‹ Anatomie des systèmes nerveux des animaux a vertèbres [electronic resource]Chapitre 48 sur 83 · U Y UE III · texte numérisé non relu

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osseux est composé. Il est tapissé par un prolongement de la membrane buccale. Mais dans la plupart des sauriens ce tambour de l’oreille n’est réellement qu’une dilatation latéraledela bouche, dont l’entrée est plus large que le fond, comme on peut le voir sur le lézard ocellé, où je l’ai davantage étudié. Cette membrane , en s’adossant à la peau sur le contour d’une échancrure de l’os de la caisse , forme la membrane du tympan des reptiles. Mais dans un grand nombre de sauriens, dans les caméléons , par exemple , les orvets , les ophisaurcs, et chez tous les vrais serpents, il n’y a pas de vestiges de cette membrane. Cela n’empêche pas que dans le caméléon le tambour auditif ne soit aussi bien fermé et circonscrit que chez pas un mammifère. J’ai trouvé dans ce reptile que le tambour de l’oreille ne communique avec la bouche que par un petit canal d’environ une ligne de long, et au plus un cinquième de ligne de diamètre. L’orifice de ce canal se trouve sous le bord antérieur du vestibule. Le tambour règne entre les deux couches de muscles cervicaux , tout le long du cou , se prolonge sous l’omoplate , puis sous les deux premières côtes , où il vient s’adosser à la membrane du poumon, occupant ainsi une longueur plus grande que celle de la tête. 11 n’y a pas ici d’osselet auditif.

Dans les sauriens, les tortues et les oiseaux, l’osselet auditif, sous forme de stylet évasé à se

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deux extrémités, par où il s’applique intérieurement sur la membrane vestibulaire , et en dehors sur celle du tympan , n’est mu que par un seul muscle court et épais, inséré à la plaque extérieure qu’il tire en dedans et en arrière. Dans les ophidiens l’osselet auditif s’arrête dans les muscles cervico - maxillaires , et ne va pas jusqu’à la peau.

Excepté quelques oiseaux de nuit , du grand genre des stryx, entre autres les effrayes, où exis- * te la troisième sorte d’instrument constituant un cornet pour recueillir et diriger les rayons sonores , l’oreille des oiseaux resssemble à celle des reptiles ; le vestibule et ses canaux y sont seulement taillés sur de plus grandes proportions. En outre, les canaux demi-circulaires, au lieu d’être enfermés par un amas de cellules osseuses comme chez les reptiles, sont libres dans tout leur contour, et font saillie dans la cavité du tympan, laquelle, chez les effrayes et plusieurs autres stryx, les ducs, par exeVnple, n’est séparée du cerveau et du cervelet que par une simple lame compacte , si mince qu’elle est transparente. Les canaux demi-circulaires s’ouvrent dans le vestibule par cinq orifices résultant du rétrécissement des ampoules. C’est le confluent des deux canaux verticaux qui donne lieu à un orifice unique. Ce qu’on appelle limaçon dans les oiseaux, n’est qu’un petit prolongement arqué du vestibule, dirigé d’arrière en avant, et de

dehors en dedans. Dans ce limaçon esl une vésicule de même forme que la cavité osseuse et remplie d’une matière pulpeuse surlaquelles’épanouissent les filets nerveux. Ce vestibule communique avec la caisse par deux orifices. (Pour la construction osseuse du tambour et de scs cellules, voyez livre premier.) Le tambour est aussi bien circonscrit que dans le caméléon , et ne communique avec la bouche que par un canal à parois osseuses, le plus souvent complexes, ce qui n’arrive même pas chez les mammifères , où il n’y a qu’un demi-canal osseux.

L ue membrane élastique particulière , doublée en dehors par la peau, en dedans par la muqueuse du tambour, est encadrée par un cercle osseux , pris sur plusieurs os, comme on a vu (loc. ci t. ). Llle n’adhère pourtant pas à l’arc que la caisse donne à ce cadre. Un canal extérieur formé par un court repli de la peau qui double en dehors la membrane du tympan , conduit à celte membrane chez les oiseaux.

Excepté tous les cétacés, tous les phoques (car ceux mêmes qu’on appelle otaries n’ont qu’un vestige de conque), plusieurs rongeurs et insectivores souterrains, les ornithorinques et les échidnés, etc., une sorte de cornet plus ou moins évasé, formé par un übro-cartilage mince très-élastique, et recouvert d une peau mince aussi presque toujours nue dans la concavité du cornet, et quelquefois

sur ses deux faces, par exemple, dans les chauvesouris et les didelphes, est ajustée chez les mammifères en dehors du tympan. Ce cornet, appelé pavillon ou conque de l’oreille , est porté sur un pédicule creux nommé canal auditif externe. Ce conduit résulte de l’enroulement en spirale d’une lame cartilagineuse assez étroite, adhérente par son contour au périoste du canal osseux formé par la réunion de la caisse, du temporal écailleux et du rocher. La peau de l’intérieur du pavillon tapisse les parois de ce conduit jusqu’à la membrane du tympan, qu elle double au-dehors , en faisant un cul-de-sac. Ce prolongement cutané est le siège d’une sécrétion oléagineuse, appelée cerumen , dont l’objet est d’entretenir la souplesse du canal et de la membrane du tympan. C’est aussi par uu ou deux tours de spirale que l’extrémité rétrécie de la conque s’ajuste sur l’extrémité du conduit cartilagineux. Nous ne décrirons pas ici toutes les configurations , toutes les proportions si variées de la conque et de ses différentes parties. Mais il est bon d’observer que la plus parfaite sculpture , et le plus grand développement de ce cornet acoustique, ne coïncident avec une plus grande perfection et un plus grand développement de l’oreille moyenne et de l’oreille interne, que dans quelques chauvesouris. Ainsi, dans plusieurs espèces des genres vespertilions , mégaderme et phyllostome , il y a réellement deux cornets inscrits l’un dans l’autre. Et

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telle est la proportion de la conque externe qu elle égale dans l’oreillard la longueur du corps, et que dans tous les mégadermes, surtout chez le mégaderme lyre, les deux grandes conques n’en font qu’une par la soudure d’environ la moitié de leur hauteur sur le milieu de la tête. Et non-seulement la conque interne des chauves-souris est un appareil de renforcement pour recueillir et diriger le son, mais aussi, c’est un moyen de s’y soustraire. Elle se replie au gré de l’animal sur le trou du conduit auditif qu’elle peut ainsi fermer. Le contour des deux grandes conques du mégaderme tendues transversalement au-dessus de la tête, représentant une surface presque égale à celle de la plus grande section du corps de l’animal ; on conçoit quelle prodigieuse quantité d’ondes sonores sont interceptées et réfléchies vers le canal auditif. Dans ces mêmes genres, le limaçon, plus développé à lui seul que le reste du vestibule ou labyrinthe , occupe plus d’espace que la caisse , et sa forme extérieure est justement celle de la coquille d’un limaçon. Mais dans les autres mammifères , les trois appareils de l’organe de l’ouïe ne sont plus en proportion. Ainsi les ruminants et l’âne , par exemple , où la conque de l’oreille est si grande , ont la caisse et l’appareil vestibulaire assez peu développés. Ces deux appareils le sont au contraire beaucoup chez les chats, les genettes et civettes, et les martes, ou la conque l’est médiocrement. Ils le

sont encore davantage chez les phoques, plusieurs rongeurs souterrains, où il n’y a pas de conque; mais leur saillie est presque nulle à l’extérieur, par exemple, chez la taupe.

Enfin , dans tous les mammifères , le tambour de l’oreille est traversé par une chaîne de quatre osselets , dont l’interne, appelé étrier , adhère par une platine à la membrane de la fenêtre vestibulaire. Il est mu par un petit muscle particulier. Vient ensuite ie lenticulaire, puis i enclume, dans une échancrure de laquelle s’articule la tête du marteau , dont le manche coudé s’applique par une partie de sa longueur à la membrane du tympan. Ce marteau a ordinairement deux muscles ; l’antérieur a son point fixe au sphénoïde, sur le contour de l’orifice de la trompe , et s’insère par un court tendon à l’apophyse du marteau.

Le muscle interne du marteau, beaucoup plus long , commence à la partie fibro-osseuse de la trompe et hors du tambour de l’oreille , parcourt un petit canal de la base du rocher , et s’insère à la réunion du col , avec le manche du marteau.

Une particularité du vestibule dans cette classe, c’est d’être situé entre ses deux appendices de perfectionnement. Le groupe des canaux demi-circulaires est en arrière et en-dessus , le limaçon, en avant et en dessous. La cavité osseuse du vestibule est remplie d’une liqueur très-limpide , circons-

crite à la capsule vestibulaire, dont l’intérieur contient une sorte de gelée transparente, assez consistante pour conserver sa forme hors de la capsule , et laissant voir deux petits amas un peu opaques , d’une substance amylacée , où vont s'épanouir quelques filets nerveux. Connue, dans l’humeur cristalline du vestibule des reptiles et des oiseaux, il existe une proportion un peu plus grande de cette substance opaque; comme dans les squales et les raies cette proportion est fortement accrue et que les masses opaques y prennent des formes régulières et constantes, si Ton voulait absolument trouver quelque chose d’analogue, par position, aux pierres des poissons , ce serait dans ces deux petits magmas opaques du vestibule des mammifères qu’il le faudrait chercher.

C’est dans les chauves-souris que le limaçon est le plus parfait. L’axe ou la columelle sur laquelle s’enroule le canal spiral, est lui -même creux, et sa cavité tordue en spirale. C’est dans cette cavité que pénètre le rameau de l’acoustique. La cloison qui partage en deux rampes la grande spirale creuse du limaçon, est formée par un pli de la columelle criblée de petits trous sur sa longueur. Sur ce pli de la columelle règne une lame d’un blanc mat, très-fragile, dont l’épaisseur décroît de la base au sommet, et dont les très-minces parois interceptent une cavité partagée en un très— grand nombre de petits tubes par des cloisons aussi fort

minces. En-dessus s’applique une couche de la matière pulpeuse qui remplit les tubes de la lame ou zone précédente. Plus extérieurement est une zone plus étroite formée d’une membrane très-mince. Enfin et 4% ta cloison des deux rampes du limaçon est terminée par une production gélatineuse, logée dans une demi -excavation du canal spiral. M. de Blainville, qui nous sert ici de guide, pense que cette production , peut-être tubuleuse et continue avec la membrane du vestibule , n’est autre chose que le tube transverse de Comparetti (Blainville, princip. d’anat. comp . , t. I, pag. 458 et suiv. ). Ces deux rampes communiquent à leur sommet; mais à leur base'la cloison se continue avec la paroi de la caisse. De sorte que la rampe supérieure, un peu plus longue, s’ouvre en s’élargissant dans le vestibule, près du confluent anté-' rieur des canaux demi-circulaires , et que l’inférieure, plus courte et plus large, n’est séparée de la caisse du tympan que par une membrane. L’ouverture osseuse s’appelle fenêtre cochléaire , ou ronde (voyez livre premier) .

2°. Nerf acoustique.

Dans les quatre classes de vertébrés , le nerf acoustique, quel que soit le nombre de ses filets d’origine , s’insère au-dessous et sur le côté du quatrième ventricule , un peu en arrière du bord

postérieur du pédoncule du cervelet. Son insertion est toujours, relativement au diamètre vertical de la moelle , inférieure à celle de la cinquième paire dans les ovipares. Chez les mammifères elle est au contraire supérieure, quand la cinquième paire n’a qu’un faisceau d’insertion , par exemple, dans l’homme et les singes.

Comme pour la cinquième paire , cette insertion est découverte ou cachée , suivant l’existence ou l’absence de la commissure des lobes latéraux du cervelet, c’est-à-dire, suivant que les animaux sont ovipares ou mammifères. Néanmoins, même chez ces derniers , soit dans le cas d’excès de volume du nerf, comme dans la plupart des carnassiers et des rongeurs , soit par le peu de développement de la protubérance , dépendant lui-même du petit développement des hémisphères du cervelet, l’insertion de ce nerf est plus ou moins à découvert, comme nous l’avons vu pour la cinquième paire , de laquelle d’ailleurs , dans les cas en question, l’acoustique fait souvent partie.

Dans les poissons.

Le volume proportionnel du nerf acoustique est beaucoup supérieur à ce qu’il est dans les autres animaux. Sa structure ne diffère pas de celle des autres nerfs. Et comme les bruits qui peuvent se produire dans l’eau sont beaucoup plus faibles

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que ceux qui se produisent dans l’air, comme en conséquence la susceptibilité acoustique doit être supérieure dans les poissons , il suit que l’état pul peux d’où l’on avait dérivé les propriétés de ce nerf chez les mammifères et les oiseaux, n’en est pas la condition essentielle.

C’est surtout le nerf acoustique qui, dans la plupart des poissons , offre plus évidemment la simple insertion par juxta - position , et non par continuité de matière. Les insertions des filets de ce nerf ne sont pas sessiles , c’est-à-dire, le filet lui-même ne se fixe pas sur la moelle, mais par l’intermédiaire d’un petit pédicule, qui n’est continu, ni avec la moelle, ni avec le nerf. Celui-ci, renflé à son extrémité , adhère au pédicule, dont la couleur nacrée tranche fortement, et sur le blanc mat du nerf , et sur le blanc de la moelle.

Les filets d’origine de l’acoustique sont toujours séparés de ceux de la cinquième paire par un intervalle. Et quand cet intervalle est fort étroit , il est toujours facile de reconnaître que les filets de l’acoustique sont groupés ensemble, et convergent vers un même point de la moelle, différent de celui où s’insère la cinquième paire (voy. pi. XII, fig. 1 et 2).

C’est donc à tort que Scarpa, et, depuis lui, tous les autres anatomistes, ont fait du nerf acoustique une division de la cinquième paire chez les poissons. Dans les trente genres que j’ai disséqués, je

n’ai trouvé cette dernière disposition que dans les raies. Dans le cyclopterus lumpus et tous les squales, excepté peut-être la roussette, espèce du sous-genre scyllium {pi. IV, fig. 1 et 2), il n’y a que contiguité du nerf acoustique avec le filet le plus voisin de la cinquième paire. Dans la roussette une rainure marque la séparation du nerf acoustique d’avec la branche de la cinquième paire qui passe derrière l’évent. Dans tous les poissons osseux, sans exception, et dans les squales autres que la roussette, le nerf acoustique a constamment trois filets d’insertion, un pour le nerf de chaque ampoule; le sac des pierres recevant ses filaments de l’un des précédents, quand il n’en a pas un particulier. Mais dans l’esturgeon tous les filets des ampoules et du sac des pierres, se réunissent à plus d’un demi-pouce de la moelle, en un tronc commun de plus d’une ligne et demie de diamètre, dans un individu de quatre pieds. Ce tronc unique est renfermé dans un conduit cartilagineux , seule issue de la cavité auditive ( pl. V, fig. 4). L’intervalle de l’insertion du nerf acoustique à celle de la cinquième paire, est de presque deux lignes.

On voit aussi sur cette figure, qu’aucun filet du nerf acoustique ne peut avoir d’anastomose, ni même de contact avec le premier nerf branchial qui sort aussi du crâne par un conduit cartilagineux , dans lequel il ne donne pas le moindre filet.

Dans tous les poissons osseux (voy. toutes les/)/.) l’intervalle de l’acoustique à la cinquième paire est tel, qu’il faut croire que Scarpa et les auteurs qui ont parlé de la jonction de ces deux nerfs, n’y ont pas regardé ailleurs que sur les raies.

Dans les gades, ceux de tous les poissons osseux qui ont les nerfs acoustiques les plus nom breux et les plus développés , les insertions de ces nerfs doivent nécessairement occuper plus de place. Or, le premier des quatre filets d’origine du nerf acoustique ( c'. : les trois autres fdets sont marqués c\ c3. c4.), s’insère bien nettement au-dessous et à distance du pédicule , par lequel s’insère le ganglion même de la cinquième paire. Les trois autres fdets , réunis presque en un seul faisceau , s’insèrent en arrière , et débordent un peu en - dessous , l’insertion du premier nerf branchial (1). Il est encore évident ici que le premier nerf branchial ne s’anastomose pas avec l’auditif. Seulement les filets des ampoules postérieure et intermédiaire, adhèrent quelquefois au premier nerf branchial , qui les croise en dessous; mais cette adhérence n’est jamais constante.

Dans la morue (voy. /;/. VII , fig. f\) il y a deux filets de moins au rameau destiné au sac

( i) On voit (/;/. IX, flg. 5) les quatre parties du nerf acous- / tique en position sur le merlan; la pierre a été enlevée pour laisser voir les filets nerveux.

des pierres. Dans le merlan, au contraire, il y en a quatre (deux de plus), nés de la même insertion, et ensuite réunis à un gros rameau, qui longe en-dessous le sac des pierres. Ce rameau est soutenu à son extrémité postérieure, par une petite lame cornée transparente (o.), appuyée sur la ligne médiane contre son analogue, de sorte que les deux sacs membraneux et leurs nerfs, sont presque contigus en dedans.

Cet excès de développement de l’appareil nerveux de l’ouïe , chez les gades et surtout chez le merlan, est indiqué sur le squelette, par le développement du basilaire, en une sorte de tambour saillant dans la gorge. Je n ai retrouvé , ni cette grande cavité osseuse, ni ce développement des nerfs acoustiques , sur aucun autre poisson (i).

L’on voit sur le merlan une anomalie semblale à celle du premier branchial naissant de la cinquième paire dans le barbeau , et de l’acoustique , naissant de cette même paire dans la raie. La sixième paire est réunie en un seul faisceau avec le rameau de l’acoustique, distribué au sac des pierres. Cette réunion dépend de l’excès

(i) L’appareil nerveux est en position à gauche sur le merlan, et à droite sur la morue, où le premier rameau nerveux du sac de la pierre se montre coupé. De l’autre côté les appareils sont renversés en dehors, pour montrer leurs insertions à la moelle (voy. les figures citées).

de volume de ce rameau, qui lui fait occuper plus de place.

Sur la morue, au contraire, la sixième paire s’insère séparément, comme à l’ordinaire, par des filets tres-déliés.

Aucun des filets du nerf acoustique ne se propage dans les canaux demi -circulaires. Comme on le voit (voy. pl. VIII , fig. 1 , pour le cyclopterus lumpus ; pi. III, fig. L\ , pour la raie, etc.), le rameau acoustique, destiné à chaque ampoule, s’épanouit dans sa cavité en une pâte d’oie de trois courtes digitations. C’est donc à tort que Gall, pag. 79, a dit que les filets de l’acoustique se ramifient dans les canaux Jdemi- circulaires. La pâte d’oie, ou digitation terminale de chaque filet acoustique, est flottante dans l’espèce de gelée qui remplit cette cavité, et s’étend de l’une à l’autre, par le calibre des canaux demi-circulaires. Dans les poissons osseux cette gelée doit contribuer à transmettre les mouvements vibratoires , renforcés encore par l’élasticité de la matière même des canaux, et par leur mobilité au milieu de la cavité générale qui les contient. Quand les canaux demi-circulaires sont engagés dans des conduits, soit osseux, soit cartilagineux, comme chez le cycloptère, l’esturgeon, les squales et les raies, le grand excès du diamètre intérieur de ces conduits, sur le diamètre extérieur des canaux demi-circulaires, laisse à ceux-ci presque autant de mobilité que s’ils étaient

tous dans une seule cavité commune. 11 est donc toujours très -facile, à cause de oet état de liberté, d’étudier la structure et la disposition des nerfs et des canaux demi - circulaires , dans tous les poissons. Au contraire , dans la plupart des reptiles , dans tous les mammifères et les oiseaux, la matière osseuse, en se déposant tout autour, comprime les ampoules et les canaux demicirculaires, et l’on ne peut y prendre une idée de ces parties membraneuses, que par leurs moules, empreints sur les anfructuosités intérieures du rocher.

Il y a chez le cycloptère un long canal qui fait fonction de tambour et qui, dans un trajet de presque un pouce et demi , traverse l’épaisseur du cartilage, jusque sous la peau dont il n’est séparé que par une lame très -mince du périoste ou périchondre.

Dans les squales et les raies il y a une sorte de tambour commun, placé sur le milieu de la voûte du crâne (pi. 111, fig. 5), et vers lequel s’inclinent pour y communiquer, les conduits cartilagineux, où flottent, dans une sorte de gelée, les canaux demi-circulaires verticaux, de chaque côté.

Dans tous les autres poissons la cavité auditive n’a aucune espèce de prolongement vers l’extérieur du crâne. Jamais non plus il n’existe aucun canal analogue à celui qui , dans les animaux aériens , introduit l’air dans la caisse du tympan.

Ainsi le nerf acoustique n’est pas une division constante de la cinquième paire , ce qui n’arrive que dans les raies; et l’anastomose du prétendu nerf facial de Scarpa (c’est-à-dire du premier nerf branchial), avec le filet de l’ampoule postérieure (ce qui est encore une particularité chez les seules raies), n’est pas plus générale. Effectivement ce n’est que dans ce seul animal que Scarpa a fait figurer cette double disposition , laquelle Jest pourtant moins bien représentée que dans mon atlas.

Chez quelques reptiles la disposition intérieure des nerfs acoustiques est semblable à celle des poissons, dans les amphisbènes, par exemple. Chez d'autres . elle ressemble à celle des oiseaux ; dans les tortues et les sauriens.

Dans les oiseaux.

Le nerf auditif naît par une insertion grosse et unique, près du rebord du quatrième ventricule, en arrière du bord postérieur du pédoncule du cervelet, à égale distance à peu près de l’insertion de la cinquième paire, en bas et en avant, et de la huitième en arrière. Les filets des ampoules sont à proportion un peu plus longs que dans les poissons.

Il n’y a pas plus de nerf facial dans les passereaux, dans les gallinacées et les oiseaux de proie diurnes , que dans les poissons et les reptiles. Ce

n’est que dans quelques palmipèdes, et surtout chez les effrayes et les ducs, pourvus d’une conque extérieure, qu’il existe un très-mince et très-court nerf facial (c’est-à-dire, une branche musculaire de la septième paire) , exclusivement distribuée à cette conque et aux fibres musculaires destinées à la mouvoir.

Dans les mammifères.

Le recouvrement de la face inférieure de la

moelle , à l’opposite du cervelet et des lobes opti-

ques, par la commissure des lobes cérébelleux latéraux, avait induit en erreur sur le point d’insertion de ce nerf, comme pour celui de la cinquième paire.

Depuis Yaroli, beaucoup d’anatomistes avaient donc assigné l’origine de l’acoustique au point où ce nerf pénètre dans la protubérance (voy. pi. XIII, fg. 2, 5, 5, et i5).

Depuis Picolhomini , plusieurs anatomistes ont supposé une continuité des fibres transversales blanches, qui forment une sorte de crénelure sur le fond du quatrième ventricule de l’homme , avec les fibres du nerf acoustique; et ils ont fait de ces fibres, les filets d’insertion du nerf. Sœmmering avait pourtant objecté que la plupart de ces fibres s’enfoncent dans les pédoncules du cervelet, qu’en conséquence, celles-là au moins étaient

étrangères au nerf acoustique. Enfin, j’ai vu ces fibres manquer entièrement; je les ai vues, au contraire , plus grosses et plus nombreuses chez des idiots. Gall dit ( p. 7 5) que certainement quelques-unes se réunissent souvent au nerf auditif (cette réunion n’est donc pas constante) , mais que d’autres vont en partie dans les lobules antérieurs, que d’autres s’enfoncent dans le milieu même du cervelet.

Or, chez la plupart des mammifères, le nerf auditif a une proportion de développement bien supérieure à celui de l’homme. Et si les fibres en question étaient ses racines, comme on l’a imaginé, elles seraient proportionnées au nerf lui-même. Au contraire, selon les observations de Gall, que j’ai vérifiées sur les mêmes amimaux et étendues sur beaucoup d’autres, ces fibres médullaires blanches manquent alors entièrement.

Ces fibres ne sont donc pas l’aboutissant du nerf auditif, puisqu’elles n’ont encore été jusqu’ici observées que dans l’homme , où elles ne sont pas constantes, et où, quand elles existent, elles ne sont ni toutes ni toujours continues avec les fibres d’insertion de ce nerf.

Quant au renflement de matière grise, dont Gall suppose l’existence constante dans l’épaisseur des parois du quatrième ventricule, et d’où il dérive le nerf auditif, son existence n’est pas non plus générale. Ce renflement, qu’il nomme ruban

/f JO

gris, n’est donc pas non plus en connexion constante avec le nerf acoustique.

Comme la matière grise n’existe pas constamment dans l’épaisseur des parois supérieures du quatrième ventricule , chez les mammifères , on ne peut donc dériver ce nerf, de cette matière.

Dans les mammifères, derrière le pont règne une bande ou demi-ceinture, d’une largeur variable, suivant les genres. Cette bande transversale est recouverte sur son milieu par les pyramides. Les nerfs auditifs s’insèrent sur elle , comme la cinquième paire sur la grande commissure du cervelet. De même que cette grande commissure se prolonge dans les pédoncules du cervelet, audelà de l’insertion de la cinquième paire, la bande en question se continue en contournant les flancs de la moelle, vers le bord postérieur des pédoncules du cervelet, et vers la partie immédiatement continue du bord du quatrième ventricule.

Or, Gall (p. 7 6), qui observe, après W illis, que chez l’homme cette bande est couverte par la couche postérieure du pont , la suppose composée des fibres de communication des deux nerfs acoustiques, dont elle formerait ainsi la commissure.

Si cela était, pourquoi les fibres de cette bande se continueraient -elles au-delà de chaque nerf, pour se porter au cervelet et au corps restiforme?

Cette demi -ceinture, qui n’est pas interrom-

pue aux pyramides, mais seulement recouverte par elles, n’est cjue la partie postérieure et supérieure de la commissure du cervelet, devenue visible, parce que la bande postérieure inférieure, qui existe dans l’homme et quelques singes, vient à manquer. Or, la quantité de ces fibres postérieures et inférieures qui viennent ainsi à manquer, est d’autant plus grande, que les lobes latéraux du cervelet, dont elles forment la commissure en arrière, diminuent eux-mêmes dans ce sens. Voilà pourquoi la largeur de la bande supérieure aux pyramides, et que traversent les nerfs acoustiques pour pénétrer à la moelle, est réciproque au volume des lobes latéraux du cervelet, et n’a aucun rapport de proportion avec le nerf acoustique lui-même, pas plus que le reste de la protubérance n’a de proportion avec la cinquième paire. Ainsi, quand on a enlevé chez l’homme la couche la plus postérieure de la protubérance, on retrouve audessus des pyramides une bande^analogue, et qui se continue dans la partie postérieure du pédoncule du cervelet.

Comme enfin cette bande elle-même, ainsi que la protubérance, sont réduites à leur plus petit volume dans les rongeurs , où le cervelet latéral est lui-même plus rudimentaire, quoique la cinquième et la septième paire soient alors à leur maximum; on voit qu’il n’y a qu’un simple rapport mécanique entre cette bande et la septième paire,

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pour laisser pénétrer ce nerf vers la moelle.

Le nerf acoustique naît donc, chez les mammifères comme chez tous les autres vertèbres, de la partie latérale du quatrième ventricule, un peu en arrière d’un plan vertical, passant par le bord postérieur du pédoncule du cervelet.

Le nerf lacial naît au-dessous de 1 acoustique , c’est-à-dire, plus rapproché du milieu de la face inférieure de la moelle [pi. XIII, fig. o). Mais, comme lui, il sort d’entre les libres de la bande en question, que Tiedemann ( Icon . cerebr. Sirniar. et quorumd. mamm. rarior. Heidelberg, 1821, in-fol.) nomme corps trapézolde.On ne voit pas pourquoi Gall,p. 76, a voulu assigner à l’origine de ces filets un autre plan transversal qu’à l’acoustique. Ce nerf facial est réellemenlà la septième paire ce que les filets musculaires de la cinquième paire, qui lui sont inférieurs pour l’insertion, et qui ne traversent pas le ganglion, sont à cette même paire. Gall (p. 75) a bien reconnu, pour cette partie de la septième paire, qu’elle ne se continue pas avec les fibres de la bande postérieure à la protubérance, ou avec la prétendue commissure des nerfs auditifs ; mais qu’elle passe au-dessous de cette bande, et la perce départ en part. Si dans l’homme, ajoute-t-il, quelques filets du facial, ou tous, semblent naître du pont, cela vient de ce que des fibres transversales du pont sont placées dessus.

Le nerf facial s’insèredonc sur le même segment

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de la moelle que l’auditif, mais bien plus rapproché que lui de la ligne médiane, et par conséquent sur le faisceau inférieur de la moelle, le nerf auditif naissant du faisceau supérieur.

Ces dispositions s’observent assez aisément, ainsi que dans la cinquième paire, lorsqu’au préalable on a fait bouillir le cerveau bien frais dans l’huile. Cette préparation vaut mieux que la macération dans une eau chargée d’acide nitrique ou muriatique, qui rendent les fibres nerveuses, fragiles, et même friables.

Dans tous les mammifères , les deux nerfs acoustique et facial, pénètrent hors du crâne parle conduit auditif interne du rocher. Suivant les genres, le facial est accolé à la face inférieure ou supérieure de l’acoustique , sans adhérence , tout comme les filets musculaires de la cinquième paire par rapport au tronc sensitif.

La distribution des filets de l’acoustique ne diffère guère que pour les degrés de leur prolongement, dans les quatre classes de vertébrés. Chez le chien, le chat, avant d’émettre les différents filets qui passent par les trous du fond criblcux de son conduit, le nerf auditif, jusque-là trèsmou et pulpeux, se renfle légèrement et prend une consistance de véritable ganglion.

Dans l’intervalle du ganglion à la moelle, le nerf est à l’état de pulpe homogène , sans filaments visibles, comme pour l’intervalle du ganglion de

la huitième paire à la moelle chez les cyprins. Le nerf facial, au contraire, dont la structure sur le ganglion auditif est celle d’un cordon nerveux ordinaire , s’insère à la moelle par sept ou huit filets disposés sur un même plan horizontal, à une demi-ligne ou même plus du bord inférieur de l’acoustique, selon les espèces et la taille des animaux.

Ces deux modes d’insertion sont, comme on a vu, d’unegrande conséquence. Les nerfs olfactif, optique, la partie sensitive de la cinquième paire et l’auditif des mammifères et des oiseaux, s’insèrent ou se terminent par un ruban de matière pulpeuse. Tous les autres nerfs encéphaliques au contraire, si petits qu’ils soient, la quatrième paire de l’homme , par exemple, s’insère par une digitation de deux ou trois filets pour chaque nerf; et toujours, excepté cette quatrième paire, ces insertions filamenteuses se font sur le cordon inférieur, plus ou moins près de la ligne médiane.

Dans son trajet à travers l’épaisseur de la voûte de la caisse , le nerf facial reçoit l’anastomose du nerf vidien , introduit dans le rocher par l’aqueduc de Fallope. Un peu au-delà et à angle rétrograde, il donne inférieurement un filet connu sous le nom de corde du tympan , et qui va s’anastomoser , aussi à angle rétrograde , avec le nerf lingual , a une distance variable de l’embranchement de celui-ci avec le nerf dentaire. Dans

DES SYSTÈMES NERVEUX LATÉRAUX. /j 55

les chiens , c’est tout près de cet embranchement.

Enfin, au milieu du conduit osseux par lequel il sort du crâne, le nerf facial du chien par un rameau qui égale bien le tiers de son volume, communique à travers, un conduit percé dans l’épaisseur du rocher, avec le nerf pneum o- gastrique , ou, pour mieux dire, avec le ganglion commun à ce nerf, au glosso-pharyngien , et au spinal , dans le trou osseux même qui le transmet hors du crâne. Cette communication est donc bien différente de celle que ce même nerf présente, soit avec le sympathique, soit avec d’autres nerfs. J’observe par anticipation que le ganglion commun des huitième, neuvième et douzième paires, communique avec la onzième ou hypo-glosse, par un cordon des trois quarts plus court que le précédent. Il n’y a pas de ganglion au point de jonction de cette réunion à l’hypo-glosse. M. Cuvier avait déjà observé dans le veau une semblable communication du facial avec la huitième paire. Mais chez cet animal le rameau de cette dernière origine ne se réunirait pas entièrement au facial; il ne lui donnerait qu’un filet , et continuerait de se porter en dehors , au-devant et au-dessous de l’oreille.

Dans le chien la réunion est complcttc, et les nerfs des muscles de l’oreille ne peuvent pas être dérivés plutôt de l’une des racines que de l’autre.

En sortant du crâne, par le trou de la base de l’apophyse mastoïde , au-devant et un peu en de-

hors duquel vient constamment se souder plus ou moins étroitement l’os styloïde, le facial se partage en plusieurs rameaux. Les postérieurs, au nombre de deux ou trois rameaux primitifs, se distribuent aux muscles de l’oreille, et leur volume est en proportion de la grandeur et de la mobilité de cette partie, par exemple, dans les lièvres et l’âne. Le tronc principal traverse la glande parotide, dans l’épaisseur de laquelle il se partage en trois branches bien distinctes, surtout dans les chiens, les chats, le cheval, dans tous les animaux enfin à physionomie très-mobile. Le supérieur remonte au-devant de l’oreille , et se ramifie à la partie antérieure de la tempe, et aux muscles du sourcil cl des paupières. Dans le chien il forme audessus de l’œil une arcade qui ne se termine qu’audessous du tendon du muscle orbiculaire des paupières. Dans ce trajet l’arcade s’anastomose avec trois nerfs orbitaires, savoir : i° le rameau jugal du nerf lacrymal, sorti ici par une échancrure du bord de l’orbite; 2° avec le rameau frontal; 5° puis enfin avec le rameau cutané du nerf nazal. Dans le lapin il n’y a pas d’arcade ; le facial s’arrête à la hauteur du nerf lacrymal.

L' intermédiaire ou labial supérieur , ainsi nommé, de la destination principale aux muscles de la lèvre supérieure et des ailes du nez, suit exactement, pour le volume et le nombre de ses branches, la mobilité de ces différentes parties. 11 est très-

gros, par exemple, dans les lapins ., où les lèvres et les ailes du nez sont toujours en mouvement, et dans les chiens. Il est bien moindre à proportion dans les ruminants , plus gros au contraire dans le cheval, le chameau, etc.

Dans les ruminants et les carnassiers ce nerf s’anastomose par quatre ou cinq arcades avec des filets correspondants du sous-orbitaire. Aucun filet de ce nerf ne pénètre, ni dans les narines , ni dans les bulbes dentaires , ni dans la bouche.

Le plus inférieur, ou labial inférieur, contourne l’angle de la mâchoire, et le long de sa face externe parvient aux muscles de la lèvre. Dans les chiens et le mouton il reçoit de nombreuses anastomoses du nerf dentaire , par deux trous mentonniers de l’os maxillaire.

Dans tous ces animaux il est très-apparent que le nerf facial se termine partout dans les muscles, et non à la peau et aux bulbes des poils, comme les filets des nerfs maxillaires.

Les filets que la parotide reçoit de ce nerf sont très-petits.

Dans les ruminants le labial inférieur est trèspetit, et moindre même à proportion que dans l’homme.

Dans le chien les trois branches du facial, en traversant la parotide, reçoivent de fréquentes et grosses anastomoses du nerf temporal superficiel, et de ceux des nerfs de la cinquième paire, qui se

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détaclient du masseterin et du buccinateur pour se porter à la peau. Ces anastomoses n’existent ni dans l’homme ni dans le lapin.

La grosseur du nerf facial, comparée, soit à celle de la cinquième paire, soit à lui-même, est plus considérable dans l’homme que dans aucun animal. Celte grosseur va en diminuant comme la mobilité de la face, aux mouvements inspirateurs et physionomiques de laquelle il sc rapporte (1).

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