‹ Anatomie des membresChapitre 35 sur 92 · C. sup · texte numérisé non relu

C. sup

Articulation du coude (face antérieure)

G. STEINHEIL, Éditeur

ARTICULATION DU COUDE

saillie des lobules graisseux doublant la synoviale ; à la partie inférieure, la capsule est cachée, en dehors, par les libres du court supinateur, nous y reviendrons.

Face postérieure. — La face postérieure de l’articulation du coude est recouverte et cachée par le tendon du triceps ; ce muscle une fois sectionné, on dissèque ses insertions, jusque sur la crête qui limite, en arrière, la face supérieure de F olécrane ; en dedans, le bord du tendon vient se fixer, par une expansion, sur le bord interne de 1 olécrane, dans sa partie supérieure ; en dehors, le muscle se continue, presque sans distinction, avec l’anconé et on l'en sépare artificiellement ; entre le tendon tricipital et la partie postérieure de l’articulation, on trouve du tissu cellulo-adipeux, en assez grande abondance ; c’est après l’avoir enlevé, qu’on aperçoit la partie postérieure de la capsule ; encore, pour la voir, faut-il placer l'articulation dans l’extrême flexion ; en arrière, comme en avant, la capsule est faible : elle est constituée par des fibres ligamenteuses, tendues entre les bords de la cavité olécranienne (derrière les sadlies épitrochléenne et épicondylicnnc), et le rebord olécranien antérieur ; ces fibres forment un plan peu résistant, elles s’enlre-croisent légèrement à leur insertion olécranienne ; quelques fibres même sont tendues d’une des berges à l’autre, fibres huméro-humérales ; le tout forme comme un couvercle à la cavité olécranienne ; au-dessus des fibres huméro-humérales, présentant un bord net, tranchant, on voit une masse graisseuse plus ou moins exubérante; ce n’est pas là la graisse articulaire, on peut l’enlever sans ouvrir l’articulation ; et l’on voit dans la profondeur, insérés au fond delà dépression olécranienne, quelques fascicules tendineux allant jusqu’au bec olécranien; entre ces fascicules fait hernie la synoviale, presque à nu en cet endroit. Souvent, ces tendinets verticaux sont si peu développés, qu’on ne les voit pas et qu’on ouvre la synoviale dans le fond de la dépression olécranienne ; celte synoviale est toujours épaisse à cet endroit, elle a le type pariétal, doublée d’une couche adipeuse, d’épaisseur variable.

Face interne. — La dissection de la face interne de l’articulation est rendue difficile par l insertion des muscles épitrochléens, qui, par leurs tendons, adhèrent intimement au ligament latéral interne. Ces muscles, que nous avons étudié plus haut, s insèrentaux trois faces de 1 épitrochlée, au-dessus des insertions du ligament latéral interne : mais, ce qui rend la dissection difficile, c’est que, de la face

MEMBRE SUPÉRIEUR

profonde de la masse commune des muscles épitrochléens, part un gros faisceau tendineux qui va se fixer au tubercule coronoïdicn ; une partie de ces fibres s’insère sur l'os ; l’autre, la superficielle, ne fait qu’y adhérer et de là monte, accolée au ligament latéral jusqu’à l’insertion épitrochléenne. Ce sont ces fibres qu’il faut détruire pour apercevoir le ligament latéral interne, surtout son faisceau moyen : et comme ces fibres tendineuses adhèrent souvent intimement au tendon, c’est fibre à fibre qu’il faut les détruire.

Le ligament latéral interne rayonne de son insertion supérieure à 1 épitrochlée en trois faisceaux.

Le faisceau antérieur, assez large, peu épais, naît du bord antérieur de l’épitrochlée et vient se fixer sur la coronoïde, de son bec au tubercule coronoïdien; tendu dans l’extension, ce faisceau est au contraire relâché dans la flexion. Le faisceau moyen, fort et résistant, part de la partie inférieure de l’épitrochlée et vient en bas se terminer en coiffant le tubercule coronoïdien ; en dedans de lui, entre son insertion et celle du brachial antérieur, on voit l’origine du chef coronoïdien du rond pronateur. Ce fort faisceau moyen limite l’abduction. Le faisceau postérieur s’insère à la partie postérieure de l’épitrochlée, sur une assez grande hauteur ; il vient se fixer au bord interne de l’olécrane, près de la surface articulaire ; ce faisceau, large, peu épais, est constitué de fibres parallèles, laissant assez souvent passer entre elles des pelotons adipeux, doublant la synoviale. Ce ligament est appelé quelquefois du nom de Bardinet, cet auteur ayant bien mis en lumière son rôle dans les fractures de l’olécrane. Ce ligament postérieur, tendu dans la flexion, se relâche dans lextension.

On a décrit, sous le nom de ligament de Cooper, des fibres cubitocubitales, tendues entre le tubercule coronoïdien cl l’olécrâne et venant recouvrir la partie inférieure du ligament de Bardinet. Ces fibres sont très variables suivant les sujets, comme force et comme disposition. Elles sont constituées par des fibres propres et aussi par des fibres du faisceau coronoïdien des muscles épitrochléens, spécialement du cubital antérieur. Ces fibres se réfléchissent en arrière, pour s’insérer à l'olécrâne ; sur la planche 25, cette disposition est très nette. Presque toujours, au-dessous des fibres du ligament de Cooper, entre son bord inférieur et l’angle coronoïdo-olécrânien, fait saillie un processus synovial, surtout visible dans la flexion.

Face externe. — La face externe de l’articulation est recouverte d’un double plan musculaire,

A UT t CU LA Tl ON DU COUDE

Le premier est constitué par les sept muscles épicondyliens ; le second par le court supinateur.

On dissèque d’abord le premier plan jusqu’à ses insertions supérieures. Le long supinateur et le premier radial s'insèrent sur le bord externe de l’humérus ; le second radial et les deux extenseurs (extenseur commun et extenseur du petit doigt) s’insèrent, par un tendon commun, à la face antérieure de l’épicondyle; le cubital postérieur, par un tendon propre, à la face postérieure de l’épicondyle; l’anconé, large et triangulaire, s’insère plus en arrière encore et continue ses insertions avec celles du vaste interne ; il recouvre directement le faisceau postérieur du ligament latéral externe.

Au-dessous de ce plan superficiel, on tombe sur le court supinateur. Ce muscle a des insertions à l’épicondyle cl des insertions au cubitus, à la surface située au-dessous de la petite cavité sigmoïde et surtout à la crête qui limite en arrière celte surface. Il descend de ces insertions, pour s’enrouler autour de l’extrémité supérieure du radius, en adhérant intimement au ligament latéral externe; si bien que, pour voir ce dernier, il faut détruire fibre à fibre le court supinateur et que la surface disséquée du ligament latéral externe, n’est jamais resplendissante et nacrée, mais présente au contraire un aspect velouté dû aux restes des insertions du court supinateur.

On peut aussi distinguer trois faisceaux au ligament latéral externe ; mais ils sont bien moins nets qu’en dedans, on pourrait presque dire que, de la partie inférieure de l’épicondyle part une coiffe fibreuse, qui englobe la tête du radius, pour aller se fixer au cubitus et au ligament annulaire qui enserre la tête radiale (v. pi. 26).

Le faisceau antérieur est constitué par des fibres peu fortes, allant se fusionner avec la partie antérieure du ligament annulaire et de là à la partie antérieure de la petite cavité sigmoïde près du bec coronoïdien.

L e faisceau moyen se dirige en bas et en arrière, croise le ligament annulaire auquel il adhère et vient s'insérer sur la crête qui limite en arrière la petite cavité ; son insertion se fait un peu au-dessous de l'insertion postérieure du ligament annulaire.

Le faisceau postérieur, large et quadrangulaire, s’insère en arrière de l’épicondyle et va de là, par des fibres parallèles, s’insérer au bord externe de L olécrane, exactement au-dessus des insertions du ligament annulaire. Ce ligament n’est pas très résistant, il est dissocié par des lobules adipeux qui viennent faire hernie à travers ses fibres.

Le ligament annulaire, qui fait plus exactement partie de l’articula-

Planche 25. — Articulation du coude (face interne).

LIGAMENTS

Le ligament latéral interne présente ses trois faisceaux :

Lig. lat. int. (f. ant.)= l’antérieur.

Id. (f. moy.) = le moyen.

Id. (f. post ) = le postérieur.

Lig* Cooper le ligament de Cooper, traversé par des franges synoviales est en partie constitué par des fibres réfléchies du tendon des muscles épitrochléens, fixé au tubercule coronoïdien [Ch. coron, des épitr.), spécialement du cubital antérieur.

MUSCLES

M rd pron. - le rond pronatcur, avec son chef coronoïdien [Rd. pron. (ch. COr )], qui se glisse entre le faisceau ligamenteux moyen et le tendon du brachial antérieur [Tend, br. ant.j

Les autres muscles épitrochléens sont relevés en masse, il est impossible de les séparer jusqu’à leur insertion osseuse.

M. triceps — le muscle triceps brachial.

DUJARIER. — Anatomie des Membres.

Planche 25

Articulation du coude (iace interne)

G. STEINHEIL, Éditeur

Chef, coron, des épitr.

A HT l C U L AT ! 0 N DU COUDE

lion radio-cubitale supérieure, est constitué par un fort demi-anneau fibreux, enserrant, non pas le col, mais le pourtour de la tête radiale, revêtue de cartilage pour faciliter les glissements. Ce ligament annulaire est constitué par de très fortes fibres propres, allant de la partie antérieure de la petite cavité sigmoïde, à la crête qui la limite en arrière ; à ces fibres propres, viennent s’ajouter un certain nombre de fibres du ligament latéral externe, surtout de son faisceau antérieur : mais nous ne pouvons souscrire à l'opinion du I,r Poirier, qui admet que la majeure partie des fibres du ligament annulaire sont des fibres réfléchies du ligament externe de l'articulation. Les fibres propres du ligament annulaire sont bien visibles entre le faisceau antérieur et le faisceau moyen, et aussi en arrière, entre le faisceau moyen et le faisceau postérieur, où on les voit prendre une forte insertion sur la crête rétro-sigmoïdienne (v. pl. 26).

D. 5NUCÉ a décrit, sous le nom de ligament carré, des fibres cubitoradiales, rattachant le bord inférieur de la petite cavité sigmoïde au col radial ; ces fibres existent, elles doublent la synoviale ; mais il 11e saurait y avoir à ce niveau de ligament solide qui briderait absolument les mouvements de pronation et de supination ; on ne voit que des libres lâches et peu importantes.

La synoviale de l’articulation du coude, qu'on ne peut étudier qu’en ouvrant largement l’articulation, forme un manchon, doublant la capsule ; nous avons déjà étudié ses principales particularités ; en avant et en arrière elle est doublée d’une couche adipeuse faisant hernie à travers les éraillures de la capsule, faible sur ces deux faces. La sortie ou la rentrée de ces pelotons adipeux est réglée par les mouvements de flexion et d’extension.

De chaque coté de la grande cavité sigmoïde, existent aussi des pelotons adipeux sous-synoviaux dont nous avons signalé l’interne au-dessous des fibres de Cooper.

Le P1 Poirier a insisté sur une émanation de la synoviale, au niveau de l’interligne, surtout marquée en dehors, entre la tête radiale et le condyle, c’est une ébauche de ménisque auquel il donne le nom de bourrelet falciforme.

Enfin, la synoviale envoie un prolongement, qui entoure toute la tête du radius, et qui vient faire saillie en bourrelet circulaire, au-dessous du ligament annulaire. Ce cul de sac est toujours revêtu par quelques fibres grêles de la capsule ; quand on l’ouvre on voit, surtout à sa partie interne, au-dessous de la petite cavité sigmoïde des villosités synoviales en général assez développées.

Planche 26. — Articulation du coude (face externe).

LIGAMENTS

Le court supinateur enlevé laisse voir le ligament latéral externe avec ses trois faisceaux : Lig. lat. ext. (f. ant.) = le faisceau antérieur ou épicondylo-coronoïdien.

id (f. rnoy ) = le faisceau moyen ou épicondylo-rétrosigmoïdien.

Lig. lat. ext. (f. post.) = le faisceau postérieur ou épicondylo-olécranien.

Lig. annul. = le ligament annulaire de l’articulation radio cubitale, qui reparaît, en arrière du faisceau moyen du ligament latéral externe, pour se fixer à la crête rétrosigmoïdienne. Audessous du ligament annulaire vient faire saillie un bourrelet synovial [Bour. synov.].

MUSCLES

Triceps = le muscle triceps.

Anconé 1 et 2 = l’anconé sectionné avec son segment inférieur qui se continue avec le triceps ; son segment supérieur relevé.

M. CUb. pOSt. = le cubital postérieur est disséqué jusqu’à son insertion- épicondylienne. Les trois muscles sus-jacents sont fusionnés en un tendon unique.

M. ext. com. = l’extenseur commun.

M. ext. 5e = l'extenseur du 5e.

2e rad. =le 2e radial.

2e radial

Planche 26

Articulation du coude (face externe)

G. STEINHEIL, Éditeur

Page 1