DE LA FACE
Dans le précédent chapitre, nous avons dit quelles cavités sont creusées dans la face, et pourquoi nous commencerions par décrire celle des mammifères. Par la même raison, nous commencerons par ceux des mammifères où elle est moins composée.
Des trois ordres de cavités creusées dans la face et étagées l’une sur l’autre chez l’homme et les singes, il n’y a dans les autres vertébrés que les narines qui soient constamment situées au-dessus delà voûte de la bouche. L’orbite s’v trouve souvent dans le même plan que les narines, et quelquefois elle descend au-dessous du plancher de ces cavités. Toujours elle leur est postérieure où latérale. Les orbites, adossées au crâne dans tout leur
contour supérieur, réclament d’abord notre attention.
i°. Dans les mammifères.
Les orbites forment les cavités protectrices de l’œil. Par leurs parois, par les graisses, les glandes et les muscles qu’elles contiennent, elles circonscrivent toujours au moins l’hémisphère postérieur de cet organe. Néanmoins , dans le plus grand nombre des mammifères, celte cavité est très-superficielle sur le squelette. On ne peut donc lui assigner une forme générale dans cette classe.
La face externe du frontal forme constamment la plus grande paroi de l’orbite. Le sommet ou fond de l’orbite est marqué par le trou optique , passage du nerf du même nom, à travers le sphénoïde antérieur. Par conséquent, l’orbite se trouve toujours sur le troisième segment du crâne.
Chez les taupes, les scalopes, les chrysochlores, etc. , il n’existe pas de cavité en dehors du troisième segment du crâne. La surface extérieure de ce segment se continue sans rétrécissement en avant, avec la face en arrière , avec la surface du second segment, et la surface de. celui-ci se confond aussi avec celle du précédent. De sorte que tout le crâne forme une carène renversée , dont la courbure est partout, à peu près, régulière.
Ainsi il n’y a point au frontal d’apophyse orbitaire , ni d’arcade surcilière. Le maxillaire supé-
rieur ne représente pas une voûte proéminente en dehors des narines, le lacrymal n existe pas, et l’os jugal est un stylet presque sans épaisseur, étendu en arrière vers l’apophyse zygomatique du temporal.
Il n’y a donc pas d’orbites dans ces animaux, où réciproquement l’œil est réduit à un petit globule de matière noire, dans lequel on ignore encore si pénètre le petit filet nerveux, qui se dirige vers lui. 11 n’existe pas non plus de glande lacrymale à laquelle correspond constamment l’os lacrymal.
' Mais à mesure que l’orbite se forme , le frontal s’échancre et se voûte en dehors de son articulation avec le maxillaire; l’extrémité postérieure de cette échancrure se relève en une saillie proéminente en bas et en dehors; l’apophyse montante du maxillaire supérieur s’agrandit ainsi que l’os lacrymal. Le jugal occupe dans la (ace un étage plus élevé, et s’élargit horizontalement en dedans. Un arc plus ou moins saillant proémine de son bord supérieur vers l’apophyse orbitaire du frontal, et cet arc s’élargit en dedans en une lame qui tend toujours à se plus rapprocher du frontal en haut, du sphénoïde en dedans, et du maxillaire en bas à mesure que l’on passe, des ruminants aux rongeurs, des rongeurs aux carnivores, et de ceux-ci aux singes et enfin à l’homme, où l’orbite a quatre parois complètes formées en haut par le frontal, en dedans par l’ethmoïde, le lacrymal et le maxillaire,
en bas, par le jugal, le maxillaire et le palatin, en dehors, par le jugal et l’aile orbitaire du sphénoïde.
11 faut observer toutefois que le nombre des os qui entrent dans l’orbite, n’est pas en rapport direct et nécessaire avec la grandeur de l’œil. Ce nombre dépend à-la-fois et de la grandeur de cet organe et de celle de la glande lacrymale, dont le volume ne dépend pas de celui de l’œil, et de la grandeur relative des narines et de la bouche; enfin, de celle de la fosse temporale et ptérigo-maxillaire , destinées à des insertions musculaires très-différentes suivant les divers mécanismes de la mâchoire inférieure.
Des narines. Devant ou entre les deux orbites, et au-dessus de l’arc de la mâchoire supérieure, s’ouvrent les fosses nasales , sur les parois desquelles s’étend une membrane où s’épanouissent les nerfs de l’odorat.
Dans l’homme et les singes, où ces cavités sont les plus petites, leurs parois sont formées en bas et d’arrière en avant par l’inter maxillaire, le maxillaire et le palatin ; en dedans, par le vomer et la lame verticale de l’ethmoïde; latéralement, par les maxillaires, le cornet inférieur et le palatin; supérieurement, parles os du nez, les masses latérales de l’elhmoïde, et le plafond qui les réunit à la lame verticale.
Dans les fourmiliers, outre tous ces os , les fosses
Si
nasales sont circonscrites postérieurement par l’aile interne très-élargie de l’apophyse ptérigoïde , qui continue le plancher des palatins, de sorte que l’orifice des arrière-narines se trouve sous le basilaire (1).
De la bouche. Cette cavité est circonscrite en bas, i° par les deux branches du maxillaire, latéralement et en arrière par l’hyoïde, en haut par l’inter-maxillaire, le maxillaire et le palatin, et dans les fourmiliers, par la partie horizontale des lames internes des apophyses ptérigoïdes. En général, le nombre des os de la base du crâne qui répondent à la bouche, varie selon la position plus ou moins reculée de la ligne cpii joint les deux articulations de la mâchoire au crâne. Ainsi tous les os de la base du crâne y répondent chez les cétacés. Tous les contours des os formant le plafond de la bouche, sont articulés. Les deux inter-maxillaires sont toujours, excepté dans les cétacés ordinaires, le dugong. les tatous, etc. , antérieurement percés près de leur bord interne, ou échancrés sur ce bord. Leur double échancrure forme un trou unique, de grandeur variable pour laisser anastomoser des vaisseauxdu nezetdc la bouche. Ce trou senomme incisif. 11 est double quand chaque inter-maxillaire est
(1) Les baleines ont les nurines osseuses construites sur un plan particulier dont j’ai donné le premier la description aux mots baleine et évents , du Diet. classiq. cl’ hist. vat.
fi
percé, par exemple, chez les ruminants, les chevaux el les cochons.
La fosse temporale n’est séparée de la face que dans l’homme et les quadrumanes. Au-delà , elle est plus ou moins continue avec l’orbite , à mesure que les apophyses orbitaires du frontal et du jugal se raccourcissent, et, par conséquent, s’écartent l’une de l’autre.
Celle fosse est d’autant plus grande que l’arcade zygomatique est plus convexe en dehors, et que les parois du crâne sont moins écartées de l’axe de la tête. Sa grandeur mesure le volume des muscles élévateurs de la mâchoire.
2°. Dans les oiscavoc el les reptiles .
Des narines. Dans ces deux classes, moins les crocodiles, les narines s’ouvrent dans la bouche au-devant des palatins, entre le bord antérieur de ces os en arrière, l’inter-maxillaire en avant, et les maxillaires en dehors. Le voilier unique chez les oiseaux et les tortues, double dans les monilors et les lézards , sépare les deux trous de cette ouverture.
Chez les crocodiles, c’est derrière le bord postérieur du ptérigo'idien interne, et chez les batraciens, entre les palatins et les vomériens eux-mêmes, que les narines s’ouvrent dans la bouche.
Dans les crocodiles et les tortues , l’inter-maxil-
luire ne donne pas de branche inter-nasale à l’ouverture antérieure des narines. Cette branche inter-nasale ou montante est commune au reste des ovipares sans exception, que {inter-maxillaire soit double comme dans les oiseaux et les batraciens, ou bien qu’il soit unique et impair comme dans les moni tors, les iguanes et tous les lézards ordinaires, les serpents et plusieurs oiseaux.
Plus la branche inter-nasale ou montante de l’inter-maxillaire acquiert de grandeur et surtout d’épaisseur, plus le nasal et le maxillaire supérieur perdent de leurs proportions, et plus les narines sont déjetées latéralement et tendent à devenir superficielles en perdant leur voûte osseuse. On verra au chapitre du nerf olfactif que ce nerf est généralement développé en raison inverse de cette branche internasale de l’in ter-maxillaire.
Dans les oiseaux et les reptiles, le contour des narines est formé supérieurement, et au milieu, par l’épine inter-nasale et le nasal double ou unique, quelquefois même, par exemple, les ehélydes, par une double épine des frontaux principaux séparant les os du nez; latéralement par ces mêmes os quelquefois très-larges, par exemple, chez les tortues et par les portions faciales du maxillaire et de l’inter-maxilliaire.
Ces parties faciales n’existant pas dans les monitors, où l’épine nasale unique n’est qu’un stylet grêle, les narines n’ont pas de plafond osseux. Ou
verra que dans les poissons, ('lies n’ont même aucune paroi osseuse.
Dans les oiseaux, l’épine inter-nasale de l’intermaxillaire se porte entre les nasaux jusqu’à l’ethînoïde intercalé aux frontaux antérieurs.
Le plancher des narines est formé par la partie palatine des seuls inter-maxillaires, dans les batraciens et quelques oiseaux; des inter-maxillaires et des maxillaires, des cornets et des vomériens inférieurs dans les monitors et les serpents; par Ions ces os et de plus par les palatins et les ptérigoïdiens internes dans les crocodiles. 11 n’existe de trou incisif qu’aux narines des crocodiles, où il est trèspetit et unique, et à celles de quelques oiseaux, les canards, par exemple. Il manque aux tortues, aux batraciens , aux serpents , et au plus grand nombre des lézards et monitors.
La cloison des narines est formée par un double voilier supérieur dans les ntonitors, les lézards, les batraciens et les serpents. Dans les crocodiles, la portion additionnelle des narines a ses deux tubes séparés par une cloison résultant, en arrière de deux hautes arêtes qui se répondent verticalement et prolongent dans ce sens le plafond et le plancher du ptérigoïdien, et, en avant, d’un demi-cylindre que projette l’arète supérieure, pour former le plafond et la paroi interne de la portion de narine, dont le palatin forme le plancher.
La lame verticale de l’ethmoïde, qui n’existe que dans les oiseaux, ne donne de cloison nasale que par son bord antérieur.
Des orbites. L’orbite des oiseaux et des reptiles a pour paroi supérieure l’arcade des trois frontaux que borde antérieurement dans les oiseaux et une espèce de crocodiles un os appelé sur-orbitaire, articulé avec le frontal principal dans les oiseaux, avec le frontal antérieur dans les monitors. Aiais dans beaucoup de lézards il y a jusqu’à trois sur-orbitaires le long du bord de cette arcade.
Dans les tortues, le grand évasement 'du nasal lui fait occuper, dans la paroi antérieure et moyenne de l’orbite, la place du frontal antérieur qui n’existe pas. Ou bien c’est le nasal qui manque, si l’on fait de cet os un frontal antérieur, avec M. Cuvier. (Loc. cit .)
Antérieurement , le lacrymal qui n’existe que dans les oiseaux, les crocodiles , les lézards ordinaires; inférieurement, le maxillaire, le jugal, et en arrière le frontal postérieur, achèvent le cadre de l’orbite, excepté chez les serpents qui n’ont ni jugal, ni frontal antérieur, mais seulement un lacrymal , et chez les batraciens qui n’ont pas de lacrymaux et où le jugal ne contribue pas au cadre de l’orbite. Son plancher, quand il existe, par exemple chez les monitors et les serpents , est formé par le palatin et les deux ptérigoïdiens interne et externe.
La cloison inter-orbitaire n’est complète que flans les oiseaux, qui la doivent à la lame verticale (le l’ethmoïde manquant chez tous les reptiles, où ce qui existe de cloison n’est formé que par le devant des ailes sphénoïdales.
De 4a bouche. La bouche règne sous tous les os de la base du crâne chez les reptiles et les oiseaux, où le jugal même, entre dans son contour. Dans les monitors trois os de plus que dans les oiseaux contribuent à la voûte du palais; ce sont les cornets et les voméricns inférieurs , et les ptérigoïdiens èxternes. De ces trois os les cornets sont de moins dans la bouche des serpents.
Le palais se prolonge jusque sous les occipitaux dans les serpents et les crocodiles.
Il existe des dents- à tout le contour des intermaxillaires et des maxillaires chez les crocodiles, les monitors et les lézards et les serpents sans crochets venimeux; de plus il y en a tout le long du palatin et de la moitié antérieure du ptérigoïdicn interne dans tous les serpents; vers le milieu de la longueur de ce. ptérigoïdien, dans la plupart des lézards ordinaires ; aux voiliers inférieurs dans les batraciens. Les tortues, les oiseaux et quelques batraciens n’ont pas le moindre vestige de dents. Leurs mâchoires sont garnies de lames de cornes.
Dans les serpents à crochets venimeux, où il est bien plus allongé que dans les serpents ordinaires,
le ptérigoïdien externe, à qui le nom de trnnsver.se , juste ailleurs, 11e peut convenir, puisque cet os est ici parallèle à l’axe de la tète, porte à son extrémité le maxillaire supérieur, à peu près cubique et mobile en charnière dans une gorge formée par le lacrymal en avant, et le frontal postérieur en arrière. De plus, dans tous les serpents, les lacrymaux, les nasaux, les inter-maxillaires , maxillaires, palatins, cornets et ptérigoïdiens, sont plus ou moins mobiles l’un sur l’autre. 11 y a aussi dans la région ptérigo-palaline des monitors un peu de cette mobilité, qui y existe chez les oiseaux. Tous les autres reptiles ont les os de la face immobiles (1).
De ia fosse temporale. On a vu au chapitre du crâne par quel démembrement de la boîte cérébrale, telle qu’elle existe dans les mammifères, était formée la fosse temporale des reptiles.
Dans les oiseaux, il n’y a que la caisse qui soit démembrée et mobile hors du crâne. La partie zygomatique, mastoïdienne et le rocher du temporal, continuent, comme chez la plupart des mamm hères, dé ne former qu’un seul os dans la paroi latérale et inférieure du crâne, entre l’occipital, le pariétal, le frontal postérieur et le sphénoïde. En
(i) Les oiseaux, les lézards et les serpents, ont le jugal seul ou avec le ptérigoïdien externe écartés du ptérigoïdien interne et du palatin, et ces deux derniers os, plus le maxillaire, écartés du sphénoïde et du vomer. Ils ont donc au palais deux arcades osseuses de chaque côté.
ou Ire, la fosse temporale des oiseaux n’a pour parois, que la face supérieure de la caisse, l’inférieure de l’apophyse orbitaire du frontal postérieur, et une petite partie de l’aile sphénoïdale. ï\i le pariétal, ni les frontaux principal et antérieur, ni les trois autres parties du temporal, ni les occipitaux, n’y contribuent donc plus comme ils le font dans la plupart des autres reptiles, et chez les mammifères.
5°. Dans ies poissons.
Les fosses nasales manquent à la face des poissons, et les quatre groupes distincts d’os pairs, dont on va voir formé chacune de ses deux moitiés, sont, séparément, plus ou moins mobiles sur une longue et forte quille, composée par le sphénoïde, le voilier et l’ethmoïde.
Ce dernier os exclusivement affecté à servir de point d’appui aux inter-maxillaires, a une position plus antérieure que dans les autres classes. 11 repose très-peu sur le sphénoïde et presque entièrement sur le vomer toujours unique, et s’appuye quelquefois en arrière et en haut sur la pointe du frontal principal ou des frontaux antérieurs. Sa crête supérieure est toujours la partie la plus proéminente de la face, quand la branche montante des inter-maxillaires est peu ou point développée.
Dans tous les poissons la moitié antérieure du crâne , formée par les frontaux principal et an té-
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rieur en haut, l’épine du sphénoïde en bas, l’ethmoïde et le vomev en avant, représente en général une pyramide à trois faces , dont la pointe est au museau , et la base au-devant de la cavité cérébrale.
A droite et à gauche de cette pointe, formée par le vomer en bas, l’cthmoïde en haut, sont fixés, par des ligaments, les inter-maxillaires. Ces os ont deux branches toujours distinctes et quelquefois séparées, la frontale, ou montante et la dentaire, ou palaline, horizontale. S’ils sont très-protractyles, la branche montante peut avoir les quatre cinquièmes de la longueur de la tête , et porter sa pointe dans l’état de repos jusque sur le bord antérieur de l’occipital supérieur après avoir glissé d’abord sur la crête de l’ethmoïde, puis dans une cale longue et profonde des frontaux et des pariétaux. Tel est le cas du zeus-faber, du sparus insidiator, etc.
Quand l’in ter-maxillaire est peu protractyle, par exemple chez les gadcs, les murènes, la branche montante n’est qu’articulée sur la branche dentaire, et toutes deux son t séparémen t mobiles. La branche montante est même quelquefois divisée en deux tiges parallèles. Cet excès de parties à i’intcr-maxillairc est encore plus grand dans le zeus-faber déjà cité; l’inter-maxiliaire, unique de chaque côté, y est formé de quatre branches séparées par de profondes échancrures.
Quand l’inter-maxillaire a scs deux branches
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séparément mobiles, la dentaire seule est bien cléveoppée, et alors a son point d’appui seulement sur le vomer.
Quand le museau n’est plus du tout protractyie, par exemple dans les silures, le maxillaire et l’intermaxillaire manquent tout-à-fait , et la mâchoire inférieure n’est unie, avec le plafond de la bouche, formé par le vomer très-large en avant, et par l’arcade ptérigo-palatine, très-large en arrière, que par un ligament tendu entre le milieu du bord du maxillaire inférieur et le bord du vomer.
Dans le cas de très-grand développement de i’inler-maxillaire, tel qu’au zeus-faber, les deux pièces qu’on a prises pour le nasal et le cornet inférieur n’existent pas. Ces pièces ne sont autre chose que la branche montante démembrée.
La branche dentaire très-développée s’articule par son extrémité postérieure sur la mâchoire inférieure; exemple, les murènes, et forme ainsi à elle seule le cadre supérieur de la bouche.
Le maxillaire supérieur ne porte jamais de dents. 11 s’articule, ou sur le coté du vomer, ou sur le devant du palatin, ou même seulement sur la branche dentaire de l’inter-maxillaire, quand celle-ci est le plus développée, chez les murènes, par exemple. Son extrémité postérieure, ou bien reste inarticulée, ou bien s’articule sur le post-mandibulaire du maxillaire inférieur.
Dans un grand nombre de genres , l’extrémité
antérieure du voilier, élargie inférieurement en forme de disque, porte des dents appelées vomériennes à cause de leur position.
C’est sur le contour antérieur de cette sorte de disque que l’arc dentaire des inter-maxillaires s’appuie dans l’état de repos là où il est protractyle.
Sur les éminences ou apophyses orbitaires du frontal moyen unique, s’articulent en dehors un ou deux petits os quelquefois cubiques : ont peut eu faire les frontaux antérieurs.
La grande narine des poissons du genre i/mrena est recouverte sur toute sa longueur par une lame osseuse. Mais cette lame existe indépendamment des os dont on vient de parler. Elle est partout inarticulée, et surtout est fort distincte des frontaux.
Les orbites situées tout-à-fait latéralement, de sorte que leurs axes sont en général sur le prolongement d’une même droite comme dans les oiseaux, ne sont très-souvent circonscrits supérieurement que par l’échancrure des os frontaux. Il n’y a pas de trace de lacrymal, et les maxillaires n’en font jamais partie. Mais dans un grand nombre de genres, une chaîne de cinq à huit ou dix petites lames osseuses, articulées l’une derrière l’autre, décrit un demi -cercle entre le frontal antérieur en avant, et l’apophyse orbitaire du frontal postérieur en arrière. 11 n’y a évidemment rien de semblable à ces os dans aucun animal des autres clas-
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ses, si ce n’est l’arc sur-orbitaire des lézards, dont la situation est justement inverse. On verra pins loin pourquoi cet arc osseux est rompu par plusieurs articulations, au lieu d’être d’une seule pièce.
Inférieurement l’orbite est formée par un panneau résultant de l’expansion commune du jugal et du temporal aplatis , panneau que la caisse continue en haut et en arrière vers le pariétal.
La bouche des poissons, encore plus grande à proportion que celle des serpents, s’étend jusques au bord postérieur de l’occipital, et son palais se meut tout entier sur la base du crâne et sur l’axe solide de la face.
L’état presque toujours rudimentaire du maxillaire ne laisse réellement que deux arcades au palais, au lieu de quatre que nous y avons vus dans les serpents, les mon il ors et les oiseaux.
La chaîne du palatin et des deux ptérigoïdiens contigus l’un à l’autre et articulés en avant sur le palatin, et en arrière sur l’extrémité antérieure du préopercule seulement, ou en même-temps sur le jugal, forme de chaque côté Y arcade ptérigopaiatine.
Selon que le museau est plus ou moins allongé, la tête du palatin s’articule ou seulement avec une saillie inférieure du frontal moyen , correspondante au pilier frontal des sauriens, ou bien le palatin dépasse beaucoup l’extrémité du frontal, et, prolongé parallèlement au vomer, il s’appuie sur
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le côté de cet os à une distance variable de son extrémité ou sur cette extrémité même. Alors l’arcade ptérigo-palatine s’arcboute deux fois sur la base du crâne, par son extrémité antérieure sur le vômer, et en arrière sur le frontal , par le ptérigoïdien externe. Tel est le cas du brochet.
Toujours cette arcade est séparée par un intervalle plus ou moins grand de la quille osseuse du crâne, c’est-à-dire du sphénoïde et du voilier sur lesquels elle peut toujours jouer à cause de cet écartement.
Le ptérigoïdien externe existe plus constamment que l’interne à cette arcade. Toujours aussi il est le plus développé. L’interne le borde, quand il existe.
Les palatins seuls portent des dents dans un grand nombre de genres. Les ptérigoïdiens n’en portent jamais. Dans les reptiles, au contraire, où l’arcade palatine porte des dents, elles s’implantent seulement sur les ptérigoïdiehs , excepté les serpents où les palatins en ont aussi.
Le jugal seul dans quelques genres, et dans d’autres, le jugal et le préopercule ensemble, servent d’arc-boutant à l’arcade ptérigo-palatine. Ce jugal en bas , la caisse en haut et le temporal entre deux, forment un seul panneau appuyé et mobile supérieurement sur le pariétal. Dans le cas de presqu’immobilité de la face , chez les silures par exemple, ce panneau est soudé avec l’arcade ptérigo-palatine.
Le maxillaire inférieur s’articule en dessous de
l'angle antérieur du jugal, tout près de l’articulation kle l’arcade ptérigo-palatine qui sc fait au côte supérieur de cet angle. Les deux branches de la mâchoire inférieure sont le plus souvent séparément mobiles, comme dans les serpents.
Enfin X opercule forme le long du bord postérieur du panneau temporal , un autre battant toujours mobile d’environ douze à quinze degrés d’écartement latéral. Quatre pièces le composent; la principale et quelquefois l’unique est le préopercule, articulé tout le long du bord postérieur du panneau précédent , sur lequel il n’est que trèspeu mobile ; le mouvement dépendant presqu’uniquement de l’élévation et de l’abaissement de la caisse.
Des quatre pièees formant: au complet ce grand panneau qui occupe souvent plus de la moitié de la face latérale de la tète , ou a voulu
faire la représentation des quatre osselets de l’oreille interne des mammifères. Mais l’on ne s’est pas aperçu que l’invariabilité dos connexions des os, principe plus général encore que celui de leur existence d’après le même système, contredisait cette détermination. Car partout, dans les mammifères, c’est d’un point intérieur de la caisse à un point extérieur du rocher que s’étend la chaîne de ces osselets. Or, le préopercule, duquel des quatre osselets qu’on en veuille faire le représen-
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tant, s’articule ù-la-fois le long de la caisse, du temporal, du jugal, et sur le condyle du maxillaire inférieur.,
Ensuite on vient de voir un osselet auditif unique dans les reptiles et les oiseaux, sans que de ce déficit des autres, résultât l’existence réciproque de trois os surnuméraires , aux environs. Si ccs trois osselets ne sont supplées par rien dans les deux premières’ classes d’ovipares, pourquoi dans la troisième seraient-ils reproduits hors de leur place? Or, pour les os l’identité, ou bien, l’analogie, peut-elle être ailleurs que dans la position? Enfin comme les os des branchies , ainsi que je l’ai montré le premier ( Vor. Branchies, Dict. clan*, d’hist. nat .), ne résultent ni d’une transposition ni d’une transformation des pièces du larynx, de la trachée et des bronches, puisque ces os coexistent avec le larynx et la trachée dans la sirène et le protce , et puis qu’ils sont ainsi des os particuliers ; de même l’opercule qui les recouvre en dehors est coordonné avec l’organisation qui a nécessité ces os propres des branchies.
La moitié postérieure de la face des poissons , offre donc un large panneau répondant à leur poitrine située tout entière sous le crâne; et la moitié antérieure, une espèce de châssis dont les ouvertures correspondantes à celles de l’autre côté font
de celte moitié antérieure une sorte de cage où sont situés les yeux, les narines membraneuses, et la bouche inférieurement.
Voici le mécanisme de toutes ces parties : i°. Tous les mouvements de l’inter-maxillaire s’exécutent sur la pointe de la pyramide qui termine le crâne proprement dit.
2°. Les mouvements de la mâchoire inférieure dans son élévation sont transmis , en avant à la pointe de celle même pyramide par le maxillaire ou l’inter-maxillairc articulés à peu près sur la moi tié de la longueur de cette mâchoire, en arrière à l’arcade ptérigo-palatine, et, par cette arcade, encore à la pointe de la pyramide du crâne en avant, et postérieurement aux flancs du crâne par le panneau temporal.
5°. L’arcade ptérigo-palatine a un autre mouvement alternatif qui lui est imprimé lors de l’élévation et de rabaissement de l’opercule, dont elle est réellement l’arc-boutant inférieur, la caisse en étant plutôt le levier.
4°. La chaîne sous-orbitaire est mise en mouvement alternatif par l’arcade ptérigo-palatine; et la multiplicité des pièces écailleuses de cette chaîne facilite son soulèvement par l’œil qui se trouve, pressé contre elle dans l’élévation de l’arcade ptérigo- palatine, plancher constant de cet organe.
b°. Enfin l’opercule dont l’écartement alterne
avec l’élévation de la mâchoire inférieure et réciproquement, a, par l’intermédiaire de la caisse que termine supérieurement un vrai condyle , son point d’appui principal et son centre de mouvement dans une cavité que circonscrivent le frontal postérieur en avant, le pariétal en haut, le mastoïdien en arrière , le rocher et le sphénoïde en bas. C’est au mastoïdien que sont fixés les muscles moteurs de l’opercule ; aussi le mastoïdien est-il d’autant plus développé que l’opercule a plus de largeur.