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MUSCLES DE LA TÊTE

Tout l’espace compris entre l'œil en avant, le préopercule en arrière et la màchoire inférieure, est rempli par un puissant muscle de forme triangulaire, que nous appeilerons masseter (n° 20) (***), tout en prévenant d’avance que nous sommes loin de l’envisager comme l’analogue du seul masseter des animaux supérieurs. Ce muscle prend naissance, au moyen de puissantes fibres charnues , sur toute la face externe de l’arcade temporale et notammment sur le mastoïdien (n° 25), la eaisse (n° 27) et le bord antérieur du préopereule (n° 30). Ces différens points d’attache déterminent dans le muscle plusieurs faisceaux plus ou moins séparés. On distingue souvent un faisceau venant du bord supérieur de la caisse et d’une aponévrose qui s'étend entre le masseter et le releveur de l’arcade temporale (n° 24), un second faisceau venant du bord du préopercule et un troisième faisceau arrivant du fond du creux situé au point de jonction du mastoïdien et de la caisse. Quelquefois même , et c'est le cas que nous avons dessiné dans la fig. 1 de Tab. H, on observe un faisceau de fibres réuni au masseter par une petite aponévrose et s’attachant en haut à la crête temporale elle-même, entre le releveur de l’arcade temporale (n° 24) et le releveur de l’opercule (n° 25).

Tous ces différens faisceaux se réunissent dans l’angle postérieur de la mâchoire inférieure, pour former un centre tendineux très-vigoureux, auquel viennent s’ajouter encore deux autres faisceaux charnus , qui sont logés dans la cavité interne de la

() Tab. H, fig. 2. (COMRab Je; (M) Tab le fig. 8: (F6) Tab. H, fig. 1, et Tab. J, fig. 10 et 11:

mâchoire inférieure elle-même, et séparés par le cylindre cartilagineux qui existe dans cette cavité. L'un de ces faisceaux, le supérieur, prend son attache tout le long du bord antérieur du dentaire ; l’inférieur est fixé au bord inférieur du même os et sur le cylindre cartilagineux lui-même. Nous voyons par là que le muscle destiné à rapprocher la mâchoire inférieure du crâne, constitue une seule masse ; et ce qui rend son action encore plus énergique, c’est que les fibres charnues s’insèrent jusque près de l’extrémité antérieure de la mâchoire inférieure. Le centre tendineux, dont nous avons parlé plus haut, est attaché par une forte aponévrose au bord postérieur de los articulaire (n° 35); de cette manière, toute la force qui est développée par la contraction de ces fibres est employée à relever la mâchoire, et l'œil n’éprouve aucune compression , ce qui serait inévitable si le muscle était libre.

Un autre muscle, qui, quoique beaucoup moins puissant, est pourtant l’un des plus considérables de la tête, c’est le releveur de l'arcade temporale (n° 24) (*). 1 est court, de forme cubique, et prend naissance à la face externe du frontal postérieur et de la partie antérieure de la crète temporale. Ses fibres sont dirigées verticalement en bas, où elles se fixent à la face interne du bord supérieur de la caisse. Le bord antérieur de ce muscle forme en haut la limite de l'orbite, de la même manière que le masseter la limite en bas. D’après cela, ce muscle doit attirer puissamment l’arcade temporale vers le crâne et en même temps écarter les arcades.

Nous appelons, avec Cuvier, abaisseur de l’arcade temporale (n° 22) (*), un autre muscle, qui sans doute est l’antagoniste de celui que nous venons de décrire. Il se rend de la face latérale du sphénoïde principal (n° 6) et de la grande aile au bord interne du ptérygoïdien (n° 25) et de la caisse (n° 27), et sert ainsi à compléter la partie postérieure de la voûte du palais. I doit rapprocher puissamment les arcades temporales et resserrer ainsi la cavité buccale. nl

IL y a en outre, sur les faces latérales du crâne, plusieurs autres mucles exclusivement destinés aux mouvemens de l’opereule (***). Le releveur de l'opercule (n° 25) s'attache à la face externe de l’opercule, sur le point saillant qui se trouve près de son articulation avec le mastoïdien (n° 23). Il prend naissance à la face externe de la crête temporale, immédiatement derrière le releveur de l’arcade temporale, et ses fibres passent par dessus l'angle postérieur du mastoïdien (n° 25), pour se fixer à leur point

d'insertion.

&) Tab. H, fig. 1 et 4, et Tab. J, fig. 9 et 11. *) Tab. H, fig. 4, et Tab. J, fig. 11. C#*) Tab. H, fig. 1, 8 et 4, et Tab. 3, fig. 9. Toue I.

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L'abaisseur de l’opereule (n° 26) (*), dont l'action est diamétralement opposée à celle du précédent, naît à côté de lui, sur la partie postérieure de la erète temporale, et surtout de l’épine par laquelle cette crête se prolonge en arrière. Il se fixe à la face interne de l’opercule, près de son articulation avec le mastoidien.

Un troisième musele (n° 42) (**) qui est entièrement séparé du précédent, dans la Truite, se voit au bord antérieur de l’abaisseur de l’opercule. Il est fixé comme celuici à la face interne du crâne, mais plus en avant. Nous l’appellerons lattracteur de l’opercule.

Plusieurs muscles très-considérables sont disposés sur la partie inférieure des ares mandibulaires et hyoïdaux. Ces muscles servent surtout à ouvrir la bouche et à rapprocher ou à éloigner les différentes pièces osseuses qui se trouvent dans la région de la

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gorge. Le premier de ces muscles est le triangulaire du menton (n°24) ( fort petit, il remplit la pointe antérieure de l'espace triangulaire compris entre les deux branches de la mâchoire inférieure, en réunissant-ces deux branches par ses fibres transverses.

Un autre muscle très-puissant, que Cuvier a appelé à juste titre géniohycidien . (n° 27) (*##*), remplit tout l'espace compris entre les branches de la mâchoire inférieure et les rayons branchiostègues. Ses fibres, qui viennent des deux côtés de la mâchoire inférieure et en partie de la ligne médiane, se portent vers la face externe de la branche de l’hyoïde et s’attachent en partie à cet os et, par plusieurs faisceaux séparés, à la base des rayons branchiostègues. Ce muscle rapproche naturellement les rayons branchiostègues de la symphyse du menton; ou bien, si les rayons branchiostègues sont fixés par les muscles suivans, il doit tirer la mâchoire inférieure en bas et contribuer ainsi à ouvrir la bouche.

Le muscle croisé des rayons branchiostèques (n° 29) (**#*#*#) s'attache à la face extérieure de ces rayons près de leur bord ; il porte l’extrémité antérieure de Ia branche hyoïde vers les rayons branchiostègues antérieurs du côté opposé. Les deux muscles opposés se croisent par conséquent complètement ; celui qui va de la branche hyoïdale droite à la membrane branchiostègue gauche est le plus rapproché de la peau de la gorge. Ces muscles tirent puissamment les rayons branchiostègues en avant, et écartent ainsi toute la membrane. Chez la Truite, ils ne s'étendent pas même jusque

(Tab. H; fig 1,'et Tab.J, fig 9. CHTab; Je10. (O)ÈTab.H; Gg.2. (PP) Tab. H, fig. 2 et 5, et Tab. J, fig. 10 et 11. CMS Tab H hs Pet 55 et Tab Je 10ret

vers le sous-opercule; ou du moins les fibres deviennent si rares en haut, qu'on ne peut plus les distinguer comme un muscle à part.

Les antagonistes des précédens sont des fibres isolées qui forment une bande tout le long de la base des rayons branchiostègues (n° 28) (*) à leur face interne , et qui allant d’un rayon à l’autre, doivent naturellement rapprocher les rayons de la membrane. Ce sont les muscles branchiostèques.

Tous ces différens muscles sont fort peu développés dans la Truite ; mais chez d’autres poissons , ils prennent souvent un développement tel, qu’ils entourent toute l'ouverture branchiale, passant par dessus les pièces operculaires et se réunissant en haut aux abaisseurs de l’opercule. Cuvier a fort bien fait connaître cette disposition dans son anatomie de la Perche, et les observations récentes de M. Remak sur ce sujet (**) ne contiennent rien de nouveau.

Les branches hyoïdales sont rapprochées du corps de los hyoïde par un petit muscle, le muscle hyoïdien (n° #4) (#), qui part de l'extrémité antérieure du corps de l'os hyoïde et s'attache au bord interne de la branche du même os.

Les muscles qui président aux divers mouvemens de l'appareil branchial, peuvent se diviser en deux catégories. Les uns fixés dans le bas, ont pour but d’abaisser soit l'appareil entier, soit des arceaux isolés, tandis que les autres, situés au haut, tendent à relever les arceaux et à les attirer vers le crâne. Les deux espèces de muscles agissant ensemble ouvrent aussi largement que possible l’entonnoir formé par les arcs branchiaux.

Entre les abaisseurs, nous remarquons d’abord deux muscles plats, qui tous les deux viennent de la branche horizontale de la elavicule et se portent obliquement en haut vers le corps de l’os hyoïde ; ce sont les abaisseurs croisés (°

*). Le plus superficiel de ces muscles, labaisseur superficiel (n°56) vient de la partie antérieure de la elavicule ; se dirigeant obliquement en arrière , il va s'attacher à l'extrémité postérieure du corps de l’hyoïde, sur la base de los pharyngien inférieur. L'autre muscle , l’abaisseur profond (n° 57), vient de l'angle supérieur de la elavicule et va s’insérer au corps de l’hyoïde même, en se croisant avec le précédent. C’est entre ces muscles que se trouve la cavité dans laquelle est logée le cœur ; leur face interne est immédiatement tapissée par le péricarde , au travers duquel on les aperçoit facilement.

Les ares branchiaux et l’arc pharyngien (qui se comporte en tout comme un véri-

C) Tab: H; fig. 5. &*) Muller Archiv, 1843, page 190. C)TaD JE ho, 10: (84) lab. H, fig. 5.

table are branchial), sont fixés au corps de l’os hyoïde par deux muscles, qui, tout en tirant ces arcs en bas, les écartent les uns des autres et les éloignent en même temps de la ligne médiane. L’abaisseur commun (n° 35) (*) naît de la face inférieure du corps de l'os hyoïde, près de son extrémité postérieure ; il se divise en trois faisceaux distinets, qui se rendent vers la base des deux derniers arcs branchiaux et de l’arc pharyngien.

Quatre petits muscles isolés, les abaisseurs antérieurs (n° 34) (**), naissent en outre vis-à-vis de l'articulation de chaque arc branchial , et, passant par dessus ces articulations, viennent se fixer sur la face externe des ares. Ces muscles isolés, dont le trajet est tout-à-fait vertical, ne peuvent guère servir qu’à maintenir les arcs branchiaux en bas et en dehors, tandis que l’abaisseur commun , en se rendant obliquement vers son point d'insertion supérieur, tire les ares postérieurs en avant, en même temps qu’il les écarte les uns des autres.

Les muscles qui s’insérent à la moitié supérieure des arcs branchiaux peuvent être divisés en trois couches plus ou moins superficielles. Tous ces muscles sont de petits faisceaux fort minces attachés à la face inférieure du crâne , au sphénoïde principal et aux parties inférieures de loccipital latéral et de la grande aile. Les releveurs superficiels (n° 50) (***) sont au nombre de quatre, un faisceau pour chaque are ; ils viennent se fixer sur les petites apophyses supérieures qui se trouvent à l'extrémité antérieure des arcs branchiaux. Le quatrième s'attache à la lame verticale du pharyngien supérieur.

Les releceurs profonds (n° 51) (****) sont au nombre de trois; ils s’attachent aux trois pharyngiens supérieurs (n° 62) , et du reste, ne se distinguent des précédens , que par leur plus grande force ; leur action est la même ; elle consiste à rapprocher les ares branchiaux du crâne.

En préparant attentivement les couches musculaires qui forment la partie supérieure du pharynx, on découvre encore de chaque côté deux petits faisceaux musculaires , les attracteurs (n° 32) (FF), qui, prenant naissance assez en avant sur la ligne médiane , se portent obliquement en arrière vers les apophyses des troisième et quatrième ares branchiaux ; où ils se fixent par de petits tendons. Comme ces muscles ne s’attachent point au crâne, ils ne peuvent point soulever les ares, mais bien les tirer er avant et écarter ainsi les intervalles des branchies.

©) Tab. H, fig. 5. (*) Tab. H, fig. 5.

(88) Tab. H, fig. 5, et Tab. J, fig. 4 et 10. (5885) Tab H; fig. 5, et Tab. J, fig. à et 10. (ores®) Tab, J, fig. 4.

Enfin , il nous reste à mentionner au nombre des muscles volontaires de la Truite, les muscles constricteurs du pharynæx (*). Ces muscles forment une couche épaisse de chair, tendue entre les pharyngiens supérieurs et l'extrémité postérieure des pharyngiens inférieurs. Ce n'est pour ainsi dire qu’artificiellement que l’on peut, chez la Truite, les séparer en deux muscles distincts, dont l’un, le constricteur antérieur du pharynx (n° 58) est étendu entre les pharyngiens supérieurs , tandis que l’autre . le constricteur postérieur (n° 359), est surtout attaché aux extrémités postérieures des pharyngiens inférieurs et conflue, en arrière, avec les fibres involontaires et cireulaires

de l’ésophage.

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