‹ Anatomie des salmonesChapitre 28 sur 72 · DU NEZ · texte numérisé non relu

DU NEZ

Tab. M, fig. 6,7 et 8.

Le nez de la Truite est d’une structure assez simple. Situé vers l'extrémité antérieure du museau , il se compose d’une fosse peu profonde, remplie en grande partie par les plis d’une membrane muqueuse et fermée en dehors par la peau, dans laquelle sont creusées deux ouvertures. L'une de ces ouvertures, l’antérieure, de forme elliptique, est transversale et entourée d’un bourrelet cartilagineux, qui fait saillie depuis l’intérieur (fig. 7 a). Une petite esquille osseuse (b) est articulée en arrière sur le bord interne de ce bourrelet, et disposée de manière à pouvoir s’abattre sur le bourrelet et fermer ainsi l'ouverture antérieure. Sous le microscope, on aperçoit des fibres musculaires attachées à la base de cet osselet ; il est probable qu'il y a deux muscles antagonistes extrémement petits, qui servent à mouvoir cetté espèce de base. L'ouverture postérieure (c) a à-peu-près la forme d’un triangle dont la base, tournée en avant, est adossée contre le bourrelet et entourée d’un rebord épaissi, dans lequel on trouve des fibres musculaires. Il est facile de se convaincre, d’après cette structure du couvercle de la cavité nasale, que c’est surtout par le jeu du bourrelet que l’eau entre et sort dans cette cavité.

La muqueuse, dont les plis se trouvent au fond de la fosse nasale, montre un bourrelet médian, en forme de massue (Tab. M, fig. 6,a), dont l'extrémité arrondie est tournée en arrière, tandis que l'extrémité antérieure, qui est plus effilée, touche au bord antérieur du bourrelet cartilagineux du couvercle. Huit à dix plis transverses partent de ce bourrelet médian. Chacun de ces replis est de forme semilunaire , à sommet arrondi, à-peu-près comme un bonnet phrygien aplati, que l’on aurait appliqué par sa base contre le bourrelet médian. Ces feuillets muqueux sont parfaitement libres et indépendans les uns des autres, ensorte que l’eau peut pénétrer entre les différens feuillets, et les entourer de toutes parts.

La structure de ces feuillets est fort simple : c’est un tissu de fibres conjonetives, qui se croisent dans tous les sens, et entre lesquelles se ramifient les vaisseaux sanguins et les fibres primitives du nerf olfactif. Le feuillet est recouvert d’une couche épaisse de cellules épidermoïdales, semblables aux cellules épidermoïdales de la peau. Ce sont ces cellules qui forment cet amas de mucosité que l’on trouve toujours dans la cavité nasale des TFruites. Nous avions cru d’abord que les feuillets de la muqueuse

; — 107 — du nez pourraient être de quelque secours pour l'étude de la distribution des fibrilles primitives du nerf olfactif, Mais une quantité de piment noir, déposé sous forme de cellules étoilées, rend cette étude trés-difficile. Quant à la distribution des branches du nerf olfactif, elle est fort simple (fig. 8). Le nerf se divise en deux moitiés, qui donnent à chacun des feuillets une branche distincte.

Il n'existe pas d’organe spécial du goût chez les Truites. Comme nous l'avons vu

plus haut, l’os hyoïde est tellement hérissé de dents, que la langue doit être entièrement insensible.

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