‹ Anatomie des salmonesChapitre 11 sur 72 · PARTICULARITÉS OSTÉOLOGIQUES DES GENRES THYMALLUS ET COREGONUS · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS OSTÉOLOGIQUES DES GENRES THYMALLUS ET COREGONUS

L'étude comparative de l’ostéologie des Salmones , dans les trois genres du centre de l’Europe, qui ont servi de base à ce travail, nous fournit une nouvelle preuve de la stabilité des caractères organiques, dans les limites d’une famille bien circonserite, alors même que les caractères extérieurs sont soumis à des variations très-nombreuses. En effet , la colonne vertébrale avec les creux et saillies des vertèbres, ainsi que la formation des apophyses, n’offrent que peu de différences dans les Truites , les Ombres et les Corégones ; la seule différence notable qui existe entre eux consiste dans la conformation des côtes antérieures qui, chez les Ombres, sont munies d’apophyses grèles, allongées , fort semblables aux arêtes musculaires. Ces apophyses (*), attachées à la partie supérieure de la côte, se dirigent obliquement en arrière et sont enveloppées dans les feuillets tendineux qui séparent les bandes en zig-zag du grand musele latéral ; elles sont propres aux huit ou dix premières côtes de l'abdomen. On n’observe rien de semblable dans le genre Coregonus.

La structure de la tête offre, à la vérité, des différences plus notables entre les trois genres mentionnés ci-dessus ; toutefois le crâne ne présente que des différences fort légères ; les os de la face et surtout l’appareil maxillaire subissent au contraire des changemens très-considérables.

Le crâne de FOmbre /Thymallus vexillifer) (**), est beaucoup plus allongé que celui de la Truite, surtout dans sa partie antérieure. Le nasal est fort long ; l'extrémité antérieure des frontaux (n° 1) est très-rétrécie et se prolonge davantage en avant des frontaux antérieurs (n° 2). Ces derniers sont plus saillans et le crâne par conséquent plus étroit à l'extrémité antérieure de l'orbite. Les frontaux principaux sont aussi

(8) Tab B ( Thymallus vexillifer), fig. 1. (*) Tab. D, fig. 5-8.

ELU AS plus lisses, moins squammeux que ceux de la Truite ; l’occiput est plus grand ; les pariétaux se touchent au milieu et séparent complètement les frontaux de l'occipitai supérieur ; dans la Truite, au contraire, ces deux os se touchent sur la ligne médiane. Les fosses latérales du crâne sont moins longues, mais plus larges que dans la Truite, et le cartilage crânien s’y montre à nu sur une plus grande étendue. La face postérieure du crâne ne présente pas de bien grandes différences, si ce n’est que les fosses et les aspérités sont moins développées que dans la Truite. Ce qui frappe surtout à la face inférieure du crâne , c’est l'allongement considérable du sphénoïde principal et le rétrécissement du vomer, qui est réduit à une petite plaque elliptique, qui n’atteint pas même le commencement de orbite, tandis que chez la Truite, il avance jusqu'au delà de la moitié de l'orbite.

Les os de la face (Tab. B) ont subi des changemens plus notables. Les intermaxillaires (n° 17) sont réduits à deux petits osselets triangulaires accolés verticalement contre l'extrémité antérieure du museau et portant deux ou quatre petites dents effilées et courbées en arrière. Le maxillaire (n° 48) est court, aplati ; son bord inférieur convexe (il est concave chez la Truite) porte dix à douze dents effilées. La mâchoire inférieure est courte, haute ; le dentaire, armé de quelques petites dents courbes à son extrémité antérieure, est très-court, et l'angle qu'il forme avec larticulaire se trouve ainsi porté en avant du milieu de la longueur de la mâchoire inférieure. Le préopercule est beaucoup plus large, surtout dans sa partie inférieure, l’opereule plus arrondi en bas et plus allongé que dans la Truite. Il en est de même du mastoïdien (n° 25) ; tandis que la caisse (n° 27) est beaucoup plus petite que dans la Truite. Il résulte de là un rétrécissement de toute la fosse temporale, et comme c’est dans cette fosse que sont logés les muscles de la mâchoire, cette disposition entraine nécessairement une plus grande faiblesse des mâchoires et des instincts moins voraces. Les mâchoires sont en rapport avec ces dispositions ; l'ouverture de la gueule est beaucoup moins grande; la fente s'arrête au-dessous des fosses nasales, tandis que dans la Truite, elle s’avance jusqu’au milieu de l’orbite. L

Les mâchoires et l'appareil masticatoire tout entier, sont encore moins développés chez les Corégones (Tab. C.). L'intermaxillaire, suspendu verticalement au nasal et au vomer, ferme la bouche comme un rideau ; les maxillaires sont très-courts et arrondis ; la mâchoire inférieure est presque aussi haute que longue, et le bord supérieur du dentaire presque vertical, ce qui, joint à une fosse temporale étroite et peu profonde, ne laisse que peu de place pour les muscles masticatoires ; le préopereule est faible, peu large; l’opercule est tronqué obliquement, tandis que chez les autres Salmones,

son bord inférieur est presque horizontal. Les sous-orbitaires sont larges et couvrent presque toute la joue. Le crâne (*) ressemble davantage à celui de FOmbre qu’à celui de la Truite ; surtout dans la partie occipitale ; les pariétaux pourtant ne se touchent pas sur la ligne médiane, mais les fosses de l’occiput et l'aspect des frontaux sont les mêmes. La partie antérieure du crâne est plus ramassée ; les frontaux et le nasal sont moins allongés, le vomer est court et édenté, comme tous les autres os de la bouche. La fente de la gueule est fort petite ; aussi les Corégones ne se nourrissent-ils que de

petits animaux et de substances végétales.

Page 1