NEUVIÈME PAIRE. — NERF GLOSSOPHARYNGIEN. IX
Tab. M, fig. 17,18 et 19.— Tab. N, fig. 2, 3 et 4.
Tous les anatomistes sont maintenant d’accord sur la dénomination de ce nerf, qu'autrefois l’on envisageait à tort comme la première branche du nerf vague. En présence de cette unanimité, on se demande pourquoi l’on se refuse encore à admettre l’individualité du nerf facial dont la liaison avec la cinquième paire n’est certainement pas plus grande que celle du glossopharyngien avec le nerf vague? Il est probable, comme nous l'avons déjà fait remarquer plus haut, que l’on ne serait pas tombé dans cette inconséquence , si, au lieu d'étudier la névrologie des poissons sur des Cyprins dont les nerfs présentent des combinaisons exceptionnelles , on s’était arrêté d'entrée aux Truites qui ont tous les nerfs cérébraux distinctement séparés.
Le glossopharyngien prend son origine entre les racines du nerf acoustique et celles du nerf vague dans le même sillon latéral de la moëlle alongée, mais un peu plus haut que l’un et l’autre de ces nerfs; il est quelquefois plus rapproché du nerf acous-
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tique que du vague, d’autres fois il occupe exactement le milieu entre les deux autres paires, par exemple dans la Truite commune. Il entre ensuite dans un canal particulier de l’occipital externe (n° 10) et longe le bord postérieur du sac de l'oreille. Pendant son passage à travers ce canal, il envoie au ganglion du nerf vague, une branche qui, dans la Truite saumonée, ne se trouve qu'après la sortie du canal, entre le ganglion de ce nerf et celui du vague.
Le ganglion du nerf est un renflement considérable situé immédiatement à sa sortie du canal du rocher (Tab. M, fig. 18, a). Il est de forme presque globulaire , et les différentes fibres primitives sont tellement entremêlées qu’il est impossible de suivre une seule fibrille à travers ce renflement.
Le ganglion détache immédiatement (chez la Truite commune) les deux branches , dans lesquelles le nerf se divise, savoir: une antérieure , pour la fausse branchie , et une postérieure, beaucoup plus considérable, pour le premier arc branchial et la langue.
En quittant la direction originaire du tronc ; le nerf de la fausse branchie se dirige horizontalement en avant et passe si près de l'articulation crânienne du premier arc branchial qu’il faut beaucoup de soin pour ne pas le couper en détachant cette articulation. À partir de-là, il se tourne brusquement en bas et en dehors , pour se ramifier , soit dans la fausse branchie elle-même, soit dans la membrane muqueuse qui recouvre les parties environnantes.
Le tronc principal du nerf, situé à l’intérieur des muscles branchiaux , entre tout entier dans la gouttière du premier are branchial (Tab. M, fig. 18,b), et se laisse poursuivre tout le long de cette gouttière, en donnant partout de petits filets aux feuillets respiratoires, et un plus grand à l'articulation médiane de l'arc.
Quoique sensiblement affaibli par le nombre considérable de petits filets qu’il détache pendant son trajet, le nerf, à la sortie de la gouttière, est pourtant encore assez épais pour qu'il soit facile de le suivre. Il se dirige de nouveau en avant, donne quelques filets au muscle inférieur du premier are branchial, passe entre l’articulation de cet arc avec l'os hyoïde et parait à la face extérieure de la langue, où il se ramifie en un nombre considérable de filets , qui presque tous peuvent être suivis jusque dans la muqueuse qui recouvre la langue (Tab. M, fig. 18,c).