Ï)IÎ LA TÈTE
enfoncés clonnent de la gravité , de ta sëvérîlc h la physionomie et convienneat auï personnages historiques qui se sont distingués par de grandes actions.
L'œil est un globe dont la splière offre en avant une portion transparente comme du cristal , qui fait par sa courbure wne saillie analogue à celle du verre d'une montre sur son couvercle. Cette saillie , quoique assez peu sensible, est cependant si distincte dans les divers mouvemens de l'œil , -qu'elle en trahirait la direction, lors même que les yeux seraient privés de transparence , et offriraient partout une couleur analogue (a). On en a la preuve dans la possibilité d'exprimer en sculptm^e la direction des yeux , par la seule saillie de la cornée, et sans en marquer la prunelle par un cercle , comme on le fait dans nos portraits bourgeois , ou par une dépression en godet, comme on en trouve un exemple dans le Nilj 347. La partie transparente de l'œil laisse apercevoir l'iris coloré, et h son centre un trou que l'on désigne sous le nom de prunelle ou de pupille. Ce trou paraît ordinairement noir , parce que l'on aperçoit à travers son ouverture , le fond de l'œil toujours noir , si ce n'est chez les albinos. Il correspond b peu près au centre de la cornée. Comme il est l'unique ouverture par où passe la lumière, pour aller au fond de l'œil nous donner la sensation
est fort difficile ou impossible d'inciser convenablement la cornée, et que , dans le second, la méthode de l'extraction expose Focll à se vider.
(a) La saillie de la cornée offre beaucoup de prise à la paupière sur le lambeau que l'on forme aux dépens de celte membrane dans l'opération de la cataracte par extraction , et exige qu'on lui donne une direction oblique, au lieu de la direction transversale que lui donnait Daviel {Mêrn. de l'Ac roy. de Chir. , t. H. )
de la vision , les points rapproches du milieu de la cornée J sont surtout ceux que le chirurgien doit ménager dans les opérations qu'il est oLligé de pratiquer sur cette membrane. ; La pupille joue toujours un grand rôle dans l'expression des s yeux: c'eslellequijui donne le plus d'éclat parla vivacilédesa ; couleur. L'iris est une sorte de cloison membraneuse , dont I la circonférence tient à l'œil , en dedans de la circonférence 1 de la cornée transparente. Sa surface antérieure ofîre un ^ velouté admirable , forme de rayons et de flocons dont les nuances sont différentes sur les divers individus. Des 1 rayons d'un brun suie, accompagnés de flocons et de cercles de même teinte, visibles sur le fond toujours plus clair de la surface antérieure de l'iris , et une prunelle très- ' ^ noire , constituent les yeux de cette couleur. Ils coïncident I avec des cheveux très-noirs , assez souvent avec une peau j trune , et produisent toujours un effet qui plaît , probable- i - îTïeot par son contraste avec les couleurs qui l'environnent. 1 Les yeux bruns ont l'iris un peu moins foncé , et la pupille d'un noir moins vif. Les yeux verdâtres sont les plus communs. Ils doivent cette teinte aux rayons , aux flocons , et aux cercles d'un brun verdâtre qui peignent l'iris. Leur prunelle n'est pas d'un noir vif et foncé.
Des rayons , des flocons et des cercles bleus dessinés sur la surface de l'iris , une pupille qui est rarement d'un beau noir, sont les caractères des yeux bleus. Ces yeux plaisent infiniment parla beauté de leur couleur et par une expression de tendresse qui trouve de la sympathie dans d'autres yeux. Ils sont plus communs chez les enfans et chez la femme que chez l'homme , et au total assez rares. Ils s'observent surtout avec des cheveux blonds, rarement avec des cheveux châlnins , presque jamais avec des cheveux d'un beau noir. Mais si le hasard présente une pareille exception, si la pupille est d'un noir foncé, les yeux eu
reçoivent un éclat et une vivacité qui no leur sont pas ordinaires.
La conjonctive est la membrane d'un Liane jaunâtre qui se réfléchit de la surface interne des paupières et de leurs angles sur l'oeil. Toujours distincte de cet organe jusqu'à la cornée transparente, elle s'amincit tellement et s'unit, Ih. , d'une manière si intime avec la cornée qu'elle semble disparaître.
La conjonctive est partout assez mince sur l'œil pour laisser apercevoir la couleur blanclie et brillante qu'il présente au-delà du contour de la cornée. Elle est quelquefois d'un blanc bleuâtre, dû h la couleur noire d'une membrane intérieure de l'œil , dont la teinte changée par la réfraction transpire par les enveloppes de cet organe et par la conjonctive elle-même. Des veines injectées d'un sang toujours rouge, probablement par suite de l'action de l'air, dessinent leurs ramifications par cette membrane , dont elles altèrejit l'éclat et la pureté (.4),
(A) Les artistes ne kii ont peut-être pas toujours conservé assez de blancheur. Blandinelh la peint d'un blanc gris sur son portrait, en sorte qu'elle est moins blanche que la peau du front [857]; on fait une observation semblable sur le portrait de lialihasar par Kaphacl [11 56]; sur deux figures de la nali- •vilé de Jésus par Piclro de Cortone [ii38] ; sur un portrait du Titien [1221]; et sur beaucoup d'autres.
Le teint de la conjonctive a déjà plus d'éclat dans la Madeleine du Guide [1040]; dans son Jésus couronné d'épines [io56]; il eu a plus encore sur laYierge de Sassoferrato [n85]; sur le portrait de l'archevêque de Cantorbéry, pas Holbein [•193]; sur la plupart des figures deRubcns; et pour en citer quelques-unes en particulier sur l'ange porte-croix, dans le Triomphe de la religion [G;G] ; sur un portrait de Fran^iois dcMédi-
4a DE LA TjItE. I
Les joues', qui s'étenJent depuis les yeux jusque sur les ; ^ cotés du menton , et depuis le nez et la Louche jusque vers | ^ les tempes et les oreilles , se confondent insensiblement avec j ^ ces diverses régions. Un sillon vertical très-léger les sépare ç, du nez (i) ; i.n sillon oblique, plus profond et constant, les f distingue de l'aile du même organe (2); et un troisième sillon f oblique, de la bouche (3) . Une saillie osseuse , l'arcade zygo- p matique étendue depuis l'orei lie j usqu'à la pommette , et une jg échancrurc soas-auriculaire , posent une ligne de démarcation sensible entre les joues d'une part, les tempes et les (, oreilles de l'autre (4) . Limitées eu bas par le bord inférieur ; ] de la mâchoire inférieure , elles le sont en haut par la por- ' ] tion inférieure du contour de l'orbite chez les sujets maigres, ou par le sillon qui circonscrit la paupière inférieure, j, comme on le voit ordinairement chez les personnes gras- j j ses (5). Dans ces dernières, la surface des joues est géné- ^ ralement et uniformément bombée , et s'il s'y dessine quelques plans , ils sont h. peine distincts. Aussi pour les bien , , comprendre il faut absolument les étudier chez les personnes f maigres. Chez celles-ci, la surface des joues proémine au- ^ dessous et en dehors de l'orbite, au niveau de la portion , inférieure de son contour, et forme la saillie de la pom- ■ mette (6) ; elle s'aplanit au-devant de l'oreille ou de l'échancrure sous-auriculaire , et y forme le plan quadrilatère
ois [700] ; et sur une femme du premier plan , dans le Concert defiUTiille, par Jordaens [555]; sur une Sainte Marguerite de Dufresnoy [53]; sur quelques têtes du tableau de la Révolte du Caire, par Girodet [81]; sur le Marins à Mintiu'nes, de Drouais [5i]; sur le Léonidas aux Tliermopjles et quelques autres têiesdu même tableau, par David [58].
(4) p. 1,11,111,11. (5)i5 (6) P. I, III, 14.
è& massetep, lonjours oLllque ea Bas et en arrière (i), §t tjai se couvre de plusieurs méplats dans la tension , parce- (fiie sa surface est formée d'aponévroses et de fibres charnues entremêlées. La jono se prolonge obliquement en haut et m dedans, sous la forme d'un trait assez prononcé, entrel'aile du nez et la paupière inférieure (2). Enfin elle se feteuse sous la pommette et se relève graduellement en plan incliné sur la mâchoire inférieure. Les joues sont avec les lèvres , chez quelques personnes pleines de jeunesse et de fraîcheur, les parties les plus colorées de la figure et d'une beauté ravissante quand la blancheur des lis s'y marie U la fraîcheur des roses.
Quoique les côtés de la têle soient moins variés dans leur |)lans que ne l'est la figure, ils offrent plusieurs parties fort distinctes. Ce sont le pavillon de l'oreille, la tempe, la dépression sous-auriculaire et la saillie masloidaire.
Le pavillon de l'oreille est une sorte de cornet aplati qui se réduit k une lame demi-circulaire et à un pédicule tubulé fixé au crâne. Il s'étend depuis le niveau de la base du nez environ jusqu'à une ligne horizontale qui passerait immédiatement au-dessus du sourcil (A).
(A) Les anciens statuaires de l'Egypte, comme on en peut juger par les statues de leur premier style, qui ornent la salle de risis au Louvre, donnaient trop de longueur aux oreilles , et les reculaient trop loin. Elles n'ont point ce défaut sur les statues grecques. Elles s'étendent du niveau de la base du nez jusque immédialemcnt au-dessus du sourcil dans le Jason, ^10; et du niveau de l'aile du nez, jusqu'à la même hauteur dans le Germanicus , dans la Diane à la biche. Elles offrent la même étendue dans le portrait de la maîtresse du Titien [121 2] ; dans les portraits de Haphaël et de son maître d'armes [ii54]; tt dans
44 DE LA TJiTE.
La lame da pavillon est repliée sur elle-même dans une partie de sa circonférence ; ce qui forme une sorte de bordure que l'on nomme l'hélix (i). En Las, où elle s'allonge, elle produit le loLe de l'oreille (2). Elle présente en avant une petite éminence triangulaire à sommet arrondi et dirigé en arrière , que l'on désigne sous le nom de Iragus (3).
Des deux surfaces du pavillon Tune regarde en dehors et en avant, l'autre en arrière vers le crâne. La première est généralement concave et très-inégale. C'est la surface intérieure du cornet que représente l'oreille. Un sillon y suit le repli de l'hélix dans tout son contour, une petite fossette naviculaire se montre en haut et en avant , la conque enfin y creuse une cavité large et profonde qui oflre en avant sous le tragus l'ouverture du conduit auditif externe. Sur celte surûice se voit en outre un repli saillant qui y décrit un demi-cercle , c'est l'anthélix. Il commence en haut derrière la portion antérieure de l'hélix par deux racines que la fossette naviculaîre sépare l'une de l'autre. Il circonscrit la conque et finit en has et en arrière contre une seconde éminence h pointe arrondie en regard du tragus , et que l'on désigne h cause de cette disposition sous le nom d'anlitragus (4). La conque est resserrée entre ces deux éminences en un détroit qui s'élargit en finissant.
La surface extérieure, plus simple, moins étendue que la précédente , est renflée à son point d'adhérence par le fond de la conque ; un sillon léger correspondant h l'anthélix circonscrit en partie le renflement dont je viens de parler.
Au-dessus et au- devant de l'oreille se voit la tempe , que
cchii tic Ballhasar [i i56] , tous deux par le même peintre ; enfin dans le frère de Léonidas aux Thcrmopylcs , par David [38]. (1) P. I, II, III, 6. (2)iG. (5) 13.
(4) P. I, II, III, ifî.
iiE LA TÊTE. 4^
sépare du front et du sommet de la tête une ligne courbe fort légère, souvent invisible, et de la joue la saillie ziVomataire. La ligne courbe de la tempe commence au-devant de la région de même nom, derrière l'apophyse orbitaire externe de l'os du front , après quoi elle s'élève et se porte en arrière en s'efFaçant bientôt. Elle ne reste tout au plus visible à travers la peau que jusqu'aux cheveux qui la cachent (i). Cette ligne se montre tantôt eu creux, tantôt en saillie : en creux chez les personnes dont le temporal et le tissu graisseux de la tempe débordent , si je puis parler ainsi , la fosse temporale , ou chez celles dont les mâchoires sont serrées ét le temporal tendu ,* eu relief chez les personnes maigres et dont le muscle temporal trop mince ne peut surpasser, au moins en devant par son épaisseur, la saillie de la ligne courbe de la tempe. En devant cette ligne est formée par le bord supérieur et postérieur de l'os malaire, dont les ondulations et les sinuosités s'effacent sous les insertions de l'aponévrose temporale , au point qu'on ne les distingue plus , pas même chez les sujets les plus maigres. Plus haut, elle est formée par la ligne temporale de l'os du front, ligne qui s'efface à mesure qu'elle s'éloigne de l'arcade sus-orbitaire , derrière laquelle elle est à son ma;vLmum de développement.
La saillie zigomataire se dirige horizontalement d'arrière en avant, très-visible chez un homme maigre, et peu distincte chez un homme plein d'embonpoint (2). Elle s'élargit en devant, et se confond insensiblement avec la pommette de la joue , précisément parce qu'elle est formée successivement par l'apophise zygomalique et l'os malaire. Elle aboutit en arrière îi la base du tragus; mais elle en
(OP. i,in,/|.
(2) r.i,u, liï, II.
reste s6par<îie par une pclitc fossette zigomatalre^ et par une saillie légère , toujours peu distinctes l'une et l'autre. Cette dernière saillie correspond au condyle de la mâchoire , elle se meut avec celle-ci, et une cavité assez pro- ' fonde la remplace quand nous ouvrons fortement la bouche. La fossette zigomataire s'observe immédiatement au-dessus du condyle, entre le tragus qui en est la limite par-der-r rière , et la saiUie zigomataire qui la borne en devant (a). '
La surface de la tempe se creuse beaucoup chez les per- \ sonnes maigres , parce que celte région contient deux pe- ' lotons de graisse l'an sur l'autre , et qu'il n'est aucun tissu qui diminue autant par ramalgrissement. Cette excavation est rendue très-sensible en bas et en avant , par les limites osseuses et toujours fixes que la tempe y présente. Plus haut et en arrière , la tempe devient saillante, et par suite de la saillie naturelle du crâne en cet endroit , et parce que l'é- ' paisseur du muscle temporal s'ajoute en ce point à la courbure du crâne [b).
'{a) Cette fossette sensible à l'œil, mais surtout au doigt qui s'y enfonce, offre au toucher des baltomens artériels qui sont dus à l'artère temporale assez superficielle en cet endroit. La pression y est assez douloureuse, probablement à cause des branches auriculaires antérieures des nerfs maxillaire inférieur et facial qui y passent.
{b) Des deux pelotons temporaux, que j'ai peut-être indiqués le premier, dnns ma thèse inaugurale à l'art. Analomie des régions^ l'externe est placé dans l'aponévrose externe du temporal, et peut suppurer indépendamment de l'autre qui est plus profond et beaucoup plus considérable. Comme celui-ci se prolonge dansfa joue .pur l'ouvortuiMî antérieure de la fosse plérygo-maxillaire qui est assez large, les suppurations profondes de la tempe peuvent fuser facilement. dans la joue , et dans uu
bE LÀ TKTlîi
La dépressioii sous-auiîculaife est creusée derrière la mâchoire et au-dessous de l'oreille, au-devant de l'apophyse mastoïde et de l'extrémilé supérieure du muscle slerno -mastoïdien qui s'y attache. Son fond est arrondi, et a pour base la glande parotide , dont la surface ne peut s'élever au niveau des saillies osseuses qui l'environnent (i) (a).
cas semblable on dWrait favoriser celte migration en comprimant la tempe et ouvrant une issue au pus par la surface interne de la joue. Le voisinage et runiformité des os du fond de la tempe permcllent de comprimer aisément l'artère temporale ouverte volontairement ou accidentellement.
Les rapports de la fosse temporale avec le muscle de même nom, qui est assez épais, et aussi avec l'artère méningée moyenne, qui passe en dedans de l'angle du pariétal , défendent d'appliquer le trépan sur la tempe à moins d'une nécessité absolue. On devrait même dans un cas de ce genre éviter autant que possible, l'angle du pariétal. Il se trouVc à la fois sur la ligne horizontale de l'angle orbitaire externe du frontal, et la ligne verticale qui passe par la saillie du condyle de la mâchoire inférieure, au moins sensible au toucher. Néanmoins, dans une nécessité absolue on pourrait même y appliquer le trépan, mais en ayant recours à quelques précautions pour arrêter l'hémorragie de l'artère méningée ; et c'est ce que l'on a fait avec succès. ( Voy. entre autres les Obs. de M. Larrey, dans ses Mém, de cliir. milil . )
(i) r. II, ni, i6.
(a) La dépression sous-auriculaire correspondant aux divisions assez volumineuses du nerf facial, on comprend jusqu'à un certain point la vivacité des douleurs qu'y causent une forte pression et les inflammations de la glande parotide connues sous le nom d'creilloîi. Comme la parotide en occupe toute l'étendue , tout obstacle à l'écoulement de la salive que secrète la glaodc , produit le goadcmcnt du fond de la Ibsseltc et la moin-
/JS' De la tête.
Celle sûîllie , toujours palenle (i) , parce qu'elle est Irrsprononcée, sc monlre derrière l'oreille , dont elle est séparée par un sillon assez profond qui circonscrit , en arrière de haut en Las , le pédicule de cet organe et conduit à la fosse sous-auriculaire. Elle est formée par l'apophyse masloïde recouverte par le lendyn du muscle slerno-mastoïdien qui s'y attache et par la péau qui les revêt tous ensemble (a).
dre plaie y cause des fistules salivaires difficiles à guérir. Aussi dans les opérations qu'on y pratique et où l'on peut méliagcr la glande, doit-on y apporter le jilus grand soin. Comme il y a beaucoup de ganglions Ij'mphatiques en dehors et autour d'elle, on en a souvent enlevé de squirrheux croyant enlever la glande elle-même; et comme celte extirpation est fort difiicile, on est en droit d'en douter, mais non d'en conclure, comme M. Velpeau [Anat. des rég., 1. 1, 38, 1826), qu'à Béclard seul appartient l'honneur de celte extirpation. Enfin comme cette région est parcourue profondément par de gros vaisseaux veineux et artériels , et particulièrement par les deux carotides, ses plaies peuvent être fort graves.
(i)P. Ht m, 16.
(fl) La saillie formée par l'apophyse mastoïde a des connexions constantes avec le nerf facial ; et un bislouri dirigé sur • son bord antérieur, l'atteint à sept ou huit lignes de profondeur • suivant les sujets; mais elle a aussi des connexions assez voi-sines avec le golfe de la veine jugulaire interne qui n'est qu'ài ime ou deux lignes plus loin, en dedans et en avant. Cette disposition varie , mais dans de si faibles limites qu'un bis-touri plongé transversalement devant l'apophyse mastoïde léserait constamment la veine jugulaire et quelques-unsdes gros nerfs qui l'environnent. La proximité de la saillie mastoïdaire par rapport à la caisse du tympan, la disposition) aréolairc de l'apophyse qui la forme permet d'ouvrir par lài un écoulement à des épanchcmeus lympauiqucs, ou une en-
Vous avez dû oLserver que la Icle dont nôus venons de décrire la surface est composée , en haut et en arrière, de la' partie renflée qu'on nomme le crâne, et en bas et en avant de la partie qu'on nomme la face. Le front , le sommet de la tête, les tempes, les oreilles et les .régions mastoïdaires appartiennent au premier; la région sous-mentonnière et la plus grande partie de la ligure appartiennent à la seconde. Le premier présente toujours beaucoup plus de développement que la seconde ; mais il n'en est pas de même chez les animaux; et chez eux le crâne diminue h mesure que l'intelligence s'oblitère , en sorte que l'on peut juger approximativement l'étendue de leur intelligence par le volume proportionnel de leur crâne. Le volume du crâne peut s'apprécier aisément et avec assez d'exactitude chez l'homme et chez le singe, en tirant par la pensée une ligne du bord supérieur de l'orbite à l'ouverture de l'oreille, et de ce point au sommet des apophyses mastoïdes qui descendent au ni- Teau de la base du crâne en arrière. Chez les autres animaux où l'orbite empiète un peu sur le crâne de bas en haut , où le crâne rétréci descend plus bas au milieu et au^ dessus du nez que sur les côtés , où l'orifice de l'oreille aboutit au niveau de la base du crâne , vous jugerez approximativement l'étendue de sa cavité par une ligue tirée du milieu de l'œil à l'ouverture de l'oreille.
P. Camper, qui s'est beaucoup occupé de peinture, a étudié les rapports d'étendue de la face avec le crâne , dès tqu'il fut nommé professeur d'anatomie h Amsterdam. Il ne les a pas étudiés pour évaluer l'intelligence des animaux,
iréeà l'air dans la caisse du tympan dont le conduit ffutlural «st obhiéré. Enfin, le relief de cette saillie correspond à uix pou.t du crâQe assez épais pour qu'on puisse y porter le fou AYCC sécurité.
5o DE LA TÊTE. «
mais seulement pour comprendre les différences des physio- i ^ nomies et trouver «le moyen d'ébaucher un visage avec aisance et pureté. Je pris alors, dit-il , le parti de scier perpendiculairement par le milieu différentes têtes d'homme et de quadrupèdes , et je crus appercevoir clairement que Ijl i ^ cavité du crâne était en général très -régulièrement déterminée , mais que la situation de la mâchoire supérieure etl ^ inférieure causait la différence physique des variétés les pl us ^ ^ étonnantes ; chose que j'ai observée et reconnue dans lés» ^ quadrupèdes , en descendant jusqu'aux poissons (i).» Vousj voyez par ce passage que l'auteur avait étudié les aires res-pectives du crâne et de la face , comme l'a fait depuis M. Cu- ■ TÎér avec beaucoup plus d'étendue. Vous voyez que celte méthode de comparaison, que^^l'on a attribuée à Tilluslre and-- ^ tomiste français , bien qu'il ne l'ait jamais réclamée commÔ ! j sienne , appartient au célèbre anatomiste hollandais. ^ Si cette méthode est précieuse pour l'anatomisle par so^i i ^ exactitude , elle l'est beaucoup moins pour le peintre , parce : qu'il n'est pas possible d'apercevoir par son secours les proportions du crâne et de la face sur un homme vivant. Aussi i ^ Camper a-t-il fait une découverte d'une application plus ; ^ commode , plus simple et plus générale., en imaginant en-- ^ suite de déterminer la direction de la Ligne faciale, ou , comme ■ | on le dit maintenant avec plus d'exactitude , Vangle facial, ^ L'examen d'une tête de Calmouk, de nègre, d'Européen i et de singe « me fit découvrir , dit-il , qu'une certaine ligne ; tirée le long du front et de la lèvre supérieure démontre la i ^ différence entre les visages des différentes nations, et fait! voir la conformité de la tête du nègre avec la tête du singe. ^ Tirant avec soin l'esquisse de quelques-unes de ces faces. ^
(0 Différence des traits du visage, Ulrecht, 1791, ouvr. | |pQ8th.,pubHéparA.G. Camper, Clsde l'auteur, i^co «7., p. 97^ ^
sur une ligne horizontale , j'y traçai les lignes faciales sui vant les angles qu'elles font avec la ligne horizontale. » (Sa ligne horizontale passe par l'épine nasale antérieure et le conduit auditif.) « Aussitôt donc, ajoute-t-il , que je faisais tomber la ligne du visage en avant, j'avais une tête antique; si je la faisais pencher en arrière , j'avais une tête de nègre; si je la faisais encore plus inclinée, il en résultait une tête de singe. En l'inclinant davantage encore, j'avais celle dè .chien, puis enfin celle de bécasse. »
Vous voyez que l'illustre anatomiste ne se sert point dia ses lignes et de l'angle qu'elles font en se rencontrant vers l'épine nasale anlérieure , pour déterminer l'intelligence comparative des animaux /comme on pourrait le croire en voyant des auteurs estimables, mais peu sévères, s'escrimer à combattre un système qui n'est point dans ses ouvrages, ou prêter à M. Guvier une critique injuste qu'on n'a pas à lui reprocher, parce qu'il n'a point attribué à Camper une intention qui n'était pas la sienne; vous voyez qu'en opposant ensuite la méthode de comparaison des aires du crâne et de la face à l'étude de l'angle facial , on n'oppose point. Gomme on se l'imagine , une méthode de M. Cuvier à une méthode de Camper, mais la première méthode de cet anatomiste à sa seconde , mais une méthode impraticable îi une méthode très-commode pour l'usage auquel son auteur l'a destinée. Toutes ces bévues proviennent de l'habitude que nous avons de citer et de j uger les auteurs sans les lire.
Mais on ne s'est pas borné h redresser le célèbre chirur* gien pour des fautes qu'il n'avait pas faites , on le cite aussi , avec éloge, pour des erreurs qu'il n'a point commises. U prétend que les belles têtes antiques qui viennent de l'a Grèce ont un angle facial de ioo\ nombre rond, qui doit plaire au moins par su sioiplicité , et les belles têtes romaines,
52 DE t\ Ty.TJ'.i
un angle de " , et cet angle lui explique la beanlc de ces chefs-d'œuvre. Mais il n'ose pas déterminer les motifs des statuaires de l'anliquilc , dans le choix de ces proportions.
Des auteurs fort instruits assurément , mais qui ne paraissent pas avoir étudié les monumens de la sculpture grecque , ont deviné, tout de suite, que les artistes grecs, ayant remarqué le rapport de l'intelligence avec le développement du crâne , ou mieux encore avec l'angle facial de Camper , c'est précisément ce motif qui les a conduits à donner, tout juste, l'ouverture de loo" h l'angle facial. Il est bien plus probable que les Grecs n'ont donné de la saillie au front , que parce que cette forme leur plaisait davantage. Il est bien probable qu'à cet égard , ils ont beaucoup plus consulté leur goCit que leur raison. Ce qui me porte surtout à le croire , c'est que cette disposition est une forme de convention, et qu'ils en ont ainsi adopté beaucoup d'autres, sans que l'on puisse en donner de motifs que leur goût ; ce qui me porte encore h le croire , c'ést que cette forme se lie nécessairement à d'autres formes conventionnelles, pour lesquelles ils n'avaient pas moins de prédilection , savoir : un nez droit et h peu prés perpendiculaire , une échancrure à peine sensible à ia racine de cet organe , et des yeux profondément enchâssés dans leur orbite. Observez les belles têtes grecques , ces caractères vous frapperont toujours , et sur les têtes des hommes comme sur les têtes des femmes , et sur les images des simples mortels comme sur celles des dieux. Pieculcz- en le front par la pensée , le nez devl^ndi-a oblique , une échancrure distincte en marquera la racine , et les yeux resteront à fleur de tête.
Enfm ce qui me p r'.e h penser que la forme saillante du front était, chez les Grecs, le résultat d'un caprice du goût et non un calcul de La raison , et qu'ils ne la destinaient point à donner an front une étendue qui annonçât une vast(^
intelligence , c'est qu'ils le resserraient latéralement , et surtout dans sa hauteur en abaissant la chevelure. Vous eu voyez môme un exemple sur le Jupiter olympien de Phidias , quoique nos auteurs parlent beaucoup de la grande étendue de son Iront , parce que c'est pour nous un caractère de beauté, d'inlelligeace , et que notre goût diffère tolalcraent de celui des Grecs h cet égard. Je parle ici du goût national , et non de celui de nos artistes. Un front; vaste leur plaît dans le monde, sur une figure vivante; mais assujettis au goût des Grecs, par l'habitude d'en admirer les chefs-d'œuvre, ils se dépouillent du goût national dans les arts. Je dirai encore un mot sur le Jupiter olympien de Phydias qu'on cite sans cesse comme présentant un angle facial fort ouvert; c'est qu'on ne saurait en juger avec quelque exactitude , parce qu'une énorme chevelure couvre entièrement la région des oreilles.
Je ne cherche point h faire ici l'application des observations cranioscopiques de l'immortel Gall, parce q<fe leur valeur n'est ni assez prouvée ni assez manifcsle.
Je n'ai , sans doute, pas besoin d'ailleurs j de me justifier d'avoir consacré autant de place l'histoire de la tête. Par sa position dominante , par sa nudité presque générale qui en montre toutes les formes , par son importance , par l'expression de la physionomie, par la parole qui s'y accomplit et s'y montre, pour ainsi dire, aux yeux, sur les lèvres, comme elle se fait entendre aux oreilles , elle attire h chaqjie instant nos regards , captive h tous momens notre attention, et mérite à tous les titres la longue description que nous lui avons accordée. Nous allons passer actuellement à celle du cou (A).
(A) Sculpture moderne. La tace a quelque chose d'antique et une grande vérité de nalure dans l'esclave de Michel-Ange}
DU cor.
DU cou.
Le cou appuyé sur la poitrine , couronné par la tête qu'il supporte , est à peu près cylindrique , et il offre quatre côtés distincts, et sur chaque côté une surface assez Lien circonscrite.
La surface antérieure du cou est limitée en haut par le menton, en bas par la poitrine et les clavicules , en dehors par la saillie du muscle sterno-mastoïdlen.
Cette saillie s'étend obliquement en bas et en dedans , depuis celle de l'apophise mastoïds (i) , jusqu'à la poitrine , à l'extrémité interne de la clavicule (2) (a). Elle
^lle a moins de noblesse dans le Ph. Chabot de J. Cousin, 9; elle est belle dans l'Amour et Psyché de Canova, 19, 78; elle respire le goût antique dans l'Innocence de Callamard ,21; ellem^ique de noblesse dans l'Amour adolescent de Bouchardon , f)i ; elle est trop étroite dans le Narcisse de Caldorari, 34 ; elle me paraît d'une grande médiocrité dans les figures de Francheville, 37, 49» 4' » 63, 68.
(i) P. II, III, 16. (2) 38.
(a) Cette saillie du sterno-mastoïdien est si prononcée vers Ifî milieu de la hauteur de la surface antérieure du cou, et le muscle qui la forme a tant d'épaisseur, que réunis à la saillie du corps thyroïde et de la Irachée-arlère, ils protègent avec une grande efficacité les gros vaisseaux et les gros nerfs jugulaires contre les coups des suicides. Celte protection est d'autant mieux assurée que les suicides se renversant la tête en arrière au moment où ils se frappent , les saillies dont je viens de parler se prononcent d'avantage et les vaisseaux et les nerfs jugulaires s'appliquent alors sur les vertèbres. Aussi n'esl-il pas rare de voir ces gros nerfs et ces gros vaisseaux profonds échapper à l'instrument qui coupe les muscles sterno-masloïdiens , la trachée-artère et l'œsophage lui-même. ( Yoy. Paré,