DES DOIGTS
Tout le monde sait que ces organes sont inégaux en volume et en longueur. Le pouce n'atteint pas la seconde phalange de l'index, et l'index arrive à peine à la racine de l'ongle du doigt médius. Ce dernier dépasse le doigt annu-
(a) Le cinquième os du métacarpe est latéralement recouvert par une si légère quantité de parties molles qu'il est ai.*é, au besoin, d'en faire l'amputation, soit dans son articulation avec l'os crochu , le dernier des os du carpe , soit dans sa continuité. De toutes les méthodes à suivre pour ces opérations, la meilleure est assurément celle que M. Scoutetten a désignée sous le nom de méthode ovalairc , dans l'ouvrage qu'il a publié sur les amputations par cette méthode. Ce n'est pas qu'elle soit nouvelle ; nous l'avons enseignée nous-même depuis longtemps, dans nos cours d'opérations : mais l'auteur que nous venons de citer, a contribué surtout à répandre ce genre d'amputation, un des meilleurs que Ton puisse mettre en usage dans une infinité de cas. — Dans la section du cinquième os du métacarpe il faut toujours le couper obliquement en bas, vers le
i)E LA MAIN. 227
laire , qui le suit , de plus de la moitié de la longueur de l'ongle, et l'aunulairc dépasse le petit doigt de toute sa dernière phalange. Je crois que ce sont là les rapports de longueur les plus ordinaires entre ces organes; mais il y a beaucoup de variétés à cet égard j et je m'en suis assuré par de nombreuses observations (A). Quoique la forme des doigts approche de celle d'un cylindre, ils offrent cependant quatre côtés distincts, un dos, un ventre et deux faces latérales; enfin ils tiennent h la palette de la main par leur base, et sont libres par leur extrémité onguéale.
La base de chacun de ces organes est attachée au reste de la main , par le moyen d'une articulation métacarpodigitale, et ils tiennent les uns aux autres par leurs commissures.
Les articulations sont élevées d'un travers de doigt , environ , au-dessus des commissures , en mesurant du point précis où l'on sent au toucher la rencontre des os. Ce point de rencontre est toujours immédiatement au-dessous de la saillie des têtes des os du métacarpe. Vers le dos de la main , ces articulations étendues laissent voir, sur une main maigre , de légères saillies , séparées par de faibles dépressions ; sur une main grasse et potelée , des creux séparés par des saillies graisseuses, analogues à celles que nous avons vues à la surface palmaire; Ces jointures sont couvertes , pour les trois doigts du milieu au moins, d*un disque de rides.
qualricme os, afin de diminuer, autant que possible, la saillie, et je dois dire la difformité , que cette amputation apporte tou- }0urs *u bord cuhilairé de la main, quel que soit l'art du chirurgien qui l'exécute.
(A) La longueur des doîgls varie beaucoup sur les ouvrages de sculpture et de peinture, mais ces variétés sont autorisées par celles de la nature elle-même.
£28 DE LA. MAIN. j
si je puis parler ainsi, figure orbiculaire oii Ton distinguer encore là saillie mouranle du tendon extenseur de chaque doigt (A). Ces saillies, à peine sensibles et toutes couvertes ^ de plis dans l'extension de la main, sont très-prononcéeset sans aucune ride dans la flexion des doigts; et alors elles ^ forment , pour ainsi dire, un relief aigu , au lieu d'être lar-gement arrondies comme le sont les têtes des os du méta-carpe. Cette disposition est due h ce que le tendon qui passe sur ces os, y soulève sensiblement la peau (B).
L'articulation se confond, dans le sens opposé, avec laa paume de la main. Aussi , c'est sur le côté palmaire de celte: jointure que se voient les saillies articulaires et les sailliess graisseuses , que j'ai décrites à la paume de la main.
Les côtés latéraux de l'articulalion du pouce, le côté interne de celle du doigt indicateur, l'externe de celle du petit doigt, sont libres et renflés. Les côtés voisins des artica-;lations des quatre derniers doigts sont invisibles et cacbéss parla commissure qui les unit. Cette commissure, lorsque^ les doigts s'écartent, se tend, entre chacun de ces orgaîies,. sous la forme d'une arcade ferme et résistante. Sa résis—
(A) La saillie mourante des tendons cxtenîeurs s'observe sur: la main ouverte de rApoUon du Belvédère; sur les mains dee l'Hercule de Farnèse; sur la droite du Léonidas aux Thermopyles, et de l'un des guerriers qui détachent des arbres leurî? armes pour le combat [58]. On retrouve encore cette saillie sur: la main gauche du.Turc abattu, dans la Révolte du Caire, pair Girodet[8i].
(B) Girodetl'aparfaitement rendue, dans saRévolte dt^Caire,', et bavid dans ses Sabines; et en cela ils ont eu, je crois, par-faitement raison de s'écarter des anciens, car ceux-ci, en doninant plus de largeur à cette saillie, ont adopté une forme qui;, sans être plus belle, est moins vraie.
DE li MAIN. 2 89
Il t ance dépend d'vme disposition anatomique qui n'est, jecrois, [I ludlement connue. Elle est due h un demi-cintre fibreux, lormé de fibres transversales au sommet de sa courbure , |j do fibres obliques sur les côtés, et qui vont de l'une des I bandelettes digitales de l'aponévrose palmaire à l'autre , ou à la gaîne ligamenteuse des doigts , en s'entrecroisant en X, le long du contour de l'arc de chaque commissure. La suite de ces commissures forme le bord inférieur de la main. Ce bord se courbe et remonte un peu obliquement vers le doigt indicateur , et un peu plus obliquement encore vers le petit doigt (A). Cette disposition est fort importante à connaître , pour donner à la paume de la maio sa véritable forme (a).
(A) Les artistes n'ont pas toujours bien rendu la courbure et, surtout, l'obliquité naturelle au bord inférieur de la main. C'est ce qui est arrivé à Drouais, entr'autres, dans son Marius [5i]. David, au contraire, ne tombe que rarement, et peut-être jamais , dans celte faute.
(a) Les rapports de la commissure, ou du bord inférieur de la paume de la main , avec les articulations métacarpo-phalangiennes, sont fort intéressans pour le cbirurgien. Ils lui montrent la possibilité d'amputer tous les doigts ensemble, comme l'a proposé M. Lisfranc. La forme nette et tranchée du bord inférieur de la paume de la main , la nécessité où l'on est de suivre sa direction courbe et oblique , pour tailler un lambeau palmaire suffisant , m'engagent à proposer de commencer cette opération par tailler le lambeau palmaire, pour attaquer ensuite les articulations par leur dos, et désarticuler les doigts du dos ù la paume de la main. Quoique les articulations du doigt du milieu et de l'annulaire soient, pour ainsi dire, enclavées entre les autres doigts, il est cependant possible d'y amputer ces doigts seuls, ou avec une portion de l'os correspondant du métacarpe.
ma
StûO DE LA MAIN.
L'extrémil(i ongu6ale des doigts se termine par l'ongle, que sépare de la pulpe une rainure plus ou inoins profonde. Lorsque les ongles sont un peu longs, ils dépassent la pulpe du doigt , se recourbent comme les griffes des animaux , et alors, la noLle main de l'homme , dont tant d'auteurs ont vanté la structure , ressemLlo assez bien à la pale crochue des bêles. Au contraire, lorsqu'on porte les ongles courts, la pulpe des doigts se relève gracieusement au-dessus , et le bout du doist semble se recourber vers son dos. Nos dames et nos petits-maîtres ont adopté la première forme. Les artistes de la Grèce antique ne se doutaient pas qu'un jour, les femmes d'un peuple qui a de l'esprit et du goût, se passionneraient pour des griffes de singe. Les artistes ont adopté la seconde. 11 en est même qui l'ont exclusivement choisie, ' pour embellir les mains de leurs femmes ou de leurs divinités, et l'ont par suite prodiguée et exagérée. Leur dessin sent alors l'affectation et la recherche. Peut-être Girodet est-il tombé dans ce défaut, en s'inspirant sur l'Apollon Pythien et plusieurs autres statues de l'antiquité.
Le dos des doigts , régulièrement cylindrique sur les phalanges, est couvert de plis figurant une ellipse sur rarticu*;^ lation des premières phalanges avec les secondes , et de quel- ques plis transversaux sur l'articulation suivante (A). Vient . enfin l'ongle et le croissant de couleur blanche qu'il pré- sente à sa racine.
Le ventre des doigts est , comme leur dos , arrondi eû \
(A) Les plis dorsaux articulaires des doigls sont sans doute : de bien pelits détails, elles statuaires de l'anliquilé ont bien pu i les négliger. Néanmoins, ils ont été quelqnelbis rendus sons * une belle forme conventionnelle , comme on en trouve d€3 ■ exemples sur TEsclave de Michel-Ange , 7 , et sur rflyacinlhe de Callamard, 27, qui appartiennent à la sculpture moderne.
DE LA. MAIN. 23l
çyllndre. Il est divisé par des plis transversaux qui correspondent aux articulallons des plialanges. Les premiers de ces plis se voient h la base des doigts , et les séparent de la paume delà main; mais leur nombre et leur disposition varient presque dans chaque doigt , et , dans les quatre dermers au moins , ils sont h sept ou huit lignes au-dessous de 1 articulation. Les seconds reposent sur la jointure de la première phalange avec la seconde; il yen a deux principaux, ordinairement , et le milieu de leur intervalle, à peu près, répond à l'arlicuiation. Les derniers s'observent a l'union de la deuKièmé phalange avec la dernière. On n'en trouve guère jgu'un seul, ou du moins qu'un principal, à chaque articulion, et il se trouve sur la jointure même , ou si peu audessus , que l'on peut dire qu'il y correspond exactement (a) . Au-delà de ces plis est enfin la pulpe du doigt , en opposition ayec l'ongle qui en termine le dos. Elle est due h un tissu cellulaire particulier fort élastique et fort remarquable. Les côtés latéraux des doigts ont des formes très-simples.
(a) On a cherché, dans ces derniers temps, à détermuier les rapports des plis des doigts et des arliculalions de ces organes, avec une précision toute mathématique. Ces rapports m'ont paru varier assez, pour n'avoir pas rigoureusemenl la précision malhéraaliciue qu'on leur attribue. Ces variations, au reste, ne rendent pas la désarticulation ou l'ablation des phalanges sensiblement plus difficile ; et , quoi qu'il en soit, les plis palmaires et les plis dorsaux doivent toujours, par suite de leurs connexions avec les arliculalions des phalanges, servir de guide au cbirurgien , soit qu'il commence l'amputation par le dos , soit qu'il la commence par le ventre des doigts,
la manière de M. Lisfraiic. L'opération est d'ailleurs pins rapide et plus facile , par cette dernière méthode, que par la première.
232 Dlî LA. MAIN.
lis aclicvciU la figure cylindrique do ces organes ; leur surface n'est qu'à peine troublée par les extrémités des plis articulaires des doigts, qui s'étendent jusque sur ces côtés.
Enfin, les doigts sontlbrmés de trois phalanges successives. Le pouce seul n'en a que deux , et on a lieu d'être étonné que l'un des auteurs du Laocoon ait mis h l'aîné de ses en- » fans , trois phalanges au pouce de la main gauche , non compris, comme de juste, le premier os du métacarpe. C'est une étourdcrie que l'on peut comparer h celle que j'ai signalée plus haut , sur le Jason , à l'occasion du sillon sler- Jiairede la poitrine (A) (a).
(A) Les mains sont d'une grande beauté sur l'Esclave, 7, de Michel-Ange. Les plis dorsaux des doigts y sont rendus sous des formes adoptives pleines de noblesse. Les doigts me paraissent bien longs dans le David , 68 , de Francheville. L'éminence hypothénar n'est pas assez élevée dans la main gauche du Milon, du Pujet, 77. Le dos de la main droite est peutêtre trop maigre et trop disséqué dans l'Homère de Roland, 7D, et l'extenseur du petit doigt est trop rapproché, au poignet, du faisceau de l'extHînseur commun ; mais ces taches sont bien légères pour une statue où il y a , d'ailleurs, tant de beauté et d'exactitude.
(a) La main que je viens de décrire offre une structure trèscompliquée et peu connue dans ses aponévroses. Celles-ci y forment , avec les os^ des gaines nombreuses, dont ont ignore à peu près entièrement la disposition. Ces gaines sont, 1° la gaîne palmaire ; 2° celle des muscles du petit doigt ; 5" celle des muscles du pouce; 4° celles des interosseux; et à ces gaines, qui appartiennent à la palette de la main, je dois ajouter enfin celles des doigts.
La gaine palmaire renferme les tendons des muscles fléchisseurs communs, les muscles lombricaux, les artères digitales, l'arcade palmaire superficielle, Je nerf médian et une partie du cubital. Elle est formée, en arrière, par l'aponévrose pal-
DES MEMnilES INFÈMEURS.
T'ES MEMBRES INrÉRIEIIRS,
Ils sont composés d'une suite de parties, qui correspondent rigoureusement h celles dont les membres supérieurs
maire, qui envoir, au bas de la paume de la main, de petites cloisons métacarpiennes, à travers les diverses parties indiquées cidessus; elle l'est, en avant, par une aponévrose mince qui sépare ces parties d'avec l'adducteur du pouce des auteurs, et en outre par le troisième, le quatrième des os du métacarpe , et une lame fibreuse palmaire, qui concourt à la formation de la gaîne des interosseux du troisième et du quatrième espaces métacarpiens ; elle est formée , en dehors , par la lame interne de la gaîne des muscles du petit doigt. Outre les cloisons métacarpiennes , qui sont assez fortes et se fixent profondément sur les lames palmaires des interosseux et de l'adducteur du pouce, elle en envoie de beaucoup plus petites, qui sont fort ^rrcgulières et forment une suite d'ouvertures fort curieuses à voir, au-dessus de la base des doigts. Par ces diverses ouvertures passent les différentes parties qui se portent aux doigis. Les tendons sortent de la paume de la main, deux ii deux, par une ouverture qui est le commencement de la gaîne des doigts. Les muscles lombricaux, les nerfs et les vaisseaux sortent par des ouvei-tures communes, placées dans l'intervalle de chaque doigt; mais ils y sont à peine engagés, qu'une lame ligamenteuse isole les lombricaux , en leur formant une petite gaîne particulière, jusqu'à leur attache aux phalanges.
Ces ouvertures ouvrent autant de voies de communication, qyi permettent aux inflammations et aux suppurations profondes et superficielles des doigts, de se transmettre dans la main.
-La gaîne palmaire communique largement, en haut, avec les gaines des muscles fléchisseurs, placées dans l'avant-bras, ce qui explique le passage si fréquent des inflammations et des suppurations profondes de la main dans l'avant-bras. Une pa-
bîî/» Ï)lî8 MEMBRES INFÉIHEUnS.
^Bont formés. Ce sont la hanche , la cuisse , la jamlie , le pied.
reille disposition oljlige d'ouvrir proitipleinent la gaîne pal- Xïiaire, dans les iiiflammalions profondes de la main. Celle oj)éralion l'ait cesser prorn[)lemenl rélranglenjcnt , qui est produit par la résislance de la gaîne palnnn're au gonflenicnl des parlies enflammées, et qui donne toujours beaucoup de gravité i\ CCS inflammalions- '
La gaine des muscles du petit doigt a une lame superficielle, formée par l'aiionévrc^e palmaire , une lame interne, qui est l'exlerne de la gaîne précédente ; elle est achevée en avant par le cinquième os du métacarpe. Celte gaîne se subdivite en trois gaines secondaires , une pour chaque muscle du petit doigt.
La gaine des muscles du pouce se subdivise réellement en deux ; l'une estsuperûcielle , l'autre profonde. — La gaine superficielle renfernie le courtabducteur des auteurs, l'opposant et le court fléchisseur. Elle est formée, en arriére, par l'aponévrose palmaire, très-mince en cet endroit, et, en avant, par le premier os du métacarpe. — La gaine profonde ne renferme que l'adducteur des auteurs, et une partie de l'arcade palmaire profonde. Elle n'est qu'en partie isolée de la précédente , par l'adhérence de l'aponévrose palmaire au tendon, ou mieux, à la gaîne du tendon du long fléchisseur du pouce. Elle est formée, en arrière^ par une des lames antérieures et profondes de la gaîne des fléchisseurs des doigts, qui est sa lame palmaire; en avant, parle second , le troisième os du métacarpe, et par les aponévroses palmaires des deux premiers espaces interosseux.
Les gaines des interosseux renferment les muscles de même Dom. Circonscrites par les os du métacarpe , elles sont closes en arrière par des" lames palmaires , et en avant par des lames dorsales; elles sont ordinairement partagées par une cloison , qui sépare l'un de l'autre les deux muscles qu'elles contiennent.
Toutes ces gaines sont réellement et visiblement ligamenteuses ou aponévrotiques. Il ne faut que de l'attention et de la patience pour les découvrir et les étudier.
et les diverses articulations qui les unissent. Nous allons décrire, successivement et séparément, chacune de ces fractions du membre inférieur, et leurs articulations. Mais la hanche et son articulation ayant été décrites avec le torse , dont elles font aussi partie, nous n'en parlerons plus, et nous commencerons, ou mieux, nous continuerons l'histoire des membres inférieurs par celle de la cuisse (A).
Ce membre est prismatique et triangulaire dans ses deux
Je ne dirai rien des gaines des doigts ; elles sont parfaitement connues. Loder en a donné une bonne figure, el une bonne indication de celles des tendons, dans sa collection analomique. {In vagina tendinum obscure apparent Ugainenta ammlariu, vaginnlia, cruciala et obliqua ,Tah. anat., pl. 20, f. 2.)
La peau des doigts adhère si fortement aux aponévroses sous-jacenles, et la gaîue des tendons embrasse si étroitement les tendons des muscles fléchisseurs, qu'on a cru y trouver l'explication de la gravité des inflammations des doigts connues sous le nom de panaris. Il est sûr que ces dispositions anatomiques concourent à y aggraver les inflammations ; mais je trouve tant de différence à cet égard dans les inflammations des orteils, qui ont une organisation analogue à celle des doigts, que je suis porté à croire que nous ignorons encore quelque chose sur les causes de la gravité des panaris. Néanmoins le dèbridement des doigts enflammés produit des résultats fort avantageux dans ces maladies; aussi est-il alors un précepte de rigueur.
(A) Les formes des membres inférieurs, comme celles des Supérieurs, ne sont que massées dans les statues de l'ancien style, que l'on voit dans la galle des monumens égyptiens ou de risis, n"^ 358 et suivans; et ces statues n'olfrent p.is des formes assez distinctes dans les détails, pour qu'on puisse en donner une indication claire et intéressante. .
(B) La cuisse a une direction et une forme affreuses sur le
tiers supérieurs, environ, en sorte, qu'il offre là trois surfaces, l'une en avant et en dedans, l'autre en dehors, et la troisième en arrière. Mais ces surfaces ne se distinguent Lien, que lorsque les muscles entrent tous h la fois en conlraclio n ; aussi peut-on les voir aisément sur la cuisse gauche du Gladiateur, où cette disposition est manifeste.
Le côté antérieur forme, par en haut, une sorte de hord arrondi. Il présente , h son extrémité supérieure , une légère dépression , au-dessous de la partie la plus avancée du contour de la hanche , ou au-dessous de l'angle antérieur de Vilium; c'est la fossette fcmoraire (i). Celte dépression est limitée en dedans , par la saiUie étroite et peu prononcée du muscle couturier (2) , en dehors, par le tenseur de l'aponévrose fascia-lata (5), qui viennent, tous deux, de l'angle de l'ilium. L'extrémité supérieure du droit antérieur de la cuisse, l'analogue de la longue portion du triceps brachial, en forme le fond, parce qu'elle est plus profondément placée que les deux muscles précédons. Comme cette dépression est si légère, dans l'homme qui se lient debout, qu'on peut ii peine l'apercevoir, il faut, afin de l'étudier dans un état où elle est très-profonde , et par conséquent très-distincte , s'efforcer de fléchir en avant la cuisse fortement retenue par un puissant obstacle (A).
Christ de Ilubens [676] ; elle est beaucoup mieux, sans être parfaitement belle, dans son Apolloa du gouvernement de la reine [690]. Elle me paraît un peu maigre, comparativement au bras, sur le Christ de Prud'hon [242]. Elle est bien médiocre sur le Crucifix aux Anges , par Lebrun [118]. (i) P. I, III, 120. (2) 116. (5j 117.
(A) La fossette fémoraire est distincte, du côlé gauche, sur le Gladiateur, 262 ; des deux côtés sur le Mercure, 297; sur le Faune dansant. /|o5. Elle est nulle surJ'Apollon du Belvé-
Diî LA CUI8SJÎ.
Au-delà (le cette fossette, la cuisse décrit, par-devant, une grande courbure convexe , que l'on n'apprécie Lien que de pi'ofd (i). Elle est due à la grande épaisseur du droit antérieur de la cuisse, et h la courbure de l'os fémur. Au reste, on ne la trouve bien prononcée que chez les individus très-musculeux , parce qu'elle dépend bien plus encore du muscle droit antérieur que de l'os de la cuisse (A) (a). Un
dère. On la retrouve sur l'Hercule de Farnèse, sur le Silène à gauche, 709. Elle est invisible sur l'Achille, i44j quoique ses formes soient , d'ailleurs, si franchement séparées les unes des autres. On l'enlrevoit sur l'Hercule luant l'hydre de Lerne, par le Guide [1046]; sur sonHercule dévoré par les flammes [lo/jf)]. (1) P. I, III, 5oo,5og, 3i4.
(A) La convexité antérieure de la cuisse est frappante sur le Tibre, 249; sur le Mars, 260 ; sur le Gladiateur d'Agasias, 262 ; surl'Apollon du Belvédère ; sur les Mercures, 265 et 297; sur le Faune dansant, ^o'ù; sur l'Hercule de Farnèse ; sur le Silène, 709, surtout à droite. Elle est d'une grande beauté sur la cuisse gauche du Jason, 710; et sur le Germanicus, 712, On en distingue quelque chose sur la cuisse droite de l'Hercule tuant l'hydre de Lerne [1046], par le Guide, quoique cette cuisse ne se voie que de trois quarts. La courbure antérieure de la cuisse gauche forme une belle ligne sur la Suzanne au bain , par le TIntoret [1209]; mais elle est trop prononcée sur la cuisse droite. Elle l'est peut-être trop peu, au contraire, sur le Christ de Prud'hon , comparativement aux courbures que présentent les bras [242]. Elle est d'une grande beauté sur la cuisse gauche du Léonidas aux ïhermopyles, par David [58] , et sur plusieurs autres figures du même tableau ; sur son Tatius dans les Sabines [09] ; sur le Turc nu de la Révolte du Caire, par Girodet [81]; sur la cuisse gauche de l'Adulte de la Scène du Déluge.
(a) La grande épaisseur des muscles, au-devant de la cuisse, coïncidant avec l'absence de vaisseaux; considérables, tes plaies
Si^S pi. LA CUISSli.
méplat Iriangulalrc, sus-rotulaiie, qui s'étend jusqu'au genou, lui succèdcen Las(i). La base de ce triangle correspond au genou. llestLornéen dehors parla saillie des fiLrescliarnues du muscle vaste externe (y) , saillie qui ne descend qu'à trois travers de doigt de la rotule , que l'on voit proéminer au-devant du genou (3). Le reliel" arrondi du vaste interne, dont les fibres charnues descendent en dedans de la hase de la rotule, circonscrit le méplat sus-rotulaire en dedans (4) (A) (a).
de colle région pourront êlre fort profondes, sans donner lieu à de graves hém onh.igies.
" (i) P.I, III, 320, 321. (2) 320. (3) 326,325, (4) 319, 324.
(A) Le méplat sus-rotulaire est large dans le Gladiateur, 2G2, Il n'est peut-être pas assez senti sur le David du Guide [102g]. Il i'est fortement sur le genou droit de son Hercule tuant l'hydre de Lerne [1046]. Il ne l'est pas assez sur le Saint Michel de Piaphaël [iiSl)]. Il n'est pas très-exact sur le Jésus montant au ciel, de Carrache [giS] , et encore moins, sur le soldat deboutàla droite du tableau. Il est trop prononcé sur le Jésus ressuscité, de Bronzino [887] ; sur le Faustulus de Pietro de Corinne [1142]. Il est méconnaissable sur le Christ de Rubeijs [f)75]. Il est beaucoup mieux sur son Apollon du Gouvernement de la reine [690]. On le reconnaît encore sur le Christ [242], dePrud'hon. 11 manque d'exactitude sur le Christ aux anges de Lebrun [118] . 11 est bien rendu sur le genou droit du premier des Horaces, dans le tableau de leur serment [37]; sur le genou droit du Léonidas aux Thermopyles [38] ; sur le même genou duTatius, dans les Sabines, tous trois par David; sur le Turc de la Révolte du Caire , par Girodet [81] ; sur le genou gauche de l'Adulte de la Scène du Déluge.
(fl) Le méplat sus-rotulaire correspond à la capsule synoviale du genou, qui remonte toujours à environ deux doigts au-dessus de la base de la rotule, dans l'état normal, et qui peut monter jusque vers le tiers supérieur de la cuisse , dans rhydropisicarliculaire. (Fo/.Boyer, t.IVj p. 463.) Il résulte de
i)E Ib. CUISSÈi s^fj
Ce méplat correspond au tendon commun du triceps fémoral et de son droit antérieur de la cuisse , et il est du, comme tant d'autres dont nous avons parlé, au relief des fibres charnues sur le tissu ligamenteux qui les reçoit.
La cuisse n'offre par-derrière qu'une surface cylindrique (i ) , séparée de la fesse par le sillon demi-circulaire qui embrasse celle-ci par en bas (2) {a).
La surface externe est un large plan , ferme au toucher, qui dessine i\ne grande ligne courbe , convexe. Cette ligne commence au-dessous de la isaillie du grand trochanter, succède h celle du muscle tenseur de l'aponévrose fémorale (3) (A), et finit assez brusquement en dehors du gcnoii.
U qu'une plaie da méplat sus-rotulaire pourrait bien pénctret dans l'arlicnlalion ; s'il s'en écoulait un fluide visqueux el filant, celle complication serait à peu près cerlaine , et elle aggraverait toujours la plaie.
(1) P. IL 5o6, 3o6. (2) 108, 159.
(fl) La cuisse présente, en arrière, une masse de chairs plus considérable encore que par-devant. Ce côté de sa circonférence correspond à une chaîne artérielle, formée par les artères perforantes, anastomosées les unes avec les autres, et avec les circonflexes et l'ischiatique ; en sorte que des blessures profondes pourraient y donner lieu à une héraori ha},M'e assez ahondcinîe, et quelquefois assez dilTicile à arrêter. Le même côté correspond au nerf sciatique. Ce rapport a conddt le médecin ù y appliquer des vésicatoires et même des moxas, contre la névralgie dite sciatique.
(5) P. I, II, 3o5, 5o5, 327.
(A) Le profil externe de la cuisse présente précisément ce caractère, sur le Gladiateur, 262 ; sur l'Apollon du Belvédère> à droite surtout ; sur l'Hercule deFarnèse; sur le Mercure, '^97; sur le Silène , 709 ; sur le Germanicus, 712; sur l'Achille , 1 44- La courbure du profil externe de la cuisse est sensible encore
'8^6 Dt lA CtllSSlï.
Le plan externe de la cuisse répond au muscle vasle exlernfe • qui le forme. On voit quelquefois sa ligne courbe se prolonger jusqu'à la hanche (A) , ou jusque vers le flanc, en s'unissant avec celle qui embrasse assez souvent, ensembb, la hanche et la saillie du grand trochanler. Celle grande ligne, d'un dessin large, s'observe surtout chez les femmes, où le tissu cellulaire comble les dépressions qui la coupent chez tous les gens maigres.
La surface externe de la cuisse est peu convexe d'avant en arrière; elle offre une belle ligue méplate, parfaitement dessinée dans le Gladiateur d'Agasias (a). Un sillon profond la borne en arrière (i) ; il est creusé sur l'aponévrose inter-
sur la cuisse droite du David du Guide [1029] , quoiqu'on le voie un peu obliquement; mais elle est surtout évidente sur l'Hercule mourant du Guide [1049]. Elle l'est moins et moins bien rendue sur la cuisse droite de l'Hercule [io4G] , du même peintre. Elle est assez exacte sur le Saint Thomas de Salviati [1184].. Elle est mal rendue sur le Christ de Rubens [675]. Elle est en partie visible sur le Léonidas aux Thermopyles de David [58] .
(A) La ligne externe de la cuisse remonte jusqu'à la haiiche, dans le Mercure, 260, du côté droit; dans l'Apollon, du côté droit, quand on l'observe dans une certaine perspective ; dans le Jason, 710. Elle paraît aussi remonter jusqu'à'la banche dans le Saint Thomas de Salviati [1184]. Elle y remonte évidemment surleTalius de David, dans les Sabines [59].
(fl) La surface externe de la cuisse correspond au point où
^ l'aponévrose fémorale a le plus d'épaisseur, et où le triceps fémoral présente la plus vaste aponévrose. Il résulte de là, que les abcès sous-aponévrotiques de ce côté éprouvent bien plus
^de peine à s'y faire jour au-dehors, que partout ailleurs, et que c'est ici , surtout , qu'il convient de leur ouvrir une issue par l'instrument tranchant.
musculaire externe , entre la saillie des muscles postérieurs (le la cuisse et le relief moins prononcé du muscle vaste externe (A). Ce sillon descend tout le long du biceps fémoral, et vient enfin mourir en dehors du genou. Chez quelques sujets, il produit, vers le quart inférieur de la cuisse, une branche qui va se perdre dans le creux du jarret , en coupant la saillie du biceps fémoral.
Si la surface externe de la cuisse a des limites tranchées en arrière, il n'en est pas de même en devant. Elle se continue là insensiblement avec le côlé correspondant.
La surface interne de la cuisse olFre, en haut, un large méplat sous-inguinaire, circonscrit par trois côtés distincts , qui lui donnent la figure d'un triangle (i) (B) : l'un de ces
' (A) Le sillon externe de la cuisse est sans division inférîeul-euient, sur le Gladiateur, 262 ; sur le Silène , 709; sur le Jason, 710, où il est peu prononcé ; sur rAcliilIe, i44) O'i H l'est beaucoup. Il est très-bien rendu sur le Romulus de David, dans les Sabines [.^9] ; sur l'adulte de la Scène du Déluge, par Girodct.
(i) P. II, III, ii5, i52, 5o2.
(B) Rarement le creux de l'aîne se montre bien nettement circnnscrit,' Néanmoins il l'est assez distinctement sur le Marsyas, 25o ; sur le Gladiateur , 262 ; il l'est à peine sur l'Apollon du Belvédère à gauche, et nullement à droite. 11 a d'ailleurs été raccourci convenlionnellement dans celle statue , par le pli abaissé delà cuisse. II est très-légèrement marqué, à gauche, sur le Silène , 709. Il est assez bien rendu sur l'Apollon du Gouvernement de la Reine, par Rubens [690]. Il est trèsprononcé, mais les détails n'en sont pas très-exacts sur le Turc nu de la l\évoltc du Caire, par Girodel [81] ; il est plus prononcé encore sur la cuisse gauche de l'adulte de sa Scène du Déluge.
il^îi T)R CL'ISSR.
côtés n'est autre chose que le pU de riihie(i); le second est forniépar le plan de la moitié supérieure , environ, du muscle couturier ('2), qu'on voit descendre obliquement, en dedans et en arrière , sur la surface inlerne de la cuisse , depuis le tubercule antérieur et supérieur de l'os de la hanche, jusqu'au genou ; Ip troisième de ces bords est produit par la masse charnue des miiscles internes de la cuisse (3), et parlicnlièrement par le grêle Interne et les adducteurs {a). On voit saillir dans ce méplat une assez grosse veine qui est
(i)P.I,m, ii5.(2) iiO, i52. (3)-3o2, 3o7, 3n.
(fl) Les blessuresdn railieu de la fosse sous-ingninaire peuvent Êlre fort graves el promplemenl mortelles, si l'artère fémorale est lUteinte. Aussi des hommes fatigués de la vie ont-ils choisi celle région pour se donner la mort. Nous avons vu , dans ces der-^ nicrs temps, plusieurs médecins ou élèves en médecine se suicider par des blessures de ce genre. — Les connexions intimes , de rartère et de la veine fémorales, dans la fosse sous-ingiiinaire, permettent d'y observer des anévrysmes variqueux. ( Voyez Hogdson , Mal. des art. et des vein. , obs. 4; , t. II, p. 5G5.) — La position sous-cutanée de Tarière permet aussi de l'y lier avec facilité; et on peut le faire même très-peu au-dessous de la fémorale profonde. Je dis très-peu au-dessous, pnrce que j'ai des raisons pour croire que c'est beaucoup moins , le caillot renfermé dans les artères liées, que la cicatrice même de ces artères, qui résiste aux eflbrts du sang artériel, au moment de la chute des ligatures. J'avoue que cette opmion jne donne quelque confiance dans la ligature de l'aorte abdominale elle-même. — Une blessure de la veine fémorale , même après qu'elle a reçu la grande saphène, et immédiatement audessous du pli de l'aine, n'exigerait point la ligature de celte Teine , quoiqu'elle soit très-volumineuse. L'expérience a mon- ,lré qu'il suffisait alors d'y exercer une légère compression, peu< daut un temps assez court, pour eu arrêter rhémorihagie. .
i)E Li CUISSE.
la grande saphène, remontant obliquement en avant et en dehors, pour disparaître h deux ou trois travers de doigt du pli de l'aîne (1) , vers le milieu de la dépression légère que fait sentir le méplat sous-inguinaire. On distingue aussi quelquefois, vers le pli de l'aîne, des saillies arrondies, très-variables, dues h des glandes lymphatiques qui s'engorgent assez souvent (4) (a).
Au-dessous du méplat que je viens de décrire, la cuisse est traversée, tantôt, et c'est ce que l'on observe chez les gens qui ont un peu d'embonpoint, par un simple sillon qui suit le muscle couturier et descend obliquement en dedans et en arrière (2) (B) ; tantôt, et c'est ce que nous voyons chez
• (A) Girodet, si je ne me trompe, en a dessiné de semblables sur le Turc nù de la Révolte du Caire [81] , et peut-être aussi sur l'adulte de la Scène du Déluge.
(a) L'engorgement des ganglions de la fosse sous-înguinaire a quelquefois donné lieu à des fistules assez rebelles. J'en aî trailé de semblables qui avaient résisié à toutes sortes dé moyens, et qui n'ont pu guérir que par l'extirpation , au moins partielle , des ganglions malades qui les entretenaient. — Les rapports du creux de l'aîne avec la partie supérieure de la gaî.ie des vaisseaux fémoraux, et, par cette gaîne, avec l'ouverture crurale, l'exposent à recevoir des hernies de même nom, ou le pus d'abcès dont la source est plus ou moins éloignée. — La présence de la veine saphène y oCcasione aussi quelquefois des varices plus ou moins volumineuses.
(2) P. I, III, i32, 5i8.
(B) Le plan du couturier se dessine par un simple sillon, sur le Marsyas, 200; sur le Tibre, 249, où il n'a pas toute la vérité désirable; sur le Mercure , 297; sur le Suivant de Bacchus, 485; sur le Silène , 709 ; sur le Jason, 710; sur le Germanicus ,712, Il ne me paraît pas bien sur la cuisse droite dç
!2/|4 Dtî lA CtlSSK.
les gens maigres et musculeux, par le plan rubanc da couturier, dont deux sillons légers marquent les bords qu'ils accompagnent (A). Ce sillon ou ce plan rabane, qui dessine le trajet du couturier [a) , partage la surface correspondante du membre en deux régions : une supérieure , le méplat sous-inguinairc; une inléricuro, le plan du vaste interne. . Celle dernière région correspond au muscle dont elle porte le nom (i). Elle a la figure d'un ovale dirigé de haut en bas , dont l'extrémité supérieure , au lieu d'être arrondie, est aiguisée en une pointe, qui pénètre entre le sillon ou le plan du couturier et le relief du droit antérieur de la cuisse (2) (B) ; dont l'extrémité opposée fait un relief large
l'Hercule tuant l'hydre de Lerne, par le Guide [io.fC]. Il ne manque pas de vérité sur l'Apollon du Gouvernement de la Reine, par Rubens [690]. Il en a beaucoup sur le Turc nu de Ja Révolte du Caire , par Girodet [81], sur l'adullc de sa Scène du Déluge.
(A) Le couturier forme un plan rubané sur le Gladiateur, 262 ; sur la cuisse gauche de l'Hercule tuant l'hydre de Lerne [lo/jli], et sur l'Hercule mourant [1049] , tous deux par le Guide.
{a) Le sillon produit, en avant et en dedans de la cuisse, par le passage du muscle couturier, a des connexions si élroiles arec l'artère fémorale, qu^il fournit un guide excellent, pour parvenir à ce vaisseau et le lier , au besoin.
(1) P. I , III, 5io, 519, 524.
(2) P. I, III, 5io.
(B) L'extrémité supérieure du plan du vaste interne est frappante et pleine de vérité, sur la cuisse gauche du Gladiateur, 262; eile est, extraordinairement, divisée en deux faisceaux , parallèles aux fibres du muscle , dans l'Hercule , 4^0 , du côté gauche. Elle ne manque pas d'exactitude sur le Suivant de Baccluis, 4^5; sur la cuisse gauche de l'Hercule tuant
Lk CUISSE. (4^
et arrondi , que l'on voit entre la tubérosité Interne du fémur et Tangle correspondant de la rotule, au niveau duquel il descend constamment (i). Ce rapport est par conséquent très-important à retenir : il l'est d'autant plus , que les artistes sont quelquefois tombés dans des erreurs à çet égard (A).
Le relief du vaste interne est souvent masqué ou altéré ,
l'hydre de Lernc, par le Guide [io46]. Elle est bien rendue sur la cuisse gauche de l'Hercule mourant [1049] , par le même peintre. Elle est méconnaissable sur le Christ do Bubens [675]. Elle est assez distincte sur le Christ de Lebrun [118]. Elle a beaucoup de vérité dans le Talius de David, tableau des Sabines [Sg] ; elle est mieux accusée encore dans le Turc nu de la Révolte du Caire de Girodet [81], et sur l'adulte de sa Scène du Déluge, (i) P.I, III, 3i4.
(A) L'extrémité inférieure du vaste interne ne descend pa» assez bas sur le Marsyas, aSo. Elle n'est peut-être pas assez arrondie sur le genou droit du Gladiateur, 262, et du Mercure , 297 ; sur le gauche du Tibre , 249 ; sur l'Apollon du Belvédère, où elle ne me paraît pas non plus assez abaissée; «ur le Suivant de Bacclms, 485. Elle est peut-être encore un peu trop élevée sur le Germanicus, 712, à droite; et trop basse sur l'Apollon Sauroctone, 19, à gauche. Elle est trop élevée aussi sur la cuisse gauche de l'Hercule tuant l'hydre de Lcrne [1046], et bien placée, au contraire, sur la cuisse droite de l'Hercule mourant [1049] > to"s deux par le Guide. Elle est trop élevée sur le Jésus montant au ciel, par Carrache [qiS] ; sur le Christ [67.5] , de Rubens. Elle est très-vraie sur le genou droit du père des Horaces [37] par David, et sur son Talius; elle est cachée par un pli inutile sur le Turc nu de la Révolte du Caire, par Girodet [8j], çt sur l'adulte de sa Scène du Déluge.
646 DE LA. cuisse:
au-dessus de la rotule , par uu repli sus-rotulalre de la peaujl dirige en bas et eh arrière (.A) . Ce repli est dû , soit à une disposition sous-cutanée , soit à la diminution de l'élastlcilé de la peau; aussi ne l'obscrve-t-on , si souvent, chez l'adulte et le vieillard , que parce que cette membrane, depuis long-temps tiraillée par la flexion répétée du genou, ne pouvant plus revenir sur elle-même, faute d'élasticité , se replie quand la jambe est étendue.
Le côté antérieur de cette région fait, en bas, un relief plus ou moins prononcé, en dedans du méplat sus-rotulaire (i),.
(A) Le pli sus-rotulaire est une forme conventionnelle. Il n'existe pas sur le genou ganche du Silène , 709 , et il est exagéré sur le droit; il existe sur les deux genoux du Jason ,710, ce qui me paraît une faute , car le droit est fortement fléchi.; Il est irès-sensible sur le Gernianicus, 712 , sur l'Achille, 144-) Il s'observe dans ce dernier, même sur le genou droit, qui es»d'ailleurs placé dans la même pose que celui du Germanicus où l'on n'en observe point, et que le gauche du Silène qui n'en a pas non plus. Il existe fort mal à propos sur l'Apollon Sau-i roctone, beaucoup trop jeune pour le présenter ; il existe en-^ core sur le Génie Funèbre, 22. Le Guide a sans doule voulu i< dessiner sur le genou droit de son Hercule tuant l'hydre dd Lerne [10-I6]. Il est très-prononcé sur le Christ [n8], de Lee brun ; sur le Turc nu de la Révolte du Caire , par Girodet [81];" quoique son genou denii-fléchi ne dut pas offrir cetle forme. Gli rodet l'a rendu encore sur les deux genoux demi-fléchis de l'aj dulte de la Scène du Déluge. 11 s'est évidemment inspiré à cet égard sur les antiques, et particulièrement sur le Laocoon qu présente la même forme dans une position analogue. Un seul pteur fort distingué m'a assuré avoir vu ce pli dans la flexioK^ même des genoux. Je n'en nie pas absolament la possibilité, mais du moins il est sûr que c'est une forme très-rare , et dom il ne faut point abuser ù l'exemple des anciens, (1) P.I, ill, 319, 534.
orJinaîremcnt séparé Ih , par une largeur de deux ou trois I, travers de doigt , du relief que le vaste externe fait sur lé côté opposé du même méplat. 11 arrive , quelquefois , cliez! les gens robustes, que le vaste externe et le vaste inlcrnfe se touchent , h une petite distance au-dessus de la rotule , et n'y laissent apercevoir qu'un léger sillon. A-U- dessus du méplat sus-rolulaire, le côté antérieur de la région du vaste interné s'adosse au relief du droit antérieur de là cuisse (i). Le côté opposé est limité par un sillon vertical ', que l'on ne distingué réellement que dans la contraction des muscles, contraction qui le creuse quelquefois d'une dépression très- distincte, immédiatement au-dessus du con-idyle interne du fémur (2). Ce sillon est produit par la dé-^ pression de la peau entre le vaste interne et le tiers inrérieûb du couturier (a).
Lorsque l'on oLserve la cuisse d'avant en arrière , et que l'on en aperçoit deprofd les côtés latéraux, l'interne présente deujc ou trois lignes, seulement, dans toute sa longueur. La première descend obliquement en dehors , depùis le pli de la cuisse jusque vers le tiers inférieur de ce membre (3); elle correspond h. la masse du grêle interne et des adducteurs (A). La seconde embrasse le vaste interne et quelque-
(0 r. I, III, 3io, 5i4. (2) 3i3.
(a) Par suite des rapports de ce sillon avec les vaisseaux poplilés, une épée plongée de dedans en dehors, dans le sillon', blesserait presque infailliblement ces vaisseaux.
(3) P. I, II, 307, 3ii.
(A) La double ligne du côté interne de la cuisse est très-évidente, sur le Gladiateur, 262; sur les Mercures, 260 et 297; sur l'Apollon du Belvédère, sur le Faune dansant, 4o3 ; sur l'Hercule de Farncse, sur le Silène, 709: sur le Jiison , 710 ; sur le Gcrmanicus, 713; sur l'Achille, i 'j4; sur la cùisâè jjau^
a48 DE LA. CUISSE.
fois , maïs rarement , le côté correspondant da genou , en dessinant une courbe dont la convexité regarde en dedans. La dépression qui sépare ces deux lignes (i) est lo produit du passage du couturier en dedans de la cuisse. Le plus ordinairement , une troisième ligne embrasse le côté interne du genou (2).
Un méplat allongé, peu large et médiocrement saillant, descend derrière celui du vaste interne (3) : il correspond à la portion à peu près verticale du couturier, qui embrasse le muscle vaste interne , et à une portion des muscles grêle interne, demi -tendineux, demi-membraneux et troisième adducteur. Mais c'est surtout au couturier qu'il doit sa forme méplate; c'est pourquoi je le nommerai méplat inférieur du couturier (A). Le long de ce plan , comme dans la fosse sous-inguinaire, s'aperçoit souvent la veine saphène interne (B).
Lorsqu'on observe la surface interne de la cuisse par trois quarts, on en voit en profil les parties les plus reculées, c'est-ci-dire les points par où elle se réunit et se continue
che de l'Hercule mourant [lojg]» par le Guide; sur l'ApoIloû du Gouvernement de la Reine, par Rubetis [690] ; sur le Christ de Lebrun [118]; sur le Léonidas aux Thcrmopyles de David , [38] ; sur la cuisse droite de son Romulus [Sq],
(1) P. I, 3ii, 3i8.
(3) P. I, III, 3i3.
(A) Le méplat inférieur du couturier est très-manifeste sur le Tibre, 2495 sur le Gladiateur , 262.
(B) La grande saphène est très-apparente dans la moitié inférieure de la cuisse, sur le Gladiateur, 262, sur Tllercule, 45o. Au lieu de cette veine, Girodet n'a peint qu'une variété asses rare, sur son Turc nu de la Révolte du Caire [81].
avec la surface postérieure du membre , en un mot, ce que l'on pourrait appeler le bord postérieur et interne de la cuisse ; ce bord dessine deux grandes lignes , comme on le voit sur les figures des planches I et II , le long du bord interne de la cuisse droite. La première descend verticalement jusque vers le milieu de la longueur de la cuisse, environ, et conserve h ce membre une largeur ou une épaisseur h peu près égale, jusqu'en ce point (i). La seconde descend un peu obliquement j usqu'au genou , en se rapprochant de l'os, en sorte que le membre se rétrécit un peu j usqu'à cette articulation (2). La première tient à la seconde par un angle obtus et arrondi (5) ; elle correspond aux muscles grêle interne , premier et troisième adducteurs. La masse des deux derniers la soutient jusqu'à l'origine de la seconde. Elle cesse là, parce qu'ils s'enfoncent profondément vers le fémur, où ils vont s'attacher. La seconde descend le long du couturier, du grêle interne , du demi-tendineux et du demi-membraneux, réunis en un faisceau en arrière et en dedans , audessus du jarret (A) (a).
(i) P. I, II, 3ii. (2) 3i8. (3) 3i 1.
(A) La double ligne du bord postérieur et interne de la cuisse s'observe sur le Gladiateur, 262 ; sur l'Apollon du Belvédère; sur le Mercure, 297; sur le Suivant de Bacchus, 485. On la retrouve aussi sur le Jason , 710; sur l'Achille, i44i sur cuisse droite de l'Hercule tuant l'hydre de Lerne,par le Guide [1046], où elle est tellement heurtée qu'elle donne lieu à des formes peu agréables. Les mêmes lignes s'observent, mais bien plus élégantes, sur lu cuisse droite du Saint Michel de Raphaël [iiSg].
(^/) La cuisse dont je viens de tracer l'histoire contient un grand nombie de gaines. J'en compte au moins dix ; ces gaines sont celles du couturier, du pectine, du premier adducteur,
DU GEXOU,
DU G lî NOU,
Celte artlculalion est une des plus rcmarquaLIes , par la variété des saillies et des dépressions qui s'y observent. Elle
du grêle interne, des vaisseaux cruraux, des muscles postérieurs de la cuisse, des muscles internes, du droit antérieur, du tenseur de l'apouévrose, et du tricep--. Je les ai indiquées dans une noie de ma lliùse inaugurale [Becli. d'Anal, dephysiol. et de pailiol. , chez Béchet jeune , 1 825 ) : je vais les reproduire
1° La gaine du couturier est fibreuse dans ses deux tiers supérieurs, et fibro-celluleuse en bas ; elle est composée d'une lame antérieure sous-cutanée, et de deux lames profondes, l'une externe , l'autre interne et postérieure. — 2° La gaine du pecliné est forte, fibreuse, et formée d'une lame antérieure superficielle, d'une lame postérieure profonde, et d'une lame interne.— 5°Z,fl gaine du premier adducteur est fibreuse, très-forte, et composée d'une lame antérieure, d'une lame postérieure profonde, d'une lame interne, et enfin, d'une lame externe.
— 4° La gaine du grêle interne est fibro-celluleuse en bas, fibreuse en haut, composée d'une lame interne sous-culanée ; d'une lame externe , c'est l'interne de la gaine du premier adducteur, et d'une hune postérieure. — 5" La gaine du faisceau nerveux et vasculaire crural est fibreuse, et s'étend jusqu'au canal du troisième adducteur. Elle est formée, d'une lame antérieure, qui, dans une grande étendue, fait la lame postérieure de la gaîne du couturier ; d'une lame externe et d'une lame interne. La connaissance de cette gaîne et de celle du couturier donne beaucoup de facilité pour découvrir et lier l'artère fémorale.
— 6' La gaine des denii-tendi?ieuXf demi-membraneux et de la longue portion du biceps contient encore les nerfs et vaisseaux sciatiques ; elle est formée par une lame postérieure fibreuse, c est l'aponévrose fémorale de derrièi'e la cuisse ; phr une lame externe fibreuse, attachée au fçmur entre le biceps et le vaste
DU GENOtJ. 201
fcsl légèrement aplalîc eu quatre sens opposés, par devant;
externe ; enfin par une lame antérieure et profonde, celluleuse. — y" La gaine des deuxième , troisième adducteurs et de la courte, portion da biceps est formée, i° par une lame antérieure fibreuse, solide, composée elle-même des lames postérieures des gaines du grêle interne^ du premier adducteur et du pecliné; a° par la lame profonde et celluleuse de la précédente.— 8° La gaine du droit antérieur a une lame anlérieure superficielle , fibreuse, une lame postérieure profonde, celluleuse, une lame externe , et une lame interne, c'est une portion de l'externe de la gaîne du couturier; les deux dernières sont fibreuses, et ne s'étendent pas au-delà du milieu de la longueur du muscle , de haut en bas. — 9" La gaine du muscle fascia-lata est fibreuse , et formée, d'une lame externe superficielle; d'une lame interne, c'est l'externe de la gaîne précédente; d'une lame postérieure et profonde , qui est unie avec le bord antérieur de la gaîne du grand fessier, et qui sépare, comme une cloison, le bord antérieur du moyen fessier d'avec les muscles de la cuisse. — 10" Quant au muscle triceps fémoral , il est revêtu immédiatement par l'aponévrose fémorale , partoutoù il est sous-cutané , et puis par les lames profondes des gaines du fascia-lata , du droit antérieur, du couturier et du faisceau nerveux et ïasculaire de la cuisse ; enfin il est séparé du biceps , en dehors et en arrière, par la lame externe des gaines postérieures de la cuisse.
Atout cela ajoutons encore que, dans plusieurs endroits, l'aponévrose fémorale est creusée de canaux pour les nerfs et les vaisseaux qui la traversent; mais surtout en devant, pour les nerfs cruraux , et qu'on peut en dégager ceux-ci, comme d'un fourreau , en les tirant avec précaution par leur grosse extrémité.
J'ajouterai enfin, que, parmi les variétés dont ces gaines sont susceptibles, il en est une fort remarquable que j'ai déjà observée plusieurs fois; c'est que la courte portion du biceps peut avoir une gaîne toute particulière , extrêmement robuste.
par derrière et sur les côlés , en sorte qu'elle a quatre surfaces plus ou moins distinctes.
^ La surface antérieure est étroite et saillante; trois reliefs s'y observent successivement, au-dessous du méplat sus-rotulaire (i) : ce sont i« la rotule , 2« son ligament et le re^ hef graisseux sous-rotulairc , 3» l'épine du tibia.
La rotule (2) se dessine sous la forme d'une saillie triangulaire, dont les angles sont arrondis (a). Ces angles et la l)aso sont ordinairement plus saillaus que le centre, et la lu-
{a) La saillie de la rotule au-devant du genou donne assez de prise auxpuissances exlcrieures, pour qu'ellespuissenl la chas, ser de su place et la luxer. La luxation se fait ordinairement en dehors et arrive, le plus souvent, au moment de la flexion du genou , parce qu'alors le condyle exterrfe du fémur, qui descend moins bas que l'interne, oifre à la rotule, déjà inclinée par la direction oblique de son ligament en bas et en dehors y un plan, pour ainsi dire incliné dans le même sens, par lequel cet os a beaucoup de tendance à se déplacer. Je crois donc qu'on s'est trompé, en cherchant la cause de la fréquence de ces luxations dans la saillie de l'angle interne de la rotule. Cette saillie peut y contribuer; mais ce n'en est pas la cause principale. La luxation si fucile delà rotule en dehors chez certaines personnes , celle luxation constante chez certains culsde-jatte, confirment la vérité des remarques auatomiques que je viens d'exposer, et la théorie que je donne de la fréquence des luxations de la rotule en dehors. Enfin cette théorie est encore confirmée par les observations de Valentin ( recherches critiques sur la chirurgiemoderne), etdellavaton [pratique moderne de la chirurgi(!). qxii rapportent chacun un exemple de ccj luxations. La saillie de la rotule, sa position entre le tendon de l'extenseur de la jambe et le ligament sous-rotulien , l'exposent aux fractures produites-, soit par une violence extérieure, soit par un
Dtr GENOt.
mihre s'y rMéchit avec plus de viracitc. Cet effet est dû h une disposition de détail , fort remarquable pour nous , quoiqu'elle n'ait jamais été remarquée, savoir, au i^elief que' font , sur la surface antérieure de la rotule , le tendon qui s'insère par en haut h sa base, ainsi qu'à ses angles latéraux, et le ligament qui se fixe h. son angle inférieur (A). Au milieu même du méplat de la rotule se voit, tantôt une légère dépression irrégulière et transversale , tantôt une étroite saillie; c'est que , dans le premier cas , les fibres du tendon
effort musculaire. {Foj'. les Obs. de Latnolte, obs. 365 , et de M. Boyer, art. Fract. de la rotule, t. III, loc. cit.)
(A) Les angles de la rolule forment un relief saillant et plein de vérité sur le Gladiateur, 262; mais cet os est mal étudié sur le Faune dansant, 4o3. II est beaucoup mieux sur le Si* lène, 709; sur le Jason, 710. Les trois angles de la rolule sont bien rendus sur le genou droit du David du Guide [1039] ; sur le genou droit de rilercule tuant rb3'dre de Lerne, par le même [1046]. La rotule est moins étudiée et moins exactement dessinée sur le genou droit du Saint Michel de Raphaël [i 169]. On ne la distingue point assez sur le genou gauche du Jésus montant au ciel, pur Carrache [giSJ. Elle est beaucoup plus exacte sur le Jésus de Salviati [1184]. Elle est assez bien, mais un peu petite, sur le Jésus de Bronzino [887]. Elle est rendue avec plus de vérité que d'énergie, dans la figure de face du tableau des Sabines, par le Guerchin [io25]. Elle est mal rendue sur le Faustulus de Piètre de Cortone [11 42]. Ella est tellement difforme sur le genou gauche du Jésus de Rubens [675] , qu'il est impossible de l'y analyser. Elle est peu distincte sur son Apollon du Gouvernement de la reine [690] . El!e est mal rendue sur le Christ [1 iH] , par Lebrun. Elle est parfaitement dessinée sur les figures du Serment des Horaccs , par David [37]; sur le Turc nu de la Révolle du Caire, par Girodet[8i].
s 54 DU CENOr.
et du-Iigamcnl s'approchent plus près du milieu de la surface de l'os que dans le second (A) («).
Le ligament rotulien se dessine assez mal dans l'exlonsion du genou. 11 se confond avec le relief du peloton graisseux sous-rotulien , dans lequel il est , pour ainsi dire , noyé : mais q.uand,on peut le distinguer, on reconnaît qu'il ne descend point -verticalement à l'épine du tibia , mais un peu obliquement en bas et en dehors (ù). Le peloton adipeux joue un rôle fort remarquable dans les formes du genou (i) (c). Il
(A) La surface de la rotule est p.nrtagée en deux par un sillon transversal sur le Gladiateur [262], et surtout sur le genou droit. Elle est peu étudiée sur l'Apollon du Belvédère; sur le Mars vainqueur, 260; sur les Mercures, 263 et 297 Elle est encore partagée en deux sur l'Hercule , 45o ; sur le suivant de Bacchus, ^85, et du côté gauche. Elle l'est aussi sur le genou droit du David peint par le Guide [1029] ; sur le gauche du Saint Michel de Raphaël [iiSg]; sur le Jésus de Salviali [1 184] ; sur le Christ de Bronzino [887].
(fl) Quand la rotule se brije par un violent effort musculaire, c'est ordinairement au niveau de la dépression transversale dont je viens de parler, probablement parce qu'elle est, là, réduite à son tissu osseux.
{b) Le ligament rotulien, placé entre la rotule et le tibia, peut être rompu dans les grands efforts musculaires. {Foyez les Obs. de Duverney, Mal. des os, l. I; Joarn. de méd. ,
t. XXIX, p. 342. )
(c) Le peloton adipeux sous-rotulaîre intéresse le chirurgien, parle gonflement qu'il présente dans les tumeurs blanches du genou. Il indique alors un engorgement inflammatoire ou vasculaire, qui mérite de l'attention et des soins. Sa position toute particulière entre des saillies osseuses, où il s'enfonce librement, le fait échapper à une compression régulière. Il faut donc , lorsqu'on emploie la méthode de la com-
bu cruvou. 255
surpasse souvent la largeur de la rotule, dans l'extenslan de Farticulation; parce qu'étant alors pressé d'avant en arrière par le ligament sous-rotulicn , il s'éîargî^ et fait' saillie sur les côtés. Il affecte une figure triangulaire dont la base, tournée en haut, embrasse l'angle inférieur et les Lords. de la rotule (i), tandis que les côtés , arrondis, viennent se réunir h l'épine du tibia (s) , qui semble quelquefois n'en être .qu'un prolongement anguleux. Les angles supérieurs et latéraux du peloton graisseux sont arrondis , comme les bords corres pondans (A). - i
pression pour les tumeurs blanches , le couvrir de compresses graduées, de chaque côté du ligament rotulien , avant d'appliquer la bande compressive. En agissant ainsi, on le voit diminuer beaucoup plus vile que si l'on se borne à une compression du genou générale et régulière. Je n'ai eu qu'à me louer d'employer ainsi cette méthode, (i) P. I, 338. (2) 537.
(A) Le peloton sous-rolulien est beaucoup plus petit que la rotule sur le Gladiateur, 262, et même sur le genou gauche étendu. Sans être plus grand que la rotule, dans l'Hercule de Farnése , il a néanmoins plus de développement que dans le précédent, surtout à droite. Il est fort sur le même genou du ïibre , 249- Il l'est aussi sur les deux genoux de l'Apollon du Belvédère , où la rotule n'en est pas assez distincte ; sur le genou droit du Mercure , 265. 11 est mieux rendu sur le Mercure, 297 , et au contraire il l'est mal, ainsi que la rotule, sur le Faune dansant, /}o3. 11 ne manque pas de vérité sur le Silène, 709; sur le Jason, 710; sur le Germanicus surtout, où il est très-exact , 712 ; sur l'Apollon Sauroctone, iq; sur le Génie funèbre , 22. 11 est exagéré sur le genou droit du Jésus de Campi, pleuré par sa mère [890]. Il est tellement dessiné dans le genou droit du Saint Michel de Raphaël, qu'il est difficile de le bien reconnaître. Il a plus de vérité sur le Jésus dç
L'6pine du libla proémine toujours sur le bord antérieur de la jambe, qu'elle semble commencer (a). Elle forme , en s'unissant h ce bord, un angle rentrant en avant, qui est fort distinct et fort- remarquable , lorsqu'on l'observe de profil (i) (A),
Salviati [i i84]-; sur celui dé Bronzloo [58;]. îl est exactement rendu sur l'une des figures principales* des Sabines du Gucrchin [i025] ; su-r le genou du père fles'Horajcs -(lableau du Serment des^Horacesj , par David [37] ; sur le Léonidas aux: Tbermopyles , par le mtune. peintre [5b]; sur le Tiirc nu de la; liévolle du Carre'par GlrodM [81] ; sur l'adulle de sa Scène du . Déluge [80].
(fl) Cette saillie est vis-à-ris le point où l'extenseur propre i du gros orteil s'échappe du coude-pied. Elle est importante ùi remarquer : elle peut, par ses rapports de direction avec ce len-don de l'extenseur du pouce au coude-pied, servir de guide dans les fractures j pour reconnaître un déplacement des fragmens dans leur circonférence , et par suite éclairer le traitement.
(A) L'angle rentrant de l'épine du tibia est très-sensibJe , , deproOI , sur le genou gauche du Tibre , 249, sur les genoux dui Gladiateur, 262; surie genou gauclie derApoIion duBeIrédère;; mais il ne l'est pas sur le droit, et c'est vraiment une faute. 11 eslt bien exprimé, au contraire, sur le Mercure , 297; sur le Suivant de Bacchus, 485 ; sur le Silène, 70g ; sur le Jason , 710;; sur le Germanicus , 7 1 3. Il est rudement exprimé sur le Christt pleuré por sa mère , de Campi [8go]. 11 est évident sur le Jésus? de Bronzino [887]; sur l'un des deux principaux guerriers» des Sabines du Guerchin [io25]; sur le Fauslulus de Piètre: de Cortone [1142]. Il est parfaitement rendu sur les figuresj du Serment des Horaces , par David [57] ; sur la plupart dess figures du Léonidas aux Thei-mnpjles et des Sabines, par le? même peintre ; sur le Turc nu de la Révolte du Caire, par Girodet [81] j sur son adulte de la Scène du Déluge.
DU GKNOU.' 207
La surlacc postérieure de rarticulalion du genou prend le nom de jarret, ou de creux du jarret ^ parce qu'elle est effectivement creusée d'une fosse distincte dans le temps de laflexion (i) ; mais alors on n'y trouve jamais, que je sache, une saillie médiane , comme dans le Gladiateur d'Agasias. Ce creux, dans le moment de l'extension, n'existe plus; il est à peu près entièrement effacé (a). A peine distinguet-on, parmi les trois c»tés qui le ciixonscrivent , les côtés la-
Cl) p. IL, 529.-
{a) Le creux du jarret correspond ù des parlies fort importantes qui en rendent les blessures fort' graves : c'est le nerf sciatique déjà divisé , ou se partageant là en deux grosses branches; ce sontl'artère poplitée et la veine de même nom où se rend la petite saphène. Ces vaisseaux sont plus profondément placés que le nerf. Ils occupent le milieu du jarret, le nerf est en dehors, par rapport à l'artère, et la veine est en arrière. Il en résulte que le creux du jarret se trouve par là exposé aux anévrysmes variqueux , que Ton y a observés plusieurs fois. Vous en trouverez plusieurs exemples fortlnléressans dans la traduction française d'Hogdson ( Traité des maL des artères, t. II, p. 365.). — La présence de l'artère poplitée derrière le jarret l'expose , dit-on , à être lésée, dans les fortes et subites extensions du genou, et par suite aux anévrysmes. {Voj. Richerand , ISosog. cliir. , t. IV, art. Anévrysme.) — La forme du creux du jarret, et l'abondance de son tissu cellulaire, se prêtent à la formation de vastes abcès. Il faut les ouvrir de bonne heure. — La force des muscles et des ligamens postérieurs de l'articulation du genou ne permet point aux hydropisies de cette jointure d'y laisser sentir leur fluctuation et d'y faire saillie. — Les muscles jumeaux étant attachés en arrière, au-dessus des deux condyles du fémur, renversent, dans le creux du jarret, le fragment inférieur de cet os, lorsqu'il est cassé à son extrémité inférieure; il faut alors absolument
téraux (i ), sépares alors du creux du jarret par deux sillons salellitcs assez superficiels. L'interne forme cependant une corde un peu plus grosse et plus prononcée (2) , qui contient dans son épaisseur l'extrémité inférieure des muscles couturier, grêle interne, demi- tendineux et demi-membraneux. L'externe, que l'œil ne reconnaît pas toujours , mais dont le doigt peut suivre avec facilité l'étendue , se dirige trèsobliquement en bas et en dehors Il correspond au J)iceps qui le forme. Le dernier de ces trois côtés borne le creux du jarret par en bas. C'est un relief très-prononcé qui semble naître du fond de cette dépression (4) , appartient au jpoint le plus élevé du mollet, et est formé par les muscles jumeaux, resserrés, là, entre les bords latéraux du creux
du jarret.
Lasurface externe du genou est assez profondément déprimée (5) (A). Cette échancrureest une sorte d'angle rentrant, produit par la direction , oblique en bas et en dedans , de la
relâcher les muscles jumeaux , pour obtenir la coaptation des i'ragmens, et remplir le creux du jarret pour éviter tout déplacement ultérieur.
(i) P. Il, 5i3, 5i6. (2) 5i2.
(5)P. II,3i6. (4)35o.
(A) La dépression externe du genou est évidente sur 1 Hercule tuant l'hydre de Lerne, du Guide [1046]; sur le Saint Mi-chel de Kaphaël [iiSg]; sur le Jésus de Salviali [1184] ; sur le Jésus de Bronzino [887]. Elle esL horriblement exagérée sur: le Christ de Rubens [675] ; elle est beaucoup mieux sur soni Apollon du Gouvernement de la reine [690]. Elle est parfaitement exprimée sur le genou droit du premier des Horaces^ de David [37] ; sur son Léonidas aux Thermopyles [58] ;; sur le Romulus de ses Sabiueâ [^d] » sur l'aduUe de la ScèuQ;
cuisse , sur la jambe qui est perpendiculaire , et par la saillie que font en dehors , au -dessqs et au-dessous de cette dépression, les muscles externes de la cuisse et de la jamLe. L'obliquité de la cuisse provient, elle-même, de ce que le cohdyle externe du fémur descend moins bas que l'interne. Lasurfacd externe du genou est hérissée , chez un homme un peu mai^ gre et musculeux , de plusieurs éminences. J'en compte cincj ou sept suivant les individus; trois en aknt, une ou deux en arrière, deux au milieu, entre les deux première^ séries. Les saiUies antérieures nous sont déjà connues; ce sont les parties latérales externes de celles que nous avohsdécrites au devant du genou , savoir : de l'épine du tibia (i), du peloton sous-rotulien (2) et de l'angle externe de la* rotule (3). Les saillies postérieures sont , l'extrémité inférieure du tendon du biceps fémoral , accompagnée d'une' certaine quantité de fibres charnues (4) , et quelquefois eiicorè la tête du péroné visible plus bas. De cette tête ôt-i seuse partent deux plans étroits , celui du péronier latéral et celui du soléaire , qui descendent dans la même direction. L'extrémité inférieure du biceps est très-saillante en dehors du genou étendu, parce qu'elle passe en dehors de la tubérosité externe du fémur; son rehef se prolonge jusquè vers la tête du péroné (A). Celle-ci ne s'observe que che^
(A) La saillie du tendon du biceps est très-prononcée sur la genou gauche du Gladiateur, 562; mais elle ile me semblt pas pouvoir aboutir à la tête du péroné où elle s'attache, àu^ dessus du long péronier latéral. Elle me paraît exâfféré^â sur l'Hercule, 45o. Elle a plus d'exactitude sur le Silène 70Ûsur le Jason, 710 ; sur l'Achille, 144. Elle est distincte, i gad< che , sur le Génie fuoèbrc, 22. Elle est grossièrement rendue
KM
îiGo DU GENOU.
les gens maigres. Encore à peine Irt dislinguc-t-on , tant son relief est étroit; et si les muscles ont du développement , c'est dans un creux, vis-à-vis l'épine du liLia , qu'il faut la chercher. Ce creux est du à ce que le tendon du biceps fémoral, qui s'attache à la tête du péroné par en haut, et le long pérouier qui s'y fixe par en bas , proéminent sur la surface de cette tête osseuse.
Les saillies intermédiaires î». celles que je viens de décrire,, sont le tubercule du tibia (i) et le faisceau tibiaire (^) de l'aponévrose fémorale.
Le tubercule du tibia est une saillie qui occupe, en quelque sorte, le centre de la figure quadrilatère, circonscrite parles saillies antérieures et postérieures que l'on observe en dehors du genou. Elle est due à une tubércsité osseuse , qui proémine en avant et en dehors de l'extrémité supérieure du tibia , et que les ostéologistes n'ont point aperçue , ou qu'au moins ils ontnégligé de décrire, bien qu'elle ait de l'intérêt pour les chirurgiens , comme pour les artistes (a) (A),
Sur le genou gauche du Christ pleuré par sa mère , de Campi [890]. Elle est évidente sur le genou droit de l'un des deux principaux guerriers des Sabines du Guercbin [1026]; sur l'Apollon du Gouvernement de la reine, par Rubens [690]. Elle est on ne peut plus exacte sur le genou droit du premier des Horaces [3;], par David; sur le même genou de l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodet, [80]. (i) P. III, 336. (2) 322.
(a) Nous verrons, en décrivantla jambe, que le tubercule antérieur du libia intéresse beaucoup le chirurgien, par ses rapports avec l'artère tibiale antérieure.
(A) Le tubercule du tibia est très-sensible , mais trop haut et trop reculé, sur le genou gauche du Gladiateur. On le distingue, en général, difficilement, par suite de la confusion qui règne dans les formes de la surface externe du genou , sur la
nu GENOU, 261
Le faisceau tibiaîre aboutit à ce tubercule. Il fait partie de l'aponévrose fémorale, dont il est le point le plus épais et l'attache la plus robuste. Ce faisceau ne se distingue pas toujour* dans la station simple; il faut souvent une contractioa forte du tenseur de l'aponévrose (A) , pour qu'il se dessine franchement.
Il existe quelquefois , au-devant de ce premier faisceau , un faisceau plus petit , plus grêle , qui est encore produit par la tension de l'aponévrose fémorale. Cette disposition est fort rare , quoique Agasias, et à son imitation Girodet, aient dessiné l'un et l'autre cette corde secondaire (a).
plupart des statues. II est un peu trop bas sur le Silène, 709; peu distinct sur le Jason, 710; très-vrai sur le Germanicus, 712; à peine visible sur l'Achille, 144. Il est trop élevé sur le genou gauche du Christ pleuré par Marie, de Campi [Sgi], Il ne manque point de véiilé surrApollon du Gouvernement de la reine, par Rubens [6go]. Il me paraît un peu élevé sur le premier des lîoraces, dans le tableau de leur Serment [37], par David. Il est très-manileste sur le genou droit de l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodet [80].
(A)On croit entrevoir le faisceau tibiaire de l'aponévrose fémorale, surleTibre, 249; surl'Apollondu Belvédère : maisilest évident sur le Gladiateur, 262; sur l'E. Verus, 268 ; sur l'Adrien, 376, où sa direction a de l'exactilude; sur le Mercure , 297, où elle en manque , au contraire; sur le Suivant de Bacchus, 485; sur le Silène, 709. Il est à peine sensible sur le Jason, 710; très-exact sur le Germanicus , 712; sur l'Achille, 144 ; sur le premier des Horaces, tableau de leur Serment, par David [57]. Il y en a deux pour un sur le genou droit de l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodet, comme sur le Gladiateur, que ce peintre paraît avoir pris , là, pour modèle.
{a) Le côté externe do genou correspond ù un point, où
La surface interne du genou forme'un large rcnnemcnt, produit par l'obliquité de la cuisse sur la jambe , déjà signalée un peu plus haut. Trois saillies s'y montrent en avant par leur côté interne , savoir : la rotule ou son angle correspondant, le peloton sous - rotulien , l'épine du tibia; et trois autres en arrière. Celles-ci sont , le condyle interne du fémur surmonté d'une saillie qui correspond à sa lubérosité interne (A); l'extrémité inférieure du relief formé par le vaste interne (i), qui descend entre l'angle de la rotule et la tuiérosité interne du fémur, et qui ne les dépasse point par en bas: enfin, le condyle interne du tibia , qui est large et saillant. Plusieurs dépressions remarquables sont aussi creusées en dedans du genou. La première se montre entre la rotule et le condyle interne du fémur; le relief du vaste interne la comblo entièrement par en haut. Un sillon horizontal et superficieil marque la séparation, ou si l'on veut, la jonction, des condyles internes du tibia et du fémur {a). Il aboutit en avant, au peloton saus rotulien. Il est si léger, qu'il ne mérite peiat-être pas l'atten-
synoviale est couverte de parties ligamenteuses assez lâches, et où elle devient saillante , dans Thydropisie de celte articulation, malgré l'épaisseur du faisceau tibiaire.
(à) La tubérosité interne du fémur est peu distincte sur le genou gauche du Tibre, 249; du Gladiateur, 362. Elle l'est beaucoup , au contraire , sur l'Hercule tuant l'hydre de Lerne, par le Guide [1046]; sur le genou droit du père, dans le Serment des Horaces de David [37].
(a) Le côté interne du genou correspond à un point, où. la synoviale est couverte de parties liganaenteuses encore plus minces, et peut-être plus lâches qu'en dehors, en sorte qu'elle y devient plus saillante encore, Iorsqu*eUe est gonflée par la synovie, dans les hydarthroses du genou.
tlon de l'artiste; mais je le décris parce qu'il est assez conslaut , et que s'il échappe souvent à la vue , le toucher lo retrouve toujours , et, enfin, parce que les artistes les plus distingués l'ont quelquefois dessiné (A). Un dernier sillon, très-" profond ( i ), embrasse , de haut en bas, la saillie du condyl© interne du tibia et suit les tendons des muscies couturier, grêle interne, demi-tendineux et demi-membraneux qui 1 embrassent aussi, sans former de relief particulier sur celui d« l'os. Cesillon est demi-circulaire: sa convexité regarde enbas et en arrière. Il se continue par enhautavecle sillon qui suit, en dehors , dafls le creux du jarret , la saillie cordiform© avec le sillon des muscles dont je viens de parler (2); ils© continue en bas vertical de la jambe (5) , qui suit le bord interne du tibia, et que je décrirai plus bas (a).
(A) Je crois entrevoir, sur le genou gauche du Gladiateur, le sillon articulaire du genou. Il est évident sur le genou droit de l'Hercule tuant l'hydre de Lerne [1046], par le Guide ; sur le même genou du père, dans le Serment des Horaces de David
(1) P. I , II, III, 35i. (2) P. II, 5x2. (31 P. I, m, 541, 552.
(a) Parvenue vers le genou, l'aponévrose fémorale adhère étroitement au tendon sus-rotulien , passe entre la rotule et la bourse muqueuse qui la couvre, puis descend devant son ligament inférieur, sans y prendre d'insertions, et enfin, se fixe à l'épine du tibia. En dehors de la rotule, elle s'attache fortement au tendon du vaste externe, et, un peu plus bas, au tubercule externe et antérieur du tibia, par un faisceau trèsfort et très-robuslc, que je nomme tibien , et à l'aponévrose de la jambe. Entre ces deux points, elle envoie, sur le côté daj ligament rolulien, une lame verticale s'aitacber à une aponévrose qui recouvre immédiatement la membrane synoviale, et que j'appelle aponévrose f^^ra-sj/iocfa/e ; mais, depuis le ligament rolulien jusqu'au tendon du biceps, elle ne fait que»
DU LA JAMKE,
Ce membre dirigé verticalement lorsqu'on est debout , les deux jambes rapprochées et parallèles Tune à l'autre , prend toutes sortes de direction par les diverses attitudes du corps.
glisser sur l'aponévrose exlra-synoviale et le ligament latéral externe de l'articulation du genou. En dehors et en arrière, elle s'unit intimement au tendon du biceps, sur lequel elje passe, et concourt à former la gaîne qui l'enveloppe. En arrière , dans le creux du jarret, elle se continue avec l'aponévrose de la jambe, et envoie profondément un faisceau, pour commencer une gaîne au nerf sciatique poplilé externe, qu'elle abandonne au moment où il pénètre dans une ouverture ligamenteuse ovalairequi le conduit sous le muscle longpéronier. — Derrière le condyle interne du fémur, elle adhère auxtendons des muscles demi-tendineux, grêle interne et couturier, concourt à leur former une gaîne , et reçoit des deux premiers une expansion qui se porte dans l'aponévrose de la jambe, au-dessous du jarret; disposition qui fait de ces muscles des fléchisseurs directs de la jambe, et des tenseurs de son aponévrose, et qui se rattache à une loi de continuité du tissu ligamenteux, que j'appelle la loi dés expansions ligamenteuses.
En dedans de l'articulation du genou , l'aponévrose fémorale se confond avec le tendon inférieur du vaste interne, s'attache au tubercule interne du fémur, prend quelques insertions à la surface du ligament latéral interne, et glisse inférieurement sur l'extrémité de ce même ligament, dont elle est séparée, là , par une bourse muqueuse. Au-devant de ce ligament, cette aponévrose adhère supérieurement au tendon du Taste interne, et inférieurement , en dedans du tibia et de son épine antérieure, à une empreinte raboteuse qui existe audessous du condyle interne de cet os, et au-dessus de laquelle passent les vaisseaux articulaires inférieurs. Entre ces deux
Volumineuse en haut , et de plus en plus mince par en bas, la jambe a trois faces et trois bords, inégalement distincts (A) {a) .
points, l'aponévrose glisse, saos y adhérer, sur l'aponévrose extra-synoviale et sur les os. EuGn , sur le côté interne de l'angle inférieur de la rotule et de son ligament, l'aponévrose du genou envoie proi'ondément , comme en dehors, une lame verticale qui va s'attacher à l'aponévrose ej^tra-synoviale. ,
Il résulte de toutes ces dispositions deux petites loges ligamenteuses, eu dehors et en dedans du ligament rotulien , et une loge médiane plus importante et plus considérable, où sont renfermés le ligament de la rotule et le peloton graisseux placé par-derrière. Celte dernière loge intéresse le chirurgien pour les abcès qui pourraient s'y former.
L'aponévrose du genou, réunie aux muscles et aux ligamens de cette articulation , lui donne une solidité considérable tout en lui conservant une grande flexibilité. Il en résulte que le tibia ne peut être compléteuient luxé que par des violences très-énergiques, et qui rompent la plupart de ses ligamens; qu'alors la réduction est facile, mais la luxation et les désordres qui l'accompagnent sont fort graves. Cependant, on a vu de semblables affections guérir assez promptement, témoin la 402° observation de Lamotte.
(A) Les jambes du Christ [675], de Rubens, sont contournées comme celles d'un rachitique ; elles sont encore affreusement tortillées sur son prophète Élie [670]. La jambe est d'un dessin admirable et plein de vérité dans tous les tableaux de David. Elle n'est pas moins belle et moins vraie dans les tableaux de la Révolte du Caire et de la Scène du Déluge, par Girodet.
(a) La forme de la jambe, et les deux os qui entrent dans sa structure , se prêtent peu commodément ù la réunion des plaies produites par l'amputation circulaire d'une partie de ce membre ; mais elle se prête moins facilement encore â la réunion, lorsque l'amputation. a été faite à lambeaux.
266 DE LA JAMnE.
Des faces do la jambo , l'une regarde en avant et en dedans , ce sera l'interne ( i ) : la seconde en dehors et en avant , ce sera l'externe (2) : la troisième en arrière. Ses trois bords sont tonrnés directement , l'un en devant (3) , un autre en dehors (4) et le dernier en dedans (5). La surface interne de la jambe est étroite partout, mais plus encore en bas qu'en haut. Elle est d'ailleurs assez uniforme dans toute sa longueur, et en outre arrondie vers le coude-pied. Elle est un peu moins aplatie que la surface antérieure et interne du tibia, qui lui sert de fondement, parce que la peau qui recouvre cet os en est séparée par un pet^ de tissu cellulaire (a).
La surface externe n'offre pas la môme uniformité que la précédente , chez un homme robuste et que je suppose debout. Alors des méplats peuvent s'y dessiner un peu , par suite de la contraction légère des muscles de la jambe (A).
(a) La situation sous-cutanée du tibia, à la face antérieure et interne de la jambe , rend les chocs de cette région fort douloureux, et y occasione des bosses sanguines, comme on en voit survenir au crâne. Cependant elles n'y sont ni aussi commuLies, ni aussi étroitement circonscrites, et d'ailleurs on n'y en voit jamais qu'une espèce.
(A) On trouve les reliefs musculaires de la jambe sentis, mal à propos, sur la jambe gauchts du Tibre , 249 ; ils sont inexacts siir le Suivant de Bacchus, 485; très-exacts au contraire, mais trop prononcés, sur la jambe gauche du Silène qui est en repos, 709; exacts encore, mais peu distincts, surleJason, 710; nuls sur le Germanicus, 712 ; très-évidens sur l'Achille, i44; admirablement rendus sur la jambe droite du premier des Horaces, de David [37]; moins bien sur le Chactas [83], et sur
J'insiste sur la force du sujet que je prends pour cjtemple; car, chez la plupart des individus, cette surface de la jambe est assez uniformément convexe, pour qu'on n'y voie aucun relief nettement distinct. Dans le cas complexe que je suppose j deux plans s'observent, ou du moins peuvent s'observer, sur la face externe de la jambe, dans sa moitié supérieure. Le premier, en procédant de dedans en deiiors,, correspond au jambier antérieur et à l'extenseur commun des orteils (i),le second auxpéroniers latéraux (2). Le plan du jambier antérieur (A) comprend au moins la moitié de la largeur de la région qui nous occupe. Il se rétrécit par en haut, où il aboutit au tubercule du tibia (3) (a) , et par en
l'Adulte, de la Scène du Déluge [80], parGirodet. Ce peintre a, je crois, mal à propos fait sentir le plan du péronicr antérieur uni à l'extenseur des orteils, et sur la figure de l'Adulte, et sur la figure du Vieillard, dans le même tableau, (i) P. I, m, 343. (2) 539, 36i.
(A) Le plan du jambier antérieur me paraît avoir trop de largeur sur le Tibre, 249 ; il est beaucoup mieux sur le 6làdiateur , 262; il a la vérité de la nature sur le Silène, 709, sur le Jason, 710. Il est peut-être trop large encore sur l'àchille, i44- Il l'est trop, assurément, sur la jambe droite de rApoUon de Rubens, tableau du Gouvernement de la reine [690]. II est très-visible sur la jambe droite de l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodet [80].
(a) Les connexions du jambier antérieur avec le tubercule du tibia , auquel il s'attache par devant , tandis que rextenseùr commun des orteils s'y attache par derrière, sont précieuses pour le chirurgien , parce qu'elles se lient en même temps aux rapports de lalibiale antérieure, qui descend le long delà jambe, entre ces deux muscles, et dans la direction d'une ligne que Voa abaisserait depuis le milieu du tubercule du tibia jusqu'au ii^i-
m LA JAMBE.
bas , où il dégénère , vers le tiers inférieur de la jambe en une corde aplatie, formée par le tendon du même muscle Tout le relief du jambier antérieur est dirigé obliquement en bas et en dedans , depuis le tubercule du tibia , jusqu'au (levant et en dedans du coudc^pied.
Le plan des péroniers latéraux est large d'à peu près un travers de doigt (i) ; il repose sur le péroné qui le fait saillir en dehors (A). Ce relief se soutient jusqu'au-dessus de la
heu du coude-pied. Dans toute la longueur de cette ligne, on trouve l'artère tibiale sur le ligament interosseux. En incisant dans cette direction pour découvrir ce vaisseau, on rencontre sous la peau , dans l'aponévrose de la jambe , une intersection aponévrolique, produite par une cloison ligamenteuse qm sépare le jambier antérieur d'avec l'extenseur commun , et concourt à leur former, à chacun, une gaîne particulière incomplète ; mais on peut , si on se porte à une ligne plus loin, en dehors, tomber sur une autre intersection produite par la cloison aponévrotique qui sépare l'extenseur commun d'avec le longpéronier, et concourt à la formation des gaînes qui les renferment. En ouvrant l'aponévrose de la jambe sur la première intersection , le chirurgien parvient directement à l'artère tibiale ; en l'incisant sur la seconde, il rencontre, tout de suite, le péroné au fond de son incision. Cette erreur est très-facile , mais, aussi , elle est très-facile à réparer, car on peut alors, ou bien agrandir légèrement l'incision , détacher l'extenseur commun du péroné, parvenir au ligament interosseux, et y saisir l'artère ; ou bien inciser l'aponévrose de la jambe par la même plaie, à une ligne plus loin en dedans, et regagner le vaisseau par la voie la plus courte et la plus commode, (i) P. III, 359.
(A) Le plan des péroniers latéraux se montre trop étroit sur le Tibre , 249; plus vrai sur le Gladiateur, 26a, mais son obliquité en bas et en arrière n'y est pas conservée. Elle l'est au
DE LA JAMDE^ iiCg
malléole externe , en dessinant une grantle et Lelle ligne courbe pcronière qui , de la tête du péroné , s'étend jusque vers son extrémité inférieure , sans être interrompue , si ce n'est par une dépression péronière , à peine sensible, qui s'observe souvent vers la moitié ou le tiers inférieur de la jambe (i) , et que l'on ne voit distinctement, ainsi que la ligne courbe péronière , que lorsqu'on examine de profil le plan qui les produit. Le long péronier n'est pas le seul qui forme cette grande ligne (A) ; le court péronier latéral qu'il
contraire fidèlement sur l'E. Verus, 268, à droite. Les rapports du plan des péroniers avec le tendon du biceps ne sont pas moins exacts , et ils sont encore plus justes sur la jambe droite de l'Adrien 276 ; mais c'est contrairement à la nature que ce plan aboutit au-devant de l'extrémité inférieure du péroné dans l'Hercule, 45o. II est distinct sur le Silène, 709, le Jason, 710, l'Achille, i44; sur le Prophète-Roi du Dominiquin [954]. II est rendu avec incertitude sur la jambe droite de l'Apollon de Rubens , tableau [690] ; mais avec unô grande fermeté sur la jambe droite du premier Horace de David [37] , et sur la même jambe de l'adulte de la Scène du Déjuge [80], où il est pourtant moins bien, (i) P. I, II, 55o.
(A) Une seule ligne s'observe sur le profil externe de la jambô ou, si l'on veut, des péroniers latéraux , sur l'Achille, 144, à droite surtout. Une seule et belle ligne s'observe aussi sur la jambe droite de l'Apollon de Rubens, tableau [690] , ou du moins, si elle est divisée par une dépression, cette dépression est à peine sensible. Deux lignes au contraire se montrent dans le Tibre , 249 : dans le Gladiateur, où elles sont trèsbelles, surtout à droite ; dans l'Apollou du Belvédère; sur le Mercure, 297; sur le Silène , 709 , où elle sont d'une grande beauté; sur le Jason, 710; surle Germanicus, 712; sur le Jésus montant au ciel d'A. Garrache [915] ; sur l'Hercule tuant
270 DE tA janjE.
recouvre, et qui revêt lui-même les deux tiers inférieurs du péroné, est réellement celui qui la continue depuis le milieu de la hauteur de la jambe jusqu'à la malléole externe. Quant à la [ dépression qui l'interrompt légèrement , elle est due à une de ces dispositions minutieuses déconnexion et déstructure dont j'ai déjà signalé tant d'exemples; à ce que, vers le milieu de la jambe, le tendon du long péronier, se trouvant tout à coup à nu sous la peau dans toute sa largeur , ne peut affleurer le niveau de la surface des fibres charnues : et lorsque la dépression manque , ce qui est fort rare , son absence me paraît due au court péronier latéral qui, étant couché sur les deux tiers inférieurs du péroné , sous le long péronier latéral , repousse le tendon de celui-ci en dehors , et le met de niveau avec le plan de ses fibres charnues. II serait possible aussi que cela tînt le plus souvent , ou même toujours , au tissu cellulaire : du moins est-il sûr que l'embonpoint efface cette dépression.
La surface externe de la jambe se montre plus uniforinie dans sa moitié inférieure que dans la supérieure. On n'y distingue qu'un seul plan correspondant aux muscles extensèilr Commun des orteils, extenseur propre du pouce, et court péronier antérieur. Aussi Girodet , en disséquant ces muscles sur les jambes droites de l'adulte et du vieillard de sa Scène du déluge, a-t-il peint l'écorché beaucoup plus que la nature. Le péronier antérieur concourt , beaucoup , à l'uniformité de cette surface , par son aplatissement , et par la manière dont il est couché sur l'extenseur propre du ])oace et uni à l'extenseur commun des orteils.
l'hydre de Lernc, parle Guide [1046] ; sur l'Hercule mourant du même peintre [1049] ; sur le Jésus du Titien [1 222] ; sur le Jésus de Salviali [1184]; sur celui de Bronzino [887].
La surface postérieure de la jambe est plus large, et moins uniforme encore, que l'externe. Renflée dans la moitié de sa hauteur , où elle forme le mollet , elle s'aplatit au-dessous et se rétrécit de plus en plus , de haut en bas , de manière à dessiner le méplat du soléaire , ainsi que le relief du tendon d'Achille , et les gouttières malléolaires que je décrirai avec l'articulation du pied.
Le mollet , arrondi d'un côté à l'autre , arrondi encore en bas , 'oliil se détache sur lé reste de la jambe par une saillie frappante, se couvre de plans divers, pour peu qu'il y ait de tension dans ses muscles. Ainsi , se dessinent de haut en bas 1° sur le milieu de sa largeur, un reUef allongé , demicylindrique (1) , qui correspond aux bords voisins et tout charnus des muscles jumeaux. Là structure de ces bords rend compte de cette saillie (A) ; 2" latéralement , deux méplats , un sur chaque muscle jumeau , qui sont dus à la présence des tendons supérieurs de ces muscles , épanouis en aponévrose sur leur surface (2) (B); 3" én bas, une déjpres-
(AJ La saillie médiane du mollet est frappante et plus large en haut qu'en bas, sur le Gladiateur, 262; sur le Mercure, 297. Elle est très-visible et très-exacte sur le Silène, ^oq ; sur le Jason, 710. Elle est encore distincte sur le Germanicus, 712 ; sur l'Achille, i44' On l'entrevoit sur l'un des soldats du Titien, tableau [1222]. Elle est plus évidente sur l'un des hommes qui occupent le premier plan du tableau de Champaigne [596] ; sur lîi jambe gauche de l'Apollon de Rubens, tableau [690] ; sur la jambe gauche du premier des Horaces, tableau de Dâ^ vid [57].
(B) On reconnaît aisément les méplats latéraux du mollei: Bur le Gladialour, 26a j sur la jambe gauche de TApollon du
Ï)E LA JAMRË.
sion triangulaîro (1) qui partage Icniollolcn dcuxéminences latérales, i'iinc droite, l'autre gauche, et qui est duc à ce que les jumeaux eux-mêmes sont séparés en Las , quoique réunis sur un tendon commun , et forment deux reliefs arrondis très-distincts (2) (A). Ces reliefs offrent, chez les gens robustes, un angle obtus très-frappant, produit par la réunion du plan postérieur des jumeaux avec un plan inférieur , oblique en bas et en avant , suivant la direction des dernières fibres de ces muscles , qui se portent ^e la fin du tendon postérieur h la surface du tendon d'Achille (B) (a) ,
Belvédère; sur la jambe droite da Mercure, 297, où l'interne est inexact; sur le Faune dansant, 4^3; sur le Silène, où le mollet est d'une grande vérité, 709 ; sur le Jason , 710; sur le Germanicus, 712; sur l'Achille, i44) où ils sont assez légèrement exprimés.
Ci)P. 11,347.
(A) Vous observez l'échancrure du mollet sur le Gladiateur , quoiqu'elle soit peut-être un peu faible à gauche; sur l'Hercule, 450; sur le Silène, 709; sur l'un des soldats du Titien , tableau [1222]; sur l'une des figures qui occupent le milieu du tableau de Champaigne [Sgô]; sur la jambe gauche de l'Apollon de Rubens [690] ; sur la même jambe du premier des Horaces de David [37] , où elle est d'une vérité parfaite.
(B) L'extrémité inférieure des jumeaux est vraie, quoique peut-être un peu trop arrondie de haut en bas, sur le Gladiateur, TU l'état d'activité des muscles jumeaux dans sa position. Elle est d'une grande exactitude, adroite, sur le Silène, 709, et sur le Jason, 710, à gauche; sur l'un des soldats du Titien, tableau [1222] ; sur la jambe gauche du premier des Horaces de David [57].
(«) On sait que, parmi les muscles qui forment le mollet, il s'en trouve un beaucoup plus mince que les autres, et qu'à-
DE-tA JAMBE. 2^5
Au dessous du mollet, la surface postérieure de la jambe se déprime brusquement,et conserve une forme triangulaire (i ) , dont la base tient au mollet qui y semble assis , dont les côtés latéraux , beaucoup plus étendus que la base , descendent jusque vers Te talon, où ils.?e réunissent au tendon d'Acbille, qu'on dirait formé par leur convergence et leur prolongement (2) (A-j. Ce large plan appartient au muscle soléaire. Les côtés latéraux dont je viens de parler , correspondent aux bords épais du même muscle , qui forment , de chaque côté de la jambe , en dehors (5) et en dedans (4), un relief fort distinct.
La sm-face du plan du soléaire est légèrement bombée et arrondie.
Le bord antérieur delà jambe, chez tous les gens dont les muscles ont un peu de développement, est toujours arrondi de dehors en dedans , au lieu d'être anguleux comme la crête du tibia qui le forme , parce que cette crête est recouverte ou dépassée par le muscle jambier antérieur, qui
cause de cette circonstance on appelle le plantaire grêle. On a sans preuve, attribué ù la rupture do son tendon les yivel douleurs qu'on éprouve quelquefois dans le mollet, par un violent effort de ses muscles.
(1) P, II,35i, 355.
(A) Le plan postérieur du soléaire est très-bîen sur le Glâ, dialeur , 262 ; sur l'Apollon du Belvédère ; sur le Silène -oq • sur l'un des soldats du Titien, tableau [1222]; sur la jambe gauche de l'ApoUoa de Rubens [G90]; mieux encore sur le premier des Horaces de David, tableau [37]; sur l'Adulte de la Scène du Déluge [80].
tS
aj4 1>E LA. JAMBR.
en dissimule ainsi la saillie (A). Telle est si Lien la cause de la forme arrondie dont je parle , que le tibia fait saillie, précisément au-dessous de son épine (i), en haut de la jambe , parce qu'il s'y trouve à nu sous la peau, le jambier antérieur restant en dehors de l'os. Le bord antérieur de la jambe s'aplatit ets'élargit immédiatement au dessus du coudepied , comme la crête du tibia elle-même (2). Il ne descend point parfaitement droit du genou au coude-pied, il se courbe en dedans, à son tiers inférieur , et se dirige vers la malléole interne , en tournant sa convexité en dehors. Cette disposition tient à une courbure correspondante de la crête du tibia. A cet égard, je dois faire remarquer que ce rebord osseux étant infléchi en S italique , la courbure inférieure est la seule sensible, parce que rien n'en remplit le TÎde., tandis que le jambier antérieur le comble, à la courbure supérieure, dontla concavité regardeen dehors. Cependant ,on peut les distinguer l'une et l'autre chez les gens extrêmement maigres (a).
(A) C'est ainsi que vous voyez le bord antérieur de la jambet arrondi sur le Gladiateur, 262; l'Apollon du Belvédère, le Silène, 70g; le Jason, 710; l'Achille, i44; sur le Jésus montant au ciel d'A. Carrache [giS] ; sur l'Hercule tuant Thydree de Lerne, par le Guide [to46]; sur le Saint Michel de Raphaël [1159]; sur le Jésus du Titien, [1232]; sur le Jésus dee Salviali [1184]; sur le Jésus de Bronzino [887]; sur rApoIlon ■ de Rubens, tableau [690] ; sur la jambe droite du père des Ho- 'races , par David [57]; sur l'Adulte de la Scène du Déluge , pair Girodet [80].
(i) p. I, 537. (2) SOo.
[a] Le chirurgien doit se rappeler que cette courbure eu S delà crêledu libia, peut devenir apparente chez une personntt très-maigre, car il pourrait la prendre alors pour une inflcsioi
i)E tA JAMiiÉ.
Le Lord interne de la jambe n'est pas également distinct et prononcé dans tous les points de sa longueur. Il sépare, l'une de l'autre , les surfaces interne et postérieure de la jambe. II a l'épaisseur de deux doigts, au moins, en haut. II est arrondi d'ayant en arrière , et creusé, en avant , d'un sillon profond et vertical , qui fait suite à celui qui embrasse le genou par en bas (1) (A). Il est formé, dans les deux tiers supérieurs de la jambe , au moins, par le bord interne des muscles jumeau interne et soléaire, et le sillon qui l'accompagne est dû au relief de ces muscles sur le bord interne du tibia, auquel s'attache le soléaire (B). Peu distinct en
rachitique. J'ai vu commettre une pareille erreur par un chirurgien de village.
(i) P.I,IIX, 53i, 252.
(A) Le sillon interne de la jambe est plein dç vérité et d'exactitude sur le Gladiateur, 262; sur l'Apollon du Belvédère. Mais il est trop profond et trop dur sur TE. Verus 268 ' sur le Mercure, 263; sur l'Adrien , 276 ; sur l'E. César' 287sur untJ foule d'autres statues romaines. Il l'est même à gauche sur le Silène , 709. II est beaucoup mieux, et très-bien sur le Jason, 710; sur le Germanicus, 7i2; et trop profond à dro.le suri Achille, ,44. I| ne manque pas d'exactitude sur le Jésus montant au ciel, par Carrache [giS] ; sur l'Hercule du Gu.de, tuant l'hydre de Lerne [1046]. Il u,e paraît en manquer, au contraire , sur le Jésus du Titien [1222]. II est exact sur la jambe gauche de l'Apollon de flubens [690] , et surtout sur le père des Horaces, tableau de David [37], et sur la jambe gauche de 1 adulte de la Scène du Déluge, par Girodet [Sol
(B) Vous reconnaîtrez ces muscles du bord interne de là jambe, sur le Tibre, 249; sur le Gladiateur, 262 ; sur l'ApoI Ion du Belvédère; sur le Silène, 709; sur le Jason, 7,0 sur le Germanicus même , 712; sur l'Achille, 144; sur le' Jé sus montant au ciel, par Carrache [9,3]; sur l'Hercule du Gu.de, tuant l'hydre de Lcrne [1046]; sur le Jésus deSalviati
Las, OÙ il devient moias épais, il n'est plus formé llx que par le bord du soléaire que l'on voit se diriger en arrière, sur le tendon d'Achille , et enfin par le bord interne du tibia (a). Le long de ce bord se dessine souvent une veine bien distincte : c'est la grande saphène. Quelquefois , au lieu d'une il y en a plusieurs. Ce sont des veines voisines de la sapbène, qui s'y rendent ou s'anastomosent avec elle. Ces veines sont sujettes îi se dilater et à produire des varices qui déforment la jambe.
Le bord externe de la jambe sépare les surfaces externe et postérieure de ce membre. Il paraît un peu moins épais que le bord précédent. Un sillon peu sensible en haut, l'accompagne par devant , et distingue son relief de celui des péroniers latéraux. Dans les deux tiers supérieurs de la jambe, il est formé par le jumeau externe et le soléaire , faisant, saillie sur le péroné (1) {ù). Ce relief est cependant
quoiqu'ils y soient peu étudiés [i 184] ; sur l'Apollon de Rubens [690] , où ils sont très-marqués ; sur le Père des Horaces, où ils le sont moins [37]; sur l'Adulte de la Scène du Déluge [80].
(a) En incisant la peau , en coupant les attaches du bord interne du soléaire sur celui du tibia, le long du sillon interne de la jambe, en incisant l'aponévrose profonde de ce membre, on parvient aisément sur l'artère libiale postérieure. On arrive même facilement à l'extrémité Inférieure de l'artère pophlée, en incisant dans ce même sillon , au-dessons de la tubérosilé interne du tibia, et passant entre le jumeau interne et le soléaire. Enfin, par ce même sillon, on parvient inférieurement sur l'artère tibiale postérieure, en incisant en dedans du tendon d'Achille , jusqu'au delà de l'aponévrose profonde de la jambe.
(i) P. III, 339.
[b) Lorsque ce sillon externe de la ambe est bien distinct,
moins prononcé que celui des mêmes muscles sur le tibia (A). Vers le bas du membre , on voit le relief du soléaire se diriger vers le tendon d'Achille, comme au bord interne, et le bord externe de la jambe se trouve formé, là, par le péroné et les deux muscles péroniers latéraux , qui l'arrondis-
on peut s'en servir comme d'un guide infaillible pour arriver à l'artère péronière; mais lorqu'il ne l'est pas , on y parvient tout aussi sûrement, en incisant sur le bord postérieur du péroné, et rasant sa surface postérieure et interne. En opérant ainsi supérieurement, on détache le soléaire et on parvient entre ce muscle et l'aponévrose profonde de la jambe sous laquelle on trouve immédiatement l'artère. En opérant ainsi au milieu de la jambe, on arrive au même point, mais on ne trouve plus l'artère péronière sous l'aponévrose ; elle est engagée sous le fléchisseur propre du gros orteil : enfin , en opérant ainsi au bas de la jambe, on arrive directement sur le fléchisseur du premier orteil , sans avoir besoin de détacher le soléaire du péroné auquel il ne s'attache plus, et il ne reste qu'à détacher, dans ce cas comme dans le précédent, ce muscle fléchisseur, du péroné, en rasant l'os à sa surlace interne. On trouve alors l'artère péronière au-dessous du muscle, et contre l'os.
(A) On trouve un exemple assez distinct du relief du soléaire sur le péroné, sur le Tibre , 249; sur le Gladiateur, 262; sur la plupart des statues de la salle du Gladiateur, et entre autres sur le Mercure, 297. On trouve encore cerelief sur l'Hercule , 45o , où il descend trop bas ; sur la jambe droite du Suivant de Bacchus, 485, où il est grossi du relief des péroniers latéraux, malàpropos confondus avec lui; sur le Silène, où il est exact, 709; sur l'Achille, 144 ; sur le Jésus montant au ciel, par Carrache [91 3] ; sur le Jésus de Bronzino [887] ; sur la jambe droite du premier Horace, où il est parfaitement rendu , tableau du Serment des Horaccs par David [07]. On le distingue aussi sur l'adulte de la Scène du Déluge par Girq-r det[8o]. ^
Bent un peu , en descendant par derrière l'os qu'ils recou^ vrent (a).
Ainsi les deux bords opposés de la jambe semblent s'interrompre en bas, ou se diviser en un relief postérieur qui se porte en arrière , et en un relief antérieur qui se prolonge directement en bas jusqu'aux malléoles {ô).
(a) Le péroné , qui concourt aux formes de la jambe en dehors, est un os assez mince, assez fragile et, partant, exposé aux fractures. Ses rapports avec le tibia, contre lequel il peut rester appuyé , quand il n'est encore qu'à demi fracturé , l'exposent même à des fractures incomplètes, et à des ruptures semblables à celle d'une branche à moitié cassée. M. Campaignac, qui a prouvé le premier, par deux exemples concluans, la possibilité de ce genre de fractures , a rapporté une observation d'une fracture semblable du péroné. {Journal Hebdomadaire y n'43, 1829.)
{b) La jambe a, proportionnellement au nombre de ses muscles, moins de gaines ligamenteuses que l'avnnt-bras auquel elle correspond, et que la cuisse à laquelle elle succède dans le membre inférieur. Ces gaines sont celles du jumbier antérieur qui est incomplète, celle de l'extenseur commun qui l'est encore, celle des péroniers latéraux, celle du mollet, celle des muscles profonds de la jambe, enfin celle du poplité.
La gaine du janibier antérieur a une lame antérieure, qui appartient à l'aponévrose de la jambe ; une lame externe, fibreuse jusqu'au milieu de la jambe , et celluleuse jusqu'au coude-pied; le tibia la complette en dedans.
Lagaine de l'extenseur commun des orteils renferme aussi l'extenseur du pouce et le péronier antérieur. Une larae antérieure qui est l'aponévrose jambière , une lame postérieure qui est le ligament interosseux de la jambe , une lame interne qui forme l'externe de la gaîne précédente, une lame externe et une portion du côté interne du péroné, constituent celte gaîne.
La gaine des péroniers latéraux est. formée par une lame ex-
DE l'articulation DU COUDE-HED.
DE l'articulation DU COUDE-PIED.
Cette jointure unit h a/igle droit le pied avec la jambe , et offre quatre côtés différons (a). En avant s'observe le sinus ou l'échancrure de l'angle qu'elle forme. Le fond en est arrondi de haut en bas. Par suite du ligament annulaire
terne, qui apparllent ùTaponévrose delà jambe; par une lame antérieure, qui est l'externe de la gaîne de l'extehseur commun des orleiis ; par une lame postérieure , qui sépare les péroniers latéraux du soléaire et du fléchisseur propre du gros orteil, en s'attachantau bord externe et postérieur du péroné; enfin par la face antérieure et externe de cet os lui-même.
La gaine du mollet, qui renferme les jumeaux, le plantaire grêle et le soléaire, est formée, en arrière, par l'aponévrose de la jambe; en avant, par une lame profonde qui sépare les jumeaux et le plantaire grêle du poplité , et par une autre lame qui les sépare , tous à la fois , des muscles profonds.
La gaine des muscles profonds renferme, avec les muscles profonds de la jambe , le nerf tibial postérieur , l'artère de même ' nom , et la péroniëre; elle est formée, en arrière , par l'aponévrose profonde de la jambe, et, en avant, par le tibia, le péroné et le ligament interosseux II n'est pas fort rare de la voir se partager inférieurement en trois gaines différentes, qui renferment séparément le fléchisseur propre du pouce, it jambier postérieur et le fléchisseur commun des orteils.
La gaine du poplité est formée, en arrière , par une lame qui le sépare des muscles jumeaux, en avant, par l'extrémité supérieure du tibia.
(a) La forme, et surtout la structure de l'articulation du coude-pied, nepermetlent point d'y pratiquer d'ampulalion.Ce serait une très-mauvaise opération. On n'obtiendrait que des lambeaux trop minces et des surfaces peu favorables à la réunion.
a8o DU l'articulation du cotjde-pied, aniéricur qui y existe, il est sillonné légèrement d'un côté l'autre, dans l'inactivité des muscles. Mais dans la tension d„ ces organes, un tendon y forme un relief très-prononcé, qui , comme une grosse corde saillante, se dirige en Las et eu dedans; c'est le tendon du jambier antérieur. Du fond même du sillon du coude-pied, qui correspond au ligament annulaire de celte arrticulation , on voit naître , en deliors du tendon précédent , celui de l'extenseur propre du pouce , et ensuite ceux de l'extenseur commun et du court péronier antérieur, qui sortent de la même gaîue. Ainsi dos saillies tendineuses se montrent au coude-pied.
L'articulation du pied , par derrière , laisse voir le tendon d'Achille, qui descend accompagné, de chaque côté, d'une gouttière malléolaire superficielle.
Le tendon d'Achille (i) , le plus fort des tendons, forme la corde la plus volumineuse et la plus saillante que l'on aperçoive h la surface du corps et des membres. Large à la jambe, il se rétrécit derrière les malléoles , et sa plus grande étroitesse correspond précisément à la malléole externe , et au bord inférieur de l'interne (2). A partir de ce point , il s'élargit de nouveau et se renfle un peu , en descendant derrière l'os du talon, où il va s'attacher (3) (A). Depuis le niveau de la malléole externe , il descend, obhquement en bas et en arrière, jusqu'au calcanéum. Aussi, lorsqu'on l'observe de profil , on le voit dessiner un creux
(i) P. II, , 363. (2) 363. (3) 570.
(A.J Le relief du icndon d'Achille sur l'os du talon est trèssaillant sur le Gladiateur, et évident sur la plupart des statues antiques. II est très-évident aussi sur le Turc nu de la Révolte du Caire [81], et l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodet [80].
DE l'articulation DU COUDE-PIED, 26 1
au-dessus de son renflement. Il rentre ainsi vers les os de la jambe, parce qu'il est bridé et maintenu par des aponévroses , que je nomme la ceinture postérieure du coudepied , et dont je vais parler tout de suite {a).
Les gouttières malléolaires de l'articulation du coude pied remontent, de chaque côté du tendon , jusque vers la saillie du soléaire , et descendent sur les côtés du talon , où elles se continuent avec les gouttières sous-malléolaires. Ces gouttières sont produites par la ceinture postérieure de l'articulation , qui embrasse le tendon d'Achille , adhère à ses bords, s'étend de là au tibia, d'une part, au péroné, de l'autre, et se fixe h ces os. Cette ceinture se creuse en gouttière sur les côtés du tendon , parce que des brides aponévrotiques , passant en travers devant le tendon d'Achille, retiennent, et attirent vers le milieu de la jambe , les deux côtés de cette ceinture fibreuse , auxquels on les voit adhérer en entremêlant leurs fibres ensemble. Cette ceinture ligamenteuse est
(fl) Les blessures de la partie postérieure de l'articulation du pied sont moins graves que celles du côté opposé ; le tendon d'Achille protège, pour ainsi dire, la jointure par derrière. Il peut bien être coupé par un instrument tranchant, mais la résistance qu'il lui a opposée, a suffi , souvent , pour affaiblir son action, au point de l'arrêter entièrement , avant qu'il ait atteint l'articulation , ainsi que les tendons qui l'avoisinent en arrière : d'ailleuri, la section du tendon d'Achille n'a rien de grave, et peut même guérir très-vite, comme le prouve la 260' observalion deLamotte. Il paraît en effet, d'nprèscetle observation, que le malade ne garda le repos que pendant environ un mois. Néanmoins, il ne faudrait pas en conclure que ce temps soit généralement suiïïsant. Dans un cas semblable, il faudraitcommander un repos d'environ cinquante jours ou deux mois, et d'ailleurs essayer la force de la réunion, si je puis parler ainsi , avant d'abandonner le malade à lui-même.
282 DB l'aI\TICULA.TION DU COL'DE-PIED.
encore la cause qui arrondit en corde les bords du tendon d'Achille. Aussi n'onl-ils point cette forme quand ils sont disséqués.
Ces gouttières, dont je viens d'expliquer la structure, sont moins profondes, et par suite , le tendon d'Achille est moins détaché, chez les personnes grasses, parce qu'il existe au-devant de ce tendon, dans l'épaisseur du plan profond de la ceinture postérieure du coude-pied , une certaine quantité de graisse qui remplit ces gouttières , et les elTacc plus ou moins entièrement (a).
(fl) Quoique le tendon d'Achille soit le plus robuste de tous les tendons qui sont en usage dans notre machine , il n'en est point de plus ni d'aussi souvent rouipu , dans les efforts musculaires que leur corde transmet aux os. C'est ordinairement dans un saut violent qu'arrive la rupture; mais souvent, je m'empresse de le dire , la rupture n'est qu'incomplète. Vous lirez des observations de ruptures complètes du tendon d'Achille dans J.-L, Petit [Mém.deCAcad. des Se. ^ 1722, ou Ma/. des os , t. II, chap. i5); dans la dissertation de Kulm (sur la rupt. du tendon d'Achil. Daotzick, lySo) ; dans la chirurgie de M. Boyer (t. XI, p. gS). Vous en trouverez, sur les ruptures incomplètes , dans le même mémoire de J.-L. Petit que je viens de citer, ou dans ses Maladies des os, et dans Lamolte (Cfùr., Obs. 412 , supplém. ) Dans le cas où la rupture du tendon est incomplète, se borne-t-elle ordinairement, comme le dit Petit, aux fibres qui viennent des muscles jumeaux? Les raisons qu'il en donne ne me paraissent pas sans fondement; mais on n'a rien de certain à cet égard. Lorsque la rupture du tendon est complète , le bout supérieur, obéissant au ressort naturel et à la contractien lente des muscles jumeaux et soléaire, remonte de deux ou trois doigts. — Comme le tendon d'Achille n'est jamais plus tendu que dans la flexion du pied eu avant et dans l'extension de la jambe, il en résulte que les premières
DE l'articulation LU COUDE-PIED. 285
En dehors , rarliculallon du coude-pied présente , et la malléole externe , et lu gouttière sous-malléolaire qui l'accompagne (a).
La malléole externe forme une saillie abaissée sur les côtés du pied, jusqu'au niveau de la saillie du talon; elle est un peu plus rapprochée du tendon du jambier antérieur, qui est la partie la plus avancée de l'articulation , que du tendon d'Achille qui en est la plus reculée. Cette saillie
indications i remplir, dans la rupture de ce tendon , pour en rapprocher les deux parties opposées , c'est de flé'chvr le pied et la jambe en arrière, et de comprimer uniformément les muscles du mollet au moyen d'un bandage. On obtient la guérison en tenant le malade soumis à ces soins pendant quarante ou cinquante jours. Alex. Monro l'ancien, se trouvant lui-même dans Un cas semblable , n'abandonna ses machines contentives qu'au bout de cinqmois. ( Voy. S. Cooper, art. tendon , Dict. de c/iir.)
(a) La malléole externe contient peut-être bien un peu le pied dans la station , comme on l'a dit , mais elle serait absolument incapable d'en empêcher le renversement, si les muscles latéraux du pied ne s'y opposaient par leur action : aussi ce sont là les véritables puissances qui s'opposent avec succès aux mouvement latéraux du pied, comme je le démontrerai dans ma physiologie, où je donnerai une histoire et une analyse détaillée des phénomènes de la mécanique animale. Néanmoins, si, sur un cadavre, par exemple, où la roideur n'existe point, les mouvemens latéraux des pieds s'opposent à l'équilibre de la machine dans la station debout , et si les malléoles, et l'externe en particulier, sont insuffisantes pour le lui conserver, je dois dire que la résistance de la dernière est cependant assez forte pour que le péroné soit cassé dans son corps par une vive et brusque adduction du pied, comme on l'a vu arriver fréquemment sur le vivant. La fracture provient alors, de ce que la tête de l'astragale , poussant en dehors l'extrémité inférieure du
284 l'a1\TICI>LATI0N du" COTJDE-PIED,
• n'est pas précisément verticale. Avec quelqu'altenlion ài cet égard, on reconnaît qu'elle se dirige un peu obliquement en Las et en avant , comme le péroné qui la forme par son extrémité inférieure.
Elle rcsscmLlc à un prisme h trois côtés", qui finirait en pointe et se continuerait par en haut avec le péroné. De ces côtés", l'un, tourné en dedans, repose sur l'articulation, sert, de Lase à l'éminence et ne se voit pas. Un autre est tourné en arrière. Il est fort étroit et coupé presque directement de dehors en dedans, sans s'incliner en arrière. Le troisième, quii regarde en avant et en dehors , continue , pour ainsi dire, le plan de la surface externe de la jamhe, à laquelle il faitt suite. Ce côté est beaucoup plus étendu que le précédent. Ils se réunissent l'un à l'autre par un bord qui forme une arête assez saillante sur le péroné , mais que la peau arrondit sur la malléole (A). L'extrémité inférieure de la malléole
péroné retenue un peuplas haut par des lig.iraens, oblige cetf os à se courber dans son corps jusqu'à ce qu'il se casse. Celle malléole descend si bas, que le péroné peut encore être fracturé par contre-coup, dans un mouvement inverse. C'est em effet ce qui arrive, lorsque le pied, fortement renversé en de-hors, heurte soudainement, de bas en haut, la malléole, parson bord exlerne. Alors le péroné se courbe encore jusqu'au i point de se briser.
(A) La malléole exlerne est imparfaitement rendue dans sai forme, sur le Tibre, 249; elle l'est mieux sur le pied droil que sur le gauche du Gladiateur, 262 ; elle me paraît un peu élevée, relativement à l'interne, sur l'Apollon du Belvédère ; trop forle et trop ronde sur le Mercure , 265 , et sur une infinité d'autres statues. Elle est surmontée d'une dépression vicieuse, sur le: Mercure , 297; elle est trop large et tronquée contrairement à la nature, sur le Suivant de Bacchus, 485; elle a plus de vérité à gauche qu'ù droite^ sur le Silène, 709; elle est très- exacte sur
DÇ l'aRTICULITION DU COUDE-PlED. sSS
orme une saillie anguleuse très-prononcée, parce qu'elle est, . si je puis parler ainsi , détachée de la surface externe du talon , par la gouttière sous-malléolaire. En haut , la malléole se continue avec un plan étroit qui appartient au péroné, à découvert en cet endroit , entre le court péronier antérieur, qui se porte en a^vant , et les pérOniers latéraux , qui se portent en arrière (A). Devant la malléole remonte parfois la saphène externe, qui passe le plus souvent par dessous et par derrière. Il est assez rare qu'on l'aperçoive , parce qu'elle est peu volumineuse. Aussi n'est-ce point celle que le chirurgien cherche ordinairement pour pratiquer la saignée du pied.
La gouttière sous-malléolaire externe (i) est étroite, et circonscrit exactement , en arrière et en Las, la saillie dont elle emprunte son nom (B). Elle est quelquefois interrompue sous la pointe de la malléole, par la saillie tendineuse des péroniers latéraux. Au-devant de la malléole se voit quelquefois
le Saint Luc d'A. Carrache [916]. Elle a la même forme que l'interne sur le Jésus du Titien [1222] , ce qui ne me paraît pas exact. Elle n'est pas exacte non plus sur le Jésus de Salviati [u84]. Elle est très-belle sur le premier des Horaccs de David [57].
(A) On retrouve rarement ce plan sas-malloléalre du péroné sur les ouvrages de sculpture. On en reconnaît pourtant quelque chose sur la jambe gauche du Gladiateur, 262; sur le. Silène, malgré les restaurations, 709; sur le Jason, 710; sur l'Achille, i44; sur le Saint Luc d'A. Carrache, 916. Il est évident sur le premier des Iloraces de David [37] , où il est par,faitement exprimé. On le retrouve encore sur l'Adulte de la Scène du Déluge, par Girodct [80].
(B) La goullicre sous-malléolaire externe csl très-évidente sur
28G DE l'aRTICTJLATIOÏÎ Ht COUDE-PIED.
un petit méplat, où le tibia se trouvcà nu sous la peau , h l'endroit même où il s'articule avec l'extrémité inférieure du péroné; c'est un méplat prèmallèolairc (A).
L'articulation du pied ne présente de remarquable , en dedans, que la malléole Interne et la gouttière sous-malléolalre.
La malléole interne descend moins bas que l'externe de près d'un travers de doigt (i). Elle est bien plus avancée que l'externe, puisqu'elle touche au tendon du jambier antérieur; et comme elle est plus large, elle s'étend aussi loin que l'autre , par derrière : mais II reste au moins un tiers des côtés de l'articulation derrière ces éminences , et ce tiers est formé par les gouttières malléokires , qui n'appartiennent pas moins aux surfaces latérales du coude-pied que je décris, qu'à son côté postérieur. La malléole interne n'est pas seulement plus avancée , plus élevée, plus large que l'externe; elle en diffère encore par sa conformation (2) : en effet , tandis que la première est allongée en fer de flèche , en tête de serpent, comme l'est elle-même l'extrémité Inférieure du péroné qui en fait le fondement , la seconde paraît quadrilatère et tronquée en bas , quoique l'émlnence du tibia , qui en est la base , soit légèrement allongée en pointe obtuse , dans le devant de «on bord inférieur. Cela tient à ce que le tendon du jambier postérieur remplit la gouttière , ou le vide , que ce bord présente derrière l'apophyse dont je viens de parler (B). Con-
le Saint Luc de'Carrache [g 16] ; sur le premier des Horaces de David [57] ; sur l'adulte de la Scène du Déluge, par Girodet, 80.
(A) Vous verrez ce méplat sur la jambe gaucbe du Gladiateur, 262; sur le Silène 3 à gauche, ^09.
(1) P. Il, 359.
(B) La malléole interne est certainement trop étroite sur le
DE l'articulation DÛ COTIDE-PIEb. '^^1
thiue, en haut, avec la surface interne du tibia, dont çlle ne semble être que la suite , la malléole est , là , surmontée par la saillie de la grande veine saphène (i), qui s'élève obliquement le long du bord interne de la jambe , où on la distingue d'habitude. C'est la veine où les chirurgiens pratiquent ordinairement la saignée du pied (a) (A).
pied droit du Tibre. Elle n'a pas la même forme des deux côtés, sur le Gladiateur, 262. Je lui trouve des formes un peu âpres et osseuses sur le Mercure, 297. Elle laisse sentir, audessous de son relief, le tendon du jambier postérieur, dans le Silène, 709. Elle est très-exacte sur le Jason, 710, et mal exécutée sur l'Achille , 144, surtout à gauche. Elle ne manque pas de vérité sur le pied gauche du Jésus montant au ciel , de Carrache [giS]. II y en a moins à cet égard sur l'Hercule tuant l'hydre de Lerne, du Guide [1046]. Elle est mal rendue dans le Jésus de Salviati [1184]; dans celui de Bronzino [887]; plus basse que Tinterne sur l'Apollon de Rubens [690] , ce qui est une faute singulière ; beaucoup trop élevée sur l'un de ses Archanges, dans son tableau [676]. Elle estpeut-être un peu étroite sur le père des Horaces [S?].
(a) La grande saphène ne donne pas autant de sang qu'on pourrait le présumer d'après son volume. Cela tient à ce que ses parois étant très-épaisses, son canal est plus petit que dans les veines des membres supérieurs, et à ce que , étant très-près des orteils , elle n'est pas alimentée par des veines assez nombreuses; enfin , à ce que la compression n'agissant ici que trèsfaiblement , ou n'agissant pas du tout sur les veines profondes, elle n'y arrête pas le cours du sang aussi complètement qu'au bras.
(A) On observe rarement la grande saphène au-dessus de la malléole interne, sur les chefs-d'œuvre des arts. On l'entrevoit sur le pied droit du Père des Horaces [5;]. Elle est manifeste sur le pied droit de l'Adulte de la Scène du Déluge [80] .
288 DE l'articulation T)t COtIDK-PIci).'
La gouttière sous-mallcolalre n'est autre chose ici que lâ voCite du pied , ou le commencement de cette voûte et la fia delà gouttière mallcolaire correspondante (A).
Le lecteur a dû remarquer par ce que j'ai dit, que les deux malléoles n'ont point la même hauteur. Cette disposition , frappante lorsqu'on examine le coude-pied par devaut, l'est bien davantage par derrière , et c'est ainsi qu'il faut l'observer pour en prendre une bonne idée (a).
(A) La goutlicre sous-malléolaîre interne est différenle à droite et ù gauche sur le Gladiateur , 262, et elle n'offre qu'une forme adoplive sur le pied gauche; elle est peu exacte sur le Silène, 709; beaucoup mieux sur le Jason, 710; sur le Germanicus , 71?., et de nouveau assez médiocrement modelée sur l'Achille ,144* ^^^^ très-visible sur le Saint Luc d'A. Carrache [916]. On la reconnaît aisément sur le Jésus du T\-tien [i 232]. Elle est pour ainsi dire effacée sur le Jésus de Salviali [n84]. Elle est très-apparente sur le pied droit du Père des Horaces de David [37], et sur le vieillard et l'adulte de la Scène du Déluge , par Girodet [80].
(fl) Par sa forme , et surtout par sa structure, l'articulation du 1 pied cède encore avec assez de facilité aux violences extérieures. . Aussi elle peut se luxer dans ses quatre sens principaux, et: d'une manière complète ou incomplète. Ses luxations cm avant et en arrière sont les plus rares. L'interne est la plus fré-quente, parce qu'elle est la plus facile; et elle est la plus facile; parce que le pied s'infléchit naturellement un peu en dehors,, surtout dans la marche. A chaque pas, en effet, on voit l'articu-lation saillir davantage en dedans, vers la malléole interne. Ce; mouvement est surtout sensible chez les femmes dont les articulations sont plus souples et plus flexibles. Les luxations corn-plètes sont toujours faciles à reconnaître, par les grands change-mens qu'elles apportent dans l'articulation du pied et dans les! formes de la jointure. Mais il n'est pas toujours aisé de recon-naître si elles sont compliquées de l'ccarlcmcnt du péroné, de lai
DU PIErti
Le pied, soutien de tout le poids du corps, est, comme la main, formé de deux parties distinctes, mais d'une éten-
fracture de son extrémité, de celle de la malléole interne et d'une double luxation de l'astragale. Toutes les luxations complètes du pied sont graves, et ordinairement difficiles à réduire, au point que Desault, un jour, après maints essais infructueux, a osé ouvrir l'articulation, pour réduire une luxation qui avait résisté" à ses efforts. Les plus graves sont celles qui sont accompagnées de l'issue et de la double luxation de l'astragale. Sans doute on les peut guérir; les observations rassemblées par le professeur Boyer le prouvent incontestablement {V oy. Boyer , mal. chir,, t. IV, lux. du pied); mais elles n'en sont pas moins des cas excessivement graves. — La disposition des os du coude-pied ne permet pas de réséquer facilement l'extrémité inférieure du péroné, et surtoutcelle du tibia. A moins que l'extrémité du tibia ne sorte elle-même par une plaie, je ne crois pas qu'on doive en faire jamais le retranchement. Ainsi , dans les maladies organiques de l'articulation du coude-pied, dans ses tumeurs blanches , il faut toujours préférer l'amputation de la jambe à la résection' du tibia, du péroné, et à l'ablation de l'astragale, bien que celle-ci ait été faite avec succès dans les luxations du pied compliquées du détachement partiel de cet os. Ce qui distingue ces derniers cas, et ce qui explique les succès d'opérations aussi graves, c'est qu'elles sont faites sur des parties que l'accident a saisies en bonne santé, et chez des individus bien portans; circonstances qui rendent bénignes les opérations les plus redoutables, comme les circonstances opposées rendent mortelles les opérations les plus innocentes.
(A) Les pieds sont d'un mauvais dessin dans le Christ de Salviati [ii84]. Il sont au contraire d'une grande vérité dans le Saint Christophe de Spada [laoo] .Ils ont des formes ignobles dans le Christ et le Saiut Jean du tableau [6;5] de ilubens. Ils
due proportionnelle bien différente : ce sont , le pied proprement dit ou sa voûte , et les orteils.
DE I^A VOUTE DU PtÊD.
Je nomme voûte du pied toute la portion de cet organe qui est postérieure aux orteils; elle est aplatie de haut en bas , quadrilatère dans sa circonférence , et offre , comme son nom l'indique, la forme d'une voûte, d'ailleurs très-surbaissée , qui a deux faces, dcuxbords et deux extrémités (a).
sont aussi d'une vilaine forme dans les Archanges de son tableau du triomphe de la religion [676] ; d'une plus vilaine encore dans une figure d'homme, à draperie jaune, que l'ôn voit à la droite du même tableau , ainsi que dans le prophète Élie [670]. Il y a beaucoup d'exactitude dans les pieds des figures du tableau [i5i] exécuté par Lesueur. David en a donné d'admirables modèles [37, 58, 59.]
(a) La voûte du pied est à feu près nulle chez certains individus. C'est ce qui constitue les pieds plats ^ disposition qui, dit-on, gêne beaucoup la marche, et est même une cause de ïéforme militaire. — Le pied peut être renversé en dehors ou en dedans. Il en résulte une difformité qu'on nomme pied-bot , et qui, surtout quand elle est légère et quand les individus sont jeunes, peut être réparée par le moyen des bottines mécaniques ( Foy. mon Traité des JBandag., Réduct. du pied, 5 19.)
La structure des os du pied, et surtout de ceux du tarse , leur
peu d'étendue, leur rapprochement, y rendent fort rares les fractures uniques. On n'y observe guère que des fractures multipliées , compliquées d'écrasement des parties molles et de plusieurs os. L'arrangement des os du pied permet d'en faire l'amputation, 1* entre le calcaneum et l'astragale d'une part, le scaphoïde et le cuboïde de l'autre; 2° entre le scaphoide et le cuboïde d'une part , les os cunéiformes et les deux derniers 03 du métatarse d'autre part; 7*" entre les os du tarse et 4u wélarsc, Dans Iç premier cas; on opérerait d'après la mé"
Des deux faces , l'une forme le dos ,* l'autre la plante dii pied; des deux Lords , l'un est interne ou tibiaire ; l'autre est externe bu péroncaire ; des deux extrémités , l'une est antérieure ou digitaire ; l'autre est postérieure et forme le talon.
Couvert en arricjre, dans sa portion la plus reculée, par la jambe qu'il soutient, le dos du pied est libre et convexe dans le reste de son étendue; mais il n'est nulle part plus convexe, que le long de son bord interne. Il est en même temps incliné en avant et en dehors, parce que sa courbure s'abaisse rapidement dans ces deux sens , mais surtout en dehors.
Sur sa surface se dessine , d'abord , une arcade veineusffl irréguliëre (i), qui aboutit, en dedans, h la grande saphène qu'elle commence, en suivant le dos du pied, le long de son bord interne ; en dehors , à la petite saphène qu'elle commence aussi, en se dirigeant vers la malléole externe : à cettG arcade arrive une veine de l'intervalle de chaque orteil (A)«
thodc de Choppart, dans le troisième, comme ie fait M. Lisfranc, et, dans le second, comme personne ne doit le faire quand on peut conserver les os cunéiformes, mais comme on devrait opérer dans certains cas d'écrasement ou de gangrène du pied, où il serait possible de conserver le scaphoïde et l'os cuboïde, parce qu'on doit toujours être extrêmement économe des os du pied, dans les amputations que l'on y pratique. Peut-être, aussi, pourrait-on substituer avec avantage l'amputation du pied dans la continuité de ses os , aux amputations que l'on pratique dans leurs articulations. — La disposition des parties molles oblige d'ailleurs à n'y faire qu'un. lambeau, et à le faire aux dépens de la surface inférieure du pied. (1) P. I, 111,577, 571.
(A) CçtiQ arcade vcinçuse du dos du pied est frappante, et
aQ% DV PIED.
jSous ces vaisseaux s'aperçoivent , dans la tension des muscles, de dedans en dehors, le tendon du jambier antérieur, qui , du coude - pied , descend , comme une corde forte , saillante, se fixer à l'extrémité du premier os du métatarse , vers le milieu du bord interne du pied (i) (A) ; le tendon de l'extenseur propre du pouce , qui , sortant du coude-pied en dehors du précédent (2) , se dirige le long du dos du pied , tout près de son bord interne, et va s'attacher au pouce {a) (B); les tendons de l'extenseur commun des orteils, qui, partant d'un seul point, se portent en diver-
même trop marquée, sur le pied droit du Tibre, 249 ; elle est Irèsbien rendue sur le Gladiateur, 262 ; assez bien sur le Faune dansant, 4o3; sur le Suivant de Bacchus , 485; sur le Silène, 709. On l'entrevoit sur le Prophèle-Roi du Dorainiquin [934]. ÎEUe est plus distincte sur le pied droit de l'Hercule du G uidc , tuant l'hydre de Lerne [1046] , et très-apparente sur l'Adulte de la Scène du Déluge [So] ; mais accompagnée mal i\ propos d'autres veines, sur les pieds du vieillard.
(A) Le tendon du jambier antérieur est légèrement visible sur le pied gauche du Tibre, 249, et du Gladiateur, 262. Je crois l'entrevoir sur le coude-pied dans le Jésus de Bronlino [887] ; dans l'Apollon de Rubens, tableau du Gouvernement de la i*eine [690].
(a) Le tendon de l'extenseur du gros orteil offre un excellent guide pour découvrir et lier l'artère pédieuse. Ce vaisseau se trouve sous son bord externe et au-dessous du bord interne du muscle pédieux.
(B) On croit reconnaître le tendon de l'extenseur propre du gros orteil, sur le pied gauche du Tibre et du Gladiateur ; sur le droit du Prophète-Roi du Dominiquin [954]. Il paraît se: dessiner un peu sur le coude-pied du Jésus de Pronzino [887].
géant aux quatre derniers orteils (A) ; le tendon du Court péronier antérieur, que l'on ne peut distinguer que sur un pied très-maigre et très-sec. En dehors de ce tendon proénaine la partie la plus reculée et la plus externe du muscle pédieux, configurée en un plan triangulaire, qui n'est pourtant bien distinct que chez les personnnes un peu maigres, et dont les muscles ont au moins un certain développement (P). Il est fort rare qu'en dehors du méplat du pédieux, on puisse apercevoir le tendon du court péronier latéral, qui , de la gouttière sous-malléolaire externe , va s'attacher sur l'extrémité postérieure du dernier des os du métatarse. Il est plus rare encore qu'on entrevoie, au-dessous de tous les reliefs veineux , tendineux et musculaires que je viens de décrire , la saillie des os du métatarse. Les tendons extenseurs des orteils se font si distinctement sentir, au moindre effort, qu'on n'aperçoit pas même les tendons sous-jacens et plus grêles du muscle pédieux, dans le moment de leur plus énergique tension.
Il est plus évident encore dans le même point sur l'Apollon de Rubens, tableau [690].
(A) On dislingue assez rarement les tendons de l'extenseur commun de§ orteils; néanmoins ils sont assez visibles sur le Gladiateur, et on croit même y reconnaître une anomalie sur le pied gauche, 262. On les voit très-distinctement sur les articulations des orteils avec le pied , dans Je Trophète-ïloi du Dominiquin [954] f dans le Saint Luc d'A. Carrache [916].
(B) Le pédieux est distinct, à gauche, sur leïibre, 249; il est fortement gonflé, du même côté, sur le Gladiateur, 262; trop distinct sur le Silène, 709; sur le Germanicus, 712; à peu près invisible sur l'Achille , i44 5 quoique les muscles de cette statue soient généralement exagérés. On l'entrevoit sur le Saiu,t Luc d'A. Carrache [916],