Nerf olfactif, formant un seul tronc divisé
au non divisé en filets parallèles.
Ces deux états qui peuvent exister quand le lobe olfactif juxta-posé à l’encéphale, est plus ou' moins distant de la narine, coïncident avec tous les degrés de développement de l’appareil olfactif.
A. Dans les raies, chaque nerf olfactif constitue sur toute sa longueur un tronc unique et solide. La longueur, variable d’une espèce à l’autre, est plus grande, par exemple, dans la raie ronce [pi. 11), que dans la raie bouclée [pi. 1). À son extrémité nasale, les filets nerveux grossis se renflent en une sorte de croissant le long de la convexité de la narine. De la concavité de ce croissant , les filets traversent l’enveloppe fibreuse de la narine, et se propagent le long des surfaces de chaque lame de la pituitaire et des feuillets qui s’élèvent sur chaque face de ces lames.
Sauf une moindre consistance du nevrilemme, le nerf olfactif des raies ressemble assez bien au nerf optique de l’homme, pour la blancheur et la structure. Cctle blancheur éclatante tranche forte-
ment sur la couleur grise du lobe olfactif, où les racines du nerf se continuent de la même manière que les pédoncules du lobe olfactif de l’homme et des singes, se propagent dans la substance grise de l’hémisphère cérébral correspondant. La longueur du nerf olfactif des raies, égale en général la longueur de tout l’encéphale. Dans leur trajet ils sont baigués par l’eau qui remplit l’intervalle du cerveau aux parois du crâne.
1). La structure en filets parallèles ayant chacun leur nevrilemmc particulier , et formant un faisceau unique dans une gaine générale, ne ressemblant à aucune structure connue , sa description doit entrer ici. Je l’ai découvert sur le cyclopterus i uni p' us.
Dans ce poisson [pi. VIII, fig. i) le nerf olfactif est un faisceau cylindriquede filets parallèles, enveloppé d’une gaine cellulaire; chaque filet est pourvu de nevrilemme. Près de l’épanouissement sur la narine, l’enveloppe cellulaire générale n’existe plus. La pulpe nerveuse n’est isolée que par le nevrilemme, qui depuis le milieu de la longueur du nerf, est aussi dur et résistant, que dans tout autre cordon nerveux. Car après huit jours de macération, ces filets supportent sans rupture d’assez forts tiraillements.
Malgré leur contact avec les nerfs optiques, les olfactifs n’y adhèrent pas comme l’a cru Pallas (, Spict . zool. fasc. 7), qui s’est trompé bien da-
vantage en disant ( loc . cit.) Nervi opticiet olfactorii ganglion commune quoddam eff armant prorsùs uniti. La planche VI 11 montre qu’ils s’insèrent, comme à l’ordinaire, en arrière et au-dessous du cerveau à l’extrémité antérieure des cordons inférieurs de la moelle.
D’après Pallas, la structure de ce nerf est identique dans lecyclopt. ventricosus. Elle l’est aussi dans l’esturgeon [pi. Y, fig. 4)- les pleuroncctcs , etc.; mais c’est dans les crocodiles que cette structure acquiert son maximum de développement. Chaque filet à son insertion au lobe olfactif, est pourvu d’un nevrilemme aussi distinct que dans le reste de son trajet. Dans la plupart des poissons osseux, le nerf olfactif forme aussi un faisceau de filets parallèles ; mais le nombre de ces filets est beaucoup moindre. Par exemple , il n’y a que quatre filets à chaque nerf dans les muges. (Yoy. ■pi. YI, fig. 4)- Dans les trigles, il n’y en a qu’un seul , et il est très-pulpeux et tout entier de matière grise.
Dans les tortues, soit de mer, soit de terre, soit d’eau douce, chaque nerf olfactif d’une substance très-blanche qui se détache fortement de la couleur grise du lobe olfactif, forme un faisceau de quatre, cinq ou six filets assez gros, et dont le calibre se maintient uniforme jusqu’à la narine où ils se rendent un peu pour s’épanouir sur la cou-
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vcxilé de la voûte pituitaire. (Voy. pi. XI, fig. 2, 3 et 4)-
Dans les crocodiles , un faisceau de fdels assez grêles, blancs, et tous parallèles , partent du côté externe de la moitié antérieure du lobe olfactif. Les plus inférieurs de ces filets sont les plus courts; bien qu’ayant encore trois ou quatre fois la long ueur du lobe. Ils s’épanouissent sur la partie postérieure du long tuyau que forme la narine. Les autres d’autant plus longs qu’ils sont plus supérieurs et les plus internes, s’épanouissent dans la partie antérieure du tuyau.
3°. Ramification du nerf olfactif en cordons, divisés eux-mêmes en rameaux plus petits encore subdivisés.
Cette structure qui coïncide avec une longueur du nerf plus que double de celle de l’encéphale entier, étant aussi sans analogue dans ce qu’on savait de l’anatomie des nerfs, sa description doit encore entrer complètement ici.
Dans le murena conger et les autres murènes (Voy. pl. XII, fig. 1 et 2 ; et pi. I, fig. 3, 4 et 5), du lobe olfactif presque égal en volume aux lobes cérébraux, partent de chaque côté deux troncs nerveux superposés dans leur trajet, et prolongés jusqu’à l’ouverture antérieure de la narine. (Car dans
ce genre, outre l’ouverture ordinaire de la narine au-devant de l’œil, il en existe une autre allongée en tube au bout du museau, et que l’on avait prise jusqu’ici pour un barbillon). Dans le premier quart de leur trajet, ces deux cordons sont grisâtres; au-delà, ils deviennent d’un rouge d’autant plus foncé, qu’on regarde plus en avant. Par leur côté externe , ils se ramifient en d’autre cordons bientôt ramifiés aux mêmes.
Les derniers filets de l’épanouissement de chaque cordon sur la narine, sont tein t s d’un rouge brun foncé. Ces différentes couleurs ne sont pas seulement superficielles; des coupes faites sur tous les points de la longueur du nerf, la présentent uniforme. Les rameaux et les filets restent comme on voit serrés l’un contre l’autre jusques sur la narine. En y arrivant, ils sont bridés par un anneau que forme le prolongement d’une toile celluleuse enveloppant la narine. Celte enveloppe celluleuse est elle-même recouverte d’une membrane fibreuse très- résistante. C’est sur les faces internes de cette enveloppe fibreuse, que passent les rameaux de la deuxième et de la troisième division du nerf de la cinquième paire (/>', ô*). Aucun de ces rameaux ne fournit à la narine 1 c ver f accessoire de Monro et de Scarpa. 11 n’y a de filets de la cinquième paire qu’au pourtour extérieur des deux narines.
DES SYSTÈMES NERVEUX LATERAUX. 5o5
Au-delà de cet anneau, qui rétrécit un peu le diamètre du faisceau nerveux, ses filets, toujours juxta- posés, forment deux plans émanés , l’un du cordon supérieur, l’autre de l’inférieur. (Voy. pi. I, ftg. 5, 4 et à). Ces filets, à une ligne et demie du bord clos de la narine, se perdent dans la membrane fibro -muqueuse , dont je vais expliquer la structure. Tous ces fdets sur la narine comme dans le faisceau longitudinal , se tiennent par un tissu filamenteux non vasculaire, et très-fin.
Un peu au-dessus du point où les cordons de chaque nerf commencent à se ramifier , un vaisseau sanguin , d’un calibre au moins égal à celui des cordons, vient se placer entre ceux-ci. Les parois de ce vaisseau sont plus épaisses qu’à l’ordinaire. 11 se divise tout de suite en branches bientôt réunies, et qui se redivisent encore. (Disposition appelée insulœ par les anatomistes.) Cet axe vasculaire du faisceau nerveux, ne se ramifie qu’en arrivant sur la narine. Appliqué le long de la convexité de cet organe, il y fournit trois plans de rameaux, deux externes interposés entre chaque plan nerveux et la membrane fibro-muqueuse; l’autre moyen ou central, correspond au ligament qui forme l’axe de division des lames de la pituitaire. (Voy. ce ligament, pi. XII, fvg. î, et la disposition des plans de l’artère caverneuse, pi. 1. fig. î , 4 et 5).
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Dans chacun de ces trois plans vasculaires, les rameaux de l’artère offrent aussi des anastomoses redivisées aussitôt. La consistance coriace des parois de cette artère, et l’entrelacement multiplié de rameaux, donne à ce vaisseau l’apparence du tissu caverneux ; considération que justifie la distension par le sang qui y séjourne après la mort.
4°. Etat pulpeux et canaliculè du nerf
olfactif.
Dans les squales, ces carnassiers de la mer, où le développement de l’organe de l’odorat surpasse tous les degrés ailleurs connus, le lobe olfactif creux, comme dans les insectivores, se prolonge jusqu’à la narine sous forme de tube également creux dans un trajet plus de moitié moindre que la longueur de l’encéphale. Ni sa couleur grise, ni sa mollesse, n’ont changé. En quoi ce nerf diffère beaucoup de celui des raies, et se rapproche de la structure de celui des ruminants et des carnassiers. Epanoui en croissant sur la convexité de la narine, il s’y distribue de la même manière que chez les raies (voy. pi. IV, fig. 1 et 2).
5°. Structure semblable à celle des nerfs musculaires et cutanés de V homme et des mam mifèi * es , etc.
Dans ce cas où la distance du lobe à la narine, ou plutôt à l’épanouissement du nerf, égale quatre
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ou cinq fois la longueur de l’encéphale, le nerf olfactif, sous la forme d’un cordon semblable aux nerfs spinaux, à la sortie du trou inter-vertébral, se divise au milieu de sa longueur, qui égale cinq à six pouces sur une baudroie de quatre pieds et demi de long, en trois rameaux qui restent juxta-posés. Le volume du nerf sur l’animal indiqué est le même que celui du nerf médian sur un enfant de dix ans. Ce nerf aboutit à un véritable tentacule ou barbillon cylindrique, long d’un pouce, tronqué à son extrémité que dépasse, d’environ deux lignes, un prolongement tubulaire de peau très-mince. Sur l’extrémité tronquée du tentacule, la peau, extrêmement amincie, est plissée en sept ou huit feuillets très-minces, parallèles et larges au plus d’une ligne. Un pouce et demi avant de s’engager dans le tentacule, les trois rameanx se réunissent. Au milieu de la longueur du tentacule les filets nerveux s’écartent de l’axe pour circonscrire une sorte d’appareil vasculaire très-serré, ou de tissu caverneux, qui se prolonge jusqu’à l’extrémité du barbillon. Les filets nerveux se continuent dans les plis qui le terminent et qui, pendant la vie, paraissent susceptibles d’érection. C’est l’organe sensitif que je connaisse, où le nerf se trouve recouvert par une aussi mince enveloppe. Par sa position et son mécanisme, n’ayant pas de support, point d’axe osseux qui le soutienne, point démuselé qui le meuve, cet
5o6 LIVllE III.
organe est un barbillon ou tentacule : c’est donc un organe de toucher.
G0. État capillaire ou rudimentaire du nerf
olfactif.
Dans la lune de mer ( tetrodon niola) la narine n’a pas deux lignes de longueur sur un individu de presque 2 pieds de diamètre. La peau n’y change pas de texture, et conserve l’épaisseur et la consistance coriace quelle a par tout le corps, c’est-à-dire, environ un demi-pouce d’épaisseur. Il n’y a pas la moindre papille ou petite lame dans l’étroite et superficielle cavité de cette narine. Le nerf olfactif arrive néanmoins jusqu’à son fond, mais sous forme d'un filet rigoureusement capillaire, et qui ne donne pas le moindre filament. Cette extrême ténuité règne uniformément sur toute sa longueur, d’environ trois ou quatre pouces, en suivant sa courbure. 11 passe sous le cerveau (lobes cérébraux) sans y adhérer. 11 n'y a pas là moindre trace de lobe olfactif. Sans le filament capillaire, étendu de l’extrémité de la moelle épinière à ce rudiment de narine, on ne trouverait pas de trace d’organe de l’odorat dans ces poissons.
70. Dans les dauphins, cachalots et narvalhs, chez les mammifères; dans les caméléons, chez les reptiles; il n’y a pas de nerfs olfactifs. L’im perforation de l’ethmoide coïncide avec cette absence du nerf