‹ Anatomie des salmonesChapitre 19 sur 72 · LANDE · texte numérisé non relu

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tent, qu'elles sont plus marquées sur les muscles conservés à l'esprit de vin, ou bouillis, que sur les muscles frais; qu’elles sont plus visibles sur une partie du même faisceau que sur l’autre ; qu’elles disparaissent par une forte pression, mais qu'on les retrouve partout, lorsqu'il n’y a pas eu altération.

En examinant des faisceaux musculaires sous un jour favorable, on voit ces stries transversales se continuer sur toute la longueur du faiseau à des distances très-régulières. Elles ne sont pas en lignes droites, mais légèrement ondulées ; et il arrive souvent que sur une même section transversale les stries sont plus marquées, et que les bandes longitudinales des stries correspondent exactement à la position d’une ou de deux fibrilles primitives. De ce fait, mais surtout de l'examen direct de fibrilles primitives séparées , et de la manière dont ces faisceaux sont attaqués par l'acide acétique, il résulte, à nos yeux, que ces stries sont occasionnées par une formation particulière, non pas des faisceaux ni de leur gaine, dont nous parlerons tout à l'heure, mais bien des fibrilles primitives elles-mêmes. En effet, nous avons vu de la manière la plus disüncte les stries sur des fibrilles séparées ; et nous avons cru remarquer également sur les fibres constituantes encore plus fines, qui sont représentées Tab. J, fig. 15, a. des alternances d'ombre et de lumière, qui indiquent un arrangement semblable.

Quand on soumet la fibre musculaire à l’action de l'acide acétique, on y découvre encore d’autres détails. Les fibrilles primitives des faisceaux sont attaquées ; elles 5e gonflent et deviennent une gélatine informe, les stries transversales disparaissent à mesure que ces changemens s’opèrent, et il ne reste que les gaines des faisceaux (*). Ces gaines sont parfaitement transparentes , homogènes et sans aucune trace de structure. Elles semblent formées de membranes simples, comme les parois des cellules. Très-souvent on remarque des stries longitudinales extrèmement fines et légères, qui peut-être sont les marques des plis causés par les fibres contenues dans l’intérieur des gaines. Nous n'avons jamais rencontré de faisceaux dépourvus de ces gaines, et très-souvent leur présence se trahit sur des faisceaux frais, qui n’ont pas subi l’action de l'acide acétique , en formant des saillies aux bords du faisceau , lorsque les fibres ne remplissent pas tout-à-fait leur tuyau.

L'action de l'acide acétique a en outre pour résultat de mettre en évidenee, à la surface des gaines transparentes, de petits amas granulés, espacés régulièrement, et présentant des contours fusiformes. Ces granulations sont presque toujours parallèles à l’axe du faisceau, et il n’y en a qu’une seule rangée longitudinale sur chaque fibre.

MMA fou, c.

roi

Le plus souvent elles sont parfaitement séparées les unes des autres ; mais quelquefois aussi elles sont réunies, au moyen d’une rangée de molécules , en une seule ligne continue, qui présente de petits gonflemens à des distances régulières.

Plusieurs observateurs prétendent avoir trouvé un canal médian rempli d’une matière gélatineuse dans chaque faisceau, tandis que les fibrilles seraient placées à la face interne de la gaine. Quoique nous n’ayons jamais aperçu un pareil canal chez la Truite, nos observations sur l’embryon semblent pourtant militer en faveur de son existence, du moins chez les muscles qui ne sont pas encore arrivés à leur entier développement. Les granulations dont nous venons de parler ont été envisagées par M. Henle (*), comme une preuve de l’existence d’un cylindre gélatineux médian des faisceaux ; et, en effet, leur position centrale dans l’axe du faisceau semble de nature à justifier cette opinion.

Le développement des fibres musculaires a été principalement étudié chez les embryons de mammifères par M. Valentin (**), et c’est dans l’ouvrage de ce savant et consciencieux anatomiste que nous irons puiser toutes les fois au’il s'agira de déterminer le rapport des divers élémens de la fibre musculaire avec les cellules primitives qui leur donnent naissance. Il résulte des observations de M. Valentin, qu’au lieu de muscles, il y a d’abord des cellules transparentes à noyaux très-marqués, qui se rangent en lignes longitudinales, se soudent ensemble comme des fils de conferves, perdent ensuite leur cloison transversale par résorption, et finissent enfin par former de longs tuyaux non cloisonnés, absolument semblables aux gaines qu’on rend transparentes au moyen de l'acide acétique. C’est vraisemblablement à la face interne de ces cellules ainsi soudées qu’aparaissent les fibrilles primitives , comme autant de fils transparens qui sont d’abord dépourvus de stries transversales. Ces fils adhèrent à la surface interne de la paroi cellulaire, et il reste dans l’axe de chaque faisceau un canal cylindrique rempli d’une gélatine, qui probablement se transforme plus tard en fibrilles primitives ; du moins n’y a-t-il plus de canal médian dans les faisceaux entièrement formés ; il ne reste de cette première formation que les granules décrits cidessus, dont les gonflemens indiquent peut-être le milieu de chaque cellule primitive. Quant aux noyaux , ils disparaissent, d’après M. Valentin, tout-à-fait avec le développement des fibrilles primitives. M. Henie les a souvent vus et figurés chez des mammiféres adultes. Nous avouons que nous n'avons jamais pu constater leur pré-

(*) Sômmering, Vom Baue des menschlichen Kürpers, Tom. VI. Allgemeine Anatomie, von Henle, p. 586. (*) Zur Entwiklung der Gewebe des Muskel, Blutgefäss und Nervensystems. Mullers Archiv, 1840, pag. 194.

et — sence dans les muscles de la Truite adulte. Les stries transversales apparaissent presque subitement; on n’a du moins pas encore réussi à observer leur développement successif, ni leur origine.

Les fibres des muscles volontaires des poissons adultes seraient ainsi composées : 1° d’une gaine homogène, résultant de la soudure des membranes des cellules primitives, 2° de fibrilles primitives enfermées dans cette gaine, attachées à sa paroi interne, et correspondant aux fibres du liber et du ligneux des plantes, avec cette différence que ces dernières sont toujours disposées en spirale, tandis que les fibrilles musculaires sont parallèles à l’axe longitudinal des cellules, 3° de molécules à l'intérieur, faible reste d’un cylindre gélatineux primitif.

Les fibres involontaires qui s’observent, comme couche distincte, dans toute la longueur de l'intestin, et qui prennent surtout un grand développement dans les parois de lestomac, n’ont pas de gaine propre: elles ne sont pas réunies en faisceaux parallèles, mais ont un aspect granulé, tant soit peu roide. Traitées à l'acide acétique, elles montrent une grande quantité de corpuscules noirs diversement contournés, qui paraissent même quelquefois réunis en fibres plus ou moins allongées (*).

Les fibres du cœur tiennent à-peu-près le milieu entre les fibres volontaires et les involontaires (**) ; d’un côté, il leur manque les gaines ; d’un autre côté, elles possèdent

les rides transversales caractéristiques des muscles volontaires.

(*) Tab. J, fig. 14, 2.

(*) Tab. 3, fig. 15, a etb

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SPLANCHNOLOGIE.

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