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DE LA HUITIÈME PAIRE OU NERF PNEUMO-GASTRIQUE

On savait que cc nerf met en rapport le pharynx, le larynx, la glande thyroïde, les gros vaisseaux du cou, les poumons, le foie, la rate, l’estomac, et quelquefois le diaphragme avec le lobe du quatrième ventricule, ou moelle allongée, dans les mammifères; que dans les poissons un de ses rameaux règne tout le long du corps, sous le nom de

(1) Dans les tortues (Bojanus, tab. 23, fig. 117) il existe une portion dure de la septième paire, anastomosée et avec le grand sympathique et avec le nerf vidien dans le canal jugulaire. En sortant de la caisse, ce nerf se termine dans le muscle digastrique, four la distribution ce n’est donc pas uu nerf facial. Aussi Bojanus dit-il, « igitur nullus facialis, ut taccam de chordâ minime expectandfi, ut pote lin gu ali absente. »

nerf latéral; qu’ainsi la huitième paire se distribue et a des organes musculaires contractiles, et a des glandes ou organes sécrétoires. J’ai découvert chez les cyprins que les plus gros nerfs se ramifient dans un organe sensitif, et chez la torpille dans les deux tiers postérieurs de l’appareil électrique; que chez les reptiles et les oiseaux , sa principale branche se rend aux muscles de la langue. Ces trois nouvelles distributions justifient le nom de vague , que lui donnaient les anciens anatomistes, à cause, et du grand nombre d’organes qu’il anime, et du grand nombre de nerfs avec lesquels il communique.

Néanmoins au milieu de cette apparente confusion, il est des branches principales constantes distribuées, les unes dans l’organe de la respiration, les autres dans l’œsophage, l’estomac et les glandes annexées. C’est de là que lui est venu le nom de pneumo-gas trique : car il est essentiellement le nerf de la respiration et de la digestion stomacale.

Chez les oiseaux à poumons si développés, et chez les reptiles à poumons tellement restreints que la moitié postérieure du poumon unique des serpents n’est qu’une simple poche vésiculeuse à parois transparentes et sans vaisseau, le nerf pneumo-gas trique est également au minimum de volume. Chez les poissons, dans son moindre développement il est relativement de beaucoup supérieur à ce-

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lui des mammifères, où il présente line proportion moyenne entre les poissons et les deux autres classes d’ovipares. La masse de la partie respiratoire de ce nerf, paraît donc en relation directe avec la densité du milieu où l’animal respire. Et dans le même milieu, dans l’air, la coïncidence de l’atrophie du nerf, d’une part avec la faiblesse, d’autre part avec la plus grande énergie de la respiration, est liée dans le premier casavec \cminimum et dansle second cas avec le maximum des puissances mécaniques de la respiration; comme si dans les oiseaux ce maximum et la multiplicité des contacts du sang avec l’air, suppléaient à l’action du nerf, ou seulement l’exigeaient moins intense.

Chez les mammifères les poumons beaucoup plus petits que chez les oiseaux, mais beaucoup plus grands toutefois que chez les reptiles, coïncident, avec une proportion moyenne, et du nerf pneumogastrique et de la puissance mécanique qui sert à la respiration.

i°. Dans les poissons le pneumo - gastrique s’insère sur les côtes de la moitié postérieure du quatrième ventricule , plus près du bord supérieur de scs parois que pour la septième paire ou acoustique, par conséquent sur le cordon supérieur ou seulementen partie sur l’inférieur, par un nombre de filets ou de rubans extrêmement variable d’un genre à l’autre, et qui n’est nullement proportionné au nombre des branches de

distribution qui en émanent. A l’exception des cyprins, qui offrent sous ce rapport une double anomalie, il y a une règle constante dans le mode d’insertion de ses racines : c’est que le nerf qui se porte au bord antérieur de la première brancliie, dans les poissons soit à branchies libres soit à branchies fixes, excepté l’esturgeon et la lamproie, s’insère toujours séparément à la moelle. Cette insertion se fait à une distance variable en avant des autres, que celles-ci soient séparées ou soient groupées en une seule masse.

Ce dernier mode, y compris le nerf de la première branchie, a lieu dans les cyprins, moins le barbeau. Un court ruban de matière médullaire, qui pour la consistance et la couleur ne diffère en rien de la moelle, est interposé entre cette partie et un ganglion unique sémilunaire, de la convexité duquel (voy. pi. IX, fig. 1 ) naissent les différentes branches du nerf. Ce ganglion est absolument plus gros dans une carpe de douze ou quinze pouces , que ne l’est le renflement correspondant du même nerf dans l’homme.

Chez la carpe le premier nerf branchial sort de l’extrémité antérieure de ce ganglion. J’ai déjà dit que chez le barbeau, espèce pourtant si voisine, ce même nerf est une division de la branche sphéno-palatine de la cinquième paire.

Dans le cas si général de l’insertion isolée du premier nerf branchial à la moelle, il est toujours

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séparé des autres filets du pneumogastrique, par un intervalle assez variable pour être quelquefois plus voisin du nerf auditif que du lier! vague. Mais quels que soient ses rapports de distance entre ces deux nerfs, il traverse toujours obliquement et d’arrière en avant la cavité auditive, entre la paroi osseuse et le sac des pierres; croise endessous le filet nerveux de l’ampoule postérieure, et sort du crâne par un trou de la grande aile du sphénoïde, qui, dans les poissons osseux, forme la plus grande paroi de la cavité auditive. Dans le crâne il est ainsi de plus en plus séparé du reste du nerf pneumo -gastrique. A sa sortie il continue de s’en éloigner, et presqu’aussitôt après avoir traversé les muscles moteurs du premier arceau branchial, il en prolonge tout le bord antérieur.

Dans les seules raies ce nerf s’anastamose avec le rameau acoustique postérieur, par une adjonction réelle de filets qui vont grossir ce dernier nerf. Partout allieurs il n’y a qu’adhérence entre ces deux nerfs , dans une étendue variable, au moyen d’un tissu cellulaire très-dense , très-résistant, qui paraît n’avoir d’autre objet que de maintenir ces nerfs en situation fixe dans une cavité, où d’ailleurs ils sont libres et flottants. Ce tissu forme dans les gades, où l’appareil nerveux de l’ouïe est au maximum de tous les degrés existant dans le reste des vertébrés, une sorte de voi-

le, dans laquelle sont tendus, comme des baguettes de parasol , les nerfs du sac membraneux des pierres. Il est très -difficile de séparer les nerfs de cette sorte de tente. C’est sans doute la difficulté d’opérer cette séparation , qui a induit Scarpa en erreur sur l’anastomose du premier branchial avec l’acoustique postérieur, anastomose qu’il croyait commune à tous les poissons.

Cette communication ligamenteuse entre ces deux nerfs, manque dans le genre cycloptère.

A sa sortie du crâne, le premier nerf branchial se divise en deux filets. Le postérieur, de beaucoup le plus gros,' longe le bord antérieur du premier arceau. L’antérieur (voy. pi. XI, fig. i ) se perd dans la membrane buccale; ses plus longs filaments vont même quelquefois jusqu’au-dessous de la pointe de la langue. En quoi il ressemble au rameau lingual de la huitième paire des reptiles.

Ce nerf étant quelquefois plus voisin de l’acoustique que du pneumo-gastrique. avait été pris pour l’analogue du facial, par les anatomistes qui n’avaient considéré que son origine et son trajet dans l’oreille. Cette méprise est une nouvelle preuve de la nécessité, pour bien déterminer les nerfs , de les considérer depuis une de leurs extrémités jusqu’à l’autre. Scarpa (pag. 20, parag. VI ) avait déjà reconnu qu’aucun des filets de ce nerf ne se rend à l’extérieur de la

face, pourtant si bien pourvue de nerfs dans la plupart des poissons , et qu’il se distribuait à la partie antérieure de l’organe respiratoire. Enfin M. Duméril ( Mêm . sur l'odorat des poissons ) l’a pris pour l’analogue du glosso-pharyngien.

Or , attendu la distribution invariable et principale de ce nerf au bord antérieur de la première branchie, ce ne peut être l’analogue ni du glossopharyngien , ni du facial , car aucun des filets de ces nerfs, là où ils existent, ne se termine dans l’organe de la respiration. La prolongation sur la face buccale de l’appareil brancliiostège, de ses filets les plus antérieurs, et même à la face inférieure de la langue, ne motive nullement la détermination prétendue. Car ces différentes parties, selon les nerfs qui se distribuent aux organes adjacents, reçoivent des filets de chacun de ces nerfs. Ainsi, dans les mammifères, l’hypo-glossc, la cinquième paire, la huitième paire et le glosso-pharyngien , ont cela de commun. Or, on ne peut tirer des caractères d’individualité, de ce qui est commun et accidentel.

Dans tous les cas , jamais les filets de celte branche, distribués à la langue , 11e suivent l’accroissement de volume de cet organe.

D’ailleurs, dans tous les animaux, comme on va voir, les filets les plus antérieurs du rameau laryngé du nerf vague, vont à la langue. Le premier nerf branchial, par sa distribution, appartient

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donc à des surfaces respiratoires et digestives, comme le reste du pneumo-gastrique , excepté le nerf latéral.

Enfin, dans l’esturgeon , toutes les insertions du nerf pneumo-gastrique sont contiguës sur la même ligne horizontale , et pénètrent ensemble et par un seul faisceau dans un conduit unique. Ce n’est qu au milieu de ce conduit (voir pi. Y, fig.l\ ) que le premier branchial se sépare du tronc commun du nerf. Il suit alors un canal fibro-cartilagincux qui croise la direction du troisième filet acoustique. L’épaisseur des parois de ce canal sépare donc les deux nerfs dans toute l’étendue de leur voisinage. 11 y a donc impossibilité même à leur contiguïté,.

11 n’y a pas non plus de séparation primitive du premier branchial dans la lamproie ( voir pi. YI, fig. i); chaque rameau branchial se sépare du tronc commun au passage de ce tronc, vis-à-vis de chaque branchie.

Outre les nerfs pneumo-gastriques proprement dits , la huitième paire donne dans tous les poissons que j’ai examinés, excepté dans les cycloptères et tétrodons , un nerf exclusivement propre à cette classe , étendu tout le long des flancs de l’animal jusqu’à la queue (c’est le nerf mal à propos nommé de la ligne latérale , puisque, le plus souvent , il ne coïncide pas avec cette ligne). Elle donne en particulier, i° dans les cyprins, un système de nerfs absolument sans ana-

logues dans les autres poissons (excepté peut-être les scares ), et à plus forte raison dans le reste des animaux vertébrés ; 2° dans la raie électrique, les quatre cinquièmes des nerfs électromoteurs.

I. Voici comme, dans tous les poissons, les branches antérieures se distribuent aux branchies. Une grosse branche suit le bord antérieur, et un petit rameau le bord postérieur de la même branchie. La grosse branche du bord antérieur d’une branchie se sépare du même tronc commun que le petit rameau du bord postérieur de la branchie précédente. 11 n’y a que le premier branchial qui ne se divise pas entre deux branchies.

Ces nerfs branchiaux ou respiratoires sont d’une proportion de volume d’autant plus petite, que le poisson habite des eaux plus limpides et plus agitées, et par conséquent plus aérées. Réciproquement ils grossissent en raison de la profondeur, de la stagnation et de la qualité vaseuse des eaux. Cette proportion n’est nullement en rapport, soit avec la grandeur de l’animal , soit avec son genre de vie carnivore ou autre.

II. Les branches, moyennes pour l’origine entre celles-ci et les suivantes, donnent principalement les nerfs de l’œsophage et de l’estomac; d’autres, pluspetites, vont aux muscles du pharynx, des branchies , et sur la face branchiale de l’espèce de diaphragme tendu sur la glande clavicule.

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