‹ Anatomie des formes extérieures du corps humain [electronic resource]Chapitre 16 sur 60 · DES FLANCS · texte numérisé non relu

DES FLANCS

Les flancs sont les régions latérales du ventre. Ils sonti interceplés entre la Lase de la poitrine et la hanche; entre le sillon latéral du ventre, et les régions lombaire et dorsosous-scapulaire. Les limites supérieures des flancs sont ordinairement peu distinctes; tout au plus s'expriment- elles par un sillon très-léger, large et superficiel, qui semble produit par les inflexions latérales du corps, et qui se porte directement en arrière (i ) (A). 11 n'en est pas de même par eni

Parmi les indications qui réclament impérieusement,, et sans relard, la Jombo-seclion , je dois mentionner la nécescilé de lier les vaisseaux du rein, dans les plaies de cet organe, compliquées d'une hémonbagic qui menace le malade d'une mort prompte ou d'un épancbement funeste dans l'abdomen; peut-être puis-je ajouter, pour certains cas pressons , fort rares à la vérité, la nécessité d'amputer le rein , de lier l'aorte, de comprimer la veine cave ou de la lier aussi.

Quelle audacieuse cbirurgie ! s'ccriera-t-on peut-être: quelle audacieuse cbirurgie !.. .. et si un rein calculeux , se fondant parla suppuration, conduisait le malade au tombeau par unç émaciation et un dépérissement que l'on ne pourrait arrêter j si l'aorte ou la veine cave blessée, la mort semblait déjà s'emparer de sa victime palpitant encore dans ses mains, la lui abandonneriez-vous sans combat, ou craindriez-vous une opération peu douloureuse, plus simple, plus facile, et réclamée plus impérieusement encore que la ligature de l'aorte, pratiquée par A, Cooper, ou telle grave* opération césarienne qui a ramené à la vie une malade léguée à la mort , comme une proie qu'on ne pouvait plus l«i disputer?

(l) P. III, 102, io3.

(A) Ce sillon des flancs est devenu , entre les mains des artistes de l'antiquité, la source d'une forme conventionnelle. Ils l'ont si profondément creusé, qu'on le croirait produit

l)as : la hanche dcssme Ih , d'avant en arrvîèrc, un relier (lemî-circulaire très-prononcé (i). Ce relief, au premier abord , paraît formé par la crête iliaque ; telle est en effet sa disposition chez les sujets maigres (a). Cependant, chez sujets dont les muscles ont un grand développement , c'est moins la crête ihaque elle-même que les muscles larges de l'abdomen, h leur insertion sur ce bord osseux, qui produisent ce relief; carie sillon ae /a /w;ic/ie , qui le suit en-dessous, est creusé précisément en dehors de la crête de l'os des îles, et sur sa partie la plus saillante. Ce relief est trop fort , et le sillon qui le suit, trop profond, sur les antiques ; il s' unit en

par l'insertion du muscle le plus superQciel du flanc, 4 une cûle qui serait horizontale: or il n'y a li, ni insertion musculaire, ni côte horizontale. Celte exagération estj)n ne peut plus- sensible dans l'Hercule de Farnèse, dans le Torse antique, dans l'E. Yérus, 268; dans l'Adrien, ?.^6; dans le Mercure , 297 ; dans le Suivant de Bacchus , 485 ; dan» le Discobole , 704 ; dans le Silène , 709 , et une foule d'autres. Cependant, il est des figures antiques où ce sillon est aussi léger que dans la nature, et aussi superficiel. On en trouve un exemple sur l'Apollon du Belvédère, sur l'Antinous , sur l'ilissus, où il est parfait. Mais ce n'est pas seulement en lui donnant trop de profondeur, que les aqciens statuaires de la .Grèce et de Rome se sont éloignés de la vérité : c'est aussi en le plaçant trop haut, comme on le voit dans le Gladiateur, 262 ; dans le Discobole, 704; dans l'Hercule de Farnèse, dans le Torse antique , dans le Monte Cavallo , et dans beaucoup d'autres statues où le flanc prend alors trop de hauteur.

A l'exception de Girodet et de quelques autres, les artistes îîes temps modernes ont tous évité cette forme adoplive. . (0 P. III, m, 112; P. II, 125, 124.

(«) La saillie que la crête iliaque fait en dehors, l'expose aux fractures. Cette saillie est aussi un des points où les fractures de rilium sont le moins difficiles à reçQnnaître.

l5G DU VIîNTnE.

outre par un angle beaucoup Irop prononcé avec le pli do '. l'aine : ce sont encore là autant de formes adoptivcs, qui ; n'ont même rien de beau ni de gracieux; aussi , à l'exception de quelques artistes et de Girodet en particulier , personne ne me paraît avoir cherché h les imiter, depuis la re- j naissance des arts. | La surface du flanc est concave de haut en bas , chez les ; personnes maigres, et droite ou convexe chez les personnes dont le ventre est chargé d'embonpoint. Elle est convexe d'avant en arrière chez tout le monde. Enfin chez les hommes . musculeux et un peu maigres, de la nature du Gladiateur , par exemple , elle forme , par suite de la superposition en cet endroit des plans charnus des muscles larges du ventre , un excès d'épaisseur qui fait relief sur le ventre en avant et sur la hanche en bas. Cependant je ne l'ai jamais vu aussi prononcé que dans la plupart des statues antiques, bien que j'aie vu des bras et des jambes qui ne leur auraient rien cédé pour l'énergie des formes musculaires (A) : cet excès de dévelop-

~ (k) Le relief des flancs, c'est-à-dire de la portion charnue du grand oblique du ventre sur l'os de la hanche, ne manque pourtant pas tout-à-fait de Téritc sur le Tibre , 249; sur l'Antinous , 234; sur le Gladiateur, 262; sur le Mercure, 265 ; sur les Athlètes, Sgi et SgS; sur le Faune, 4o3 : mais il en a davantage encore sur l'Apollon Pythieû, et surtout, parmi les antiques , sur le fleuve llissus. Il n'en manque pas non plus dans les ouvrages des peintres modernes : sur l'Hercule tuant l'Hydre, par le Guide [1046]; sur plusieurs figures du Déluge de Carrache [927]; sur l'Apollon du gouvernement de la reine, par Rubens [690]. Mais il est exagéré, comme dans la plupart des antiques, sur le Turc nu de la Révolte du Caire, par Girodet [81] ; il l'est moins sur l'adulte de la scùne du Déluge [80]. On voit d'ailleurs distinctement dans ces deux figures , au-dessous du relief des flancs, la crête de l'os de la hanche. Cette

pement est analogue l'excès de volume du grand pectoral, exagération que j'ai signalée plus haut (A).

Le bassin , qui termine le tronc en bas /comme la tote le termine par en haut , semble appartenir autant aux membres inférieurs qu'au tronc lui-même. Nous allons en décrire les formes en l'examinant successivement par devant , par derrière , en dehors , et enfin en bas.

Lebassin ne présente par-devant qu'une région étroite i

disposition doit être fort rare, car je ne l'ai jamais pu rencontrer sur la nature, et je crois ne l'avoir vue que sur un trèspetit nombre de figures , peut-être même exclusivement sur le Suivant de Bacchus, 485. Le sillon qui contourne la hanche, d'arrière en avant, est trop profond, et uni à angle trop droit et trop marqué avec le pU de l'aine , sur le Mars, 260; sur l'E. Vérus, 268; sur l'Adrien, 276; sur le Mercure, 297 ; sur le Suivant de Bacchus, 485; sur le Discobole, 704. Il est trop profond pour un adolescent sur le Faune , 583. Il s'unit à angle peu naturel avec le pli de l'aîne, sur le Turc nu de la Révolte du Caire, par Girodet [81], ce qui lient, au reste, ù la perspective de la figure.

(A) Sculpture moderne. Le flanc droit manque peut-être de vérité sur l'esclave, 7, de Michel-Ange. Il est inspiré de l'anîque sur l'Hyacinthe de Callamard, 27, où il est d'ailleurs d'une grande beauté. 11 est moins beau, mais plus vraij dans l'Amour de Bouchardon, 5i. Il me paraît trop étroit, par suite de l'excessive élévation de la hanche, sur le Narcisse de Calderari, 54- Les flancs ne valent pas mieux que le ventre dans les nations vaincues de Francheville , 37, 49» 5i, 65, et dans son David, 68. Ils sont très-bien rendus dans l'Homère de Roland, 75. Ils manquent peut-être un peu d'énergie, proporlionncllcmcnt aux jambes , dans le Miloa du Pugct, 77.

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