CONSIDERATIONS
mes de son corps sur ce superLo animal ? Par ses membres lourds et volumineux , par l'énorme largeur de son pied , surpasse-t-il en élégance et en beauté les gazelles légères? A-t-il plus de souplesse et plus de grâce dans ses amusemens que le chat, la panthère ou le jaguar dans leurs jeux? Paraît-il plus beau et plus terrible dans ses combats que le tigre et le lion dans leur fureur ? Enfin , pour n'en pas dire davantage , efface-t-il par le teint de sa peau, par la couleur de sa chevelure , les riches et admirables couleurs que la nature a répandues à profusion sur le plumage d'une foule d'oiseaux, sur les écailles d'un nombre infini de poissons, sur des multitudes d'insectes et de coquillages , où elle semble avoir épuisé les trésors de sa palette ?
Dépouillons-nous de nos préjugés, dépouillons-nous de ces idées d'orgueil que nous ont insinuées des auteurs qui prennent de la vantcrie pour de l'éloquence , et nous reconnaîtrons, je crois, que la supériorité absolue de la beauté de l'espèce humaine sur cello des autres espèces de l'univers n'est ni aussi manifeste , ni aussi incontestable , que notre vanité pourrait le désirer ou feindre de le croire. Néanmoins si l'homme, sous ce rapport , n'occupe pas le premier rang parmi les animaux , au moins est-il vrai de dire qu'il y tient un rang fort élevé, surtout par la femme, dont les grâces et la beauté rehaussent l'éclat de notre espèce.
Quatre membres et un torse modelés d'une manière toute spéciale donnent ii l'homme la figure et la forme qui lui sont propres. Cette forme est composée comme celle de la presque totalité des animaux, parce qu'elle résulte de la réunion des diverses parties que nous venons de dire. Mais ces parties sont composées elles-mêmes de plusieurs autres , le tronc ou le torse : de la tête, du cou , de la poitrine , du ventre ou abdomen et du bassin; les membres supérieurs ou pectoraux : de i'épaulc, du bras, de l'avant-bras et de la main;
les membres inférieurs : de la cuisse , de la jambe et du pied.
Quoique toutes ces dilTcrcnles fractions semblent , au premier coup d'œil , ajoutées les unes aux autres , elles sont alternativement inclinées les unes sur les autres en sens opposé. Cette disposition donne à l'ensemble du corps une souplesse apparente , et par lii même une grâce naturelle qu'il perdrait si toutes ces parties se suivaient dans la môme direction; et les figures exéculées de celte dernière manière offrent un aspect de raideur qui les rend choquantes aux yeux des artistes.
Les diverses parties de la surface du torse et des membres présentent d'ailleurs plusieurs régions et plusieurs surfaces distinctes , quoique souvent les limites qui les circonscrivent soient si faibles qu'elles en sont le plus fréquemment insensibles, et nous obligent, pour en faire une exposition claire et fidèle , d'y poser des bornes arbitraires. Enfin, des plans ou méplats superficiels , des creux et des saillies prononcées couvrent ces surfaces , en rompent l'uniformité et la régularité, et réclament l'attention la plus minutieuse pour être modelés avec exactitude et avec vérité. Nos descriptions les signaleront à l'attention des artistes , et les graveront par là profondément dans leur souvenir. Nous supposerons l'homme à l'âge adulte , se tenaiat debout et ayant les muscles légèrement contractés , comme ils pourraient l'être chez un homme qui s'apprête ou qui commence à lancer une boule en l'air. Nous prenons ce cas pour type et pour base de nos descriptions , parce que , dans le repos parfait des muscles , leurs plans ne sont pas assez distincts , et que les formes restent trop indécises pour pouvoir être décrites avec précision, et surtout peur pouvoir être comprises avec facilité.
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