‹ Anatomie des formes extérieures du corps humain [electronic resource]Chapitre 14 sur 60 · DU DOS · texte numérisé non relu

DU DOS

Le dos est le nom propre de la poitrine par-dernèreî il a une assez vaste étendue; il offre une courbure remarquable, et il présente à l'analyse une foule de plans divers

(A) Sculpture moderne. — Michel-Ange a mis peu de noblesse dans les formes de la poitrine de son esclave , 5 ; on y dislingue les digitalions arrondies du grand pectoral, mais nullement le creux de l'estomac, ce qui me paraît singulier. La poitrine du Hyacinthe de Callamard, 27 , est d'une beauté antique , et d'ailleurs elle ne manque pas de vérité. Elle n'en a pas autant dans le Narcisse de Caldérari , 54 ; elle a peu d'harmonie avec les autres Formes du corps , et elle est creusée d'un sillon sous-mammaire bien profond dans la Nation vaincue de Francheville, 3; ; elle est d'un meilleur goût sur sa Nation vaincue , 49, où le faisceau claviculaire du grand pectoral, le plan du cartilage de la deuxième côte, sont rendus avec assez de vérité ; mais la région sous-mammaire y offre une exagération désagréable de l'antique. Le même Francheville a donné une largeur inégale aux régions mammaires dans sa Nation vaincue, 5i; mais les régions sous-mammaires y ont un peu plus de naturel que dans la précédente. Les mamelles de sa Nation vaincue, 65, manquent encore d'harmonie avec le reste du corps. La poitrine est d'une grande et belle vérité sur l'Homère de Roland, 75 ; elle présente plus de vérité de nature, mais elle manque peut-être un peu d'action musculaire dans l'admirable Milon du Puget, 77.

î)4 1)E I^A POITIIINE. il

à distinguer. Ses lim(lcs naturelles sont assez difficiles è I poser h la surface de la pea^i qui les voile; cependant clic les laisse percer au dehors , à travers son épaisseur, chez Icf : sujets maigres, ou même chez les personnes d'un embonpoint médiocre , mais dont les muscles dessinent un peu leurs formes h l'extérieur. En haut la saillie de l'apophyse^ épineuse de la sixième ou de la septième vertèbre du cou (i). J| le bord supérieur des épaules (2) , nous offrent des pointilM toujours visibles -, au-dessus desquels règne la surface posté^ rieure du cou. Quand l'embonpoint étant médiocre leeil muscles trapèzes sont bien développés , s'ils se tendenMl comme pour abaisser l'épaule, on peut alors distinguer! leur pointe anguleuse descendant le long, et de chaque côté j de la ligne médiane du dos (3). Il est aisé alors d'arriver la onzième et à la douzième vertèbres du dos, h l'une oiil l'autre desquelles sefixe l'angle inférieur de ces muscles (4). • Les mêmes circonstances laissent aussi se dessiner un silloDO courbe qui , de la pointe du trapèze environ , se porte àai chaque côté en bas et en dehors jusque derrière les flancs ■ en suivant pour ainsi dire la direction des dernières côtes^, Ce sillon , que je nomme sillon lombaire supérieur, a la con-i-; vexité de sa courbure dirigée en bas et en dedans. Nouss verrons en décrivant la région des lombes ou des reins qu'iliP suit le relief formé par la naissance des fibres charnues du:^ grand dorsal sur leur aponévrose (A). Il me paraît proprc.;,j

(i)P.TI,5o. ('2) 52, 57. (3)79. (4) Si-

(A) Le sillon lonabaire supérieur se distingue bien dans Icc Germanicus j 71a ; dans le Jason,7io; dans le Faune, où itll est trop bas, 709; sur le Discobole , 704 ; dans le Gladia--; leur^ 2.62 ; sur la statue du Tibre, 249) Irancbéj suir

l'HeicuIe du groupe d'Hercule et ïélèphe, où il est Irës-pro— fond; i\5o'f sur un Mars, 474> O'i il ®st très-mauvais; sur una

DR LA POITAINË. / ^'^

ainsi que l'angle inférieur des muscles trapèzes, h servir de limites h la région du dos pav en Las. Un plan saillant qui remonte obliquement en haut et en deliors , depuis le flanc jusqu'au bord postérieur de l'aisselle, circonscrit très-naturellement le dos en deliors. Il est formé par le bord externe du muscle grand dorsal (i) (A).

Suivant de Bacchus , 485 , où 11 est bien ; sur un Maré vainqueur, 260. Il est bien encore dans le Déluge d'Ant. Carrache [927] ; sur un homme qui gravit une roche et sort de l'eau , à la gauche du spectateur, (i) P. III, 91,99-

(A) Le bord externe du grand dorsal se distingue très^' bien dans le Germariicus, 712, où il est très-exact; dans le Jason, où il est trop avancé; dans le Faune, 709; duns le Torse de Jupiter, ^oS ; sur le Discobole, 704 ; sur un Hercule, rj5g, trois statues , où il est trop avtmcé ; sur un Faune dansant, 583; sur un autre, 4o3, où il est encore peu exact. Il est d'ailleurs peu visible sur l'Hercule , [[5o ; et de nouveau trop avancé sur un Perlinax, 466 ; sur un Suivant de Bacchus, 483; sur un Elius Yerus, 26S ; sur un Adrien, 276; sur un Elius Csesar, 287; sur un Sext. Pompeïus , i5o; sur un Achille, i44> qui tous ont le bord externe du grand dorsal si avancé, qu'il ne peut plus qu'aboutir au-devant de ses attaches à l'humé- ,rus, où ildevraitse fixer. La même faute se retrouve encore sur rilcrcule de Farnèse , mais non sur le Gladiateur, 262, qui se distingue toujours par son exactitude. On ne l'observe .non plus, ni sur le Laocoon, ni sur le ïorse antique, que '"Winkelmann a, je crois, mal à propos séparé du Laocoon pour le rapprocher de l'Apollon pjthien (dans son Hist. de l'art y .1. 6, c. 6). Peut-être que de nos jours, où l'on est cependant .plus exact, Prud'lion a tiop avancé au.^si le bord du grand dorsal, sur son Jésus crucifié [242]; c'est au moins ce que je crois entrevoir dans sa peinture vaporeuse. On dislingue

9^ tlk LA POITRINE.

La surface du dos est creusée de haut en bas , sur le milieu de sa largeur, d'un sillon que vulgairement on nomme la raie du dos. 11 est du au relief 1res -prononcé que font en dehors les muscles des gouttières vertébrales, exemple frappant du relief des muscles sur les parties les plus saillantes des os. Le fond en est uniforme ; cependant, chez les personnes un peu maigres, et à plus forte raison chez celles qui . le sont beaucoup , on voit se dessiner une suite de saillies osseuses : ce sont les tubercules des apophyses épineuses des vertèbres (a) ; on voit même parfois très-distinctement un

encore, d'ailleurs, le bord axillaire du grand dorsal dans uni Hercule tuant l'hydre de Lernc, par le Guide [104O] ; dans le Satyre du tableau d'Antiope endormie p;ir le Corrège [9^5] ; dans le Déluge d'Ant. Carrache [927I , sur un homme vu de i profd montant sur un rocher; sur le Lazare de Guerchin , dans son tableau de la Résurrection du Lazare [1017]; sur un homme dressant une sorte de lente à sa famille, dans le Déluge d'AI. Verronèse, [840].

(a) L'adhérence qui attache la peau plus intimement aus parties sous-jacentes dans la rainure du dos que sur les côtés, borne souvent son développement et son extension en cet endroit dans les enphysèmes , ou au moins le rend plus difficile et moins considérable. La rainure du dos et la saillie des apophyses épineuses fournit un guide commode pour apprécier la direction de la colonne vertébrale chez une jeune personne qui a un peu d'embonpoint, et où elle commence à s'infléchir latéralement. II faut alors passer le doigt de haut en bas sur la série de ces apophyses : la peau en conserve un instant une trace blanche , qui rend cette direction sensible. Quand les inflexions latérales de la colonne sont trés-prononcées , cette petilc précaution n'est pas nécessaire, mais elle est toujours utile , et ce n'est que par elle que j'ai pu apprécier de très-légères déviations de la colonne yerlébralc ^ et par suite les

G^OVdon étroit courir de l'un à l'autre de ces luLercules , qu'il

traiter et les guérir. La saillie augmentée des apophyses épineuses en arrière, annonce une courbure du rachis en avant, et souvent un ramollissement des vertèbres et la dégénération tuberculeuse connue sous le nom de mal vertébral de Polt. II n'y a pas de doute s'il s'y joint un affaiblissement graduel des membres inférieurs, qui deviennent impuissans à la marche, tout en conservant leur volume et la fermeté de leurs muscles : caraclères qui méritèrent à cette maladie , de la part de Pott qui en a été le premier historien , le nom d'espèce particulière \de paralysie des membres inférieurs. Le rapport de la rainure du dos avec la moelle épinière', profondément placée dans cette région, explique les caractères particuliers des blessures," des coups de feu , des grandes violences qui nous atteignent dans celte région ; je veux dire la perte du sentiment et du mouvement dans les membres inférieurs , et puis dans le rectum et la vessie , qui retiennent d'abord les matièr es qu'ils contiennent , et un peu plus tard les laissent échapper involontairement. Quand les violences sont moins puissantes, les apophyses épii neuscs du dos et leurs lames protègent , avec beaucoup de suc- ;cès , parleur imbrication et leur solidité, la moelle épinière i; et le canal qui la renferme. Elles la protègent surtout contre j les instrumens pointus. Nous verrons, dans la seconde partie- \ de cet ouvrage , qu'il n'en est pas de mûme chez l'enfant (très -jeune. Ces apophyses servent aussi à augmenter le i bras de la puissance, dans le levier du premier genre que les vertèbres forment, chacune en particulier, pendant la station , et pendant les efforts que nous faisons pour nous redresser, après nous être courbés en avant, ou pour nous renverser en arrière. Elles peuvent être fracturées. Dans ce cas leur position n'exige, ni ne permet, qu'on y applique des moyens contentifs; si elles étaient brisées en esquilles , il serait aisé de les retirer par une légère incision longitudinale qui suivrait la rainure du dos. Une pareille incision, suivie d'une dissection sur les côtés

fil

§8 bE LA POITBINE. i

lie lc9 uns aux autres. C'est le ligament sus-épineux (A). De chaque côte du sillon médian du dos se dessinent les régions dorso-spinaircs , et les régions scapulaires et dorso-sousscapulaires.

Les régions spinaires , bornées en dedans par la raie du dos, le sont en dehors par le bord interne de l'épaule ou de l'omoplate (i), et au-dessous des épaules par le silloDi^ latéral du dos (2) , sillon léger qui se porte un peu en de t-^ hors, en descendant vers la région des lombes, où il est très^ |^ prononcé. Ce sillon correspond h l'angle des côtes ; il csW • produit par le relief que les muscles vertébraux font , en ar- ^ vière et en dedans, sur la surface de ces os, et particulièrementle sacro- lombaire qui s'y attache; aussi est-il plus dislincW dans la tension de ces muscles que dans le repos ( B ) (a).

Entre ces limites, se relève , en bosse allongée , le faisceaw de ces mêmes muscles (5) , faisceau dont le relief s'aplaniÉI

dor

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dit

de ces apophyses , permettrait de les couper au besoin avecc une tenaîlle incisive.

(A) On distingue le ligament sus-épineux, au bas du doM et aux lombes, dans le Jason , 710.

(1) P. II, 65, 71. (2j 80, 85. (3) 60, 82.

(BJ On reconnaît facilement le sillon du dos, sur l'HercuIee de Farnëse ; sur le Germanicus, où il est très-bien, 712. Il esH peu marqué sur le Jason , 710 ; sur le Silène, 709; sur le Gla-i diateur, 262 ; il est pour ainsi dire interrompu vis-à-vis la liuilième des vertèbres, sur le Tibre, 2^9 , où l'on dislingue mêmee deux sillons latéraux. II est profond dans le Faune, t^o'ô ; eft très-visible sur un homme sortant de l'eau , dans le Délugee d'Ant. Carracbe [927].

(fl) Le sillon latéral du dos, correspondant au bord externes de la masse des muscles vertébraux ou spinaux , répond à une: suite de points où les parois de la poitrine ne sont plus recouvertes que par deux musçles assez minces, le grandi

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t s'efface grafloellement de bas en haut (A). Sur le plan e ce faisceau se dessinent en relief léger les muscles rapèzes, sous la forme de deux lames anguleuses, qui escendent du haut du cou jusque vers la douzième vertère du dos, où va s'attacher leur pointé aiguë (i). On ne s voit jamais descendre h plus de quatre ou cinq travers :e doigt au-dessous de l'angle inférieur de l'épaule. Vus à ravers la peau, ils ne paraissent pas même atteindre la ixième vertèbre du dos , et ils semblent finir par deux ointes écartées (2), quoiqu'ils se terminent au contraire par

orsal et le dentelé inférieur. II repond d'ailleurs an côté de la loitrine où les plèvres descendent le plus bas ; en effet elles deseîident, la droite comme la gauche^ jusque vers la douzième ;ôte, et si la première descend moins bas que la seconde, ce n'est uede quelques lignes. Il résulte de ces observations, que ce lUon est le lieu où l'on pourrait pratiquer l'empyème avec le lus d'avantage , si l'on avait besoin de le pratiquer dans le •oint le plus déclive de la poitrine , et , dans ce cas, il faudrait uvrir l'espace intercostal dans le milieu de sa largeur, pour viter l'artère intercostale, qui suit le bord inférieur de la côte ui est en haut, et son rameau inférieur, qui longe la côte qui isten bas. On les éviterait plus sûrement encore , en éraillant es fibres des muscles intercostaux, avec une sonde ou une fince, et en n'ouvrant la plèvre qu'après l'avoir explorée du out du doigt.

(A) La masse du sacro-spinal est très-dictincte sur l'Hercule eFarnèse; elle se dessine d'une manière assez tranchée sur eGermanicu,s, 712; sur le Jason, 710; sur le Silène, ;70q: lur le Tibre , 2^9; sur un Faune dansant, 4o5 ; sur le suivant de Bacchus , où elle est bien ; sur le Saint Christophe de Spada ians son décolement du saint [1200] ; sur un homme se retirant ]es eaux, dans le Déluge d'Ant. Carrache [qa^l

(OP. n,8i. ^

deux pointes convergentes, ainsi qnc je l'ai marqué par deux lignes de points dans la planche II, 81. Cette apparence est due k ce que chacune de ces pointés est formée d'une petite aponévrose triangulaire ( 1 ) , qui , par sa minceur et son adhérence h .l'aponévrose lombaire , échappe cnlièremcnt auxi yeux (A) (a).

La région scapulaire ne nous offre aucun embarras pour sa circonscription. Le bord interne du scapulum en dedans (2) , le bord postérieur de l'aisscllc , le moignon arrondit

(i) P. II, 81. (2)65, 71.

(A) L'angle inférieuv dos trapèzes se reconnaît sur le Germanicus, sur le Silène, 709; sur le Gladiateur, 262; sur h Tibre, 249; surrilorcule de Farncse ; sur le Laocoon , où 1 est trop élevé.

(a) L'adhérence et l'épaisseur du tissu cellulaire sous-cu^tané dans la région splnaire y circonscrivent les abcès; hlaxité du tissu cellulaire intennusculaire y favorise au contrainc la migralion du pus, et sa réunion en abcès par congestion résultat trop commun , mais non constant, de la carie des verlè bres, des côtes, ou de romoplatc. J'ajoute non constant , parcM que j''ai vu plusieurs l'ois donner, comme tels, des abcès qui u'aj Talent leur source que dans les parties molles, et je ne ùouU pas que plusieurs des abcès par congestion, dont on a fastueai sèment proclame la guérison , n'étaient que des abcès de c.( genre. Vainement invoquerait-on alors le témoignage d'an: ciennes douleurs vertébrales ressenties dans la colonne dudos> dont un malade sans intelligence a perdu le souvenir , et qu'oi. a retrouvées dans sa mémoire infidèle ; vainement s'appu.eraiti on du témoignage d'une foule d'élèves, qui ne peuvent fair les recherches nécessaires pour prendre une opiniou juste ce positive , ou sont eacore trop peu instruits pour en juger ; van nement enfm en appellerait-on au jugement et a l'autonti d'élèves éclairés, mais respectueux pour leur maître , d elevehonnCtcs, mais confians dans les talens de leur chef.

de l'epaule en dehors , son Lord supérieur en haut , l'angle de l'omoplate en Las, forment des limites frappantes et na-

OLi peut-être dominés par ses faveurs ou par sa volonté! Les succès cxlraordinaires doivent être vus et revus par des Iiouimes indépendans et éclairés, je dirais presque par des rivaux; et il faut toujours se méfier de ceux qui, avec des connai^sancesmédiocresetun génie comràun, découvrent chaque joiirde nouvelles méthodes, qui ne sont heureuses qu'entre leurs mains. — L'aponévrose des muscles dentelés qui existe dans cette région et y enveloppe les muscles sacro-spinaux peut être une cause d'étranglement pour cès muscles enflammés , et permettre au pus de s'y accumuler comme dans un sac, depuis le cou jusqu'aux lombes, ainsi qu'on en trouve un exemple dans Lamotte {Tr. comp. de cliir. , 1771 j éd. de Sabatier, t. I, obs. 42). Le petit volume des branches dorsales qui émanent des inter-costales ne peut guère fournir d'hémorrhagie dangereuse et difficile à arrêter, dansles plaies de celte région. C'est ce que prouve une observation de J. Petit, où l'hémorrhagie s'arrêta d'elle-même. Un soldat ennemi reçut, entre la base de l'omoplate et les apophyses épineuses du dos, un coup de sabre qui divisa le trapèze, presque tout le rhomboïde et tout le dentelé postérieur supérieur, suis-^ant Petit. La troisième côte avait été entamée; le blcFsé perdait peu de sang, mais il en avait perdu davantage, et l'hémorrhagie était arrêtée quand on le rencontra (/)/«/. c/i/>. , t. I, p. i57, 1790). — Les côtes, qui fout enfin les fondcmens de cette région en dehors, y protègent les poumons plus sûrement que par-devant la poitrine , parce qu'elles sont beaucoup plus rapprochées les unes des autres en cet endroit. Mais comme dans l'inspiration, quand le diaphragme s'abaisse, ils descendent jusqu'au fond du sac des plèvres, vers la douzième ou peut-être seulement vet's la onzième côte , il en résulte qu'ils peuvent être atteints dans une hauteur bien plus considérable, par derrière que par devant la poitrine. — Les raj)ports assez voisins de celte région avec l'aorte, expliquent les anévrysmes énormes qui vien-

DE LA POITMNE,"

turellcs (A) (a), te bord interne de celte r(igîon (i) se montre toujours assez saillant , parce que le Lord correspondant t do 1 omoplate s'éloigne souvent des côtes en se portant cm arricrc. Il est h peu près vertical dans le repos des épaules. II est distant de deux ou trois doigts de la ligne médiane du dos , dans le point où il en est le plus voisin , et de cinq , dans l'endroit où il en est le plus éloigné, vers l'angle inlérieur du scapulum. Son épaisseur fait toujours contraste; avec la minceur connue du Lord do cet os, parce que les. fibres charnues du trapèze qui viennent s'attacher h l'épine de l'omoplate remontent toutes sur ce bord, et y finissent' aussitôt qu'elles l'ont franchi, ce qui fait d'autant mieux' ressortir l'épaisseur dont elles l'augmentent. Ces fibres s'en, détachent d'une manière distincte lorsqu'elles se tendent i pour rapprocher ou abaisser les épaules qui résistent (B)..

Le bord postérieur de l'aisselle montre beaucoup d'épais çeur; il est largement arrondi d'arrière en avant , courbé en arcade et oblique de dedans en dehors et en haut. Sa grande épaisseur , sa forme arrondie, il les doit à ce que l'angle su-

nent quelquefois s'y montrer après avoir détruit les côtes,, comme j'en ai vu un exemple ; ou après avoir détruit l-es cô-tes, les vertèbres, et altéré la moelle épioière, comme on eni trouve des observations dans S. Cooper {Oper. cit., t. I, , p. 160).

(A) Toute cette région scapulaire est très-exactement mo-dclée sur le Germanicus, sur le Gladiateur, sur une fig-ure du tableau de saint Charles Borromée communiant les peslifé-' résàMilau [6i5].

(a) La grande mobilité de l'épaule y rend assez rares les. fractures de l'os qui en fait le fondement et lui sert de base. (1) P. II, 65, 71.

(B) Le bord interne de l'épaule est peu distinct dans le

ï)li tA. POITRINE. »t>o

pévlow et externe du grand dorsal embrasse de liant en bas et de derrière en devant le grand rond , dont le corps offre L\é]h une épaisseur assez prononcée. Cette disposition do l'angle du grand dorsal est due à ce que ses fibres se contournent Ih , sur elles-mêmes , et décrivent un quart de spire autour du grand rond. L'angle inférieur de l'épaule (i) sg dessine toujours en pointe arrondie, parce que le bord supérieur du grand dorsal recouvre souvent l'angle inférieur (le l'omoplate qui le forme , et que l'extrémité interne du grand rond en augmente toujours l'épaisseur et la largeur*

Le bord supérieur de l'épaule s'élève au-dessus du moignon de la même partie (2), et se continue insensiblement avec la surface postérieure du cou , en dedans , disposition due à ce que la portion sus-scapulaire du trapèze se porte, depuis l'épine de l'omoplate, jusque derrière le cou.

La surface postérieure de l'épaule est ordinairement partagée en deux versans par une saillie analogue à l'angle qui réunit les deux versans d'un toit. Cette saillie (3) correspondant à l'épine de l'omoplate, se porte de dedans en dehors et en haut jusqu'au sommet de l'épaule. Bien qu'elle forme le point le plus saillant de l'os de l'épaule, uh sillon léger dessine parfois le bord postérieur de cette crête, parce que le trapèze en haut , le deltoïde et le sous-épineux en bas , surpassent légèrement son rebord osseux, en s'yinsé-

tiermanicus, 712; il l'est, au contraire, beaucoup dans le Gladiateur, 262; dans l'Hercule de Farnèse ; il est mal senti dans le Tibre , 249; il est peu exact sur le Silène, 709 ; il est très-visible sur le Saint Christophe dcSpada, [1200] ; un peu confus sur un homme se dégageant des Caux? dans le Déluge de Carrache [927].

(2) p. II, 5a, 37. (3) 6â, 65,

'io4 KK L\ pormiMc.

ranl (A). Néanmoins restent toujours visiLles les dcuxvcrsans dont j'ai parlé. L'un , supérieur à la crête du scapulum , correspond h la fosse sus-épineuse; c'est le plan 5«5-s/)ma/re ou sus-scapulairc ( i ) ; l'autre, inférieur h cette épine, répond à la fosse sous-épineuse; c'est leplaiJ50M5-5/?ma«'e (2). Lepremier s'incline Ircs-scnsiblcment derrière le cou , en formant , soit un plan convexe , chez les personnes grasses ou Irès-musculeuscs (B); soit au contraire une dépression plus ou moins sensible, chez les personnes maigres (C). Dans le premier cas, la saillie est due , ou à de la graisse accumulée dessus et dessous lo trapèze , ou au grand développement de ce muscle. Le sus-épineux , dans la fosse c[u'il remplit, serait incapable de produire cet eflet (a).

(A) On trouve beaucoup d'exemples de la saillie anguleuse de l'épine du scapulum, et celle disposUion est constante chez les personnes maigres; mais il est plus rare de voir sou bord postérieur parcouru, dans toute sa largeur, par le sillon dont nous venons de parler. Celte disposition est cependant distincte au moins sur l'épaule droite du Germanicus, 712, et du Jason, 'yio; on la reconnaît aussi sur l'épaule gauche du Silène, 709; sur la droite au moins du Gladiateur et du Tibre, 249. Enfin, pour n'en pas ciler davantage, on la retrouve encore, sur un homme qui se relire de l'eau, dans le Déluge d'Antoine Carrache [927].

(B) Un versant sus-scapulaire convexe s'observe sur le Germanicus, 712; sur l'épaule gauche du Silène, 709; sur le Gladiateur, 262, même à droite, et peut-êlre à toit, parce que celle épaule étant abaissée, le trapèze ne semble pas devoir y être gonflé, mais plutôt déprimé; enfin sur le Tibre, 249.

(C) Celle forme, très-commuue, se rencontre dans beaucoup de tableaux', et entre autres dans celui du Saint Christophe de Spada [ 1200]; dans le tableau de la Méduse, par Géricault [79], sur plusieurs figures.

(«) Le rapport du plan sus-scapulaire avec de grandes masses

DE LA POITRINE. lo5

Le second versant de la surface postérieure de l'é-

de lissii cellulaire déposées immédiatement sous la peau et accumulées sous le trapèze, au-dessus de l'aponévrose du muscle sus-épineux, chez les personnes qui ont de l'embonpoint, explique l'étendue de Certains abcès de cette région. La difficulté d'}-- exercer une compression constante et uniforme, à cause de la mobilité do l'épaule, explique la difficulté de les guérir dans beaucoup de cas.

Le rapport de la fosse sus-épineuse avec le plan sus-spinaire ou sus- scapulaire de l'épaule, l'incarcération du muscle susépineux, dans l'étui osso-fibreux que lui forment la fosse de même nom et l'aponévrose qui la ferme , expliquent parfaitement la résistance qu'a opposée, aux moyens thérapeutiques ordinaires, un abcès fistuleux de la fosse sus-épineuse, dont iVoici l'histoire abrégée.

Un homme portant , sur le moignon de l'épaule et un peu en arrière , une ouverture fistuleuse qui donnait beaucoup de pus, ■vint réclamer mes soins. Il avait été vu par d'autres personnes qui avaient pratiqué déjà une compression sur la fosse sus-épineuse , et qui avaient recommandé diverses injections dans la fistule. La maladie datait déjà de deux mois au moins. Je sondai son trajet, je parvins évidemment dans le fond de la fosse susépineuse. Je n'y .«entis nulle part d'os à nu. Je repris la compression et les injections que je variai avec beaucoup de soins et de méthode. Bientôt j'y ajoutai l'usage de mèches , que j'introduisais jusqu'au fond de la fistule, et à l'aide desquelles j'espérais déterminer une inflammation adhésive, et amener, par leur diminution graduelle, la réunion de ses parois. J'agrandis aussi son ouverture, autant que les parties me semblaient le permettre. Tout fut inutile: la suppuration augmentait, cl s'écoulait avec abondance au moment où je retirais la mèche pour les pansemcns. En introduisant une sonde de femme dans la fistule , je m'aperçus un jour que le fond en était plus large que je ne le pcusais, et que du pus y Stagnait. Je proposai au malade une simple contre-ouverture

loG Mî LA POITMNE.

pauto (i) n*e8t Lien distinct que chez les gens maigres (À).

pour le lendemain. Il l'accepta. En y réfléchissant , je pensai îju'une simple conlre-ouverlure que je ne pouvais faire qu'audessus de l'épine du scapulum, ne suffirait peut-être pasencore, ou qu'au moins j'aurais beaucoup de parties molles à traverser, fet que je pourrais bien ne pas retirer beaucoup d'avantage de l'opération. Je conçus donc la nécessité de trépaner l'épine du scapulum , et comme une trépanation de l'os aurait pu effrayer le malade, j'imaginai de lui appliquer, à son insu , un trépan d'un nouveau genre. Je Os donc une incision vers le milieu de la longueur de l'épine du scapulum; j'en détachai un peu la base du deltoïde assez mince en cet endroit , j'en séparai le muscle sous-épineux, et aussitôt, sans que le malade s'en doutât, je perforai l'épine du scapulum de bas en haut avec une grosse vrille que je lui avais cachée. Je pénétrai facilement dans la fosse sus-épineuse , et il s'en écoula un peu de pus qui j était renfermé. Aussitôt après, j'élargis un peu l'ouverture de l'os, je lui donnai le diamètre du bout du petit doigt, et j'y introduisis une mèche que je ramenai en dehors par l'ouverture du moignon de l'épaule. Au bout de peu de jours , j'eus la satisfaction de voir la fistule donner un pus moins abondant et plus épais. Je diminuai peu à peu le volume de la mèche , et] enfin la guérison s'accomplit en six semaines de soins , enviroi:). Là situation déclive de la fosse sus-épineuse, sa profondeur, la résistance de l'aponévrose sus-épineuse à la compression, ont dû contribuer pour beaucoup , dans ce cas, aux insuccès des premiers moyens mis en usage, s'ils n'en ont pas été les uniques causes.

(A) Le versant sous-scapulaire est sensible sur leGermanicus, 172 ; plus sensible encore sur l'Hercule Farnèse des deux côtés , et sur l'épaule droite du Gladiateur : la gauche y est peut-être inexacte, ou au moins se prête peu à l'analyse. On le reconnaît encore sur l'épaule gauche du Tibre, 249, bien qu'elle soit peu étudiée; eufin il est Irès-distioct sur le Saint

Chez les gens gras ou chez ceux dontles muscles sonthlen développés, on voit, au-dessous de l'épine de l'omoplate, un plan convexe où se dessinent ordinairement plusieurs plans secondaires, celui du sous-épineux , celui du deltoïde , ceïuî du grand rond. Sur le bord interne de l'épaule se montre aussi le relief des fibres charnues du trapèze, que j'ai décrit plus haut en parlant de ce bord. On y voit encore, au commencement de l'épine du scapulum , une dépression étroite , que le pouce peut cacher et qui correspond à une petite aponévrose triangulaire que le trapèze présente en cet endroit , aponévrose sur laquelle les fibres charnues font un relief évident. Cette dépression scapidaire est distincte dans un effort pour porter l'épaule en dedans et en bas (A).

Le plan du deltoïde (1) se continue insensiblement avec la bosse qui forme le sommet ou le moignon arrondi de l'épaule; mais il faut l'avoir bien étudié sur le modèle vivant pour le reconnaître , car ce plan ne ressemble pas à la partie postérieure du muscle qui le forme. Il est en effet presque constamment obscurci par une dépression , qui correspond à la double aponévrose, dont il est composé , au-dessous et vers le milieu de l'épine du scapulum (2). 11 devient un peu plus distinct , surtout lorsqu'on s'efforce de lever le bras horizontalement et de côté (B).

Christophe do Spada [laoo], et sur un homme échappé aux eaux du déluge dans le tableau de Carrache [927].

(A) La dépression scapulaire est assez évidente sur le Germanicus, 712; sur le Silène, 709; sur l'épaule droite du Gladiateur, 262, et sur l'Hercule de Faraèse.

(B) On trouve un exemple du plan scapulaire du deltoïde pur l'épaule gauche du GermaDicus, 71a j sur le Silène , 709 j

Jo8 DE LA. POITRINE.

Le plan (la sous-épîncux (i) n'est pas moins confus que le précédent, et il est un peu plus déprimé. Il ne devient distinct que dans la tension des muscles voisins. L'épine de l'omoplale (y) le limite en haut; le deltoïde, en haut et en dehors (3) ; le grand rond, en Las et en dehors (4) ; le trapèze, en dedans (5). Ce plan a toujours sa surface unie, parce que le sous-épineux, qui le forme, est recouvert d'une aponévrose ferme et solide , qui fait partie du muscle luimême , concourt h l'enfermer dans une gaîne {a) , l'empoche de dessiner séparément ses faisceaux h travers la peau , et offre à la lumière une surface sur laquelle elle se réfléchit avec vivacité (A).

sur l'Hercule de Farnèse. Le Gladiateur nous laisse ici quelque chose à désirer.

(«) Celle gaine du sous-épineuxest formée profondément , et en ayant, par la surface postérieure du scapulum, et par une aponévrose axillaire ; en arrière par l'aponévrose sous-culanéc du muscle, et en outre, par une lame fibreuse qui la conlinue jusqu'au dessous du delloulc; on haut par la surface inférieure de la crêle de l'omopliite -, en bas par une cloison qui le sépare du grand et du petit rond. Les lames fibreuses qui achèvent celle gaîne osso-fibreuse sont si fortes, que, s'il s'y formait du pus, il aurait une peine infinie à parvenir au dehors et n'y parviendrait probablement qu'en passant à travers l'aisselle. Il faudrait donc lui ouvrir une autre issue. Alors ce serait toujours à deux ou trois travers de doigt, au-dessus de l'angle inférieur du scapulum, qu'il fraudrait inciser, pour ouvrir la gaîne dans le point le plus déclive , et évacuer cnlièrement le pus qui y serait renfermé.

(A) L'auteur du Silène l'a exprimé sur celle slalue, 709; Agasias, sur l'épaule droite de sou Gladiateur, 262 ; Ant. Carrache, sur un homme gravissant uu rocher, pendant que tûule la terre est inondée par les eaux du déluge [927].

DE LA. poiiniNÈ. iog

Le plan du grand rond (i) règne le long du bord externe de romoplate, étendu depuis l'angle inférieur du scapulum , où il est surtout distinct, jusqu'au bras, en passant derrière l'aisselle , dont il concourt à former la paroi postérieure. Quoiqu'un peu moins indécis que les deux précédons, il n'est pas encore très-distinct (A) (ti).

La région dorso-sous-scapulairena pour limites, en bas, que celles du dos , et le sillon léger que nous nommons lombaire supérieur (2). Elle finit en haut vers la précédente, en embrassant l'angle inférieur du scapulum , par son côté externe, et même par l'interne , lorsque le bras est élevé. En dedans , la saillie des muscles vertébraux (5) , ou le sillon dorsal la-téral (4); en avant et en dehors, le bord du grand dorsal.

(A) Onlereconnaîtsur le Gcrmanicus, 712; surle Gladiateur, à gauche, et des deux côlés sur l'Hercule de Farncse. On le reconnaît encore sur une homme gravissant un rocher, dans le tableau de Garrache [927] .

(rt) Les rapports de la ri'glon sous-spinaire avec le muscle sous-scapulairo; l'incarcéralion d'un abcès dans la gaîne osso-fibretise de ce muscle, formée en aran t par une aponévrose mince que rinflammation peut épaissir , et en arrière par l'omoplate , peuvent obliger de perforer l'os d'une manière quelconque, ou d'y appliquer le trépan , par la région sous-spinaire, pour évacuer cet abcès. Else, chirurgien de l'hôpital Saint-ïhomas ;'i Londres, a exécuté cette dernière opération. (Sprengel, Hist. de la viéd.f trad. par Jourdan , t. vu, p. 35). Si le pus remontant le longde la gaîne sous-scapulaire , venait sortir par l'aisselle, et que le trajet qu'il se serait creusé sous le scapulum le laissât séjourner dans un point déclive , il serait indiqué de pratiquer une contre-ouverture , comme je l'ai exécuté pour l'abcès de la fosse sus-épineuse, dont j'ai rapporté plus haut le traitement, et dont j'ai racoclé la guérison. (P. io5}.

(2) P. II, 83, 85. (5) Sa. (4) 80.

t/i POTTRINEi

qui remonte olliqucmont du flanc à la paroî postérieure de l'aissello, et le sillon qui l'accompagne (i), forment des limites ordinairement visiLIcs pour celte région. Si ce Lord n'est pas toujours distinct dans le repos, il le devient au moins dans les efforts du muscle pour porter le bras et l'épaule en Las , en dedans et en arrière. On voit , en cette région , plusieurs plans qui disparaissent par l'embonpoint, ou qu'au moins on ne retrouve plus alors, qu'avec une grande difficulté : ce sont le plan du rhomLoïde , celui du grand dorsal, que sillonnent régulièrement des saillies méplates qui correspondent aux côtes.

Le plan du rhomboïde (2) se dessine en dedans de l'angle inférieur de l'omoplate, en dehors de la région spinaire, audessus du plan du grand dorsal , formant , là , une surface à peu près triangulaire , déprimée surtout h sa circonférence , à cause de la saillie qu'y font sentir, en dedans, le trapèze et les muscles vertébraux, en dehors, l'omoplate e^les muscles qui le recouvrent. Ce plan n'est Lien visible que lorsque le bras est au moins un peu élevé , et que le trapèze est tendu par sa contraction. Il ne l'est plus du tout lorsqu'on croise les Lras derrière le dos , parce qu'alors le scapulum se porte en dedans par son angle inférieur, et le couvre (A). Mais nous reviendrons plus Las sur ce phénomène.

Le plan du grand dorsal est un vaste méplat , qui occupe tout le reste de l'étendue de la région dorso-sous-scapulàire, dont j'ai tracé les limites il n'y a qu'un instant. Ce

(1) P. m, 91,99. (2) p. Il, 76.

(A) Agasias l'a modelé, mais peut-Ctre arec peu d'exactitude, a gauche sur son Gladiateur, 362; il est encore moins exact sur le Tibre, 249.

De la. POITÎlINE. itt

grand méplat se courbe un peu , de dedans en dehors (A)* Il est essentiellement formé par l'ensemble des fibres charnues du grand dorsal , déployées sur la courbure des côtes. Quand par SQÎte de l'âge ou des nombreuses révolutions de l'embonpoint , la peau , souvent distendue , a perdu beaucoup de son élasticité, elle tombe en plis recourbés et dirigés obliquement en bas et en dehors. Cette disposition annonce une s-rande mollesse de chairs. Elle a été suivie par Rubens , qui a dû en effet la trouver commune chez les Flamandes. Ce n'étaient pas , je crois , des formes h donner à des divinités ou h. de grands personnages (B).

Les méplats des côtes s'allongent obliquement en bas et en dehors sur le plan du grand dorsal. Ils s'inclinent de plus en plus , à mesure qu'ils occupent un rang plus bas : néanmoins ils sont presque parallèles. Les sillons intercostaux les séparent, et ils s'élargissent en devant par suite de l'inclinaison graduellement augmentée des côtes (C) . Les pHâ

Le plan du grand dorsal se reconnaît encore sur le Germanicus, 712, malgré l'embonpoint que lui a donné Cléomène; sur le Silène, 709 ; sur le Jason, 710; sur le Gladiateur, 362; sur le Faune dansant, 4o3> où il n'a pas toute l'exaclitudeque l'on pourrait désirer; et sur l'flercule de Farnèse, où il laisse sentir à travers son épaîssem> des faisceaux divergens, qui paraissent produits par les faisceaux du graud dentelé.

(B) Quoiqu'on trouve peu d'exemples de ces plis sur les antiques, on en voit cependant sur le Silène , 709.

(C) Ces plans costaux sont sentis sur le côté gauche du Jason, 710; sur le Silène, 709; sur le côté gauche du Gladiateur, 262. On ne peut point regarder comme tels les plans divergens que l'ou observe sur l'Hercule de Farnèse ; mais on les retrouve sur un homme qui étend une draperie au-dessus de §a famille^ dans le Déluge d'Al. Véronéso [840],

dorsaux dont j'ai parlé il n'y a qu'un instant , et l'embonpoint surtout , dissimulent les saillies des côtes et les sillons dont elles creusent, pour ainsi dire, le méplat du grand dorsal (a).

En général les formes du dos ont été moins Lien étudiées que celles du ventre, surtout par les artistes de l'antiquité; et par cela même qu'ils leur ont accordé moins d'attention.

(«) La région dorso-sous-scapolaire correspond à un tîssU cellulaire si abondant sur le grand dorsal , où l'on en peut disséquer jusqu'à quatre lames superposées", cemme je Tai dit i dans ma thèse inaugurale { Recher. d" Anal. , de Phy.siol. et de ( PalhoL , chez Bécbet, place de l'Ecole de Médecine) , et à du ) tissu cellubiire si lûcbc sous le même muscle grand dorsal, que les chocs violens y produisent de grandes ecchymoses et de vastes infiltrations. J.-L. Petit eu cile un exemple remarqua- ' blo(Mfl/. chlr.y t. I, p. i56. ): Ua soldat fut atteint par un ' boulet qui le frappa, en glissant, au bas de l'omoplate ; il n'en ' tomba seulement pas, et y fit peu d'attention : mais trois jours ^ . après, tout le bras jusqu'au coude, et presque tout le dos jusqu^ù la hanche, étaient d'un violet brun. L'endroit frappé présentait seul quelque mollesse : Petit l'incisa de la longueur de six travers do doigt; il en sortit du sang qui s'était répandu i dans le tissu cellulaire sous-cutané du grand dorsal. D'autres ( incisions faites près de la hanche donnèrent encore issue à 1 beaucoup de sang noir et caillé; mais il en resta d'infiltré, qui ] ne sortit qu'avec le tissu cellulaire frappû de mort. Ce fait et f d'autres que je ne puis citer ici prouvent que de semblables p contusions doivent être ouvertes de bonne heure pour prévenir ^ de pareilles infiltrations, — L'épaisseur peu considérable des j ■parties molles qui recouvrent les côtes, dans cette région, les laisse assez exposées aux fractures, et la faible épaisseur des j parois du thorax y protège mal la base des poumons, et en même temps le foie du côté droit, et la rato du côté gauche. /

DE LA POITRINF.. < HÛ

ils y ont inlroduit moins déformes adpptives et conventionnelles (A).

DJiS COTis DJE LA POITRINE.

Les côtés de la poitrine sont Bornés en haut par la naissance du bras, et eu Las par le sillon da flanc (i). Les régions mammaires et sous-mammaires (s) les limitent en devant, et ils ne dépassent pas le plan du Lord externe du grand dorsal par- derrière (3). Toute la surface des côtés de la poitrine est ainsi embrassée dans un triangle fort étendu , dont les côtés de devant et de derrière se réunissent, l'un à l'autre, en haut, dans le creux de l'aisselle, tandis qu'en bas, ils aboutissent au flanc, dernière limite de la figure qu'ils circonscrivent. Ces limites ne sont au reste très-frappantes que vers le creux de laisselle; elles s'elFacent graduellement en bas.

Le sillon du flanc (4) est très-sensible chez l'homme incliné latéralement. Il est au contraire large et superficiel chez l'homme qui est parfaitement droit. Il a été traité d'une manière systématique et conventionnelle par les artistes de l'antiquité, qui lui ont donné plus de profondeur, plus d'élévation et plus d'horizontalité qu'il n'ea

(A) Toute cette région du dos m'a paru bien sur le Suivant de Bacchus, 485, et assez^ mauvaise sur un Mars, 474; très-négligce sur le Discoiioîe , 704: sur l'Antinous , 564 ; suile -Centaure, i34. Elle m*#- aussi paru peu ciudiée sur un homme grimpant ù un arUre, clans de Déluge de Vcronèse [840] ; sur une figure assise au premier plan , dans le tableau du Poussin, connu sous le nom de Bacchanale [226] ; sur la plupart des Rubens; mais d'une belle laideur dans les monslres de plusieurs de ces tableaux.

Sculpf. moderne. Le dos offre une énergie d'action qui e^t admirable, dans le Milondu Puget, 77.

Àl! !" l\ ^7, 90, 95

(^)î'-^> ni, 9^,99- (4}P. Î,IÎI, io2,ïo5.

a dans la nature. J'en reparlerai h l'occasion du flanc.

' Xa surface des côtés de la poitrine a des formes peu varia - Lies en Las , mais Ircs-variaLles en haut par les mouvemens du bras. Néanmoins elle est toujours creusée en haut par l'aisselle , et bombée en bas par la convexité des côtes.

Le creux de l'aisselle n'est pas seulement formé par la poitrine , le bras y concourt un peu en dehors. Ce creux , h peu près rempli par le bras, quand ce membre est suspendu verticalement sur les côtés du tronc , se montre très-profond, quand le bras soulevé s'approche d'une direction horizontale. Quatre parois en circonscrivent alors l'entrée. L'une existe par -devant : elle est épaisse et arrondie en bas , trèsprononcée , et formée par l'angle externe du muscle grand pectoral. Elle est épaisse , parce qu'elle est formée par toutes les fibres réunies du muscle. Son bord est arrondi , parce que ses fibres , en se rendant à leur tendon commun , fixé h l'hu- "inérus, se roulent, les unes sur les autres, comme les fibres du tortis d'une corde.

Une autre de ces parois limite la cavité de l' aisselle par derrière : elle est épaisse , arrondie ii son bord , comme la précédente, par suite d'une organisation analogue dans l'angle supérieur et externe du grand dorsal , qui la forme , avec le 2;rand rond, le petit rond et une portion du deltoïde.

La troisième est l'Interne : elle est formée par la partie supérieure du côté delà poitrine , tandis que la quatrième ou rexterne l'est par l'extrémité supérieure du bras. Le fond de l^aisselle est tapissé par la peau , qui l'arrondit, en se réfléchissant lâchement sur les parois que je viens de décrire. Il est. obscur par sa profondeur et par sa situation; mais les poils, qui l'ombragent dans l'un et l'autre sexe, ajoutent encore; h son obscurité (a).

(fl) L'aissclle renferme un f i çrand nombre de nerfs et dq:

c, pK L\ POITRIN'R. il5

La portion inrérlcure des côtés de la polj-rinc , que l'on peut nommer la région sous-axiUalre , est largement bom})ée de

vaisseaux, et des vaisseaux si volumineux, que ses blessures peuvent être fort graves, et occasioner à la fois des hémorrhagies alarmantes, des douleurs vives et des paralysies incurables. Le tissu cellulaire en est si abondant, qu'il se prêle aisément aux infiltrations sanguines les plus considérables, et, pour cette raison , les plaies de l'aisselle doivent être ouvertes largegemcnt. — Quoique les côtes supérieures aient peu de mouvement, surtout chez les personnes blessées aux parois du thorax, parce qu'elles respirent alors davantage par le ventre, si l'on accorde une confiance entière à l'observation que J.-L. Petit cite à l'appui de son opinion sur l'emphysème des plaies non pénétrantes de la poitrine, et à l'idée qu'il a conçue de ce fuit, les plaies de l'aisselle en particulier peuvent être suivies de cet emphysème, par suite des mouvemens que la respiration y détermine. Cette observation est celle d'un militaire blessé par un bâton pointu (voy. Mal. ckir., 1. 1, p. 161). M. Blandin pense qu'on peut se rendre compte de ces emphysèmes de l'aisselle par les mouvemens du bras [Anat. des rég., p. 4^^4)5 mais la douleur enchaîne alors les bras dans le repos, et les blessés n'ont garde de les remuer. Au reste, avant d'en chercher l'explication, il faudrait peut-être s'assurer de leur existence.

L'abondance du tissu cellulaire, et surtout des ganglions lymphatiques de l'aisselle, les rapports de ces ganglions avec les lymphatiques du bras, de la mamelle , de la région sousmammaire, des côtés de la poitrine et du dos, l'exposent à de fréquens abcès, idiopalhiques ou simultanés aux inflammations des diverses régions dont je viens de parler j et, soit ù cause des nerfs de l'aisselle, soit à cause de la fermeté ligamenteuse du tissu cellulaire sous-cutané de cette région , soit à cause du ligament suspenseur qui s'y observe, et qui s'étend de l'apophyse coracoïde à la peau du creux de l'aisselle, qu'il relève en voûte et retient fortement [Voy, plus bas la

1 iG DE LA POITRINE. °

devant en arrière , parcourue par les lignes saillantes des côtes , sillonnée par les espaces qui les séparent , et gravée

description du sommet de l'épaule et de la gaînc du deltoïde), soit à cause d'une disposition qui nous est inconnue, la formalion de ces abcès est souTent accompagnée de très- Tives douleurs. Lamoltc rapporte cinq observations d'abcès de l'aisselle ; dans ces cinq cas les malades se plaignirent beaucoup de la souffrance qu'ils éprouvaient. J'en ai observé déjà un assez grand nombre, et presque toujours j'ai remarqué le même symptôme, et j'en ai été surtout frappé chez un jeune avocat de mes amis. — La grande abondance du tissu cellulaire , l'espace considérable qui reste entre les parois de l'aisselle, obligent d'ouvrir promptement les abcès qui s'y montrent, pour éviter la destruction de ce lissu dans une étendue considérable, et la formation de fistules, par suite de la difficulté du rapprochement des parois du foyer. Il n'est pas même nécessaire d'attendre que le pus se sente trèsdistinctement sous la peau. Si la suppuration est profonde, si elle a été annoncée par de vives douleurs, une fièvre ardente, et ensuite parle frisson qui l'accompagne, si la fluctuation est sensible, encore qu'elle soit obscure; si par exemple elle de- Tient sensible en pressant d'une main sur le grand pectoral , ou sur le scapulum, et de l'autre sur l'aisselle , bien qu'elle se distingue confusément à une certaine profondeur, hâlez-rous d'ouvrir, le foyer de l'abcès doit être considérable. Tel était le cas du jeune avocat dont j'ai parlé plus haut : je l'ouvris , il en sortit une demi-pinte d'un pus jaune et épais, et au bout de quinze ou vingt jours la guérison était achevée. Les abcès ouverts, le malade doit tenir son bras immobile et rapproché du corps. Cette position favorise la cicalrisalion intérieure du foyer, parce qu'elle lient rapprochées les parois antérieures et postérieures de l'aisselle ; les mouvemens du bras s'y opposent, parce qu'écartant ces parois l'une de l'autre,' ils rompent les adhérences de la cicalrisuioa conmicncce, et préparent des

(l'une, quelquefois Je deux, parfois même, ce qui est extrêmement rare, de trois séries ou rangées de digitalions , placées les unes au-dessous et au-devant des autres. Les côtes font sentir ici nn plan plus convexe que par-derrière le dos, dans la région dorso-sous-scapulaire, par exemple, bien que leur courbure appartienne , là , à un cercle d'un diamètre plus petit, et qu'elle soit plus prononcée : c'est que, sur les côtés , elles sont recoum'tes par une coucbe moins épaisse de parties molles.

Leur direction est, du reste, toujours d'autant plus obli-

fistules, quelquefois très-difficiles à guérir et presque incurables.

Les connexions du creux de l'aisselle, en dehors, avec l'articulation scapulo-humérale , l'exposent à être rempli par la tête de l'humérus, luxé en bas ou en avant. Les rapports de l'artère axillaire à sa terminaison, et de l'artère brachiale à sa naissance, avec l'humérus qui forme la paroi externe de l'aisselle, et en dedans duquel la seconde fait suite à la première, permettent de les y comprimer pendant les amputations du bras; les rapports de ces mêmes vaisseaux qui descendent entre les muscles grand pectoral d'une part, grand rond et grand dorsal de l'autre . permettent de les découvrir à leur point de continuité , et même plus haut. Pour y lier l'axillaire, on relève le bras fortement, on pratique une incision au creux de l'aisselle , et on la prolonge en dedans du bras, entre les parois antérieure et postérieure de celle région. La présence de ces vaisseaux et des gros nerfs qui les entourent, demande de grandes précautions, lorsqu'on est obligé d'extirper des ganglions de l'aisselle très-profonds. Il ne faut jamais disséquer un ganglion que l'on soupçonne adhérer à ces organes, il faut pour ainsi dire l'arracher, en déchirant doucement les adhérences qui les unissent. Mais, avec ces précautions, on peut les aller chercher jusqu'à la première côte , contre l'axillaire. J'ai pratiqué une opération de ce genre', et avec succès, sur un jeune im» primeur.

que en bas et en avant , qu'elles sont plus înféncurcs. Les es paccs qui les séparent et les suivent forment toujours, chez les personnes maigres ou qui ont peu d'embunpoint, un sillon distinct; ce qui tient à ce que les muscles intercostaux n'égalant point, en épaisseur, l'épaisseur des côtes, lorsque la graisse ne remplit pas le vide de leur intervalle, la peau s'y enfonce et le dessine. Ces espaces s'élargissent graduellement jusqu'à l'articulation des côtes avec leurs cartilages , parce que leur portion osseuse s'abaisse ou s'incline graduellement davantage, à mesure qu'elles occupent un rang moins élevé.

La première série des digitations gravées sur les côtés de la poitrine, la seule que l'on y observe ordinairement, correspond aux digitations anguleuses du grand dentelé (i). Elles sont disposées suivant la direction d'une ligne courbe, convexe en bas et en avant , qui , commençant à deux travers de doigt au-dessous , et à un travers de doigt en dehors du mcimelon , sur la sixième côte, descend en arrière, quatre côtes au-dessous , se cacher sous le bord externe du muscle grand dorsal (a). Ces digitations forment des plans anguleux, ordinairement distincts, et dont l'angle répond au bord supérieur du plan des côtes, parce que le sommet des digitations du grand dentelé vient toujours s'y fixer.

(fl) Les connexions de la première des digitations visibles du grand dentelé avec la sixième côte, à laquelle elle s'atlache; les connexions , toujours apparentes , de l'angle externe et inleïieur de la région mammaire avec la cinquième côle, sont du plus haut intérêt pour le médecin et le chirurgien , parce qu'elles hii fournissent un moyen fort simple de compter les côtes et d'en apprécier le rang, connaissance fort utile dans l'opération de l'empyème, et aussi dans les rapports de médecine légale.

DE U rolTRlNÉ.

La seconde série des digitations latérales delapoîtrîne (i> est souvent formée par celles du grand oblique , entre-croisées avec les précédentes. Alors la pointe de ces digitations , encore anguleuses, est dirigée en arrière et correspond au bord inférieur de chaque cÔte. Dans ce cas , celles du grand dentelé sont toujours plus saillantes et plus prononcées que celles du grand oblique , probablement parce qu'elles correspondent plus spécialemont h la surface externe des côtes, qui est saillante, et qu'elles sont plus épaisses, tandis que ces dernières répondent plus particulièrement à l'espace uitercostal , qui est déprimé , et paraissent d'ailleurs plus minces. D'autres fois, mais ce cas est plus rare, on reconnaît, en y apportant un peu d'attention, que les digitations de cette seconde série correspondent précisément aux articulations des côtes avec leurs cartilages . articulations plus volumineuses que la suite de l'arc dont elles font partie. Ces digitations ne sont autre cliose, alors , que les saillies costoarticulaires déjà signalées h la région mammaire. Elles sont arrondies, parce que ces renflemens articulaires le sont eux-mêmes. Elles sont d'ailleurs rangées sur une ligne directement oblique en bas et en arrière , qui , en descendant , s'éloigne de la dernière digitation visible du grand dentelé et ne se courbe jamais , comme le fait la ligne de la première série. Je crois avoir observé cette disposition de la seconde série des digitations de la poitrine , surtout chez les hommes maigres dont les os sont volumineux. Mais , parfois , çette série est formée on partie par les digitations du grand oblique , en partie par les renflemens articulaires des côtes; ce qui apporte assez de variétés, et même des irrégularités trèssinguhèrcs et une sorte de désordre dans ces digitations ,

(i) IM, III, 90,95, 98.

DE L.i POITUINE.

comme je crois en trouver un exemple dans le Laocoou. Un pareil désordre me paraît devoir être rejeté des compositions Lcllcs et sévères, et ramené à des formes plus régulières, et partant plus agréahlcs.

Une troisième série de digitalions , aussi rares et plus irrégulières que celles dont je viens de parler, est prodmtc par les saillies que font parfois, en s'unissant les uns avec les autres, les cartilages des fausses côtes , qui bordent la base du thorax (i). Ces saillies suivent exactement le Lord de l'échancrure antérieure de la poitrine (A) .

En résumé , on ne voit ordinairement qu'une série de digitations sur la poitrine, et elle appartient au grand dentelé. On en voit assez souvent deux. Alors la première est celle du grand dentelé , et la seconde répond aux digitations du grand oblique ou aux saillies costo-articulaires. On en volt quelquefois trois , et alors cette série, sur-ajouléc aux deux précédentes , répond aux articulations des cartilages des fausses côtes les uns avec les autres (a).

(A) Les extrémilés de ces cartilages asternaux forment des saillies évidentes et trop détachées sur l'Hercule de Farnèsc. On trouve jusqu'à quatre séries de digitations sur l'if ercule, 432 ; je n'en ai jamais compté autant sur la nature , et je doute qu'il soit possible de les y voir. Je ne les ai jamais vues, non plus , aussi régulièrement coordonnées qu'elles le sont sur l'Hercule de Farnèse.

(ft) La minceur des parois du thorax dans la région sousaiillaire, c'est-à-dire dans les côtés de la poitrine, est telle, qu'il n'est pas étonnant'que les poumons y puissent être facilement blessés. Par la môme raison, nous y auscultons aisément les bruits divers qu'y a découverts la sagacité prodigieuse de Laennec. Cette partie est formée inférieurement par des

DE LA rOITÎ\Î^E. 121

Il n'est point de partie que les anciens aient plus altérée que les côtés de la poitrine, cl où leur ignorance on anato-

côtes si mobiles, qu'il est assez rare d'y voir des fractures. Leur plan jsest ordinairement Isi sensible au toucher, qu'on en reconnaît plus aisément les fractures que dans aucune autre région, et souvent môme on ne peut les reconnaître dans une autre , que parce qu'on peut aisément presser ces côtes dans la région sous-axillaire, pour déterminer la crépitation et un mouvement dans les fragmens. Les divisions antérieures des artères intercostales y sont si rapprochées des bords voisins des côtes correspondantes, que si l'on avait à agrandir une blessure, pour évacuer un épanchement de sang dans la poitrine , il faudrait toujours suivre le milieu de chaque espace intercostal. Au reste, ces artères y sont très-déliées, et il sei'ait toujours aisé d'en arrêter l'hémorrhagie , même sans recourir à l'altirail des moyens qu'on a proposés pour cet usage.

Ces côtes, ordinairement si faciles ù compter en se guidant sur les reliefs formés par le cartilage de la seconde côte, par l'angle externe et inférieur de la région mammaire sur !a cinquième côte, et par la première des digitations visibles du grand dentelé sur la sixième, ont des rapports Irès-intércssans avec les poumons , le foie, la raie et l'estomac : je les ai signalés à la région sous-mammaire (P. 92). Mais elles en ont d'autres avec les plcTros, que personne, je crois, n'a étudiés ni exposés. Les plèvres se réfléchissent du diaphragme sur les côtes, en suivant une ligne oblique en bas et en dehors, qui, commençant vers le cartilage de la septième, finit vers celui de la douzième, et laisse, à la rigueur, assez déplace, au-devant du bord externe du grand dorsal, au niveau de la dixième côte, pour pénétrer dans les plèvres par l'opération del'empyème, sans inciser sur ce muscle qui augmente de toute son épaisseur les parties à couper. Mais comme on peut trouver l'espace un peu étroit, comme la plèvre droite ne descend pas précisément aussi bas que la gauche, c'est entre la neuvième et la huitième, et

122 DU VENTHE.

mie devienne plus sensible. Ils les ont altères en leur donnant trop d'étroitesse ou trop peu d'étendue d'avant en ar^ ricre , ils les ont allcrés en en déplaçant les saillies; et celle double faute dérive du développement exagéré qu'ils ont donné à l'échancr-ire antérieure de la poilrine , comme nous le rappellerons plus bas h l'occasion de celle échancrure. Girodct , qui s'inspirait toujours h leur école , s'est encore égaré ici avec eux , et plus qu'aucun des artistes des temps modernes. Quelque grand que soit le mérite des chefsd'œuvre de l'antiquité j il eut été mieux de ne pas les imiter dans leurs erreurs; car ce ne sont pas ces erreurs qui font la beauté de ces admirables ouvrages. Il est pourtant trois statues antiques , où les formes des côtés se rapprochent plus de la nature que dans les autres : ce sont le Torse antique , le Gladiateur et surtout la statue mutilée de l'Ihssus.

Le ventre ou l'abdomen est , pour les anatomistes , toute la portion du torse comprise entre la poitrine et l'exlrémilé inférieure du tronc , qui est connue en anatomiesousle nom de bassin. Le ventre offre d'assez grandes variétés de volume, et par suite de formes, chez les divers individus ; mais je le suppose médiocrement saillant , comme on le voit chez beaucoup de sujets adultes. Alors il est légèrement

tout près du bord externe du grand dorsal, sous la troisième digitalion visible du grand dentelé, qui est l'avanl-dernière, que je proposerais de faire cette opération, à droite comme à gauche , si on voulait la pratiquer sur le côté. Ce point offre peu d'épaisseur, les divisions de l'intercostale y sont très-petites; il est d'ailleurs très-déclive, quoiqu'il le soit moins que la partie inférieure du sillon latéral du dos, que j'ai proposée comme un des points d'élection de l'empyème les plus favorables. ( Foj.

ion

Î>TJ VENTRE.

comprimé de devant en arrière , et offre par-devant et parderrière deux sm^faces assez larges , et sm< les côtés , au contraire , deux surfaces assez étroites. La première est le .entre proprement dit; la deuxième, la surface des lombes ou les reins; les deux dernières sont les flancs.

La surface du ventre est particulièrement celle qui regarde en devant. Saillante et bombée chez les personnes grasses, aplatie et rentrée cliez les personnes maigres et affamées par le jeûne , cette surface offre mille degrés de saillie. Un sillon qui , du creux de l'estomac ( i ) , descend j usquà la cicatrice orbiculaire du nombril ou ombilic (2), et quelquefois se prolonge même à un ou deux travers de doigt au-dessous, oîi il s'efface enfm entièrement, la creuse de haut en bas sur la ligne médiane (5) (a) . Ce sillon est du

(i) P. I, III, 54. (.2) 100.(3) 92. , («) Le sillon médian du ventre n'étant formé , au-dessus du nombril, queparlalij^neblancbe, ou, si l'on veut, pjir lerapbé aponévrotique du ventre, très-visible en ce lieu , entre les muscles droits de l'abdomen écartés, on conçoit très-bien pourquoi il est sujet aux hernies et aux évenlrations. {Foj. Pipelet , Noav. Obs. sur la hernie de la vessie , et de l'estomac, dans Mém. de l'Acad. de c'iir. , t. iv, obs. 3, 6,7.) Eu^effel, outre que les parties aponévrotiques se laissent assez facilement distendre, et résistent moins, pendant la vie, que les parties charnues des muscles , la ligne blanche est plus mince que les muscles droits qui la bornent latéralement. On conçoit aussi, d'après ce que je viens de dire, pourquoi la ligne blanche reprend difficilement son étroitesse et sa fermeté première, chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfans. Les rapports de celte ligue, en haut, avec l'estomac permettent à ce viscère de s'y échapper. Garengeot, qui a fait connaître ces hernies, en a rapporté et cité des exemples, qu'il était bien raisonnable d'attribuer à cet organe. (Voy. Mm. de l'Acad. de cliir. ,

1 24 DU VJENTI\E.

à l'écarloment des muscles droits do rabdomcii au-dessus de l'ombilic (A); et c'est précisément parce qu'ils se rap-

t. I. , p. 5i8.) On en trouve aussi dans le mémoire de Pipelet, quoiqu'il n'eu ait pas toujours indiqué le siège d'une manière assezprécisc pour les esprits sévères {(oc. citât. ^ obs. 4~5). Les rapports de la ligne blanche, à un ou deux doigts au-dessous de l'appendice xiphoïde , avec le colon transversc et l'épiploon , leur permettent aussi d'y faire hernie. — L'absence de vaisseaux visibles dans la ligne blanche rend ses blessures peu graves, lorsqu'elles ne pénètrent pas dans le rentre. L'innocuité de ses blessures , et ses rapports avec la vessie distendue par l'urine , avec l'utérus déployé dans toute la cavité du ventre par la grossesse, l'ont fait choisir pour y pratiquer la ponction de la vessie, et l'incision de l'utérus, lorsqu'on ne peut évacuer le premier de ces organes par aucun autre moyen , et que le second ne peut accoucher, ni par ses propres forces, ni par les secours de l'art.

(A) Ce sillon médian du ventre a été conservé sur le Prêtre égyptien d'ancien style, 36i. Il est bien modelé sur l'Apollon du Belvédère, sur l'Hercule de Farnèse, sur le Génie funèbre, 22; sur l'Apollon Sauroctone, ig; surleCentaure, i54; sur le Bacchus, i54, où après avoir disparu, il se remontre au-dessous de l'ombilicj comine on le voit quelquefois dans la nature; sur le Bacchus, 2o3 ; sur le Tibre, 2^9; sur l'Antinoiis, 204; sur le Gladiateur, où il se prolonge même audessous de l'ombiiic; sur le Silène, 709; sur le Jason, 710; sur le Germanicns, 712; sur l'Hercule, ^02) sur le Marsias, 23o. Le Guide l'a également rendu sur son Hercule tuant l'hydre [jio/jG]; sur son Centaure Nessus [io43]; sur son Saint Sébastien [io43]; Ant. Carrachedans son Déluge [927], sur un homme qui , parvenu sur un roclicr, implore ,^ avec une admirable expression de désespoir, la clémence du ciel; Rubens, sur l'Apollon du gouvernement de la reine [690]; Lebrun, sur son Crucilix aux Anges [1 tS'J; David , sur toutes

prochent au-dessous de l'ombilic (i), jusqu'au point de se touclier et de se presser l'un l'autre , que le sillon médian ne s'y montre qu'à peine, ou point du tout. 11 s'y montre si peu , qu'ordinairement le ventre reste saillant sur la ligne médiane , pour se déprimer assez brusquement au pubis , et y former quelquefois , surtout chez les gens gras , une sorte de sillon demi-circulaire qui regarde en haut par sa conca- Tité (2). Il peut même arriver, chez les personnes qui ont beaucoup d'embonpoint, qu'un sillon semblable se présente Udeux travers de doigt environ au-dessus, par suite du développement de la graisse autour de l'ombilic (3) (a).

les figures où il a pu lo représenter, dans ses 'Sabines et son Léoniilas nuxThermopyles ; Girodet, sur un Turc nu de la Révolte du Caire, sur son Endymion, sur l'homme adulte de la scène du Déluge.

(i)P. 104. (3) 118. (3) ii3.

(a) Lorsque ce sillon sas-pubiaire exislc , et que l'on doit pratiquer la ponclion de la vessie au-dessus du pubis, c'est au point ou le sillon croise la ligne médiane du ventre , qu'il faut introduire le Irois-quarts. On pense généralement que cette opération ne peut servir qu'à évacuer les urines , et nullement au traitement d'un rétrécissement de l'urètre , et, par suite de cette idée, qu'on doit y recourir seulement pour évacuer les urines , lorsqu'on ne peut parvenir à la vessie par le calhélérisme forcé ou tout autre moyen. Quoique la ponction de cet organe soit une opération fort simple , et à peu près sans douleur et sans danger, on ne doit jamais assurément y avoir recours , que lorsque la vessie, étant distendue à l'excès , menace de se rompre, et lorsque, d'ailleurs on n'a pu réussir à la vider des urines qu'elle renferme. C'est là le principal usage de la ponction : néanmoins elle servirait avantageusement, ensuite, à la guérison du rétrécissement de l'urètre qui aurait pu la provoquer. En effet , après avoir dissipé les accideus inflamma-

iaO bu VENTRE. I

I.C nomLrll occupe à peu pri:s le milieu de l'clcndue corn- )i

prise cnlre l'extrcmilé inlcricure de l'appendice xipîioïde et èl

la région du pubis, et par conséquent il est un peu plus i|

près de celte région que du creux de l'estomac (a). k

Latéralement s'observe le plan du muscle droit de l'abdomen. Il se prolonge de la région sous-mammaire jusqu'au j pubis , en se dirigeant obliquement en bas vers celui du côté i; opposé (i). IlsQ rétrécit aussi en descendant (u); mais il pa- li raît gagner en saillie ce qu'il perd en largeur , disposition ii

toires par les antiphlogisliques , on pourrait employer des injections liquides ou gazeuses par l'urètre, avec d'autant plus d'abondance et de succès, qu'elles s'échapperaient avec facilité par l'ouverture sus-pubienne. ij

(a) Le nombril étant le point par où passent les vaisseaux j qui lient l'enfant à la mère avant l'accouchement, il n'est pas , étonnant qu'il s'y fasse des hernies congénitales. Ce phéno- ( mène est moins étonnant encore, lorsqu'on se rappelle que ] cette hernie est primilivement un état normal, et qu'à une , certaine époque de la vie utérine , les intestins se trouvent dans ]i le cordon ombilical. On concevra très-bien encore les hernies ombilicales des femmes qui ont eu plusieurs enfans , si l'on se j rappelle ce que j'ai dit plus haut sur l'extensibilité des apo- ( névroses et du tissu qui les forme. On comprendra aussi, par . .les mêmes raisons, l'apparition des hernies qui se font assez j souvent autour de l'ombilic, chez l'adulte. — Les connexions de j l'ombilic avec l'ouraque , dont la cavité primitive se conserve ^ quelquefois; ses connexions avec le sommet de la vessie , distendue par une rétention d'urine, expliquent : les premières, comment il est des individus qui rendent leurs urines par l'om- , bilic , depuis l'enfance , et les secondes , comment il en est qui j les rendent accidentellement par cette voie. (F oy. les obs. de Cabrol et de Littre , etc., rapportées par M. Boyer dans ses Mal, c/tiV., t. VII, p. 541 et suiv., et t. IX, p. /jG.)

(i) P. I, m, 95, io5, loc), (a) 114.

duc h ce que les fibres charnues du muscle droit du yeatrô se resserrent au-dessous de l'ombilic en un faisceau plus étroit et un peu plus épais. C'est cet excès d'épaisseur qu'il faut attribuer la saillie prononcée du ventce au-dessous de l'ombilic (A) .

Le plan des muscles droits , chez les sujets dont les formes musculaires sont vivement exprimées, se montre partagé, au-dessus de l'ombilic, en plusieurs méplats quadrilatères, réguliers ou irréguliers, par des sillons transversaux très-supsrficiels (1) , que la peau produit en s'enfonçant et s'attachant sur les intersections fibreuses qui divisent le

(A) II est peu d'artistes qui ne fassent pas sentir la saillie des muscles droits au-dessous de rombilic. On en trouve ded exemples sur le Génie Funèbre , 22 ; sur fApolIon Sauroctone , 19; sur le Centaure, i54; sur le Baccbus, 2o3 ; et la forme en est exacte. Ces muscles droits m'ont paru trop larges en haut sur l'Anlinoûs, 234 » ^^op prononces sur le Silène, 709; bien sur le Germanicus, sur l'Apollon Pylhien , sur l'Hercule de Farnèse , sur i'Anlinoûs, sur l'Hercule, 453; sur le Marsias, 200; très-imparfaitement imités sur le Prêtre égyptien, 56i. On les retrouve avec une belle forme, sur le Centaure du Guide [1048] ; on ne les distingue qu'en partie, à cause des ombres excessives dont il les a couverts, sur son Saint Sébastien [io43] ; ils sont bien sentis dans le Déluge de Carrache , sur l'homme au désespoir qui étend ses bras vers le ciel [927] ; mais mal rendus dans le Jésus ressuscité de Bronzino [887] ; faiblement indiqués dans le Jésus crucifié de Prud'hon [242] ; généralement bien distincts et bien exacts , flans les tableaux du Léonidasanx ïhermopylcs et des Sabines; bien aussi dans les figures de la scène du Déluge et de la Révolte du Caire, par Girodet; mais trop larges dans son Endymion.

isS DU VF.NTRii.

muscle droit dans louLc sa largcr.r. Les anciens ont presque conslammcnt régularisé ces mt^îals sus-oml)iIîcaux du muscle droit , dans leur nombre et dans leur figure, en en faisant deux méplats h peu près carrés, séparés par dessillons ■ transversaux (a). Si la peau se déprime sur les intersections fibreuses qui les séparent, c'est parce que celles-ci n'égalent point, par leur épaisseur, l'épaisseur des parties charnues du muscle. On dislingue encore , sur le plan des muscles droits, immédiatement au-dessus de l'oinLilic, un sillon léger, correspondant au pli qui se montre sur le ventre, au moment de la flexion da corps en avant (A).

(a) La présence des artôres sous-sternales et épigastrlques, en haut et en bas des muscles droits , lesquelles y répandent d'assez gi'osses divisions vasculnires qui deviennent très-déliées vers l'ombilic, exposent les blessures de ces muscles aux lîémorrhagies , et les rendent plus graves que dans beaucoup d'autres points du ventre. Les artères épigaslriqucs se dégagent de dessous les cartillages costaux, le long des bords de l'écbancrure antérieure de la poitrine , et vis-à-vis l'extrémité inférieure de l'appendice xiphoïde. L'incarcération des muscles droits dans une gaîne fibreuse robuste , les expose aux étranglemens dans leurs inflammations. Celte incarcération exigerait, dans le cas d'abcès de ces muscles, qu'on en incisât la gaîne pour éviter que le pus ne se portât en bas et en arrière des muscles, où le péritoine est presque à nu , et où le pus pourrait fuser dans le bassin, devant la vessie , comme j'en ai trouvé un exemple dans les pavillons d'anatomie de la Faculté. L'incarcération des petits muscles pyramidaux du ventre, chacun dans une gaine particulière, offre bien moins d'intérêt et d'importance que celle des muscles droits.

(A) On distingue ces différens sillons sur le Génie Funèbre, 22; sur l'Apollon Sauroclone , 19, où on les voit à peine ; sur le Centaure, 10^, et le Tibre, a'jQ, deux statues où Icurirrégu-

Après le plan des muscles droits, vient, en dehors, un sillon que je nomme st7/oîz /aitW du ventre (i). 11 est placé audessous du mamelon , et environ à un travers de doigt en dedans. Ce sillon part de la saillie qui proéminc en bas sur les cotés de la hase de la poitrine (2) , saillie latérale , que je nomme costo-abdominaire. Il se dirige h peu près verticalement en bas , suivant une ligne qui aboutirait h un ou deux travers de doigt en dedans de l'angle antérieur de l'ilium (3) , ou même sur cet angle, ce qui est fort rare (4). Le sjllon latéral du ventre est borné en dedans par la saillie du muscle droit (5) , en dehors par la saillie des fibres charnues du muscle grand oblique du ventre , insérées en relief sur leur aponévrose (6) , comme les fibres charnues le sont partout sur le tissu ligamenteux (A). La minceur des parois du ventre.

larilè rappelle les irrégularités delà nature.Elles sont trop prononcées, je croîs, dans le Pollux, ai8. Ce défaut ne s'observe pas dans le Gladiateur ; dans le Germanicus , 712; dans le Mar- Sias, 23o. On n'en voit point sur le Prêtre égyptien, 56 1. Si maintenant nous jetons les yeux sur les tableaux des peintres, nous les reirouvons sur le Centaure Nessus du Guide [1048] ; sur le Turc nu de la Révolte du Caire [81]; sur le Tatius du tableau des Sabines , par David [09] , où ces intersections sont aisées à reconnaître.

(i)P. I, III, loi , lie. (2) 102. (3) 110. (4) 111. (5) io5, 109. (6) 106, m.

(A) Le sillon latéral du ventre s'aperçoit au premier coup d'oeil sur l'Apollon Pylhien, où il est large et superficiel, comme dans la nature; sur l'Hercule de Farnèse , où il est trop profond et trop distinct; sur le Génie Funèbre, 22; sur l'Apollon Sauroctone, 19. Il est peut-être trop large sur le Centaure , i34, et moins profond que dans le Génie Funèbre , quoique les muscles en soient beaucoup plus prononcés. Il

i3o b« VKNxnîî.

«lans la ligne f}u*occupo le sillon blcral , comparée Ji leur tipaisscur en dedans et en dehors , sur les muscles que je viens d'indiquer, explique parfaitement la dépression qui le constitue. Ces parois ne sont si minces, sur celte ligne, que parce que les fibres charnues du grand et du petit oblique de l'abdomen , et même du Iransverse, dans les trois quarts inférieurs de la hauteur du ventre , ne s'étendent pas jusqu'au

est bien placé sur le Baccbus , 1 54 ; sur le Bacchus , ao3 ; et sinueux comme un S sur le PoUux, 218, ce qui n'est ni beau ni naturel. Il est mieux sur l'Anlinous, 23^, et exact à droite sur le Gladiateur; mais je ne l'ai jamais vu se diviser en haut, comme on le voit sur cette stalue : cela tient-il ù sa pose? Ce sillon est trop profond sur le Silène, 709; il est mieux sur le Jason,7io, et sur le Gernianicus. Il est excessivement prononcé sur l'Hercule, 432; mais la figure étant idéale, il ne faut pas s'étonner d'une pareille exagération. Il eft bien en place sur le Marsias, 25o.

On le distingue mal sur l'Hercule du Guide [1046]; mais trèsfacilement sur son Centaure Nessus [1048] ; sur le Jésus montant au ciel, par Ant. Carrache [giS]. Il a de l'exactitude dans le Déluge d'Ant. Carrache [927], sur l'homme qui, dans son désespoir, étend expressivcment les bras vers le ciel ; mais il est mal exprimé dans le Jésus réssusciléde Bronzino [887] ;et trèslégèrement indiqué dans le Jésus crucifié de Prud'hon [242]. Il produit un bel effet sur le Turc nu de la Révolte du Caire par Girodet; mais il est trop régulier, trop étroit, trop linéaire sur son Endymion , où je crois voir des inspirations même exagérées des lignes symétriques de l'antiquité. Il se rapproche de la nature dans l'homme adulie de la scène du Déluge ; mais ici, comme dans le Turc cité un peu plus haut, il imite surtout l'Hercule de Farnèse. David a beaucoup moins sacrifié aux belles formes conrentiouncUes do l'antique les belles formes de la nature.

imiscîe droit , et ne laissent que des ajionévroses pour fermer l'aLdomen dans le fond de cette dépression. Aussi ce point estil le moins épais des parois du ventre , avec le sillon médian (a).

Au sillon latéral succède en bas un méplat sus-inguinalre , (jui est triangulaire (A) , et borné en dedans par le bord obli-

(a) Le sillon latéral du ventre se prêterait facilement, par sa minceur, à la ponclion de l'hydropisie ; mais les branches externes de Tépigastrique , qui le traversent obliquement , en se portant eu haut et en dehors, pourraient être blessées, et sans être très-volumineuses, elles pourraient fournir une hémorrhagie assez abondante pour inquiéter et obliger le chirurgien à de petites opérations, toujours douloureuses et alarmantes pour le malade. Cet accident serait moins à craindre d'ailleurs , ou môme il ne serait nullement à redouter si l'on pratiquait la ponction' dans la moitié supérieure du sillon, i deux doigts au-dessus de l'ombilic, par exemple» Le sillon latéral , par sa minceur et sa structure aponévrotiques, se prêle à la formation de hernies ventrales. J'en ai vu deux en cet endroit, une de chaque côté, sur un porteur d'eau qui en avait d'autres encore, et qui n'en continuait pas moins sa fatigante profession. Il est probable que beaucoup de hernies ventrales se montrent dans ce sillon; mais les analomistes ayant négligé l'étude des formes du corps, les chirurgiens n'ont point pensé jusqu'à ce jour à s'ea servir pour donner plus de précision, soit à leurs observations, soit à leurs procédés opératoires : aussi n'iudiquenl-ils que vaguement la situation de la plupart des hernies ventrales dont ils rapportent l'histoire, et me trouvai-je dans l'impossibilité de citer des exemples bien authentiques des hernies du sillon latéral.

(A) Le méplat sus-inguinaire est distinct sur l'Apollon Pyihien; sur l'Hercule de Farnèse , sur l'Hercule, 433; sur riiudymion de Girodet, oCi il est idéal. Il se confond avccle

iSa BU VENTRE.

que du muscle droit (i) , en bas par le pli de l'aine (2) , en dehors par la saillie des fibres charnues du grand oblique , faisant un relief plus ou moins arrondi et quelquefois anguleux, dont j'ai déjà parlé (3). Ce relief est arrondi parce que ces fibres s'attachent à l'aponévrose suivant une ligne courbe (A). Il aboutit en bas à l'angle antérieur de l'ilium (4), toujours saillant en avant chez les gens maigres , et en haut à la saillie latérale de la base de la poitrine (5). Il a la convexité de sa courbure tournée en dedans. On voit quelquefois serpenter dans le méplat sus-inguinaire , la veine tégumenteuse du ventre , dont les racines et le tronc se dirigent vers l'aine; mais, h part ces saillies, qui d'ailleurs manquent souvent, le plan sus-inguinaire est assez uni h sa

pli de l'aine sur l'adulte de sa scène du Déluge [80]; et on le reconnaît sur le Léonidas aux Thermopyles de David , et sur son Talius.

(1) P.I, III, Î14. (a) Il 5, 119. (5) 106, II 1.(4) m. (5) 102.

(A) Le relief du grand oblique est peu arrondi sur l'Hercule de Farnôse; sur un Turc nu de la Révolte du Caire [81], par Girodet, et sur l'adulle de sa scène du Dèkige [80] , figures qui me semblent inspirées par l'Hercule de Farnèse. Ce relief est plus arrondi sur le Génie Funèbre , 22 ; sur le Centaure à gauche , i54. Il est manqué sur îe Bacchus, 154. 11 est bien rendu sur celui du n° 2o3. Il est très-évident sur le Pollux, 218; sur le Marsias, 25o ; mais moins exact à droite sur le Tibre, 349. Il recouvre son exactitude sur l'Antinous, 254; survie Gladiateur , sur le Silène , du moins adroite, sur le Germanicus , sur l'Hercule 432; sur l'Apollon Pythien. J'en dois dire autant pour le Centaure dessus du Guide [1048]; pour le Christ en croix dePrud'hon [242] ; pour les tableatix de Girodet, pour ceux de David , quoiqu'ils s'écartent un peu de ia nature, surtout ceux du premier.

Ce relief est au contraire un peu anguleux sur le Jason [710];

DU VENTRE. lo3

surface. Ce plan est déprimé parce que les parois du ventre y sont plus minces qu'en dehors et en dedans ; et elles y sont plus minces parce que les fibres charnues du muscle grand oblique ne s'y prolongeant pas , on ne trouve , à la place qu'elles auraient pu occuper, que l'aponévrose abdormiuale, qui est sensiblement moins épaisse (a).

sur l'Hercule tuant l'hydre , par le Guide [1046] ; sur le Jésus ressuscilé de Bronzino [887] .Cette forme est plus rare et mo semble moins belle que la première.

(fl) En bas et en dedans du plan sus-inguinaîre passe obliquement l'artère cpigastrique, se portant en haut et en dedans et venant du tiers interne du pli de l'aine, et presque du milieu de sa longueur où l'on sent battre l'artère iliaque qui lui donne naissance. Elle coupe le bord ext»;rne du muscle droit à environ deux doigts au-dessus du pli de l'aine, et aboutirait à trois travers de doigt au-dessous de Tombilic, si elle suivait toujours la même direction. — La faiblesse des parois du Yentre, dans tout lepk n sus-inguinairc ^ les expose beaucoup à être forcées par la pression continuelle des viscères. Aussi je suis convaincu qu'on a pris plusieurs fois pour des hernies inguinales externes ou internes des bernies qui ne s'étaient faites ni par l'une ni par l'autre des fossettes inguinales du péritoine, mais un peu plus baut et à travers l'épaisseur du plan sus-inguinairc lui-même. Pour moi , j'ai déjà disséqué des cas de ce genre sur des cadavres qui paraissaient porter des hernies inguinales ordinaires, et je ne doute pas que les chirurgiens qui voudront y faire attention ne trouvent des cas semblables.

Les rapports assez voisins de l'iliaque externe avec le plan sus-inguinaire, qui s'en rapprocbede plus en plus, de haut en bas, et derrière lequel elle descend obliquement en avant, par suite de l'inclinaison de l'ouverture supérieure du bassin en ce sens, permettent d'atteindre cette artère pour la lier, dans

Enfin sur la surface du ventre se montre on dehors une partie de la région des flancs que je décrirai plus bas (i). Celle région en forme les limites latérales; et, réunie à l'échancrure anlérieurc de la poitrine et h l'écliancrure antérieure du bassin , elle circonscrit l'étendue de la surface du ventre.

Uéchancrure antérieure de la poitrine se montre tantôt

le cas de blessure ou d'anévrysme, en incisant, obliquement en haut et en dehors, le plan siis-inguinaire. L'incision doit être commencée à deux travers de doigt au plus , au-dessus du milieu du pli de l'aine, et prolongée à cinq ou six doigts plus haut, suivant la profondeur à laquelle on est obligé de porter la ligature. Elle doit suivre le milieu du méplat sus-inguinaire , parce qu'on s'éloigne ainsi également de l'artère épigaslrique , qui monte sous le muscle droit , et de l'artère circonflexe de Hlium , qui parcourt la convexité de cet os , et qu'on risque moins de diviser des rameaux considérables qui pourraient en émaner. En procédant ainsi, on arrive sur les vaisseaux sans détour sensible, et il ne reste, après avoir coupé les muscles , qu'à détacher le péritoine de la losse iliaque pour les mettre à découvert. C'est ainsi, à peu près, qu'ont opéré tous les chirurgiens, aujourd'hui assez nombreux, qui ont lié l'artère iliaque externe, savoir : Abernethy, Freer, Toralinson, A. Cooper, Delaporte , Goodiad,. Dorsey, Ramsden, Albert, Brodie, Norman, Lawrence, Bouchet, Moulaud, Dupuytren , Collier, Smith Soden, Colles, que je cite d'après la traduction d'Hogdson , par M. Breschet, où se trouvent consignées les observations de la plupart de ces chirurgiens (Mal. des Art., t. II, p. 201). C'est aussi à peu près de cette manière qu'a opéré le docteur Stevens, quand il a lié l'artère iliaque interne à un demi-pouce environ de son origine, pour un anévrysme de l'artère fessière, qu'il a guéri par cette brillante opération (Hogdson, loc. cit. , t. I, p. aSo). (1) P. I, III, io6, 107.

anguleuse (i), comme on le voit chez les-sujets très-maigres et surtout chez les enfans grêles et élancés, tantôt approchant de la forme demi-circulaire (2). La théorie de la pre- Diicre forme se trouve dans le squelette. L'échancrure an^ térieure de la hase de la poitrine y forme en effet toujours un angle assez aigu, ouvert en has , et dont les côtés convergent sur le pédicule assez étroit de l'appendice xiphoide, saillante de trois travers de doigt dans le sinns de l'éçhaft^ crure (A) {a].

(2) P. 111, 88, 94,97- , j (A) Je ne citerai guère d'exemples de la forme anguleuse de

l'échancrure antérieure de la poitrine sur les antiques; je ne me rappelle pasyen avoir trouvé, si ce n'est sur un prêtre égyptien du premier style, 36i, ou d'ailleurs elle est loin d'être bien .rendue ; sur l^lissus où elle est au contraire pleme de vérité; sur l'Antinous, et peut-être encore sur quelques autres. J'en citerai davantage dans les ouvrages des artistes modernes qui se sont bien plus assujettis à suivre la nature que les formes symétriques de l'antiquité. C'est ainsi qu'on l'observe sur l'Hercule tuant l'hydre de Lerne, par le Guide [1046] ; sur son Hercule mourant [lo/jg] ; sur son Centaure dessus [1048] ; sur le Jésus montant au ciel, par Ann. Carrache [915]; dans le Déluge d'Ant. Carrache, sur un malheureux 'au désespoir, qui, les bras étendus, implore la pitié du ciel [927]; sur le Jésus ressuscité, de Bronzino [887]; sur le Christ descendu de croix, par Yan-Mol [698]; sur le Christ crucifié de Prud'hon [242] , où elle n'est pas cependant trèaanguleuse; sur l'aveugle du Léonidas aux Thermopyles, par David, et sur un cadavre au premier plan dans la llévolte du Caire, par Girodet [Si]; deux figures secondaires quece»deux grands peintres n'ont pas jugées dignes sans doute des formes antiques, qu'ils semblent réserver pour les figures principales, (a) Dans l'ouvcrlure de cette cchancrure scmontre ,àdoite et

DU VEItTRE,

La seconde forme est Lien plus rare : elle fi été beaucoup plus suivie par les sculpteurs de ranliquil6, et ils en ont exagéré la régularité (A). Elle est plus difficile 5 comprendre que la première ; mais on y parvient avec un peu de rc-

en haut, lout[Ie long des cartilages des côtes et sous l'appendice xiphoïdc, le foie qui les déborde , en sorte qu'un coup d'épée peut l'atteindre en cet endroit.

A deux travers de doigt au plus de l'appendice du sternum et à droite, aboulit lajveine ombilicale ou le cordon qui la remplace chez l'adulte, remontant obliquement depuis le nombril. La présence de celte veine en cet endroit , quoiqu'elle soit presque toujours oblitérée, ne permet de débrider, dans la direction qu'elle suit , ni les plaies du ventre, ni les ouvertures des hernies, lorsqu'elles étranglent les viscères qui y passent et dont on ne peut faire la réduction. Ce précepte est fondé. En effet, on trouve quelquefois son canal Conservé : Fabrice de Hilden en rapporte un exemple (obs. 47, cent. i). Le canal était tellement considérable qu'on y aurait pu faire passer une plume d'oie. — L'estomac occupe le centre et la gauche de l'échancrure antérieure de la poitrine; les corps oontondansjlesinstrumens piquans et Iranchanspeuveutl'y atteindre aisément, et ces blessures sont toujours graves. Des vomissemens de sang ou d'alimens mêlés de sang, quelquefois l'issue par la plaie des matières alimentaires, tels en sont les caractères propres. — Les attaches assez minces du transverse de l'abdomeu, sur les côtés de l'appendice xiphoïde, ne suffisent pas toujours pour résister aux viscères du ventre, et il n'est pas rare d'y voir se former des hernies épigastriques. On en trouve deux exemples dans le mémoire de Garengeot sur plusieurs hernies singulières [Mém. de l'Acad. decliir. t. I, p. 5i8.)

(A) Les statuaires de l'antiquité ayant généralement donné à l'échancrure de la poitrine, la forme d'une courbe régulière, il n'est presque pas d'antique où l'on ne puisse l'observer. Celte i'orme est frappante sur le Génie funèbre, 22 ; sur le Centaure.,

cherches et de réflexion. Je me suis assuré qu'elle est formée par l'exlrémilé supérieure du muscle droit du ventre , qui , remplissant le sommet de l'échancrure de la poitrine, depuis l'extrémité inférieure de l'appendice xiphoïde jusqu'à la mamelle , oLlige le sillon qui suit le bord de cette échancrurc , h se porter horizontalement , et en se courbant un peu , vers l'extrémité inférieure de l'appendice dont je viens de parler, ainsi que je l'ai déjà expliqué à l'occasion de la région sous mammaire (p. 90).

Cette forme étant produite par l'épaisseur de l'extrémité supérieure du muscle droit , on conçoit aisément pourquoi elle manque constamment chez les sujets maigres et élancés, dont les muscles ont peu de développement.

Il y a une troisième forme que j'ai signalée encore en décrivant la région sous-mammaire ; c'est celle où l'angle supérieur de l'échancrure de la poitrine semble tronqué entravers au lieu d'être régulièrement arrondi; enfm, il paraît qu'il en est une quatrième que j'ai vue sur plusieurs statues , mais que je n'ai pas encore clairement observée sur le

où elle est trop large; sur le Gcrmanicus ,712; sur l'Hercule, /j53, où son bord est choquant par son exUême saillie. Elle s'observe à peine sur le Gladiateur, et c'est avec plaiair que -je l'y distingue difficilement, car il est peu d'ouvrages antiques qui s'écartent moins de la nature. Parmi les artistes modernes , David et Girodet surtout se sont inspirés sur l'antique; David résiste encore à cette impulsion dans la figure de son Talius, mais il s'y abandonne entièrement dans son Léonidas. Quant à Girodet , rien ne le retient; il va même plus loin que les artistes grecs , par la largeur excessive qu'il donne à celte échancrurc, et il détruit tous les rapports naturels qui la lient aux autres formes du ventre, en raccourcissant à son gré la longueur des dernières côtes , comme on peut le voir surtout dans son Endvmiou.

i38 DU VENTnn.

vivant, c'est celle oii rappcndico xiphoïJc fait saillie dans réchancrurc, qu'elle divise pour ainsi dire en deux arcades. On en voit un exemple très-frappant sur le Marsias , et un exemple moins évident, quoique sensible encore, sur le Laocoon. Dans tous ces cas , la Lasc de l'échancrure de la poitrine n'alteint, ordinairement, pas la largeur de l'écliancrure antérieure du bassin, et ne s'étend guère, de.cliaque côté, que jusqu'à une ligne verticale qui aboutirait au pli de l'aine , à un doigt en dedans de l'os de la hanche.

Le contour de l'échancrure antérieure de la poitrine présente assez souvent un rebord uniforme et légèrement arrondi : d'autres fois, au contraire , il offre une série de saillies . peu régulières qui sont formées par l'union successive des cartilages costaux, asternaux, et aussi par la convexité de leur courbure qui regarde en bas (i). Je l'ai déjà dit plus haut , ce sont ces saillies qui sont la cause de la troisième série de digitations que l'on voit parfois sur les côtés de la poitrine (A). Ce bord se termine en bas, précisément au-

(A) Les saillies des cartilages asternaux sont très-évidentes sur l'Hercule Farnèse , et sur l'Hercule 4^2, on en distingue aisément trois. La première correspond aux septième et huitième cartilages costaux, trop exactement confondus en un seul plan qui est, d'ailleurs, trop horizontal. La seconde répond m au neuvième, et la troisième au dixième. On en compte au Mil moins quatre dans le Marsias, 23o ; disposition en harmonie avec mi l'état de suspension oOiil se trouve. Ces saillies sont d'ailleurs jji trop rondes et trop isolées dans ces statues. On les trouve plus confuses et telles qu'elles sont dans la nature , dans les ouvrages des artistes modernes , sur l'Hercule tuant l'hydre [1046]» sur l'Hercule mourant [10^9] ; sur le Centaure Nessus, tous trois du Guide; sur le Jésus montant au ciel, par Ann. Carrache [913] ; dans le Déluge d'Ant. Carrache, sur un homme au

J)t) VfNTRE.

tlessus du sillon latéral du ventre, par une saillie arrondie que forme le cartilage de la dixième côte, recourbé en haut, h cet endroit. C'est la saillie latérale de la base du thorax, ou Lien encore la saillie costo-abdominaire (i) , déjà indiquée plus haut.

L'écliancrure antérieure et supérieure du bassin qui circonscrit la surface du ventre en bas s'étend depuis l'angle antérieur de la hanche (2) , ou de l'ilium d'un côté, jusqu'à la saillie des pubis, au-dessus des organes de la génération, et de Ih jusqu'à l'angle de l'ilium du côté opposé, en sorte qu'elle est bornée latéralement par le pli des aines, et au milieu par le sillon horizontal qui surmonte l'articulation des pubis. Tantôt, le pli des aines, se courbant régulièrement en quart de cercle , comme on le voit sur un homme adulte dont l'embonpoint surcharge le ventre proéminent , forme une échancrure demi-circulaire qui embrasse le bas-ventre dans sa courbure. Tantôt les plis des aines descendent obliquement et directement jusqu'à la région des pubis, où le sillon horizontal , qui en parcourt le bord supérieur et la limite en ce sens , achève l'écliancrure, et lui donne la figure d'un triangle à, sommet tourné en bas et tronqué en travers, au-dessus des organes génitaux. Cette disposition est, je crois.

désespoir, les bras étendus vers le ciel qu'il implore [927] , sur le Christ descendu de croix, par Yan-Mol [SgS] ; sur le Crucifix aux anges, par Lebrun [n8]. Parmi les artistes de nos jours , Girodet les a imitées de l'Hercule de Farnèse , sur le Turc nu de la révolte dn Caire [81] , et sur l'adulte de la Scène du Déluge. David s'est inspiré à la même source , mais avec un peu plus d'indépendance, ainsi qu'on peut le voir sur le Talius de ses Sabines , et sur plusieurs figures de son Léonidas aux ïhermopylcs.

(i)P. I,III, 103. (2) P. III, ni.

l/lO DU Vr.NTRU.

plus commune que la préccdenlc. Elle s'observe surtout clici les adolcscens, les jeunes gens, et aussi sur la plupart dc" hommes maigres et dont les chairs ont encore la fermeté dl la jeunesse. Elle tient h. ce que le ligament inguinal ou cruu ral , formé par l'aponévrose repliée de l'abdomen et dugran oblique en particulier, suit une direction oblique assez droit* ' je dis assez droite , parce qu'il se courbe légèrement en bas dans sa moitié externe où il adhère à l'aponévrose fémc raie (a).

(a) Les rapports du pli de l'aine avec le cordon testiculaiir qui en suit supérieurement la moitié interne ; ses rapports e< arrière avec l'artère crurale, le norf de même nom qui est e dehors, la veine crurale qui est en dedans, et qui tous tro t se trouvent vers le milieu de la longueur du pli, rendent sc' blessures fort dangereuses, et l'exposent à des anévrysm(c et à des varices, capables de simuler des hernies, par leii \olume quand le malade est debout, par leur affaissemeic quand il est couché, par leur accroissement dans les efforts^ jjar le gargouillement qu'elles produisent lorsqu'on les rédui I (Yoyez-en une obervation curieuse dans la thèse de M. J. C1(j quet , pour le concours de la place cic chef des travaux anatco iniques, 1819. )

Les connexions de l'aîne avec de nombreux ganglions l'ess posent aux engorgemens inflammatoires, et surtout à des cm gorgcmens syphilitiques, par suite de la continuité de a^' ganglions avec les vaisseaux lymphatiques qui naissent d(o organes extérieurs de la génération. Ses connexions avec 1! gaîne fibreuse du muscle iliaque et avec du tissu cellulaire ass sez abondant, placé au-dessus et au-dessous du ligament ioi guinal , enfin avec les mêmes ganglions lymphatiques, l'expon sent à des abcès de sources assez différentes. Ses connexiorn avec la branche du pubis l'exposent à être soulevé par dec exosloscs nées de la branche horizontale de cet os. Ses con;:

ta première disposition, c'cst-à-dire la courLure régulière de l'éciiancrure antérieure du bassin trouve sa cause dans 1q

nexions avec l'arliculalion coxo-fémorale permettent à la tête du fémur de s'y déplacer, comme il arrive dans les luxations en haut et en dehors , et par suite de le distendre douloureusement, ainsi que le nerf crural refoulé alors en haut et en dedans, avec le psoas et l'iliaquo réunis.

Les rapports du pli de l'aîne avec le cordon lestîculaire chez l'homme, le ligament rond chez la femme, qui en suivent supérieurement la moitié interne ; ses rapports avec le canal crural qui le traverse vers le milieu de sa longueur; sa position dans le point le plus déclive de la paroi antérieure du ventre, l'exposent à deux genres de hernies que l'on désigne par les épilhèfes d'inguinales et de apurâtes. Mais, comme les premières s'échappent par le trajet que l'on nomme improprement le canal inguinal, c'est-à-dire le long du cordon sus-pubien et en dehors de l'artère épigastrique , ou directement d'arrière en avant, par la fossette inguinale interne du péritoine , et en dedans de l'artère que je viens de citer , il en résulte qu'il y a deux espèces de hernies inguinales , non comprises celles qui se font dans d'autres points du pian sus-inguinaire, et dont j'ai parlé plus haut; comme les secondes se glissent dans le canal crural ou se fraient un chemin en dehors de celte ouverture, ainsi que M. J. Cloquet en a cité une observation , il y a aussi deux sortes de hernies crurales. Quoique le pli de l'aine n'ait ordinairement de connexions immédiates qu'avec l'intestin grêle , tous les viscères du ventre peuvent émigrer dans ces hernies, à l'exception des reins qui sont les seuls qu'on n'y ait point encore vus.

Le rapport du pli de l'aine avec la terminaison de l'arlcre iliaque externe et la naissance de la fémorale qui en est la continuation , et qui correspondent l'une et l'autre à un travers de doigt au plus en dedans du milieu de sa longueur; ses rapports avec la veine salel'ilc de ces artères, qui est en dedans , et

■|2 hU VKN'TRF..

poids des visciîres du vonire, qui fait flécliir et couiLcr leligament inguinal ou crural, et par suite le pli de l'aine

avec le nerf crural qui esten dehors; ses rapports avecrarlcrej épigaslrique et rarlôre circonOexe de l'ilium qui naissent t de la fin de l'artère iliaqueexterne, la première, en avant et eux dedans, la seconde, en dehors; enfin ses rapports arec le cor-don sus-pubien, déjà rappelés, permeitraient de lier ces vaisseaux, en incisant la peau immédiatement au-dessus du lij^ament crural, dans l'étendue de deux pouces, et vis-à-vis lee tiers moyen du pli de l'aine et dans sa direction ; en repoussantt en haut le cordon sus-pubien, et en parvenant jusqu'à ces artères, avec toutes les précautions qu'exige une opération aussi i délicate. (Bogros, T/iès. de la faculté de médecine de Paris,, n« 1 53 , 1823. ) Les rapports de l'artère fémorale avec le pubis I sur lequel elle repose permettent de l'y comprimer avec sr.. cès. J La présence de l'épigastriquc au-dessus du milieu du pli dé: l'aine , sa présence en dedans des hernies inguinales externes et \ en dehors des hernies inguinales internes, doit faire adopter: le conseil qu'a donné Scarpa dans son Traité des hernies, de: débrider directement en haut dans celles dont nous parlons,, pour éviter la lésion de cette artère. Sa présence en dehors desl hernies qui se font par l'ouverture intérieure du canal crural :1 la présence d'une de ses divisions les plus déliées en dedans? de cette ouverture, et derrière le ligament de Gimbernat; lerenforcement de celte même division chez certains sujets, 'où 1 elle remplace l'artère obturatrice; la présence de l'artère cir- ■ conflexe de l'ilium placée aussi en dehors du canal crural; la', présence du cordon sus-pubien en avant et en haut; enfin la' présence des vaisseaux cruraux au-dessous et en arrière de ce même canal; l'entourent d'un cercle vasculaire, partout volumineux quand l'obturatrice naît de l'épigastrique. Il semble dès-lors que, dans ce dernier cas et même dans tous, le dé« ^ bridement d'une hernie crurale étranglée doive être fort dangereux. Il en serait ainsi, en effet, si l'opérateur chargé de l'oxé-

t)t VENfRÈ. l/jâ

voilà pourquoi on l'observe chez les gens dont le ventre est surchargé d'embonpoint. On peut aussi l'observer , quoique moins prononcée , chez un homme maigre , mais un peu avancé en âge , parce qu'avec le temps , le poids des viscères abdominaux finit par relâcher le ligament crural , et le courber s ensiblement en bas [a) (A).

cuter ne connaissait tous ces dangers, ou agissait avec peu de précautions ; mais ces dangers s'évanouissent, pour ainsi dire, si l'opérateur est habile, prudent et sûr de sa main; et, soit qu'il débride en haut et en dehors, en dedans ou en avant même, il peut éviter tout accident. Qu'il prenne un bistouri courbe, boutonné, grossièrement tranchant sur sa courbure, depuis son bouton jusqu'à trois lignes au-delà, bien affilé dans les trois lignes d'étendue qui suivent; qu'il ne fasse que commencer, avec le tranchant affilé du bistouri, l'incision des parties ligamenteuses qui étranglent la hernie, et il en produira aisément Téraillement , avec la partie dont Le tranchant est èmoussé. Les vaisseaux fuiront alors devant son instrument, à peu près aussi incapable de les diviser que le bistouri à lime, de J.-L. Petit.

(à) La courbure du pli de l'aîne, la saillie du ventre en bas, prouvent que les viscères en pressent davantage les parois eii bas qu'en haut, dans l'état ordinaire, et motivent suffisamment le précepte qui recommande aux chirurgiens de débrider I toujours en haut les plaies du ventre qui doivent être débrî- P dées, afin d'éviter, autant que possible, la formation des her- ) nies parles cicatrices, qui affaiblissent toujours les points où j elles siègent.

! (A) L'échancrure antérieure et supérieure dubassin estcourbe j dans la plupart des statues antiques , et profonde et régulière i comme les ornemens de nos anciens meubles , dans l'EIins S Yerus, 268; dans l'Adrien, 276; dans les Hercules, 452 et 45b} I sur le Suivant de Bacchus, 485; sur le Discobole, 704 ; surl'Her- I cule dcFarnèse, Elle se rapproche davantage de la nature , sur

Vous avez du observer que les anciens ont singulièrement systématisé les formes du ventre : mais ce sont surtout les méplats des muscles droits , les échancrures antérieures de la poitrine et du hassin , quelquefois les sillons latéraux du ventre et les plans sus-inguinaires qui ont captivé leur imagination et ont exercé leur goût pour les formes régulières

le torse antique, rApoHon Pyllilcn et le Gladiateur , 262. On larelrouve encore régulièrementarrondie etprofonde, quoique moins choquante , sur le Turc nu de la Révolte du Caire , par Girodet, et sur son Endymion. Eile forme un sillon courbe plus léger, dans le Mercure, a65; dans le tableau de l'Incrédulité de saint Thomas par Salviati, [ii84;] sur l'Apollon du gouvernement de la reine , par Rubens [890] ; sur le Léonidas aux Thermopyles, de David.

Cette échancrure figure un angle tronqné sur le Tibre , 249; sur le Faune, 583; sur l'Athlète, 591 , quoique les sillons eu soient un peu profonds pour un adolescent ; sur le Bacchus, 428; sur la statue colossale du Monte-Cavallo; sur l'IIercule tuant l'Hydre, par le Guide [1046] ; sur un homme qui, dans leDùlugc d'Ant. Carrache [927] , implore , les bras étendus, la pilié du ciel , et sur un autre qui relire un vieillard des eaux. Elle offre le même caraclèrc dans le Tatius de David, dans l'adulte de la Scène du Déluge par Girodet, probablement à cause de la pose de la figure. '

Les anciens, et quelques artistes modernes, ont souvent: marqué un second sillon courbe au-dessus de l'échancrure antérieure et supérieure du bassin, lequel aboutit à droite et ài gauche au bas du sillon latéral. Telle est la disposition que: l'on observe sur le Faune, 4o5-, sur l'Hercule tuant l'hydre,, par le Guide [1046] ; sur plusieurs figures du Léonidas aux; Thermopyles et sur le Talius des Sabines , par David ; surr rEndymion de Girodcl, où il forme une ligne d'une régularité' compassée.

et symétriques. Ils auraient dû respecter davantage la nature, dans les formes de l'échancrure de la poitrine, et les statuaires romains en particulier, dans celles de l'échancrure du bassin. Ils me semblent aussi avoir accordé au ventre un peu plus de hauteur qu'il n'en a réellement. Cette disposition me paraît sensible dans le Gladiateur. Elle donne beaucoup d'élégance et de svelte aux statues antiques; et, parmi ces chefs-d'œuvre, ceux où le ventre est modelé avec le plus de vérité , sont peut-être , avant toutes les autres , rilissus, puis le Gladiateur, le torse antique, ensuite l'Apollon Sauroctone, leGermanicus et l'Apollon pythien {a) (A),

(a) Le ventre que nous venons de décrire, renfermant, sous des parois plus ou moins épaisses, des viscères creux qui peuvent contenir des gaz, des viscères massifs etpesans, comme le foie, enfin une grande cavité membraneuse, où des gaz et des liquides peuvent s'accumuler , rend des sons très-divers, quand on le percute dans les différens points de son étendue, sur ces divers organes, et dans ces diverses circonstances. M. riorry a étudié ces sons nombreux, avec beaucoup de patience et de sagacité, dans ces derniers temps. {Foj. son ouvrage^ sur la Percussion médiate. )

(A) Sculpture moderne. Le ventre est d'une exactitude et d'une nature médiocre sur l'Esclave de Michel-Ange, 5, d'une nature plus noble dans son Esclave, 7, mais encore d'une exactitude imparfaite. Il est d'une grande beauté sur l'Hyacinthe de Callamard, 27. L'échancrure du bassin est trop haute ou trop profonde, dans le Narcisse do Caldérari , 34. Des fossettes latérales, qui se montrent dans le sillon latéral du ventre , au moment de la flexion, s'observent sur les nations vaincues de Francheville , 5i , 63 , où le ventre manque d'ailleurs de beauté. Il est au contraire parfaitement exécuté sur l'Homère, de Roland, 75, d'ailleurs un peu inspiré sur l'antique. Il y a beaucoup de vérité, mais peut-être trop peu d'action musculaire, dans le ventre du Milon du Puget, 77,

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