituants de la région pontine.
Le volume de ses tibres transversales est proportionnel au développement du cervelet.
Variétés palholo- L'iques.
Variétés pliylogénétiques.
bord inférieur, au voisinage du bulbe, on remarque le petit lobule cére'belleux bien délimité du f/occiihis ou lobule du norf vague (Floc).
Toute la face antérieure de la région pontine est striée transversalement par de gros fascicules de fibres qui se dirigent du sillon médian de la protubérance vers le cervelet, oii ils convergent dans le sillon marginal antérieur. On appelle, depuis Rolando, faisceaux supérieurs, ceux qui passent au-dessus de l'émergence du trijumeau; faisceaux inférieurs, ceux qui sont voisins du sillon bulbo-protubérantiel, et faisceaux moyens, ceux qui passent au-dessous du trijumeau. Ces derniers se dirigent d'abord horizontalement en dehors, puis s'infléchissent en bas, descendent obliquement vers le nerf facial et le flocculus, et croisent les faisceaux inférieurs qu'ils recouvrent (Fig. 3i9). Ils constituent le faisceau oblique de la protubérance (Fo), le ruban arqué de Foville. Leur existence n'est pas constante, et leurs dimensions présentent de grandes variétés individuelles. Les faisceaux supérieurs et inférieurs débordent en haut et en bas les sillons qui limitent la protubérance, masquant ainsi en partie les pédoncules cérébraux et la partie supérieure du bulbe. Ils s'incurvent en même temps sur la ligne médiane au niveau des trous borgnes supérieur et inférieur, et se moulent en haut autour de chacun des pédoncules cérébraux, en bas autour de chacune des pyramides, les environnant d'une espèce de collier : le collier des pédoncules cérébraux et le collier des pyramides, de Cruveilhier.
Cette disposition des fibres protubérantielles supérieures et inférieures est très manifeste sur la coupe sagittale médiane du cerveau rhomboïdal, elle a conduit quelques auteurs à décrire à la protubérance une face supérieui'e et une face inférieure libres. Il s'agit en réalité moins d'une face que d'un rebord saillant, plus ou moins marqué suivant les cerveaux.
Lorsqu'on sectionne la protubérance perpendiculairement à l'axe longitudinal du rhombencéphale (Fig. 362 et 363), on la voit constituée par deux parties : l'une postérieure ou supérieure, Yétaye postérieur, la calotte ou tegnientum, qui relie la calotte pédonculaire au bulbe rachidien ; l'autre antérieure ou inférieure, l'étage antérieur de la. protubérance, constitué par des fibres transversales qui relient un hémisphère cérébelleux à l'autre et représentent une sorte de pont, la pont de Varole, sous lequel passent les fibres longitudinales de la calotte. Par ses fibres transversales, la pi'otubérance n'est qu'une annexe, qu'un corollaire des hémisphères "cérébelleux; son volume est en rapport direct avec le volume des hémisphères cérébelleux; lorsque ceux-ci subissent un arrêt de développement, les fibres transversales n'existent pas ou sont très réduites; elles diminuent considérablement de volume dans les lésions pathobigiques qui intéressent l'écorce cérébelleuse (voy. cas Vasseur, Chap. IV), ou détruisent la substance blanche centrale sous-jacente i^voy. cas Drevel, Chap. IV). Elles diminuent en outre lorsqu'on s'abaisse dans l'échelle des vertébrés. Très réduites chez les vertébrés non mammifères dont les lobes latéraux cérébelleux sont rudimentaires, elles atteignent chez les pri-
MORPHOLOGIE DU RHOMBENCEPHALE. 4.83
mates, et on pai'ticulier chez riiorame, leur maximum de développement. Chez les mammifères autres que les primates, chez lesquels les hémisphères cérébelleux sont peu développés, les fibres transversales sont de même très réduites; elles ne recouvrent pas en haut les pédoncules cérébraux, ne dépassent guère en bas l'émergence du trijumeau et sont adossées à un épais faisceau transversal, le corps Irapézoïde, très Rapports avoc lo marqué chez les solipèdes, les ruminants et les rongeurs. Ce faisceau se distingue des fibres transversales de la protubérance parce qu'il ne recouvi'e pas les pyramides, mais longe leur face postérieure. Il représente une voie auditive secondaire et existe également chez l'homme, mais chez ce dernier il occupe une situation profonde, masqué qu'il est par les fibres transversales inférieures de la protubérance qui le recouvrent.
Dans le sillon protuhérantiel supérieur et dans le sillon latéral de l'isthme, on trouve constamment un petit fascicule de fibres qui longe le bord supérieur de la protubérance et du pédoncule cérébelleux moyen, et s'enfonce dans la masse blanche du cervelet entre les pédoncules cérébelleux supérieur et moyen. Malacarne le considérait à tort comme un nerf accessoire de la troisième paire (Accessorii del motori communi); Henle le décrivit sous le nom de teenia pontis , et Arnold sous celui de fila pontis Tœniapontis. latemlis fTpo, Fig. 3.50 et 3.51"). Il présente dans son volume et son trajet de très grandes variétés individuelles; en général, il apparaît dans le trou son aspect. borgne supérieur immédiatement en dehoi's des fibres radiculaires de la troisième paire; plus rarement on le voit surgir vers la partie moyenne du sillon protuhérantiel supérieur, entre la protubérance et le pied du pédoncule cérébral.
Le plus souvent il est unique le long du bord supérieur de la protu- n semble reprébérance, d'autres fois il se bifurque ou se trifurque le long du pédoncule dé"ché"° aberrant cérébelleux moyen, un des fascicules suit le sillon latéral de l'isthme, '^''f '"'?'''*'' *ransver-
^ ^ ' sales du pont.
l'autre croise le ruban de Reil latéral et pénètre avec le pédoncule cérébelleux supéi'ieur dans le cervelet (Fig. 3S1); d'autres fois encore, un fascicule croise l'extrémité supérieure du pédoncule cérébelleux supérieur dont il longe le bord interne. Plus rarement enfin, il reçoit un petit fascicule descendant qui longe le bord externe du pied du pédoncule cérébral. Par ses fascicules principaux et constants, le tœnia pontis suit assez exactement le bord supérieur de la protubérance et il semble n'être, dans la majorité des cas. qu'un faisceau détaché, aberrant des fibres transversales du pont.
2° La partie inférieure ou bulbaire de la face antérieure du cer- Région bulbaire. veau rhomboïdal présente : sur la ligne médiane, le sillon médian antérieur du bulbe et, de chaque côté, \k pyramide antérieure et Votive bulbaire ou inférieure .
Le sillon médian antérieur du bulbe mesure 20 à 24 millimètres de siuon médian anhauteur; superficiel en bas, où il se continue avec le sillon médian antérieur de la moelle épinière et où il est comblé en grande partie par la décussation des pyramides, il atteint entre les deux pyramides .5 à 6 millimètres de
térieur.
neures.
profondeur et se termine au voisinage de la protubérance dans un diverticule triangulaire, médian et profond, le trou borr/nr de Yicq d'Azyr. A sa partie moyenne, ce sillon est le plus souvent interrompu par les fibres arciformes externes [stratum zonale d'Arnold) qui recouvrent les pyramides, puis s'enfoncent dans le sillon médian antérieur et s'y entre-croisent avec des fibres de même nom du côté opposé (Fig. 349\ Pviamiacs anté- Les pyraiïiides antérieures du bulbe (Py) (corps pyramidaux) bordent de chaque côté le sillon médian antérieur. Ce sont deux faisceaux arrondis et allongés qui forment à la face antérieure du bulbe im relief longitudinal très marqué, l^^tranglées à leur partie supérieure où elles se dégagent au-dessous des fibres transversales de la protubérance, et où elles sont souvent recouvertes par des fibres arciformes, elles mesurent à leur partie moyenne G à 8 millimètres de largeur, puis s'effilent en bas.* De la partie inféro-interne de chaque pyramide se détachent 3 à S fascicules qui se portent en bas et'en dedans, et s'entre-croisent sous forme de natte avec ceux du côté opposé.
Leur décussation \! enlrc-croisement ou la décussation des pyramides occupe dans le
incomp cte. sillou médian antérieur du bulbe une hauteur de <3 à 7 millimètres et sert
à délimiter le bulbe de la moelle épinière (Fig. .333, 349).
La majorité des fibres de la pyramide d'un côté se rend après décussation dans le cordon latéral du côté opposé de la moelle et constitue le faisceau pyramidal croisé. Un petit fascicule qui occupe la partie externe de la pyramide — et qu'un sillon longitudinal isole sur quelques cerveaux plus ou moins complètement des autres fascicules — ne s'enire-croise pas. Il se porte très obliquement en bas et en dedans, et se rend dans le cordon antérieur du même côté de la moelle dont il longe le sillon médian antérieur. On Va])])e\\e faisceau pyra)7iidal direct, faisceau pyramidal de Tûrck. Enfin la pyramide envoie encore quelques fibres directes, dans le cordon latéral du même côté de la moelle. Ce sont les fibres pyramidales homolatérales (Muratoff, Dejerine et Thomas). Leurs variétés in- La décussation dcs pyramides présente du reste de grandes variétés
MVKuees. individuelles. Tantôt l'entre-croisement est total, le faisceau pyramidal
direct fait défaut et toutes les fibres pyramidales se rendent dans le cordon latéral croisé de la moelle. Tantôt le faisceau pyi'amidal direct l'emporte en volume sur le faisceau croisé, exceptionnellement enfin la décussation fait totalement défaut, toutes les fibres se rendant dans le cordon antérieur homolatéral de la moelle (Voy. IV"^ partie, Moelle épinière).
Lorsque le faisceau pyramidal est lésé dans son trajet de l'écorcc cérébrale à la partie inférieure de la protubérance, la pyramide antérieure du bulbe dégénère et s'aplatit, et à la place du relief longitudinal on trouve une traînée grisâtre.
Leurs variéiés |,a- Lgs dcux pyrauiidcs peuvent complètement faire défaut dans les cas d agenesie de 1 ecorce cérébrale, par hydrocéphalie, porencepnalie,etc.,,etc., le sillon médian antérieur est à peine accusé et à la place des pyramides, on trouve un méplat situé entre les deux olives. (Voy. Cas Longery,
MOliPHOLOGIE \)l lillOMBENCEPHALE.
Fit;-. 111!:», 21(1 ol Cas Richard. Fig. rilG. 233.) D'autres fois encore, à la suite de vastes lésions corticales ou centrales intra-utérines ou survenant pen de temps après la naissance, on peut observer une agénésie complète d'une pyramide (cas Rivaud, Fig. lo2, 153, p. 158). Dans ces cas, la pyramide contro-laléralo peut prendre un développement énorme, elle est hypertrophiée et les fibres pyramidales homolatérales de la moelle sont très nombreuses (cas Rivaud, Fig. 154, 157, 162.
p. 159 et"l6i). Il semble véritablement que dans ces cas, la pyramide saine supplée la pyramide arrêtée dans son développement.
L'olive inférieure ou bulbaire ^Oi, Fig. 349) décrite par Eustachi et Yieussens est un corps ovo'ide. blanchâtre, situé en dehors de la pyramide antérieure et sur im plan un peu plus postérieur.
Elle mesure 12 millimètres de longueur sur 3 à o millimètres de largeur et se dirige obliquement en bas et en dedans.
Son extrémité supérieure n'atteint pas la protubérance dont elle est séparée par une dépression profonde, la fossette de Véminence olivaire de
Fig. 3aO. — La l'ace latérale du rhombeiicéphale après ablation du cervelet. — D'après la photographie d'une pièce durcie dans la bichromate.
Bit, bandelette optique. — BvQa, bras du tubercule quadrijumeau antérieur. — BrQp, bras du tubercule qu.adrijumeau postérieur. — Cge, corps genouillé externe. — Cgi, corps genouillé interne. — ChW. chiasma des nerfs optiques. — Ci-st, corps restiforme. — ■ Fia, faisceau latéral du bulbe. — faa, fibres arquées antérieures. — ■ Fob, faisceau oblique de la protubérance. — Gp, glande pinéale. — A'II.nerf optique. — Oi, olive bulbaire ou inférieure. — P, pédoncule cérébral. — Pcm, pédoncule cérébelleux raoj'en. — Pcs, pédoncule cérébelleux supérieur. — Po. protubérance. — Pul, pulvinar. — Py, pyramide du bulbe. — Qa, tubercule quadrijumeau antérieur. — Qp, tubercule quadrijumeau postérieur. — RI, faisceau triangulaire de l'isthme ou ruban de Reil latéral. — Rm, ruban de Reil médian. — si, sillon latéral du mésencéphale. — Tli, couche optique. — 'tpo, tœnia pontis. — Tpt, tractus pedoncularis transversus.
Vicq d'Azyr ou fossette sus-olivaire . Son extrémité inférieure est plus petite et elle est souvent bridée par un faisceau de fibres arciformes qui la recouvre pour passer ensuite au-devant de la pyramide, et s'entre-croiser dans le sillon médian antérieur du bulbe. Ces fibres, que l'on a appelées /rtMce«M arciforme de l'olive, fibres arciformes pré-olivaires, recouvrent quelquefois toute la surface de
Olive Ijulbaire.
Fossette vairc.
sus-oli-
Volume.
Sillon olivairc interne.
Sillon externe.
olivaire
Faisceau du bulbe.
latéral
Sillon bulbo-protubérantiel.
Trou borgne inférieur.
l'olive, lui impriment un aspect bosselé ou la divisent en deux parties inégales. La saillie de l'olive est d'autant plus accentuée, que ces fibres sont moins nombreuses (Fig. 349); elle est moins marquée chez l'adulte que chez le fœtus et chez l'enfant noiiveau-né.
Lorsqu'on sectionne le bulbe à son tiers supérieur (Fig. 366, 367), on constate que l'olive est formée par une lame de substance grise plusieurs fois repliée sur elle-même, et recouverte par une capsule de fibres plus ou moins épaisse. La saillie olivaire ne constitue qu'une petite partie de ce corps qui s'enfonce dans l'épaisseur du bulbe en arrièi'e des pyramides.
L'olive est séparée de la pyramide antérieure par un sillon longitudinal dans lequel émergent les filets radiculaires du nerf hypoglosse; c'est le sillon de l'hypoglosse ou sillon olivaire interne; son extrémité inférieure est en général masquée par les fibres arciformes du bulbe; quelquefois, on le voit se prolonger en bas et en dedans et limiter en dehors la pyramide antérieure qu'il sépare du cordon antérieur de la moelle. Plus rarement, il se porte en arrière et en bas, vers le sillon collatéral antérieur de la moelle.
Le sillon olivaire externe ou rétro-olivaire limite l'olive en dehors et loge une artériole. 11 aboutit en bas à la ligne d'émergence des racines antérieures et il est fréquemment interrompu par les fibres arciformes du bulbe.
En dehors de l'olive, entre elle et le corps restiforme, on trouve un étroit faisceau longitudinal qui appartient déjà à la face latérale du bulbe, c'est \e faisceau intermédiaire ou faisceau latéral du bulbe (Fit). 11 est limité en arrière par un sillon d'où émergent les racines des nerfs glossopharyngien et pneumogastrique [sillon des nerfs mixtes) et représente, ea partie, la continuation supérieure du faisceau de Gowers. En bas, il se fusionne avec le cordon latéral de la moelle épinière; en haut, il atteint le sillon bulbo-protubérantiel, s'enfonce sous les fibres transversales du pont et occupe la partie antéro-externe de la calotte protubérantielle.
Le sillon bulbo-protubérantiel ou protubéranliel inférieur marque la limite entre la base du bulbe et le pont de Yarole et s'étend en dehors jusqu'aux corps restiformes du bulbe oîi il reçoit le sillon des nerfs mixtes.
On voit sur sa ligne médiane la fossette médiane de la base du bulbe, trou borgne de Vicq dWzi/r, foramen caecum ou trou borgne inférieur (tb, Fig. 349), dans laquelle pénètre une volumineuse artériole; elle est comblée en partie par les fibres arciformes qui entourent l'extrémité étranglée des pyramides et forment le ponticule d'Arnold.
De chaque côté de la ligne médiane, le sillon bulbo-protubérantiel sépare la protubérance de la pyramide antérieure, puis de l'olive. Il s'élargit au-dessus des olives et en avant du corps restiforme en formant deu.x diverticules, la fossette sus-olivaire en avant, dans laquelle émerge la VP paire, et la fossette latérale du bulbe en arrière, diverticule profond communiquant avec le précédent et dans lequel on voit l'origine apparente du nerf facial et de la branche vestibulaire du nerf auditif.
MORPHOLOGIE DU lîHOMBEXCEPH A LE.
Face postérieure. — ■ La lace postérieure du rhombencéphale pré- ^ace postérieure sente deux régions bien distinctes : Visthme postérieur en haut, la face ''" 'l'ombencephaie. postérieure du bulbe en bas. Ces régions sont reliées l'une à l'autre par le cervelet; après son ablation, on aperçoit entre elles une étroite fente transversale par laquelle on pénètre dans la cavité du 4° ventricule.
,Tf.o
Isthme postérieur (Fig. 337, 35d ). — L'isthme postérieurreprésente une étroite région rectangulaire formée par la valvule de Vieussens (VV) i^t les pédoncules cérébelleux supérieurs (Pcs) ; elle est située en arrière du cerveau moyen, au-dessus de la protubérance dont la sépare la cavité du quatrième ventricule, en avant du cervelet dont la face antérieure se moule sur la région, mais en est séparée par un double feuillet pie-mérien.
Les sillons latéraux de l'isthme qui logent le tssnia pontis (Tpo) limitent cette région de chaque côté et la séparent des pédoncules cérébelleux moyens (Pcm). Sa limite supérieure est constituée en dedans par le sillon d'émergence du nerf pathétique (IV) qui la sépare des tubercules quadrijumeaux postérieurs (Qp), en dehors par le faisceau triangulaire de l'isthme ou ruban de Reil latéral (RI), situé à cheval sur le cerveau moyen et l'isthme postérieur.
La limite inférieure de l'isthme postérieur est masquée par les lamelles céi'ébelleuses du petit lobule de la lingula(Lig), quise moulentsur la valvule de Vieussens et sur la partie inférieure des pédoncules cérébelleux supérieurs auxquels elles adhèrent intimement; on peut considérer comme limite inférieure le fond du sillon précentral du cervelet qui sépare la lingula du lobule central.
Les pédoncules cérébelleux supérieurs (Pcs) occupent les parties externes de cette région et forment deux gros et courts cordons aplatis qui convergent en haut et sont reliés entre eux par la valvule de Vieussens.
Leur surface est convexe, recouverte par la pie-mère et par un certain nombre de fibres arciformes très variables dans leur volume et leur disposition. Elles émergent du sillon latéral de l'isthme, croisent le pédoncule cérébelleux supérieur en déci'ivant des courbes à concavité inférieure, puis longent son bord interne et pénètrent avec la valvule de Vieussens dans le cer\-elet. Tantôt elles s'étalent sur toute la surface du pédoncule cérébelleux,
Isthinc postérieur.
FiG. 3bl. — ■ L'isthme postérieur et le cerveau moyen (face postéro-latérale). L'émergence du nerf pathétique et le tœnia pontis. (D'après Retzius.) Grandeur nature.
BrQp ,'bvs.s du tuiercule cpiadrijumeau postérieur. — cop, commissure postérieure. — fai, faisceaux arciformes supérieurs de l'isthme. — Gp, glande pinéale. — No, nodule avec les valvules de Tarin. — Pcs, pédoncule cérébelleux supérieur. — Pcni, pédoncule cérébelleux moyen. — Tpe, ttenia pontis. — 7F, nerf pathétique.
Limites.
Constitution.
Pédoncules cérébelleux supérieurs.
Fi supë
lanlùl elles se ramassent en un ti'ès fort faisceau qui entoure son extrémitéii.res arciiûimos supérieure et la sépare nettement du ruban de Reil latéral, fibrfs arcif ormessupérieures de Fiathme (fai) de Retzius (Fig. 337 et 351). D'autres fois encore^ ces faisceaux sont peu accusés ou masqués par quelques fibres arciformes que le ruban de Reil latéral envoie à la surface du pédoncule cérébelleux supérieur (Pcs) ; dans ces cas, l'isthme postérieur parait complètement fusionné avec la région du ruban de Reil latéral. Ces fibres arquées de l'isthme appartiennent en partie aux fibres semi-circulaires internes péripédoiiculaires (voy. chap. IV); elles contiennent des fibres du. petit faisceau latéral du bulbe et du faisceau de Gowers, et représentent, comme les dégénérescences le montrent, une voie efférente, cérébellopète.
Valvule de Viens- La valvule de Vieussens ( VV) (vélum medullare, vélum interjectum de Halle, Hirnklappe, Vorderes Marksegel des Allemands) est une lame quadrilatère, très mince, demi-transparente, qui remplit l'intervalle entre les deux pédoncules cérébelleux supérieurs et se prolonge avec eux dans la masse blanche centrale du cervelet. Sa surface est convexe et tapissée par les
Rapports avec la 5 ù 6 lamclles cérébellcuses transversales de la lingula qui lui impriment un aspect crénelé. Tantôt, la lingula très développée recouvre complètement la valvule de Vieussens, et pour apercevoir cette dernière il faut récliner en arrière l'extrémité libre de ce lobule; tantôt et le plus souvent, l'extrémité supérieure de la valvule est visible sous l'aspect d'une mince et étroite lame grisâtre. La valvule de Vieussens est limitée en haut par une bandelette blanche transversale qui correspond à l'entre-croisement. des nerfs pathétiques; elle se continue en haut avec un petit faisceau blanc
Freins de la val- longitudinal et Saillant, lu frein de la valvule, qui s'étend jusqu'au sillon, longitudinal médian interquadrigéminal (Fig. 337 et 3S1).
sens
vule.
Buiijc. Bulbe. — Lorsque, sur un cerveau durci dans le tormol, l'alcool,
ou les bichromates alcalins, on enlève avec des précautions minutieuses le cervelet sans arracher ni la pie-mère ni la toile choroïdienne inférieure qui recouvrent le bulbe, on remarque que la face postérieure du bulbe
Forme et aspect, présente dcux parties bien distinctes, une partie inférieure, cylindrique
Sa partie infé- qui sc contiuue sans ligne de démarcation avec la moelle épinière, et
rieuro cy m nqne. ^^^^ partie Supérieure, évasée, formée de chaque côté par deux cordons
divergents, les corps restiformes (Crst), et sur la ligne médiane par une
mince membrane demi-transparente, la membrane obturatrice du quatrième
Sa partie supé- vcntricule (MoV), de forme triangulaire, à base supérieure, et dont les ^Mse^^ "^ angles latéraux se prolongent endeux poches ou diverticules membraneux,, les diverticules latéraux du quatrième ventricule. Cette membrane forme le toit du quatrième ventricule; elle est généralement perforée d'un orifice, le trou de Magendie{TM), qui fait communiquer le quatrième ventricule avec l'espace sous-arachnoïdien ; elle se déchire avec la plus grande facilité lorsqu'on manipule le rhombencéphale et qu'on enlève le cervelet. Le plancher du quatrième ventricule devient alors visible à la face postérieure du bulbe, et la majorité des auteurs considèrent pour cette raison, à la face
rjeure membraneuse.
MORPHOLOGIE DU RHOMBENCÉPll ALE. 489
it'iuc fermée et une partie
■VsT
f sa
Str.ac
postérieure du bulbe rachidien, une partie iiifi supérieure ouverte.
En réalité, le bulbe est fermé dans toute sa bauteur partie cylindrique comme la moelle épiniére, par l'apposition des cordons postérieurs; il l'est dans sa partie supérieure, par la membrane épendymaire obturatrice du q uatrième ventricule qui comble l'espace en V intercepté par les corps restiformes.
On remarque sur la face postérieure du bulbe : le sillon médian postérieur, les pyramides postérieures, les corps restiformes et la membrane obturatrice du quatrième ventricule.
Le sillon médian postérieur I sillon longitudinal postérieur) appartient à la partie cylindrique du bulbe; il commence au sommet du V épendymaire, sépare les pyramides postérieures et se continue avec le sillon de même nom de la moelle épinière, dont il se distingue par sa profondeur.
Le sillon médian postérieur du bulbe représente en effet une véritable fissure médiane (Fig. 447) qui sépare complètement les pyramides postérieures et atteint presque la
il Test dans sa
substance grise centrale
du bulbe. Au voisinage du collet du bulbe, ce sillon devient de plus en plus superficiel (Fig. 448 à 4o3) et se réduit à la moelle à une légère dépression. La séparation des cordons postérieurs de la moelle est établie,
ConliD-uration.
Sillon môdiao postérieur.
Fig. 352. — Le plancher du 4= ventricule et la face postérieure du bulbe après ablation du cervelet et de la membrane obturatrice du 4= ventricule.
Aa, l'aire acoustique, noj'au de terminaison de la branche vestLbulaire du nerf acoustique. — Ag, aile grise, fossette inférieure, ou noyau de terminaison des nerfs mixtes. — ■ CB, cordon de Burdacli. — CG. cordon de Goll. — Crsl, corps restiforme. — et, eminentia teres. — Fit, faisceau latéral du bulbe. — fin. fossette médiane. — fsa, fst, fossette supérieure ou antérieure. — ft, faisceaux arrondis, funiculi teretes. — Le, locus Cceruleus. — P, pied du pédoncule cérébral. — Pcm, pédoncule cérébelleux moyen. — P>jp. pyramide postérieure. — Str. ac, stries acoustiques, particulièrement développées, masquant en grande partie l'aire acoustique et les funiculi teretes. — V, nerf trijumeau. — Tl', valvule de Vieussens.
rioures.
Noyau du cordon
Corps restifornic.
comme nous le verrons plus loin, moins par le sillon que par un ("pais seplum névi'oglique.
Pyramides reste- Les pyramides postérieures (Pyp, Fig. 352) représentent deux petites saillies allongées qui bordent de chaque coté la membrane obturatrice du quatrième ventricule. Elles commencent en haut par une extrémité effilée, adossée au corps restiforme, et qui n'atteint pas les limites supérieures du bulbe; elles se portent ensuite obliquement en bas et en dedans, en interceptant entre elles un angle de 75° environ; puis, elles se renflent en forme de massue au niveau du sommet du V épendymaire, s'amincissent de nouveau, deviennent verticales et se continuent sur un grêle et étroit cor-
'•'^ '^'""- don médullaire, le cordon de Goll (CG) (cordon grêle, funiculus gracilis).
La partie renflée, désignée sous les noms de clava, d' éminences mamelonnées du bulbe (Cruveilhier), renferme un amas ganglionnaire, le noyau du cordon de Goll.
Les corps restiformes (Crst) (corpora restiformia, processus restiformes, cordons cunéiforuies, pyramides latérales, crura cerebelli ad medullam oblongatam, pedunculi cerebelli, Strangformige ou Strickfôrmige Kôrper) sont deux volumineux faisceaux cylindriques ou pyramidaux, qui occupent les parties postérieure et latérale du bulbe entre la pyramide postérieure et le faisceau latéral du bulbe et qui se continuent sans ligne de démarcation avec le cordon de Burdach (CB) de la moelle épinière. Verticaux et étroits en bas, les corps restiformes s'élargisseut Direction. ct sc renflent au milieu de leur trajet et contiennent à ce niveau des amas
ganglionnaires : noyaux des corps restiformes, noyau de Burdach, noyau de Monakow (Voy. Fig. 442 à 447). Ils se portent en divergeant en haut, en avant et en dehors, et s'enfoncent sous les diverticules latéraux du ([ua- Irième ventricule.
Lorsqu'on examine les corps restiformes sur un bulbe, sur lequel la toile chroïdienne inférieure et les diverticules latéraux du quatrième ventricule ont été arrachés (Fig. 352), on constate : que les corps restiformes forment la paroi antéro-interne de ces diverticules, qu'ils sont Connexion avec le CFoisés par Ics strics acoustiques (Str.ac) et qu'ils atteignent l'angle externe
pédoncule cércbci- Jy quatrième ventricule et l'extrémité postérieure du sillon bulbo-protubérantiel ; ils s'étranglent à ce niveau, se coudent à angle droit, se portent en haut et en arrière, et se continuent avec les pédoncules cérébelleux inférieu9's (Pcs). Ils pénètrent ensuite dans le bile du cervelet en passant entre les pédoncules cérébelleux supérieur, situé en dedans, et les pédoncules cérébelleux moyens, situés en dehors. Une ligne fictive passant par le coude ou col du corps restiforme (cervix pedunculorum) sert à délimiter le corps restiforme proprement dit du pédoncule cérébelleux inférieur, isiiion latéral du Lc slUon latéral du bulbe ou sillon des nerfs mixtes borde le corps res-
''""'<'• tiforme en dehors et commence en haut dans la fossette latérale du bulbe.
Il se dirige d'abord obliquement, en bas et en arrière, puis devient vertical dans la région cylindrique du bulbe et se continue avec le sillon collatéral postérieur de la moelle ou sillon de pénétration des racines médul-
MORPHOLOGIE DU RHOMBENGEPll ALE. 491
laires postérieures. C'est le long- de ce sillon que pénètrent dans le bnlbe les racines des nerfs glossopliaryngion (IX*^ paire] et pneumogastrique Çs." paire) et qu'émergent les racines de la partie bulbaire du spinal (XP paire).
Au niveau du collet du bulbe, la ligne d'émergence des filets radiculaires du spinal et la ligne de pénétration des racines postérieures du premier nerf cervical sont presque superposées; au-dessous, ces lignes divergent : la ligne du spinal se porte petit à petit en avant et se place dans la région cervicale inférieure, immédiatement en arrière du ligament dentelé.
Dans la partie inférieure, verticale du sillon latéral du bulbe on trouve, plus accentuée chez l'enfant que chez l'adulte, une éminence oblongue grisâtre, le tubercule cendré de Rolando (TR), qui n'est autre que la sub- Tubercule cendré stance gélatineuse de la coi'ne postérieure, faisant en quelque sorte hernie, et recouverte par une mince couche de fibres appartenant à la grosse racine sensitive descendante du trijumeau. Chez l'enfant nouveauné, on remarque en outre, dans le cordon latéral de la moelle, un faisceau myélinisé qui, au-dessus du tubercule cendré, s'infléchit en arrière, croise le sillon latéral du bulbe et se jette sur le corps restiforme avec lequel il pénètre dans le cervelet. Ce faisceau bien décrit et figuré par Foville a été désigné par Flechsig sous le nom de faisceau cérébelleux direct. Faisceau ocrébei-
Du corps restiforme se détachent toutes les fibres arciformes qui entourent les parties antéro-latérales du bulbe, interrompent le sillon des nerfs mixtes, croisent le faisceau latéral du bulbe, l'olive et la pyramide antérieure, et s'enchevêtrent dans la profondeur du sillon médian antérieur avec des fibres analogues du côté opposé. Elles portent le nom collectif de fibres arciformes externes antérieures du bulbe (5 tratum zonale Fibres arciformes
7, i 1 7 M ^ ^ 1 \ 1 T (• ^ r? 'r externes antérieures
cl Arnold, stratum transversale) , pour les distmguer des fibres arciformes du buibe. externes postérieures , infiniment moins nombreuses et plus courtes, qui se dirigent vers la pyramide postérieure du bulbe, ainsi que des fibres arciformes internes.
Membrane obturatrice du quatrième ventricule, toile choroïdienne infé- Membrane obturarieure, plexus choroïdes du quatrième ventricule. — La membrane obtu- *"°'^ ut'venmcue. ratrice du quatrième ventricule est une membrane triangulaire, à base supérieure, qui forme le versant inférieur du toit du quatrième ventricule. Sa base est fixée sur la ligne médiane à la substance blanche du Forme. Étendue. nodule (SbX'o) et latéralement aux valvules de Tarin (VT) et aux pédoncules du flocculus (Fig. 3.54); son sommet occupe l'angle du V et s'insinue entre les parties saillantes (clava) des pyramides postérieures. Ses bords adhèrent aux pyramides postérieures du bulbe et aux corps restiformes, ses angles latéraux s'étirent en une sorte de demi-gouttière qui entoure le corps restiforme et se renfle au-devant du flocculus en formant les diverticules latéraux. (rlWi) du quatrième ventricule.
Cette membrane rétrobulbaire est doublée dans toute son étendue par
Épaisseur variable un repli pic-iiiérien, la toile choroïdienne inférieure, qui rocouvro la face ci"ios''inaiWdi?s^"'"^ postérieure du bulbe, entoure les diverticules latéraux du quatrième ventricule, et fait l'office d'une véritable membrane de soutènement. La membrane nerveuse proprement dite est épaisse chez le fœtus et pendant les premiers stades du développement. Chez l'adulte, elle se réduit à sa partie centrale à une couche d'épilhélium épendymaire qui tapisse la toile choroïdienne inférieure et les plexus choroïdes du quatrième ventricule qui s'y rattachent. A sa périphérie elle est formée par de minces et blanches lamelles nerveuses, atrophiées, variables dans leur forme et
-lï'oc ; .<■
FiG. 333. — La membrane obturatrice et les diverticules latéraux du 4"^ veutricule (d'après Retzius).
Les lobes postérieur, supérieur et inférieur du cervelet ont été enlevés, le nodule et les valvules de Tarin ont été mis à nu. — A gauche la membrane obturatrice (Mo) est intacte; elle s'arrête sur le bord tranchant des valvules de Tarin (VT) et se prolonge en avant sur le pédoncule du flocculus en formant la paroi postéro-inférieure ou membraneuse du diverticule latéral (ri Vv). A droite, la partie épendymaire de la membrane obturatrice a été enlevée et on aperçoit la cavité du diverticule latéral (Vv) (colorée en rouge) et les ta;nia, ou languettes qui bordent la cavité de 4'= ventricule en dehors et en arrière (Iv) et se prolongent sur le diverticule latéral droit (Id).
Floc, flocculus. — W, languette (tœnia ou lingula^ diverticulaire. — li\ languette ventriculaire. — -I/o, membrane obturatrice du 4° ventricule. — flW, diverticule latéral du 4= ventricule. — IT, valvule de Tarin. — l'i, cavité du 4' ventricule au niveau de l'embouchure du canal diverticulaire.
Obex.
leur étendue, et dont les lambeaux restent adhérents aux pyramides postérieures lorsqu'on arrache la pie-mère et les plexus choroïdes du quatrième ventricule. Ces lamelles forment Xobex et les tœniée, ligul;e ou bandelettes du quatrième ventricule, dont l'étude ne peut être séparée de celle de la toile choroïdienne inférieure.
Uobex (oh) on verrou est une petite lamelle blanche, triangulaire, impaire et médiane, tendue entre les deux pyramides postérieures (ob, Fig. 354, 33o). C'est une formation très inconstante, qui présente un développement fort variable et parait manquer dans la plupart des cas. Son bord supérieur est concave et se continue en haut avec l'épithélium épendymaire qui tapisse la toile choroïdienne inférieure.
Les tseniss (bandelettes) ou lirjulœ (languettes) du quatrième ventri-
MORTHOLOGIE DU RIIOMBENCEPHALE.
Cille (désis-nées par Henle sous le nom de ponticuli, par Roichert sous celui Bandelettes et lan-
,,, ■ -. , T r ,• 1 1 11 l'i euottos (lo la mem-
d a/ée pontis), sont des iormations beaucoup plus constantes que i obex. ï„.ano obtmatrico. Ce sont des lamelles paires, fort irréqulièrea suivant les individus, qui
FiG. 3oi. — Le versant inférieur du toit du 4"= ventricule, la membrane obturatrice rétrobulbaire et les plexus choroïdes du i' ventricule (colorés en rouge), vus par la face ventriculaire après ablation du tronc encéphalique, des pédoncules cérébelleux supérieurs, de la lingula et du lobe central. (D'après la photographie d'une pièce durcie dans l'alcool.)
Amy, amygdale. — ba, branche artérielle longeant le bord de la languette diverticulaire. — Ftoc, flocculus. — Id, languette diverticulaire. — Iv. languette ventriculaire. — Lrja, lobe quadrilatère antérieur. — Mo, membrane obturatrice du 4' ventricule avec les ple.xus choroïdes transversaux et longitudinaux. — oi, obex ou verrou. — Oc, olive cérébelleuse. — Pcm, pédoncule cérébelleux moyen. — Plcht, plexus choroïdes transversaux du i' ventricule : ils longent la valvule de Tarin et la substance blanche du nodule et se prolongent de chaque côté dans les diverticules latéraux du i' ventricule. — SbNo, substance blanche du nodule. — spc, sillon précentral. — HT'i, diverticules latéraux du 4° ventricule. — TM, trou de Magendie limité par un rebord saillant. — VT, valvules de Tarin vues par leur face ventriculaire et refoulées en haut par l'extrémité inférieure de l'amygdale sousjacente. — l'i, le diverticule angulaire du 4" ventricule. Cette figure rend très bien compte de la différence de profondeur de ce diverticule sur la hgne médiane et dans la région des valvules de Tarin. (Voy. à ce point de vue les coupes sagittales S l à S 4, Fig. 408 à 412.)
occupent les parties latérales de la membrane obturatrice et se prolongent sur les diverticules latéraux du quatrième ventricule qu'elles concourent à former. Elles sont coudées à angle droit et situées à cheval sur l'extrémité supérieure des corps restiformes sur laquelle elles s'insèrent (Fig. 3o3). On peut leur considérer deux segments en continuité directe l'un
avec l'autre rl'un vertical, postérieur, ou ventriculaire; l'autre transversal, antérieur, ou diverticulaire.
Segment vcilical Le segmeut vertical, postérieur ou ventriculaire, lirjnla ou languelU- ,en ruuaiio. -postérieure [Iv, Fig. 3S4), adhère au corps restiforme et à l'extrémité effilée
de la pyramide postérieure et recouvre Vaile blanche externe^ c'est-à-dire la sphère auditive du plancher du quatrième ventricule. Tantôt, c'est une lamelle quadrangulaire de o à 6 millimètres de long, qui en haut s'insère sur la valvule de Tarin et qui en dedans s'avance plus ou moins loin sur la ligne médiane à la rencontre de la ligula opposée. Tantôt, ses hords interne et supérieur sont profondément déchiquetés et la ligula postérieure n'adhère que par une mince et étroite lamelle au corps restiforme; dans ce cas l'épithélium épendymaire comble tous les interstices et se continue en haut avec la valvule de Tarin, dont il se détache du reste très facilement à la moindre traction exercée sur le bulbe. Dans l'un ou l'autre cas, la languette postérieure peut être quelquefois renforcée par une strie auditive (Retzius) qui, au lieu de longer le plancher du quatrième ventricule, se réfléchit sur la voûte.
Segment antérieur Le segmcnt transvcrsal , antérieur ou diverticulaire (Id), ligula ou languette antérieure , est une lamelle étroite et allongée qui se continue sans ligne de démarcation avec la languette postérieure et concourt à former la paroi inférieure du diverticule latéral du quatrième ventricule (Fig. 333 et 354 et coupes Se à Ss, Fig. 414 à 416). Exceptionnellement elle double toute l'étendue de la paroi membraneuse du diverticule et s'insère en avant au corps restiforme, en arrière sur la valvule de Tarin et ICjbord inférieur du pédoncule du flocculus; elle est alors épaisse et pourrait à un examen superficiel être prise pour un tronc nerveux. Le plus souvent elle se comporte comme la ligula postérieure, s'insère au corps restiforme seulement et se termine soit par un bord lisse ou plus ou moins onduleux, soit par un bord profondément déchiqueté et irrégulier. Dans ces cas on trouve constamment, le long du bord inférieur du pédoncule du flocculus et faisant suite à la valvule de Tarin, une mince languette ou bandelette nerveuse, que l'on peut désigner sous le nom de tcenia ou ligula supérieure du quatrième ventricule.
Toile ciioroïdicnne La tolle choroïdienne inférieure n'est qu'une dépendance du double feuillet pie-mérien qui s'invagine dans la fente cérébrale postérieure, et sépare le bulbe du cervelet. La partie postérieure de ce feuillet tapisse les valvules de Tarin, le nid d'hirondelle, puis recouvre l'amyg-
Kaijpoits. date et le vermis inférieur du cervelet; la partie antérieure forme la toile
choroïdienne inférieure, jetée comme un pont sur la partie postérieure et supérieure du bulbe et qui se continue en bas avec la pie -mère qui recouvre les parties latérale et postérieure du bulbe.
Ces deux feuillets sont réunis entre eux par de nombreuses travées sous-arachnoïdiennes ; leur an^le de réflexion correspond aux bords des valvules de Tarin et à la substance blanche du nodule, c'est-à-dire au bord supérieur de la membrane obturatrice.
artifice de prépara-
MOIiPllOLOGIE DU RHOMBENCEPHALE. 49îi
Au niveau des diverticiiles latéraux du quatrième ventricule, la toile orifices de com-
, ,. . ,., . ,. 1 . 1 • ^ • miinication.
choroïdienne intérieure se continue en liant avec lapie-mere qui recouvre le flocculus, en avant avec celle qui double les nerfs auditif, pneumogastrique et glossopharyngien, en bas avec celle qui tapisse la face inférieure du ilocculus et recouvre le lobe digastrique.
La toile choroïdienne inférieure présente à son sommet et à l'extrémité renflée de chacun de ses diverticules, des orifices constants qui font communiquer la cavité du quatrième ventricule avec l'espace sous-arachnoïdien et qui sont connus sous les noms de trou de Magendie et de trous de Luschka.
Le trou de Magendie (TM) siège à la partie inférieure et médiane de la TioudeMagendio. toile choroïdienne; il est de dimensions très variables, tantôt large, triangulaire ou ovalaire, ayant 4 à 5 millim., tantôt très petit, admettant à peine la tète d'une épingle, ou encore fenêtre, grillagé ou masqué par les nombreuses travées fibreuses sous-arachnoïdiennes qui s'insèrent au voisinage du trou, le rétrécissent ou le recouvrent. Sa limite inférieure est formée non par l'obex, mais par un repli pie-mérien constant, à bord généralement concave, tranchant et lisse (Fig. 3o4), et tapissé par l'épithélium épendymaire.
Décrit, par Magendie, tour à tour, contesté, nié ou admis par les dif- cc n-est pas férents auteurs qui l'ont suivi, l'existence et la constance du trou de Magendie ont été démontrées définitivement par Axel Key etRetzius, en 1870, à l'aide de la méthode des injections, et en LSSa, par Hess à l'aide de coupes sériées. Retzius ne l'a vu manquer que deux fois sur 100 cerveaux et, d'après cet auteur, il apparaît déjà chez le fœtus dès le quatrième mois de la vie intra-utérine.
Trous de Luschka. — A l'extrémité antérieure des diverticules laté- Trous de Luschka. raux du quatrième Aentricule, on trouve un orifice presque constant signalé par Bochdalek (1849), Luschka, bien décrit par Axel Key et Retzius (1870), puis par Hess (1885). Très variable dans son aspect, sa forme et ses dimensions, cet orifice est le plus souvent masqué par les racines des nerfs glossopharyngien et pneumogastrique qui le recouvrent et par des travées sous-arachnoïdiennes souvent fort nombreuses (Fig. 333).
Lorsqu'on enlève avec prudence les IX'' et X'' paires crâniennes, il apparaît en général, sous l'aspect d'un orifice semi-lunaire, plus ou moins béant, de 4 à 6 millimètres de longueur, comblé en partie par les plexus choroïdes des diverticules latéraux. Il est limité en bas par un repli pieraérien falciforme ou semi-lunaire qui s'étend du nerf auditif aubord externe du flocculus (Fig. 334), mais que l'on ne trouve pas enroulé en spirale comme le croyait Bochdalek. Ce repli pie-mérien sous-tend plus ou moins la partie membraneuse et nerveuse du diverticule. Lorsque celle-ci est ferme et peu développée, le diverticule présente l'aspect d'un petit cornet, d'une corne d'abondance ou d'une corbeille de tleurs (Bochdalek); lorsque la partie membraneuse est lâche et très étendue, on trouve en général
Plexus choroïdes Uu ■!'■ ventricule.
au-dcssiis du rebord falciforme une poche plus ou moins profonde, ûasque
et affaissée (Fig. 3o3 et 334)
A la toile choroïdienne inférieure se rattachent les plexus choroïdes du 4" ventricule, que Luschka a distingués en plexus médians et plexus latéraux. Les plexus médians s'étendent du trou de Magendie à la substance blanche du nodule sous forme de deux minces traînées de granulations (Fig. 35i). En bas, ils commencent par une extrémité effilée qui sort par le trou de Magendie. En haut, ils sont unis au-devant de la substance blanche du nodule par un petit cordon transversal qui se prolonge de chaque coté en dehors et se continue avec les plexus latéraux. Ces derniers se dirigent transversalement en dehors, longent la base de la toile choroïdienne, s'insèrent au bord des valvules de Tarin et à la partie membraneuse des diverticules latéraux (Fig. 354).. Ils comblent en grande partie la cavité du pédicule et de l'extrémité renflée des diverticules, et sortent par le trou de Luschka. Sur un encéphale non dépourvu de ses membranes, on voit constamment quelques villosités choriales faire saillie entre les racines des nerfs glossopharyngien et pneumogastrique.