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CHAPITRE IX

RÉGION DORSALE DE LA MAIN

Cette région comprend : un plan superficiel, entre la peau et l’aponévrose, et un plan profond, entre l’ aponévrose et le squelette.

Plan superficiel. — Incision dans l’axe du médius, allant de la racine de ce doigt à deux travers de doigt au-dessus de l’interligne radio-carpicn. Deux incisions transversales sont branchées aux deux extrémités de la première. L inférieure, suivant la ligne des articulations métacarpo-phalangiennes, devient en dehors obliquement ascendante, de l'articulation de l’index à l'articulation du pouce. Ces incisions doivent être prudentes pour ménager les organes superficiels ; en relevant les deux volets latéraux on est toujours obligé de détruire un certain nombre de fdets nerveux se distribuant à la face profonde de la peau.

On trouve au-dessous de la peau, des veines el des nerfs; les nerfs sont presque tous au-dessous du plan veineux; ce ne sont que les filets ti ’ès tenus, allant à la peau du dos de la main qui croisent superficiellement les veines.

Veines. — Le type veineux dorsal de la main est tellement variable qu’il est impossible de le décrire en détail. Les veines qui constituent ce réseau dorsal viennent toutes des espaces interdigitaux ; il y a là un rendez-vous veineux constant, tandis qu'au niveau des tètes métacarpiennes il y a toujours absence de veines. Les veines des espaces interdigitaux proviennent des arcades dorsales de la première phalange formant une concavité supérieure et envoyant aux espaces interdigitaux le sang des veines dorsales des doigts ; dans l’espace interdigital arrivent encore des veines, issues du réseau palmaire, et des veines anastomotiques avec le système profond. Dans chaque espace interdigilal, on voit une

MEMBRE SUPÉRIEUR

ou deux veines qui montent former un réseau à la face dorsale de la main. Une seule chose est presque constante dans ce réseau, c’est ce qu’on peut appeler la veine dorsale oblique du poignet. Toujours volumineuse, mais d’une obliquité très variable, cette veine dorsale oblique, draine la plus grande quantité du sang du dos de la main, vers l'origine de la grosse veine radiale qui est la veine principale de la circulation veineuse superficielle de 1 avant bras.

La veine oblique dorsale se dirige donc en haut et en dehors, pour recevoir au-dessus de la styloïde radiale, la veine dite céphalique du pouce. Cette veine, qui résume la circulation dorsale du pouce, longe le bord externe du poignet en recevant des branches venues de la paume de la main. Elle se jette dans la veine oblique dorsale pour constituer l’origine de la veine radiale. En dedans, la collatérale interne du petit doigt, grossie d’allluents dorsaux, et d’aflluents palmaires croisant le bord cubital de la main, vient contourner l’extrémité inférieure du cubitus pour devenir antérieure et former une veine assez volumineuse, bien qu'inférieure toujours à la radiale ; c’est l’origine de la veine cubitale. A l’origine de cette veine cubitale, vient toujours converger une veine, plus ou moins importante, drainant iine partie du sang dorsal de la main.

Sur le trajet des veines superficielles et notamment au poignet, on voit toujours plusieurs anastomoses avec les veines profondes perforant l’ aponévrose.

Nerfs. — Deux nerfs se partagent, également, 1 innervation de la peau dorsale de la main. En dedans, c'est le cubital, en dehors, c’est le radial.

Le cubital envoie sa branche cutanée dorsale, qui devient postérieure en passant entre le cubitus et le cubital antérieur, au tiers inférieur de l avant bras. Ce nerf traverse l’aponévrose, au-dessus de l’extrémité inférieure du cubitus, et, après avoir envoyé des filets cutanés en avant et en arrière, se divise en deux branches. L interne suit le bord cubital de la main et vient former le nerf collatéral dorsal interne du petit doigt. L'externe, divisée d’une façon variable, vient en définitive former les nerfs collatéraux dorsaux suivants : externe du petit doigt; interne de l’annulaire, externe de l’annulaire; interne du médius. Mais, tandis que les deux collatéraux dorsaux du petit doigt innervent la totalité de la peau dorsale de ce doigt, les collatéraux dorsaux des autres doigts, moins importants, n innervent que la peau de la première phalange; le reste est innervé par le filet dorsal des collatéraux palmaires.

LEGION DO ns A LE DE LA MAIN

Enfin la branche cutanée dorsale du cubital, s’anostomose d ordinaire avec le filet radial le plus interne; l’anastomose étant en général comme les autres nerfs, au-dessous du plan veineux.

Le nerf radial concourt à l'innervation du dos de la main par la terminaison de sa branche antérieure ou superficielle. Cette branche, pour devenir postérieure, passe entre le radius et le long supinateur; ce passage se fait d’habitude plus bas que celui de la branche cutanée dorsale du cubital; arrivée derrière l’extrémité inférieure du radius, la branche cutanée dorsale dn radial donne de dedans en dehors : i° un gros rameau oblique en bas et en dedans, qui reçoit d habitude l’anastomose du cubital et donne successivement les collatéraux dorsaux suivants : externe du médius, souvent grossi par un filet du cubital ; interne et externe de l’index; interne du pouce; 2° le nerf collatéral dorsal externe du pouce; 3° un filet qui devient antérieur, le filet tliénarien du radial. Ce filet, variable comme volume, fréquemment anastomosé avec le musculo-cutané, innerve la peau de l’éminence thénar et donne parfois un filet au court abducteur du pouce.

L 'aponévrose du dos de la main, mince sur presque toute son étendue, se renforce au niveau de l’articulation du poignet pour constituer le ligament annulaire dorsal. Ce ligament n’est pas une formation isolée ; de même qu’il se continue par son bord inférieur avec l’aponévrose du dos de la main, son bord supérieur se continue avec l’aponévrose antibrachiale ; quand on veut isoler ce ligament, on est obligé de tailler artificiellement ses bords. La direction de ses fibres est assez régulièrement oblique en bas et en dedans ; il est constitué par des fibres superficielles longues et des fibres profondes courtes, qui transforment en canaux ostéo-fibreux les gouttières osseuses creusées ala face postérieure des os de l’avant-bras, au niveau de leur extrémité inférieure. Son extrémité externe s’insère sur le bord de la styloïde x'adiale, en avant de la gouttière du long abducteur du pouce ; ses fibres longues croisent en bracelet la face postérieure du poignet; arrivé au bord interne de ce poignet, le ligament annulaire, loin de s’y insérer, le contourne ; il glisse même par une petite bourse séreuse sur la partie inférieure du cubitus, puis il recouvre les vaisseaux et nerf cubitaux et vient se perdre sur la face antérieure du ligament annulaire antérieur.

Quant à l’aponévrose dorsale de la main, c’est une mince toile, fixée en dehors au bord externe du Ier métacarpien, en dedans au bord interne du 5e. Au niveau des doigts cette aponévrose se continue avec la gaine des extenseurs.

Dujarier.

Planche 18. — Région du dos de la main (plan superficiel).

VEINES

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