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CHAPITRE XIII

ARTICULATION DU POIGNET

L’articulation du poignet est une préparation qu’on peut exécuter rapidement, mais qu’il est assez dilTicile de rendre démonstrative. La cause en est à la difficulté qu’on éprouve à tomber sur le plan des ligaments. Ces derniers sont recouverts par les gaines des tendons qui entourent l'articulation ; ils adhèrent à ces gaines, si bien qu’il est 1res difficile de les disséquer proprement. De plus, les fibres qui constituent les ligaments antérieur cl postérieur s étalent sans présenter de bords nets et de plus s’entre-croiscnt avec des fibres venues en sens inverse, conditions rendant la dissection délicate ; il serait plus facile d’étudier ces ligaments par leur face profonde, car la synoviale vient accuser leurs contours en envoyant des prolongements entre eux.

Face antérieure. — C’est en avant que siègent les ligaments les plus solides ; pour les disséquer, il faut fendre le ligament annulaire et même en réséquer la plus grande partie. Puis, on enlève les fléchisseurs et le médian ; on aperçoit alors la paroi postérieure du canal carpien ; on n’est pas encore sur les ligaments, le feuillet profond des gaines carpiennes les recouvre encore, ainsique les fibres réfléchies du ligament annulaire. Ce sont ces fibres qu’il faut détruire, pour tomber sur le plan du ligament antérieur, mais elles y adhèrent assez intimement et I on sait combien il est difficile de se reconnaître au milieu de plans fibreux. Le meilleur guide est la direction bien connue des fibres du ligament antérieur, ou du moins de son principal faisceau le faisceau radio-carpien. Elles sont obliques en bas et en dedans.

Le ligament antérieur est formé de deux principaux faisceaux : le faisceau radio-carpien et le faisceau cabito-carpien. Le premier, épais et résistant, s’insère sur une facette bien marquée sur le bord antérieur Dujauier.

MEMBRE SUPÉRIEUR

de la styloïde radiale, et sur la moitié externe du bord antérieur de l’extrémité de cet os. Delà, les fibres viennent s’épanouir sur la face antérieure du carpe. Or, on voit à ce niveau deux saillies superposées et situées dans laxe de la main ; c’est en haut la saillie du semi-lunaire; immédiatement au-dessous, celle du grand os. C’est sur ces deux saillies que viennent se fixer la majeure partie des fibres du faisceau radio-carpien. Les fibres radio-semi-lunaires, forment un important faisceau (pl. 27); les plus internes constituent un fascicule séparé, formé de fibres grêles, allant se fixer à la partie la plus élevée du semi-lunaire et même se continuer avec des fibres d’origine cubitale. D’ordinaire ce petit faisceau est séparé des fortes fibres radiosemi-lunaires par une fente, où fait saillie la synoviale.

Les fi b res radio-grand-os, constituent un très fort faisceau, plus vertical que le précédent, et dont les insertions inférieures sont recouvertes en partie par les fibres qui irradient du grand os vers tous les os du carpe, formant un véritable soleil. Une fente, plus ou moins bien marquée, sépare ce faisceau du radio-semi-lunaire en haut, du ligament latéral externe en dehors. Dans la première de ces fentes vient souvent faire saillie un prolongement synovial.

Telles sont les insertions principales du ligament radio-carpien ; leur description est un peu théorique, car, par ses fibres superficielles ce ligament va s’étendre jusqu’au pyramidal et au crochu.

Le faisceau cubito-carpien, beaucoup moins fort que le précédent est constitué par des fibres, qui, nées du bord antérieur du ligament triangulaire et surtout de l'échancrure qui sépare la tête du cubitus de son apophyse styloïde, descendent, presque verticalement, et vont s’insérer, les supérieures au semi-lunaire, les inférieures au grand os. D’ordinaire les faisceaux supérieurs passent au-dessous des fibres du radio-carpien ; cette disposition se voit surtout lorsqu’après avoir ouvert l’articulation, on examine le ligament antérieur par sa face profonde.

Avant de quitter la face antérieure, il nous faut dire un mot des insertions de deux muscles qu’on doit conserver dans la préparation; nous voulons parler du grand palmaire et du cubital antérieur.

Le grand palmaire passe dans un dédoublement de l’insertion externe du ligament annulaire ; il glisse dans la gouttière du trapèze s insérant sur sa lèvre externe, par un faisceau assez solide ; puis, il vient se fixer, recouvert par l’origine de l’adducteur du pouce, sur la face antérieure de la base du deuxième métacarpien, envoyant une expansion, presque à angle droit, sur la base du troisième métacarpien.

ARTICULATION DU POIGNET

Le cubital antérieur vient coiffer le pisiforme en s’y insérant ; mais il se fixe en réalité au crochet de l'os crochu et à la hase du quatrième et surtout du cinquième métacarpien, grâce aux ligaments que le pisiforme envoie à ces saillies osseuses et qui ne sont que des expansions tendineuses. En réalité, c'est le cubital antérieur qui remplit le rôle efficace de ligament latéral interne, ce dernier ligament, comme nous le verrons, étant assez faihle.

Face postérieure. — Pour disséquer le ligament postérieur, il convient de mettre la main en ilexion pour tendre ce ligament ; puis, on dissèque les différents tendons, qui glissent dans leur coulisse séreuse, en imprimant leur trace sur la face postérieure du radius et du cubitus ; on fend les gaines, pour pouvoir rabattre les tendons ; ce sont, de dehors en dedans, le long abducteur du pouce, le court extenseur, sur la face externe de la styloïde; puis, le premier et le second radial ; le long extenseur propre du pouce dans sa gouttière profonde, oblique en bas et en dehors ; les tendons extenseurs commun et propre de l’index ; l’extenseur propre du petit doigt passant au niveau de l'interligne; enfin le cubital postérieur glissant dans la gouttière du cubitus, en dehors de l’apophyse styloïde.

Les tendons rabattus, il faut, pour voir le ligament postérieur, détruire la partie profonde des gaines, qui adhère au ligament ; ces gaines sont épaisses, infiltrées d’un tissu ayant la consistance du cartilage, dans lequel il faut sculpter les libres du ligament postérieur. Ces fibres sont presque toutes radio-carpiennes, mais elles sont beaucoup moins fortes que celles du ligament antérieur. Elles s’insèrent en haut sur le rebord postérieur de l’extrémité radiale; delà, les libres, obliques en bas et en dehors, viennent se fixer comme suit : les internes se fusionnent avec le ligament latéral interne ; les moyennes, les plus longues, s’insèrent à la face postérieure du pyramidal et du crochu ; les fibi ‘es externes, nées près de 1 apophyse styloïde, sont sur un plan plus postérieur, elles sont courtes et s’insèrent sur le scaphoïde, quelquesunes atteignent le semi-lunaire. Nous avons représenté (pi. 28) un faisceau qui, venu du pyramidal, sort entre les fibres moyennes et les externes et vient se perdre sur les fibres externes, en s’insérant au scaphoïde.

De plus, on voit naître du cubitus et du ligament triangulaire, un plan de fibres profondes, allant au pyramidal. Comme le fait remarquer Poirier, ce laisceau est trop grêle et trop inconstant pour le décrire à part comme un ligament cubito-carpien.

Planche 27. — Articulation radio-carpienne (face antérieure) .

Sur la ligne médiane, au-dessous du radius, on aperçoit deux saillies osseuses, sur lesquelles viennent converger les fibres ligamenteuses. Ce sont : i° la saillie du Semilunaire ; 20 la saillie du grand os |Gr. os].

Le ligament antérieur comprend deux groupes de fibres.

Le premier, d’origine radiale, forme le ligament radio carpien. Les fibres supérieures [L. rad. carp. 1) se continuent en partie avec les fibres supérieures du ligament cubito-carpien ; les moyennes plus fortes sont radio-semi-lunaires [L. rad. carp. 2|, les inférieures sont radio-grand-os |L. rad carp. 3|. Entre ces divers faisceaux, la synoviale fait souvent hernie.

Le deuxième groupe de fibres, d’origine cubitale, forme le ligament cubito-csrpien, moins fort que le précédent. Ses fibres supérieures vont au semi-lunaire |Lig. cub. Carp. 1], ses fibres inférieures au pyramidal et au grand os [Lig. Cllb. carp. 2].

Les ligaments latéraux sont visibles :

Lig. lat. int. = l’interne va de la styloide cubitale |Ap. styl. cub.] au pisiforme [ Pisif . ] ; on l’aperçoit, car le tendon du cubital antérieur est rabattu [T. Cllb. ant.].

Le ligament externe va de la styloide radiale au scaphoïde.

On aperçoit, entre le radius et le cubitus, la saillie de la synoviale (Syn. rad. Cllb.].

Gr. palm. = le tendon du grand palmaire, dont les insertions sont mises en évidence : une petite expansion à la crête du trapèze, un gros faisceau à la base du deuxième métacarpien ; un petit faisceau à la base du 3e.

DUJARIER. — Anatomie des Membres.

Planche 27

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