VEINES DU CORPS
Tab. K, fig. 1 et 3. (Elles sont colorées en bleu.)
Les veines cardinales (50) sont au nombre de deux, mais celle du côté gauche est moins développée et ne ramène que le sang de la partie antérieure du rein , tandis que celle du côté droit, longeant toute Îa colonne vertébrale, à côté de l'aorte, depuis l'extrémité antérieure du rein jusque vers le cœur caudal situé sur la plaque caudale, ramène tout le sang du corps, des reins et des organes sexuels. En longeant la colone vertébrale, cette veine recoit les nombreuses veines intervertébrales et intercostales qui, dans leur trajet, ne se distinguent pas des artères. Rentrée dans la cavité abdominale , elle reçoit en outre tous les filets revenant des reins, et enfin, près de l'extrémité antérieure du rein, là où elle se déverse dans le sinus de Cuvier, un vais-
©) Tab. K, fig. 1 et 2. — Tab. L, fig. 7 et 8.
seau assez considérable qui, après avoir longé toute la face interne de l'organe sexuel (testicules ou ovaires), se tourne en haut et traverse l'extrémité antérieure du rein, pour s'ouvrir dans la veine cardinale de son côté (Tab. K, fig. 2). A cette veine que nous proposons d'appeler veine spermatique, vient encore s'ajouter un petit filet revenant de la vessie natatoire.
La veine-case des poissons (51), quoique très-large , n’a qu’un trajet très - court. Toûtes ses branches sont creusées dans la substance du foie lui-même , et elle n’en recoit aucune venant d’un autre organe. Ces branches se réunissent en un seul tronc à la face antérieure du foie; ce tronc traverse le péricarde et s’ouvre dans la face postérieure du sinus de Cuvier. La veine-cave réunit ainsi tout le sang revenant des organes digestifs, qui, après avoir passé par les branches de la veine-porte, s'était versé dans le foie.
Le trajet des différentes branches de la veine-porte (53) est très-simple (*). Deux troncs veineux longent l'intestin dans toute sa longueur, jusque vers l'endroit de son dernier repli, où ils se réunissent en un seul. Une seconde branche considérable venant de la rate et remontant la partie cardiale de l'estomac vient se réunir aux branches de lintestin. Une troisième branche, qui prend également naissance dans la rate, longe la partie pylorique de l'estomac, où elle reçoit les branches qui reviennent des appendices pyloriques. Toutes ces branches se réunissent en un seul tronc, à la face interne du foie, près de l'entrée du conduit bilieux dans la vessie biliaire , et c’est de ce point de réunion que partent les branches de la veine-porte, qui rayonnent dans la substance même du foie.
On à admis pour les poissons et les reptiles un système à part de veine portale des reins. Nous avons vu en effet chez la Truite quelques petites branches veineuses revenant de lextrémité postérieure du canal déférent et du rectum, se porter vers l'extrémité postérieure des reins et s’y diviser en plusieurs branches pénétrant vers la substance même du rein. Ces branches sont sans doute les branches portales des reins, découvertes par M. Jacobson ; mais elles paraissent extrêmement réduites dans la Truite, et nous n’avons jamais pu constater l'existence d’une veine caudale revenant du corps et se ramifiant dans les reins.
Si nous cherchons maintenant à débrouiller le trajet que ‘parcourt le sang du poisson, en prenant pour point de départ le cœur qui, n’ayant point de double cavité, ne chasse que du sang veineux, nous arriverons à-peu-près aux résultats suivans :
(*) Colorée en violet. Tab. K, fig. 2.
Le sang porté par les artères branchiales dans les vaisseaux capillaires des feuillets branchiaux où il subit l’action de la respiration, se rassemble ensuite au moyen des bhuits veines branchiales en un seul tronc, l’aorte. Nous avons ainsi quatre arcs vasculaires complets qui entourent la cavité buccale et l'entrée de l’ésophage et qui se réunissent en haut dans l'aorte et en bas dans le bulbe aortique. L’aorte fournit toutes les branches artérielles qui se rendent dans le corps et les intestins; tandis que le sang artériel de la tête est fourni par la première veine branchiale seule et l'artère coronäire du cœur par la seconde veine branchiale. Le sang artériel du corps, après avoir passé par les capillaires des branchies, n’a plus qu’un second système capillaire à traverser, celui du corps; il revient ensuite par les veines cardinales. Le sang des intestins traverse trois systèmes capillaires, celui des branchies, celui des intestins, et en dernier lieu celui du foie, au moyen de la veine-porte, pour revenir enfin par la veine-cave dans le cœur. Mais c’est le sang de l'artère hyoïdale, qui présente sous ce rapport le trajet le plus compliqué, puisqu'il est chassé par la seule force du cœur, à travers quatre systèmes capillaires, celui du premier arc branchial, celui de la fausse branchie, celui du corps rouge de la chorioïde et en dernier lieu par les capillaires de la chorioïde même qui le rendent à la veine oculaire.
DES CANAUX MUCIQUES.
Tab. K et L. ( Peints en vert).
M. Hyrtl (*), dans ses recherches sur le système mucique des poissons osseux a décrit soigneusement les communications de ce système singulier, tant avec les veines cardinales et les cœurs caudaux qu'avec la veine de Cuvier. M. Hyrtl raconte à cette occasion, que dans une visite qu’il nous fit sur le glacier de l’Aar, en 1842, l’un de nous Jui avait appris, qu’en injectant le système mucique, on pouvait remplir tout le système veineux des poissons osseux. Mais ce n’est pas dans une simple conversation en pareil lieu, que nous aurions pu apprendre à M. Hyrtl tout ce que nos propres travaux nous avaient révélé à ce sujet, et les résultats auxquels M. Hyril est arrivé, il les a bien réellement trouvés lui-même. Il n’en est pas moins vrai cependant que ces résultats nous étaient connus à cette époque ; car au mois de septembre de la même année l’un de nous a présenté à la société des naturalistes allemands réunis à
(*) Archives de Müller, 1843, page 224.
Mayence (*), nos planches K et L, sur lesquelles se trouvent représentés tous les détails du trajet des vaisseaux muciques de la Truite. Depuis la publication de M. Hyrtl, nous avons repris nos travaux sur ce sujet et nous allons indiquer jusqu’à quel point nous sommes d’accord avec lui.
En coupant transversalement la peau de la Truite à l'endroit de la ligne latérale, on découvre immédiatement au-dessous de la peau, dans la fente qui existe entre les deux moitiés du muscle latéral, un canal peu spacieux, de forme triangulaire, à parois excessivement minces qui sépare le nerf latéral de la peau (66) (**). En injectant ce canal dans la direction de la queue, on le voit se remplir jusque près de l’extrémité de la colonne vertébrale, où celle-ci se fléchit en haut, pour se continuer dans la plaque caudale. Arrivé là, le canal se coude à angle droit, pénètre à travers les muscles vers la plaque caudale et se continue sur cette plaque jusque dans la base des rayons de la caudale, où il se divise en deux branches (67), l’une supérieure et l’autre inférieure, qui entourent l'insertion de la caudale en communiquant en haut et en bas avec les branches de l’autre côté.
Outre ce canal on voit encore se remplir un petit sac plat, de forme triangulaire, qui est appliqué contre la surface externe de la plaque caudale et entièrement couvert par le muscle caudal profond moyen (15). Les sacs des deux côtés (54) (**) ne sont pas parfaitement égaux ; celui du côté gauche (fig. 4) est triangulaire, à angles arrondis, tandis que celui du côté droit (fig. 5), est ovale; c’est ce sac que nous nommons le cœur caudal. Le canal mucique se continue tout le long de son bord supérieur et s'ouvre par une petite fente dans son extrémité antérieure. A cette même extrémité antérieure , se trouve une seconde ouverture placée plus bas et qui s’ouvre directement dans la veine cardinale, par une valvule qui permet bien aux liquides de passer depuis le cœur caudal dans la veine, mais qui empèche le sang de la veine d’arriver dans le cœur. Aussi n’y trouve-t-on jamais qu'un liquide aqueux, dans lequel on découvre bien, au moyen du microscope, quelques granules et quelques gouttelettes d'huile éparses, mais qui, à ce qu’il parait, sont néanmoins étrangères à ce liquide. Au milieu du sac, se trouve une autre ouverture qui établit une communication avec le sac du côté opposé, à travers la plaque caudale. Cette ouverture est également munie d’une saillie membraneuse faisant l'office de valvule. Nous avons pu constater
() Dr Fogt über die Schleimgänge der Fische. Dans : Amtlicher Bericht über die Versammlung der Gesellschaft deutscher Naturforscher und Aerzte zu Mainz, 1842, page 220.
**) Tab. K, fig. 3.
CHOETab Kfig. 4 et 5:
par des observations sur des Truites vivantes, que ce cœur caudal se contracte réellement, quoique d’une manière fort irrégulière. Les parois du cœur sont peu solides et tissées de fibres qui ont beaucoup de rapport avec les fibres musculaires involontaires de l'intestin.
En poursuivant le canal latéral (66), du côté de la tête (toujours au moyen de linjection), on le voit s'ouvrir, à l'endroit où la ligne latérale atteint la ceinture thoracique, dans un réservoir assez spacieux, qui est appliqué contre la face interne de la clavicule (n°48). 11 y a en cet endroit une fente, munie d’une forte valvule, qui mène dans un vaisseau du diamètre d’une forte tête d’épingle, lequel, en longeant le bord interne de la vessie thoracique , s'ouvre directement dans le sinus de Cuvier, à côté et en dehors de la veine jugulaire (*). De-là vient qu'il est impossible, en injectant le canal latéral d’arrière en avant, de remplir les canaux muciques de la tête ; le liquide se déverse toujours dans le sinus de Cuvier, d’où il va remplir tout le système veineux du corps, le cœur, l'artère branchiale et ses ramifications.
On devrait donc croire, d’après ces premières recherches, que le canal latéral est un vaisseau à part, conduisant peut-être de la Iymphe qu'il pourrait déverser d’un côté, au moyen du cœur caudal, dans la veine cardinale, et de l’autre au moyen d’un vaisseau de communication , dans le sinus de Cuvier. M. Hyrtl prétend que ce canal est pourvu d’une quantité de branches latérales qui, après avoir suivi les feuillets tendineux, entre les bandes transversales du grand muscle latéral, se ramifient dans de larges réseaux capillaires formant de grandes mailles , dont chacune entoure la base d’une écaille. Nous n’avons jamais pu nous convaincre de l'existence de ces branches latérales. Nous avons bien vu des injections qui présentaient quelque chose d’analogue à ce que décrit M. Hyrtl; mais nous avons toujours pensé que c'était le résultat d’une extravasation , causée par la rupture des parois excessivement minces du canal latéral, et que le liquide s’était répandu le long des feuillets tendineux en suivant les bases des écailles, où le tissu cellulaire est moins dense que dans les autres parties de la peau.
N'ayant pu découvrir aucune communication des petits canaux qui traversent les écailles de la ligne latérale avec le grand canal latéral, et ne pouvant croire à l’existence d’un vaisseau ainsi fermé de tous côtés, nous avons essayé d’injecter les canaux muciques de la tête, depuis le canal qui se trouve enfermé dans la crête temporale. Après plusieurs essais infructueux , nous avons réussi enfin à remplir plusieurs vaisseaux situés autour du nerf latéral, immédiatement au-dessous de la peau qui tapisse
(t) Tab. L. fig. 7 et 8.
la face interne de la cavité branchiale (*) (63). L'existence de ces vaisseaux une fois constatée en un endroit d’un accès facile, nous avons pu les suivre sans peine vers la tête et vers l'extrémité postérieure du corps, et nous rendre ainsi compte de leur distribution dans la tête.
Un premier fait à constater, c’est l’existence à l'endroit de l'ouverture du canal de communication avec le sinus de Cuvier, d’un réservoir résultant de la réunion de quatre canaux différens. Le premier vient de la crête temporale et suit la ceinture thoracique ; un autre (65) vient des branchies antérieures, et suit le trajet du nerf latéral ; il est appliqué immédiatement au-dessous de la peau , sur la face externe du premier faisceau du grand muscle latéral ; le troisième vient du dernier are branchial et du coude de l’arc pharyngien , enfin le quatrième est le canal latéral déjà décrit. L'entrée de tous ces canaux dans le réservoir est défendue par des valvules qui, quoique très-faibles, sont pourtant plus fortes que les parois du réservoir lui-même, et comme ces valvules sont placées de manière que les liquides ne peuvent pas entrer depuis le réservoir dans les canaux , il en résulte, que lon peut bien de chacun de ces canaux remplir le réservoir , et partant de là, le sinus de Cuvier ; mais que jamais un liquide chassé depuis l’un de ces canaux ne peut entrer dans un autre.
Le cours du premier de ces canaux, celui dont le tronc principal se trouve renfermé dans la crête temporale, et que nous nommerons canal mucique externe de la tête, est facile à suivre. Arrivé à l'extrémité antérieure de l'os temporal, il se divise en deux branches , dont l’une, passant par le frontal, se poursuit tout le long de l'orbite et s’ouvre par de nombreux trous à la face supérieure de la tète; (le dernier de ces trous, qui est du reste fort petit, se voit à l’angle antérieur de la fosse nasale) ; la seconde branche passe immédiatement dans le dernier sous-orbitaire, et se continuant tout le long de ce cercle osseux , s'ouvre par de nombreux petits trous à la surface de la joue. L’extrémité postérieure de ce canal reçoit aussi une branche fort importante de la mâchoire inférieure ; venant de l'extrémité antérieure de cet os et arrivée près de l'articulation mandibulaire, elle s'engage dans un canal qui se poursuit tout le long du bord antérieur du préopercule, en donnant de nombreuses ramifications en dehors.
Le second des canaux qui se rendent dans le réservoir commun nous à souvent paru divisé en deux (Tab. L, fig. 1) (63). Il se compose de trois branches diffé- . rentes, chacune venant d’un are branchial et se rendant dans un canal commun qui longe l'appareil branchial , à l'endroit où il se fixe au crâne. Il y a deux espèces de
(*) Tab. L, fig. 1 et fig. 7.
Tous HI. 18
branches venant des branchies ; les unes, fort petites, viennent de l'extrémité supérieure de l'arc et notamment des feuillets qui ne sont plus fixés sur l'arc lui-même. Les autres qui sont les moins profondes et les plus considérables, longent l’are osseux lui-même et se trouvent être la continuation directe des branches de la veine de Duvernoy. Nous avons réussi à injecter les branches allant aux ares et la veine de Duvernoy, depuis le canal branchial commun (63).
Le troisième canal (64) (Tab. L, fig. 4 et 8) vient d’un réservoir commun, qui se trouve autour de l’apophyse plate de la pièce supérieure du quatrième arc branchial. Ce réservoir , composé d’un canal circulaire , reçoit deux branches importantes, l’une venant du troisième arc branchial; l’autre arrivant du milieu du corps. Cette dernière branche communique sur la ligne médiane, avec son analogue de l’autre côté (Tab. L. fig. 2), immédiatement au devant de l'extrémité antérieure des reins, et c’est dans cette réunion médiane que s’ouvrent les deux grands troncs des vaisseaux lymphatiques qui longent l'aorte, et dans lesquels viennent se verser tous les vaisseaux lymphatiques des intestins et du corps. Il existe de plus deux petites branches dont nous n'avons pas pu suivre exactement le trajet ; toutes deux se rendent dans la partie antérieure de cette branche transversale et paraissent venir du cerveau (fig. 2). Enfin il y a encore une branche venant du quatrième arc branchial, qui joue vis-à-vis de la veine de Duvernoy , le même rôle que les branches des ares antérieurs.
Nous n'avons pas pu poursuivre plus loin le trajet de ces vaisseaux dans lintérieur de la tête ; ces recherches sont même du nombre des plus difficiles que nous ayons rencontrées jusqu’à présent dans tout le domaine de l'anatomie. Les parois des vaisseaux sont excessivement minces , et le grand nombre de valvules qui paraissent exister dans leur trajet s'opposent à l’injection des liquides, du centre vers la périphérie et rendent impossible la poursuite de leurs branches terminales. Les mêmes causes nous empêchent de traiter en détail des vaisseaux lymphatiques des viscères du corps. Nous avons bien reconnu l’existence de deux canaux principaux embrassant l'aorte et longeant la colonne vertébrale. Nous nous sommes également convaincus de l’existence de vaisseaux lymphatiques dans le mésentère sur des poissons frais, mais nous avons aussi reconnu que l'injection ne pouvait conduire qu'à des résultats faux et trompeurs , le mercure étant trop pesant pour ne pas rompre à l'instant les parois si délicates de ces vaisseaux; d’un autre côté le diamètre de ces mêmes vaisseaux est trop petit pour que d’autres liquides puissent y être introduits.
Si nous cherchons maintenant à nous rendre compte du système des canaux muciques dans son ensemble, nous verrons qu’il existe deux lignes principales de
canaux longeant, l’une les parties internes de la tête et la ligne latérale, Fautre la colonne vertébrale jusque vers la base du crâne et le point d'attache des branchies : que ces deux lignes communiquent ensemble dans plusieurs réservoirs situés à la base du crâne et sous la ceinture thoracique ; qu’elles ont de nombreuses communications avec le système veineux par les branches de la veine de Duvernoy, par les sinus de Cuvier et par la veine cardinale ; que les vaisseaux lymphatiques du corps se déversent dans la ligne interne, et qu’enfin la ligne externe à de nombreuses communications avec l’intérieur, et par conséquent avec l’eau ambiante par les trous existant sur la tête, et probablement aussi par les petits canaux qui percent les écailles de la ligne latérale. Nous aurions bien désiré pouvoir arriver à une certitude complète sur ce dernier point, la communication des canaux des écailles avec le canal latéral ; mais nous sommes obligés de convenir qu’il reste encore plus d’un doute à éclaircir à cet égard. Nous dirons cependant que nous n'avons jamais pu trouver un second canal logé dans l’intérieur même de la peau et réunissant à lui tous les petits canaux des écailles. Ge qui est sûr, c’est que la mucosité qui couvre le corps des poissons n’est point une sécrétion déversée par ces pelits canaux et par les canaux muciques de la tête, comme on l'a cru jusqu'ici, et comme le prétend encore M. Hyrtl. Cette mucosité est le produit de la peau elle-même sur tous ses points : elle est le véritable épiderme des poissons, composé de celiules nucléolulées, qui ne se distinguent en aucune façon de l’épithélium qui couvre la face interne des intestins. Ces cellules se raccorniraient sans doute comme les cellules de l’épiderme des animaux vivant dans l'air, si les poissons ne vivaient pas dans l’eau, et si par conséquent les cellules n'étaient pas constamment imbibées de liquide.
En partant de ces faits, on reconnaitra facilement que le système des vaisseaux muciques, comme on les a appelés jusqu’à présent, n’est qu'un système de vaisseaux absorbans contenant de la lymphe venant des intestins et du corps, et de l'eau pompée du dehors. M. Hyrtl a démontré que dans des poissons morts hors de l’eau, ces vaisseaux ne contiennent autre chose que de l'air, observation que nous avons trouvée parfaitement exacte. Il est facile de prouver, d’un autre côté, que la mucosité qui entoure les poissons ne peut provenir d’une sécrétion qui s’échapperait par les ouvertures de la tête et par les canaux des écailles de la ligne médiane; car dans les poissons les plus glutineux, comme, par exemple, dans l’anguille, ces canaux sont toutà-fait imperceptibles. Nous avons d’ailleurs démontré au chapitre de la structure de la peau , l'existence de cet épiderme universel dont nous venons de parler.
Quelques doutes qu'il puisse cependant rester encore sur les communications qui
existent entre les diverses parties du système des canaux muciques, toujours est-il que les ouvertures qu'ils présentent à l’extérieur sont disposées d’une manière trèsrégulière et constante, en sorte qu’elles forment souvent des séries très-marquées sur les flancs du poisson, sur son crâne, sur ses joues, sur les pièces operculaires et sur la mâchoire inférieure , dont les zoologistes ont tiré un assez bon parti comme caractères distinctifs des genres et des espèces. C’est ainsi que la direction de la ligne latérale, qui est formée d’une série longitudinale d’écailles percées de canaux muciques, a été de tout temps considérée comme un des traits les plus caractéristiques des poissons ; c’est ainsi que des flexions brusques ou une interruption dans la série de ces écailles, ont fréquemment été envisagées comme des caractères suffisans pour distinguer des genres. Mais nous ne pourrons réellement apprécier la valeur de ces différences que lorsque nous connaitrons bien exactement la nature des fonctions de ces appareils.
NÉVROLOGIE.