DES NERFS SPINAUX
Tab. K, fig. 1. — Tab. M, fig. 10.
Les nerfs spinaux sont au nombre de cinquante-quatre paires chez la Truite de ruisseau. Les deux premières paires servent la nageoire pectorale , les onzième jusqu’à la vingt-cinquième sont destinées à la nageoire dorsale, les quinzième jusqu’à la ving-
(°) Vergleichende Nevrologie der Myxinoïden. page 55. Tom. I. 24
tième à la nageoire ventrale, les trente-deuxième jusqu’à la quarante-unième à l’anale et les dernières paires enfin aux muscles de la caudale.
La disposition générale des nerfs de la moëlle est très-uniforme , et leur origine en particulier est exactement la même pour tous les nerfs.
Chaque paire naît de deux racines, une supérieure et une inférieure , qui ont chacune, comme on le sait par les autres vertébrés, des qualités fort différentes ; la racine supérieure qui est munie d’un ganglion , est la racine sensible, l'inférieure la racine motrice.
Chaque racine nait de son cordon correspondant, et si en ouvrant le canal de la moëlle de côté, on ne voit pas exactement les origines des racines sur la moëlle, c’est parce qu'elles se trouvent trop près de la ligne médiane. La racine inférieure est en général beaucoup plus considérable que l’autre, et ses fibres plus serrées; dans la racine sensible au contraire, les fibres s’épanouissent en éventail. Les racines naissent d’autant plus en avant de la sortie du nerf, que ce dernier est plus rapproché de la queue, mais toujours l'origine de la racine supérieure en est plus rapprochée que celle de la racine inférieure ; même au milieu du corps, où la racine inférieure nait presque à la distance d’une vertèbre plus avant, l’origine de la racine sensible semble presque au même niveau que la sortie du nerf.
En ne préparant que superficiellement les nerfs spinaux, on pourrait croire que chacun d’eux sort par un seul trou de l’enveloppe fibreuse de la moëlle , et se divise ensuite en deux branches, l’une destinée aux parties supérieures et l’autre à la région ventrale. Mais il n’en est pas ainsi. Les racines ne se réunissent pas, comme chez les autres vertébrés, sous un angle déterminé, mais bien par le moyen d’un rameau intermédiaire situé en dehors de l’enveloppe fibreuse de la moëlle. La racine supérieure monte presque verticalement pour sortir du canal de la moëlle. Quand elle a pénétré à travers la dure-mère et la pie-mère de la moëlle, et qu’elle est entrée dans l’épaisse membrane qui est tendue entre les apophyses épineuses, elle se renfle en un ganglion qui, par sa situation et sa petitesse, échappe facilement à l'observation. De ce ganglion partent deux nerfs : l’un remonte vers le dos, en suivant assez exactement la courbure postérieure de l’apophyse épineuse ; l’autre descend pour se joindre à la racine inférieure , qui, outre ceite branche de communication, donne encore deux aatres branches, dont l’une suit le bord antérieur de l’apophyse et finit par se réunir à la branche de la racine supérieure du nerf suivant, tandis que l’autre, destinée au côté ventral, court le long des côtes ou des apophyses inférieures (Tab. M, fig. 16).
La moëlle est ainsi comprise entre les deux racines et la branche de communication,