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CHAPITRE VIII

LES ARTÈRES DE LA MAIN

Deux artères vascularisent la main, la cubitale et la radiale. La première décrit, à la paume de la main, une arcade, dite superficielle, en s’anastomosant, sur le bord externe de la main et par des rameaux de petit calibre, avec plusieurs brandies de la radiale. Cette dernière aborde la main, en perforant d arrière en avant le premier espace interosseux, et décrit une arcade, dite profonde, largement anastomosée avec une grosse brandie de la cubitale, la cubito-palmaire.

L artère cubitale, profonde à l’avant-bras, devient superficielle pour aborder la main ; elle passe en avant du ligament annulaire antérieur, immédiatement en dehors de la saillie du pisiforme, engainé en haut par le tendon du cubital antérieur, en bas par l’origine de l’adducteur du petit doigt ; l’artère est recouverte à son origine, ainsi que le nerf cubital qui occupe son liane postéro-interne, par un plan fibreux émané du ligament annulaire postérieur qui, après avoir contourné le bord cubital du poignet, vient se perdre sur la face antérieure du ligament annulaire; l’artère et le nerf sont compris, à ce niveau, dans une sorte de tunnel fibreux, dans lequel ils glissent, entourés par un tissu cellulaire lâche, séreux, parfois rempli de graisse ; plus bas, l'artère commence à décrire sa courbe ; elle suit, comme direction, la bissectrice de l’angle formé par la réunion du pli d opposition du pouce et du pli transversal supérieur. Accompagnée à ce niveau par la branche palmaire superficielle du nerf cubital, l’artère estrecouverte par le palmaire cutané; elle repose sur le crochet du crochu et sur les insertions du court fléchisseur du petit doigt. Immédiatement au-dessous du ligament annulaire, elle perfore l aponévrose palmaire pour continuer son trajet, en dessous d’elle.

Sous 1 aponévrose, l’artère décrit une courbe à concavité supéro-

externe, ne descendant pas au-dessous de la ligne d’opposition du pouce, dite ligne de Boeckel ; l’arcade palmaire superficielle qu’elle constitue répond comme niveau à la portion moyenne du 30 métacarpien ; profondément l’arcade repose sur les rameaux du médian, notamment sur les troncs interosseux du 2e et du 3e espace; elle se termine en s’épanouissant en plusieurs branches grêles, qui, toutes, sont anastomotiques avec des branches issues de la radiale. La supérieure est la plus connue, car plusieurs classiques la considèrent comme constituant l’arcade palmaire superficielle elle-même; elle vient s’anastomoser avec les terminaisons d'une branche delà radiale dite radio-palmaire; cette artère, née de la radiale dans la gouttière du pouls, descend en général s’épuiser dans les muscles thénariens ; elle s'anastomose avec la cubitale par des rameaux, les uns superficiels croisant le court abducteur, les autres profonds passant entre ce muscle et l’opposant. Parfois cette anastomose sous-musculaire est très développée, elle s’unit à plein canal avec la cubitale ; ainsi se trouve constituée l’arcade palmaire superficielle classique. En réalité, c’est là une disposition, sinon rare, du moins anormale ; en tout cas, il ne faut pas la garder comme typique. Trois autres rameaux terminaux de la cubitale viennent se jeter, l'un dans la collatérale externe du pouce, l’autre dans sa collatérale interne, le dernier dans la collatérale externe de l’index ; ces trois rameaux normalement grêles ne demandent qu’à se développer pour produire un type anormal.

M. Faiiabeuf a représenté dans un lumineux schéma cette disposition. Nous le reproduisons (fig.G). C’est une disposition presque exactement semblable que nous avons rencontrée sur le sujet qui nous a servi pour les planches iG et 17.

L’artère cubitale donne, par sa convexité, un certain nombre de branches. Ce sont :

i° La fausse cubito-pal maire ;

20 La vraie cubito -palmaire ;

3° L’interosseusse superficielle du 4° espace ;

4° L interosseuse superficielle du 3e espace ;

5° L interosseuse superficielle du 20 espace.

i° La lausse cubito-palmaire est une petite branche, née du bord interne de la cubitale, immédiatement au-dessous du pisiforme ; elle croise superficiellement la branche palmaire superficielle du cubital et plonge dans les muscles hypothénariens pour devenir satellite de la branche profonde du cubital ; elle s’épuise d’ordinaire dans ces muscles et ne donne à l’arcade palmaire profonde qu’une anastomose

LES ARTÈRES DE LA MAIN

Fig. 6 (d’après Farabeuf).

Pour la légende voir fig. 6 bis.

MEMBRE SUPÉRIEUR

filiforme, sans utilité ; cetlc anastomose suit exactement la branche profonde du cubital. Il est rare que cette artère, devenue volumineuse, constitue réellement l’arcade palmaire profonde.

2° La vraie cubito-palmaire, volumineuse, naît plus bas, au-dessous du crochu, également du bord interne de la cubitale ; immédiatement après sa naissance, elle décrit un coude qui comprend dans sa concavité externe, le nerf interosseux du 4P espace (nerf cubital); puis l’artère plonge dans la profondeur, en croisant le bord externe des muscles hypothénariens ; elle glisse sous la mince aponévrose qui recouvre

Type (la grande figure -h R3) : la cubitale G donne 7 collatérales digilales et la radiale profonde 3 ; mais la suppléance est préparée par des anastomoses.

En elïet, les collatérales 8, 9, 10, d’origine radiale profonde reçoivent trois fines branches de l’arcade superficielle. Viennent ces artérioles à se développer et l’on pourra voir les dix collatérales naître de la cubitale : genre G10 R° (ir0 petite figure).

Encore sur le type : de la radiale profonde ou d'une de ses branches 8, une artériole descend au tronc commun des collatérales G et 7 ; si elle se développe, la cubitale perd les deux collatérales que gagne la radiale profonde, genre G-"* -+- Rü (2'' petite figure).

Mais la radiale profonde peut ne donner aucune collatérale sans que pour cela la cubitale fournisse les 10; alors 3 à 5 naissent d’artères superficielles extraordinairement développées (radio-palmaire, médiane ou l’une et l’autre) ; ex. : C:i m ou r5 (3e petite figure).

les interosseux, et s’anastomosant à plein canal avec la radiale, constitue l’arcade palmaire profonde. C’est Delohme qui a bien mis en lumière celte disposition de la vraie et utile cubito-palmaire. l)e la convexité de sa courbe, près de son origine, naît la collatérale interne du petit doigt.

3° et 4° Les interosseuses superficielles du 3° et du 4° espace descendent vers la commissure et, passant sur un plan postérieur au nerf, se divisent en deux collatérales.

5° L'interosseuse du 2° espace descend obliquement versJa commissure ; reçoit une anastomose plus ou moins importante de la radiale et

LES ARTÈRES DE LA MAIN

se divise en deux collatérales. Aux doigts, les collatérales artérielles sont sur un plan postérieur aux nerfs et, comme l’arcade palmaire est au contraire superficielle, il se produit un entre-croisement des vaisseaux et des nerfs; or, souvent, les artères perforent les nerfs en passant dans une vraie boutonnière.

Bien souvent l’artère du nerf médian, issue de la cubitale, vient s’anastomoser par un fin rameau avec l’arcade palmaire; nous verrons aux anomalies l’importance de ce fait.

L artère radiale, superficielle à l’avant-bras, devient profonde à la main. Elle aborde la région en quittant la gouttière du pouls, où elle est superficielle, immédiatement sous l'aponévrose, entre le grand palmaire et le long supinateur, couchée sur le carré pronateur : 1 artère, oblique en dehors et en arrière, passe sous la styloïde radiale, dans une fente limitée en dedans par le ligament latéral externe, en dehors par les tendons du long abducteur et du court extenseur: l’artère passe alors à la face dorsale, où elle traverse en diagonale la partie inférieure de la tabatière anatomique. La tabatière anatomique est constituée par un espace allongé, situé au-dessous de la pointe de la styloïde radiale, dans l'axe du premier métacarpien. Elle est limitée, en dehors, par les tendons accolés du long abducteur et du court extenseur; en dedans par celui du long extenseur ; dans la moitié supérieure de la tabatière passent les tendons des radiaux, croisant profondément les tendons qui limitent la tabatière : dans la moitié inférieure passe l’artère oblique en bas et en dedans. Elle repose sur l’os trapèze; elle est recouverte par l’aponévrose et plus superficiellement par une veine, la céphalique du pouce, et des nerfs sensitifs, branches du radial. L’artère quitte la tabatière comme elle y est entrée, c'est-à-dire profonde, sous-jacente au tendon du longextenseur du pouce ; elle atteint alors la partie uspérieure du premier espace inlerosseux et plonge dans le V, formé par les deux chefs du premier interosseux dorsal.

Arrivée à la paume de la main, l’artère se dirige en dedans ; elle est située en avant des interosseux, en dessous des muscles thénariens, et notamment du chef oblique ou supérieur de l’adducteur. C’est dans cette portion qu elle donne ses principales branches ; le tronc de la radiale vient croiser l'extrémité supérieure du corps des 2e, 3e et 4 e métacarpiens, pour s’anastomoser à plein canal avec la vraie cubitopalmaire. L’artère sortde dessous l’adducteur, soit en profitant de la fente qui sépare les deux chefs de ce muscle, soit en traversant son che supérieur; cette dernière disposition est plus rare. L'arcade palmaire profonde, ainsi constituée, est donc à un niveau plus élevé que

Planche 16. — Paume de la main (plan superficiel).

MUSCLES

Au-dessus du ligament annulaire antérieur : le muscle cubital antérieur [M. Cllb. ant.], qui se jette sur le pisiforme, puis la coupe des tendons du fléchisseur superficiel, allant aux trois doigs internes |Tend. fl. Slip., 3, 4, 5| ; le laisceau de l’index n’est pas sectionné [Faisc. fléch. sup. index| ; le fléchisseur propre du pouce [Fl. pr. pouce] ; le tendon du petit palmaire | Pet - palm], épanoui à la face antérieure du ligament annulaire ; le grand palmaire | Gr . palm ] ; le long abducteur du pouce |Lg. abd pouce] , qui envoie une expansion au court abducteur [An. tend. crt. abd.].

Muscles thénariens : le court abducteur est sectionné [Crt abd.] ; son chef supérieur est en place, son chef inférieur rabattu en bas ; au-dessous de lui, l’Opposant. — Le cour! fléchisseur sectionné [Crt fléch ], son segment supérieur forme goultière au tendon fléchisseur propre du pouce | Fl- pr. p.|, montrant ainsi son origine en deux faisceaux. Dans la profondeur, on aperçoit les deux chefs de l'adducteur : l’oblique et le transverse.

Muscles hypolhénariens : le palmaire cutané a été enlevé ; on aperçoit l’adducteur du petit doigt ou pisi-phalangien, plus eu dehors le court fléchisseur ou unci-sésamoïdien.

L’aponévrose palmaire a été détruite cl l'on aperçoit au-dessous du ligament annulaire les tendons du fléchisseur superficiel ; les tendons du fléchisseur profond qui débordent en dehors les superficiels |Tend. fl. pr. 5- d] ; avec leurs annexes les lombricaux, dont le 4e est seul désigné par une annotation [4L' lombr.].

ARTÈRES

Art. Cub- la cubitale descend en avant du ligament interosseux ; puis, passant sous l’aponévrose palmaire, décrit l'arcade palmaire superficielle, en s’anaslomosanl, d’ordinaire par de fins rameaux, avec la radiopalmaire [An. r. C. 3] et avec les deux collatérales du pouce, également branches de la radiale [Anast. rad. cub. 2] ; la cubitale donne, peu au-dessous du pisiforme, la fausse cubito-palmaire |Fausse cub-palm.] qui s’épuise dans les muscles bypothénariens ; plus bas, au-dessous de l’os crochu, elle donne la vraie cubito-palmaire |Vraie cub -palm ] qui plonge dans la profondeur, au-dessous des tendons fléchisseurs, pour constituer l’origine interne de l’arcade palmaire profonde. De la convexité de son coude naissent : une artère pour le palmaire cutané et la peau, ici sectionnée, et surtout un tronc important, qui forme la collatérale interne du 5e doigt [ Coll . int. 5e d.]. De la convexité de l’arcade palmaire superficielle naissent trois troncs interosseux, divisés dans chaque commissure en deux digitales; celle du 2e espace reçoit une anastomose de la radiale |An. r. C. 1|.

Art. rad la radiale donne, dans la gouttière du pouls, l’artère radio-palmaire [Art. radio-palm I qui s’épuise presque totalement dans les muscles thénariens, ne donnant qu’une grêle anastomose à l’arcade palmaire superficielle. Puis, la radiale passe à la face dorsale, perfore le Ier espace interosseux, pour former l’origine externe de l’arcade palmaire profonde. Sur celle figure on ne voit que : i° le tronc des collatérales du pouce, qui donne, sous le court fléchisseur, les deux collatérales du pouce |A. COll. ext. p.[ et [A. COll. int. p.] ; 2° le tronc des collatérales de l’index qui fournit toute la collatérale externe de ce doigt | Coll, ext- ind ] et une anastomose déjà signalée [An. r. C. 1] à l’intcrosseuse superficielle du 2e espace.

NERFS

Les nerfs, déjà étudiés dans les deux planches précédentes sont : le cubital [N. Cub ] qui donne la branche cutanée dorsale | Br . CUt. dors], le rameau satellite de l’artère cubitale [Ram. d’a. cub |, très développé ici, et qui se termine anormalement en donnant l’anastomose du médian |An. cub. méd.[ et une anastomose au tronc interosseux du 4“ espace.

Le n. cubital se divise en : branche superficielle | Br . sup. du N. cub.], qui donne le n. du palmaire cutané |N. pal- CUt | le collatéral interne du 5“ doigt [N. COll. int. 51' d.|, le tronc interosseux du 4e espace [Tr inter. 4e esp-]- La branche palmaire profonde | Br . palm. prof.] plonge dans la profondeur, après avoir donné le nerf de l’adducteur du petit doigt [N. add. p. doigt].

N. méd. ; le médian s’épanouit en donnant le rameau tbénaricn |Ram. thénarien] et en se divisant en deux troncs primaires ; l’externe donne le nerf collatéral externe du pouce [N. COll. ext. p | qui fournit ici au court fléchisseur du pouce un filet accessoire [Fil. crt. fl.], le collatéral interne du pouce, le collatéral externe de l'index [N. col ext. ind ] qui donne au i01' lombrical [N. 1er lomb[. Le tronc primaire interne donne le nerf interosseux du 2e espace |N. int. 2e esp ] qui donne au 2e lombrical [N. 2e lomb ], se divise en deux collatéraux digitaux; le nerf interosseux du 3e espace [N. int. 3e esp], formant ici boutonnière à une artère, reçoit l’anastomose du cubital et se divise en deux collatéraux digitaux.

DUJARIER. — Anatomie des Membres

Planche 16

Paume de la main (plan superficiel)

G. STEINHEIL, Éditeur

LES A STÈRES DE LA MAIN

l’arcade superficielle; dans son ensemble, l’arcade profonde est oblicpie en dedans et légèrement en bas, tandis que la brandie profonde du cubital est oblique en sens inverse, c’est-à-dire en dehors et légèrement en bas; les deux organes se croisent donc à angle aigu; classiquement on dit que c’est le nerf qui surcroise l’artère, c'est parfois le contraire, ainsi que le montre notre planche.

Les branches de la radiale naissent en trois régions : i° dans la gouttière du pouls ; 2° dans la tabatière anatomique ; 3° à la paume de la main.

i° Dans la gouttière du pouls, à sa partie inférieure, l artère donne deux branches grêles :

a L artère transverse antérieure du carpe, qui longe, en dessous des tendons, le bord inférieur du carré pronateur, s’anastomosant à ce niveau avec une branche analogue, issue de la cubitale ; un fin rameau descendant, venu de 1 interosseuse antérieure et un autre rameau grêle, ascendant, venu de l’arcade palmaire profonde, constituent un rendezvous artériel qu’IdENLE appelle le réseau antérieur du carpe.

b L 'artère radio-palmaire, descend verticalement et se divise, au niveau du court abducteur du pouce en deux rameaux : le superficiel, croisant superficiellement le muscle sous l’aponévrose, le profond, d’ordinaire plus volumineux, le traversant ou passant sous lui : nous avons vu ces deux rameaux s’anastomoser, après avoir irrigué les muscles thénariens, avec le bouquet terminal de la cubitale.

2° Les branches nées à la face dorsale sont en général très grêles et très variables ; nous les décrirons, à la fin de ce chapitre, en étudiant la vascularisation du dos de la main.

3° A la région palmaire, la radiale donne une série de branches ; les deux premières, nées presque à sa sortie du tunnel de l'interosseux dorsal sont volumineuses, ce sont :

i° Le tronc des collatérales palmaires du pouce ;

2° Le tronc des collatérales de l’index.

Les autres branches de la radiale ou plutôt de l arcade profonde, sont grêles et insignifiantes, du moins dans le type normal.

Elles sont, les unes inférieures ( interosseuses palmaires profondes), les autres, postérieures (perforantes anastomotiques), les autres supérieures.

i° Le tronc des collatérales du pouce, naît de la radiale immédiatement à sa sortie du Ier interosseux dorsal ; sur la planche 17, l'artère se glisse entre le métacarpien et le Ier interosseux palmaire, considéré par plusieurs auteurs comme un simple faisceau de l’adducteur. Le tronc

Paume de la main (plan profond).

Planche 17. —

Le ligament annulaire antérieur est sectionné; on a enlevé l’arcade palmaire superficielle, le nerf médian ; les tendons fléchisseurs superficiels et profonds sont sectionnés près des articulations métacarpo-phalangiennes, si bien qu’on peut voir dans la profondeur l’arcade palmaire profonde et la branche palmaire profonde du cubital.

MUSCLES

Eminence thénar. — |M. crt abd.] le court abducteur sectionné, son extrémité inférieure rabattue [ Crt abd |. — L’opposant [M. opp.|. — Le court fléchisseur, sectionné, avec son segment inférieur |Crt. fl.], u nique ; le segment supérieur, divisé en scs deux faisceaux: le superficiel |M. crt fl. (f. sup )],le profond fusionné avec l’adducteur oblique [Add + C fl. pr ] L’adducteur avec sa portion transverse [Add. p. (ch tr.)], et sa portion oblique, sectionnée pour laisser voir l’arcade palmaire profonde. On a laissé dans la profondeur le premier interosseux palmaire [1er int. palm).

Eminence hypolhénar. — Add. 5e d. muscle adducteur ; Crt fl. 5e = court fléchisseur.

ARTÈRES

A. Cllb la cubitale donne : la fausse cubito-palmaire (Fausse Cllb. p.] qui jette un filet anastomotique grêle à l’arcade profonde ; la vraie cubito-palmaire [Vraie Cub. p,| qui passe ici dans une boutonnière nerveuse, donne la collatérale interne du 5e doigt |A. COll. int. 5l!] et s’anastomose, à plein canal, avec la radiale, pour former l’arcade palmaire profonde |Arcade palm. prof.]. Peu après l’origine de la vraie cubito-palmaire, la cubitale est sectionnée [Art. cub. (coupe)].

Art. rad la radiale après avoir donné la radio-palmaire [A rad. palm ], plonge entre l’articulation radio-carpienne et le tendon long abducteur du pouce |M lçj abd p ] , pour décrire son trajet dorsal, passer dans la fourche du 101' interosseux dorsal et se diviser immédiatement en deux grosses branches : l’externe, ou tronc collatéral du pouce |Tr. COll- pouce] donne les deux collatérales palmaires du pouce, toutes deux anastomosées avec des branches de la cubitale, sectionnées |An. 1. 2] ; l’interne qui traverse ici les insertions du Ier interosseux palmaire, se divise bientôt en deux branches: iu le tronc collatéral de l’index [Tr. COll index], descend verticalement sous les deux portions de l’adducteur du pouce, [jour se diviser en une branche interne anastomotique |Ann r. Cllb 3| et une branche externe la collatérale externe de l’index ; 2° l’arcade palmaire profonde, qui passe sous l’adducteur oblique et sort entre l’adducteur oblique et l’adducteur transverse ; elle donne quelques rameaux ascendants dont l’un traverse ici les insertions supérieures de l’adducteur oblique et des rameaux descendants très grêles constituant les interosseuses palmaires profondes. Des artères perforantes nées, soit de l’arcade palmaire, soit des interosseuses profondes |Perf. Slip.|, perforent la partie supérieure des espaces interosseux pour s’anastomoser avec les artères dorsales.

NERFS

Outre les nerfs déjà indiqués à la figure précédente, on voit bien ici la branche palmaire profonde du cubital | Br - pal. pr. (cub.)|, qui apres avoir traversé la partie supérieure des muscles hypothénariens, vient s’entre-croiser avec l’arcade palmaire profonde, en passant ici sous elle (ce qui n’est pas constant). Cette branche donne aux doux lombricaux internes |N. Lombr ] à tous les interosssux, à l’adducteur du pouce, et au faisceau profond du court lléchisseur.

DUJARIER

Planche 17

Perl. sup.

N. lombr.

. palm Art. rad

M. Ig. abd. p . M. pet. palm A. rad . palm

\ Tr. coll. ind.

Add. p. (ch. tr.).

— An. t. cub 3.

AtI i inter (cub ).

N. cub.

Arcade palm. prof Br palm. pr. (cub)..

Art. cub.

A. cub.

Br. p. pr

Fausse cub. p..

N. cub. (br. s.) N. palm. eut. -

Add. 5e d

Vraie cub. p. .

Cr* 11 5e

A. coll. int.

M. cr< abd — M. opp

M. cr’ fl. (f. sup ) Add -4- c. 11. pr __l?r int. palm

Tr. coll p

Cr* 11 . ab n. i-2

T fl. p

Pisif.

Paume de la main (plan profond)

LES ARTÈRES DE LA MAIN

se divise, sous le tendon du court fléchisseur, en deux rameaux collatéraux : l’artère collatérale palmaire externe du ponce qui croise la face antérieure de l’articulation métacarpo-phalangienne entre le court fléchisseur et l'adducteur. c’est-à-dire entre les deux os sésamoïdes, restant toujours en dehors du tendon fléchisseur propre. Cette collatérale envoie, sous le court fléchisseur, un rameau anastomotique récurrent avec l’artère dorsale du pouce. La collatérale palmaire interne du pouce croise profondément le tendon du long fléchisseur propre du pouce, puis superficiellement la terminaison de l’adducteur et se termine sous la peau. Nous avons déjà vu que ces deux collatérales du pouce s’anastomosaient avec deux artérioles issues de la cubitale (an. i, 2).

2° Le tronc des collatérales de l’index naît de la radiale, un peu plus ha s : d’ordinaire volumineux, il descend entre les deux faisceaux de l’adducteur eu avant, et l’interosseux dorsal en arrière. Il se divise, au niveau du bord inférieur de l’adducteur en deux branches : l’externe, la plus forte, constitue la collatérale externe de l’index ; l’interne, très variable, va se jeter dans la terminaison de l’interosseuse superficielle du 20 espace (cubitale) en croisant profondément les tendons fléchisseurs de lindex.

Telle est la disposition type, celle que figure Farabeuf, celle qiTc nous avons souvent rencontrée et que nous représentons. Poirier la considère comme exceptionnelle et fait venir la collatérale externe de l’index du tronc de la collatérale interne du pouce : c’est là une disposition peu rare et l’on voit d’ailleurs une mince anastomose entre ces deux troncs, qui, en prenant de l’importance, donne la disposition signalée par Poirier.

3° Les artères interosseuses profondes sont de petites branches grêles, qui descendent le long des interosseux, cachées par la mince aponévrose qui recouvre ces muscles ; on en compte 3, dans les 20, 3e et 4e espaces ; elles donnent aux interosseux et se terminent souvent, à leur partie inférieure, en s’anastomosant avec la terminaison des interosseuses antérieures, prêtes à les suppléer en cas d’anomalie.

4° Les rameaux perforants, au nombre de 3, naissent tantôt de l’arcade profonde elle-même, tantôt de l’origine d’une interosseuse profonde ; elles vont s’anastomoser, en passant dans la partie supérieure de l’espace interosseux, avec les artères dorsales pour leur venir en aide en général. Dans certains cas pourtant, rares d’ailleurs, on a pu voir l’arcade palmaire profonde naître de la perforante du 2e espace interosseux, cette artère suppléant ainsi la radiale.

5° Par son bord supérieur, l’arcade palmaire profonde envoie quel-

ME MB UE SU P ÉBIEUB

ques rameaux ascendants au réseau antérieur du carpe. Enfin la fausse cubito -palmaire, satellite de la branche profonde du nerf cubital, vient souvent s’y jeter, réduite à un diamètre très grêle.

Artères dorsales. — Les artères dorsales de la main ont deux caractères importants (pl. 1 3) :

i° Ce sont des artères très grêles, comparativement aux artères palmaires.

2° Ce sont des artères profondes, c’est-à-dire sous-jacentes au plan tendineux.

Elles viennent presque toutes de la radiale. Cette dernière donne dans la tabatière anatomique :

i° En dehors, la dorsale du pouce, artère c/re'le et variable qui passe sous le court extenseur et longe le bord externe du métacarpien.

2° En dedans, une artère plus volumineuse, dite dorsale du carpe Cette artère croise transversalement en arrière la deuxième rangée du carpe, passant sous tous les tendons de la région (long extenseur, radiaux, extenseur des doigts) et s'anastomose en dedans avec une branche delà cubitale, d’ordinaire peu importante, la cubilo-dorsale ; cette dernière, passant sous le cubital antérieur, croise l’articulation du poignet et forme avec la dorsale du carpe l’arcade, dite dorsale de la main: celle arcade s’anastomose aussi, par un rameau supérieur, avec la fin de linterosseuse antérieure, devenue postérieure. Par son bord inférieur, celte dorsale du carpe donne une série d’artères interosseuscs postérieures ; mais, tandis que l interosseuse du 2e espace est d ordinaire forte et atteint la commissure pour donner deux collatérales dorsales, celles du 3e et du 4e espace sont très grêles ; souvent elles existent à peine; elles sont alors renforcées, soit par un rameau de l interosseuse du 2,; espace, qui envoie une artère transversale, dite dorsale du métacarpe ; soit par des rameaux perforants. Ces rameaux arrivent les uns par la partie supérieure des espaces interosseux (v. pl. i3 au 4° espace), les autres par la partie inférieure.

Ces troncs interosseux postérieurs se divisent dans les commissures en deux collatérales dorsales. On trouve encore parfois une interosseuse du iC1' espace, née de la radiale, avant son entrée dans la fourche du 1er interosseux et une collatérale interne du petit doigt, brandie de l interosseuse du 4° espace ; mais d ordinaire ces rameaux manquent ou sont insignifiants. Insistons encore sur la très grande variabilité de ces artères dorsales, en somme peu importantes.

LES ARTÈRES DE LA MAIN

Telle est la disposition typique des artères de la main : fréquentes sont les variations autour de ce type normal ; mais comme l enseignait le P1 Farabeuf, toutes les anomalies ne sont qu’apparentes: il n'y a que des différences de volume. Tel fdet anastomotique, d'ordinaire insignifiant, peut se développer anormalement chez un sujet et par contre, telle autre artère normalement importante, devenue inutile, redescend à la valeur d’une anastomose. C’est pourquoi en étudiant les artères de la main, nous avons insisté avec le plus grand soin sur les rameaux anastomotiques, détails pouvant paraître inutiles à l’observateur superficiel, mais qui sont en réalité la clef des anomalies.

Nous ne voulons pas entrer dans le détail des dispositions individuelles, variables .à l’infini. Nous donnerons simplement le schéma des dispositions atypiques les plus fréquentes. M. Farabeuf les a d’ailleurs très clairement schématisées (v. fig. 16 iis).

Dans le type normal, la cubitale vascularisé 3 doigts et demi, elle donne donc 7 collatérales; la radiale n’en donne que 3. C’est le type C7R3.

Souvent, la cubitale prend la prééminence, et les 3 dernières collatérales sont formées par des anastomoses anormalement développées, c'est le type C10-f-R0.

Un autre type fréquent est C- H- R-, par développement anormal de l interosseuse profonde du 20 espace.

Une disposition plus rare est la suivante: l’arcade palmaire profonde ne donne plus de collatérales, la cubitale donne les 5 internes ; les 5 externes, superficielles, viennent de l'artère du nerf médian ou plus fréquemment de la radio-palmaire. C’est le type C5 -+- m5

ou /\.

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