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III. Le plus postérieur des nerfs de cette paire

est celui qu’on a appelé (le la ligne latérale. On supposait ce nerf constamment unique , situé le long de la ligne latérale, et sous-cutané.

Or, suivant les genres, ce nerf est simple ou double, c’est-à-dire séparé dès son origine en deux branches à-peu-près égales , lesquelles dans leur trajet sont ou toutes deux superficielles et sous-cutanées, comme dans les gades, ou bien l’une souscutanée et l’autre profonde et intcrmusculaire, comme dans les vives, les trigles. Quand il est unique, ou bien il est sous-cutané comme dans les cyprins, ou bien profond et intermusculairc, comme dans les brochets, les orphies, etc.

Dans tous les cas , il s’étend le long des flancs jusqu’à la queue sans donner de filets , mais en décroissant toutefois de calibre au-delà du milieu de sa longueur. On dit qu’il s’épanouit en rayonnant sur chaque face de la nageoire caudale ; je n’ai pu le constater nulle part; l’extrême petitesse de ce nerf près de la queue m’en fait douter.

Dans tous les cas le nerf passe au-dessous de l’épaule , c’est-à-dire du pédicule de la grande clavicule. La branche sous-cutanée, quand il y en a deux, se sépare de l’autre à une ou deux lignes de l’origine. Dans les trigles, les vives, etc. , la branche profonde s’enfonce dans les muscles latéraux , presque perpendiculairement , et paraît presque aussitôt à leur surface abdominale sous le péritoine. Elle passe d’abord sur la concavité des deux premiè-

res côtes, puis sur la convexité des suivantes, toujours subjacente au péritoine dans leurs intervalles. Ce n’est qu’après la septième côte qu’elle pénètre le plan moyen du muscle latéral , dans l'épaisseur duquel elle marche jusqu a la queue.

S’il y a deux branches sur chaque flanc, leurs extrémités terminales ne s’anastomosent pas.

Dans le genre gadus , ou les deux nerfs de chaque flanc sont sous-cutanés, séparés dès l’origine ils ne divergent qu’arrivés à la peau au-delà de la clavicule. Alors ils s’écartent d’une quantité variable presque à angle droit. Celui qui s’est dévié , parvenu à huit , neuf, dix ou douze lignes de son congénère, se réfléchit brusquement pour lui redevenir parallèle , et ils conservent entre eux ce parallélisme jusqu’à la queue. Quelquefois l’un des deux se termine dans le trajet. Alors l’autre se divise et envoie à angle très-ouvert un filet qui bientôt se réfléchit pour continuer la direction de celui qui est interrompu.

Dans les murènes , les esox, les squales , les raies, les esturgeons , le nerf unique et situé dans l’épaisseur des muscles dorsaux, est ordinairement moins distant de l’axe du corps que de la surface.

Dans aucun genre, ce nerf n’est contigu et encore moins coïncident sur tout son trajet avec la ligne de pores connue sous le nom de ligne latérale. 11 est constamment situé au-dessous d’elle, d’une quantité qui peut égaler le quart ou le tiers du dia-

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mètre du corps, par exemple dans les smarris.

Tel est le plan général des branches de la huitième paire , communes à tous les poissons.

Voici la disposition particulière de celles qui sont propres à quelques genres ou à quelques espèces dans un même genre.

i°. Dans les cyprins, de la partie inférieure et intérieure du bord externe du ganglion de la huitième paire , naît un système de nerfs distribués à un appareil qui n’avait pas encore été ni décrit ni déterminé. Comme ces nerfs font une grande partie de la masse de cet appareil , qui ne paraît exister que pour servir à leur action, nous en plaçons ici la description.

L’existence de cet appareil n’avait été qu’indiquée, t. III, p. 225 de l’anat. de M. Cuvier. Il y est considéré comme une glande salivaire.

La moitié postérieure du palais des cyprins est plafonnée d’une couche charnue à fibres musculaires très-fines, très -intimement entrelacées , et dont la texture rappelle celle du plan supérieur de la langue de l’homme [pi. IV, fig. 3 ; pi. IX, fig. 1).

Mieux encore que l’examen anatomique , les mouvements spontanés qui s’y exercent après la mort, montrent que la direction de la plupart de ces fibres est longitudinale. Cette couche musculeuse est revêtue d’une membrane muqueuse à papilles très-distinctes, surtout en arrière

au-devant d’une plaque calcaire fixée sur l’os basilaire. (Cette plaque sert de frottoir aux dents pharyngiennes qui se meuvent horizontalement sur elle. ) Un appareil véritable de manducation et de trituration, se trouve donc contigu à cet organe, comme les arcades dentaires le sont à la langue. Une partie des substances triturées se trouve nécessairement en contact avec la partie postérieure de ce palais charnu. Cela est d’autant plus inévitable que cette partie postérieure est très-érectile.

Cinq gros troncs nerveux ( voyez les figures citées), chacun de plus d’une ligne de diamètre, sur une carpe d’un pied de long , et disposés sur deux rangs , se rendent dans ce plafond , à travers une plaque cartilagineuse, à-peuprès quadrilatère. L’office de cette plaque paraît être d’empêcher la compression des nerfs et des vaisseaux. Ceux-ci sont presque aussi gros chacun que le tronc même de l’aorte. Le nerf postérieur , toujours le plus gros, passe ordinairement par une échancrure du bord correspondant de la plaque. Le volume des autres nerfs va en diminuant en avant, a peu près comme l’épaisseur de l’appareil charnu : la structure papilleuse diminue aussi dans ce sens. Cette épaisseur, sur une carpe d’un pied de long, n’est pas moindre de quatre lignes près de la plaque basilaire. Cette épaisseur, la structure papillaire, et le volume proportionnel des nerfs, sont beaucoup moins pro-

nonces chez le barbeau , où l’organe est bien moins parfait que chez la carpe [pi. X, fig. 2). En entrant dans le tissu charnu, les nerfs se ramifient en filets très-fins, et peuvent être suivis jusqu’à la membrane muqueuse bien plus facilement que ne le peuvent être les filets du nerf lingual à la langue d’aucun mammifère. Dans la carpe la somme en volume de ces nerfs, surpasse celle des nerfs branchiaux, œsophagiens et latéraux.

Dans aucun des autres genres que j’ai examinés j quelle que soit la mollesse de la membrane palatine, il n’y a pas le moindre vestige de cet ordre de branches du pneumo-gastrique.

20. Dans la torpille (p/.V, fig. 2) les quatre premiers nerfs branchiaux se divisent à leur embranchement même, sur le tronc de la huitième paire, en deux rameaux. Le supérieur, des deux tiers plus gros que l’autre, se rend dans la partie correspondante de l’organe électrique. Le cinquième nerf branchial seul ne s’y rend pas. Aussi ce cinquième nerf est-il à son embranchement avec le tronc, presque moitié plus petit que chacun des précédents. On se souvient que le cinquième nerf de la cinquième paire de la torpille se rend dans la partie antérieure de cet organe.

Ces nerfs électriques de la huitième paire ont, comme celui de la cinquième du même animal, leur filets libres et disposés en écheveaux.

On doit aussi se souvenir que conformément

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à la loi suivant laquelle l’axe cérébro-spinal se renfle aux points d’insertion des nerfs sensitifs, en proportion du volume de ces nerfs, l’excès de volume du nerf pneumo-gastrique des poissons, coïncide constamment avec un développement proportionnel de dilFérentes parties du quatrième ventricule. Les extrêmes de cette proportion s’observent dans l’orphie et aussi dans les trigles ( voy. pi. VII, fig. 2 et 3), pour le moindre développement; et dans les squales , les raies et surtout la carpe [pi. I, fig. 2), pour le plus grand développement.

On a déjà vu que le tronc même du nerf pneumo-gastrique à sa naissance, varie d’un genre à l’autre. i°Dans les cyprins un ganglion semilunaire, communiquant avec la moelle par un ruban médullaire blanchâtre, donne origine à tous les nerfs de la huitième paire, y compris le premier branchial (pi. IX, fig. 1 ). 20 Dans l’esturgeon tous les filets d’insertion à la moelle sont bientôt réunis en un faisceau unique, plutôt plexiforme que ganglifor- 111c. 3° Dans les raies, les squales et les murènes, chaque filetd’origine ne s’insère pas immédiatement à la moelle, mais par l’interposition d’un petit pédicule nacré, dont la couleur et la texture diffèrent à la fois et de celles du nerf et de celles de la moelle. Ce mode d’insertion , déjà observé pour la cinquième paire de plusieurs poissons, prouve que les nerfs ne sont pas continus à la moelle, et

1 on sait d’ailleurs qu’ils n’en sont pas une production ( pi. I, fig. i; pi. III, fig. 2 et 4; pi • XII, fig. 2). 4° Dans les baudroies et tétrodons, le nerf, s’insérant par des filets analogues à ceux des nerfs spinaux des mammifères, présente aussi, comme ces mêmes nerfs, un ganglion d’une structure tout-à-fait pareille (pi. Y, fig. 1). Dans les tétrodons surtout, ce ganglion est à lui seul presque aussi volumineux que tout l’encéphale. Or, les nerfs n’en sont pourtant pas, à beaucoup près , d’une proportion semblable. 5° Dans les pleuronectes (pi. XI, fig. 1 ) il n’y a pas, sur le tronc du nerf à sa sortie du crâne, un ganglion unique, qui intercepte la totalité des filets nerveux : mais il existe sur la longueur du nerf une suite de ganglions au point de séparation de chacune de ses branches. 6°. Enfin , dans la lamproie (voy. pl. VI, fig. 1; pi. III, fig. 10) , le tronc unique de la huitième paire, ou mieux du pneumo- gastrique (puisqu’il n’y a que six paires de nerfs qui le précèdent dans ce poisson), s’insère par quatre ou cinq filets, non pas à la moelle même par juxtaposition et continuité , mais sur la méningé, qui, depuis le premier nerf spinal jusque près de la cinquième paire, sur une longueur de près de quatre lignes, est écarté de plus d’une demi-ligne de toute la surface de l’encéphale par un fluide interposé.

J. IV RE in.

11 n’existe dans aucun poisson le moindre vestige du nerf accessoire de la huitième paire, autiement dit nerf spinal ou de W illis.

2°. Dans les reptiles , beaucoup plus petit à proportion que dans les poissons et surtout que dans pas un des mammifères et des oiseaux, ce nerf se distribue à la langue, à l’œsophage, à l’estomac et aux poumons. Les branches pulmonaires sont justement les plus rudimentaires de toutes.

Dans la vipère fer-de- lance de la Martinique, dans les serpents à sonnette, et à très-peu de dillérences près dans les autres serpents, dans les lézards , par exemple le lézard ocellé et le caméléon, le rameau le plus remarquable du nerf vague, séparé de son tronc après la sortie du crâne , se rend à la langue.

En voici la disposition chez les serpents à sonnette. Le tronc du nerf pneumo - gastrique se dirige d’abord obliquement en arrière et en bas , en contournant d’abord les muscles spinaux, puis l’œsophage, jusqu’à l’angle du levier coudé, que représente chaque branche de la mâchoire inférieure, allongée dans ces serpents par un os enclavé partout ailleurs dans les parois du crâne, ou très-peu mobile sur quelque point de sa surface. A cet angle le pneumo-gastrique se divise en trois branches : les deux postérieures vont à l’estomac et au poumon. La branche pulmonaire n’est qu’un filet souvent difficile à disséquer.

La branche antérieure, dirigée en avant, donne bientôt un gros rameau pour les muscles rétracteurs de la langue; plus loin, d’autres filets aux muscles de la glotte ; plus loin, d’autres encore aux muscles protracteurs de la langue, et au-delà un rameau s’enfonce dans les muscles intrinsèques et moteurs des deux languettes terminales.

Après avoir donné tous ces filets , la branche , linguale de la huitième paire, à-peu-près vers la hauteur du trou mentonnier ( ouvert ici à la face interne de l’os ) , s’anastomose avec le nerf maxillaire inférieur sorti par ce trou. De cette anastomose partent trois ou quatre filets distribués à la surface de la langue jusqu’à ses pointes.

La huitième paire est donc le seul nerf distribué aux muscles de la langue et de la glotte ; et les nerfs de la surface de la langue, seul organe de toucher dans les serpents, proviennent d’une anastomose jusque-là inconnue dans l’anatomie des nerfs.

Dans les lézards ( j’ai disséqué ce nerf sur le caméléon et le lézard ocellé ) la disposition du nerf pneumo-gastrique et la proportion de ses trois branches, pulmonaire, œsophagienne et linguale, sont à-peu-près comme dans les serpents. Le volume de la branche linguale, toujours la plus grosse, dépend du volume et surtout de la mobilité de la langue. Aussi., le nerf lingual du caméléon surpasse-

t-il beaucoup celui du lézard ocellé, sur un animal deux ou trois fois plus petit. Chez le caméléon, où le tambour de l’oreille est aussi bien séparé que dans les mammifères, et s’étend jusqu’au poumon, la huitième paire en contourne la paroi externe. Dans ce trajet elle s’anastomose avec le grand sympathique, dont la terminaison se fait sur lacinquième paire à sa sortie du crâne. Avant de quitter les côtés du tambour auditif, le rameau lingual reçoit, entre l’angle des mâchoires et le sommet de la grande corne ou corne antérieure de l’hyoïde , un filet récurrent de la poitrine. Ensuite le tronc qui résulte de cette anastomose , suit le bord de cette corne, et reçoit deux ou trois filets très-fins du glosso-pharyngien. Ce tronc, un peu au-dessous du sommet de la grande corne de l’hyoïde, se réfléchit en haut, pénètre entre les deux couches de muscles qui enveloppent cette corne. Dès-lors il est tordu en une spirale dont les tours sont fort rapprochés. Devenu superficiel à la base de la langue, c’est-à-dire dirigé entre la membrane muqueuse et l’espèce de gaine fibreuse à réseaux annulaires, dans laquelle glisse le long manche de la langue , il parvient toujours tordu en spirale à la base de cette espèce de gland , dont l’axe cartilagineux est mobile sur le long stylet fibro-cartilagineux et très-élastique que j’ai nommé 1 e manche. Le long de cette partie terminale et renflée de la langue, le nerf devient rectiligne. 11 donne des filets à cette espèce de plate-

lormequi recouvre la partie supérieure du gland de la langue , et finit en s’épanouissant dans l’espèce de tissu caverneux de la cupule terminale de l’organe.

Dans les lézards , ce nerf, beaucoup plus petit , non tordu en spirale, ne reçoit point d’anastomose récurrente de la poitrine.

Dans les serpents, les sauriens et les batraciens, il n’existe pas de traces du nerf accessoire au pneumo-gastrique, ou du nerf spinal. Tous ces animaux, comme les poissons, manquent en effet de cou. Or, c’est aux muscles inspirateurs du cou que se distribue ce nerf dans les mammifères. Mais les tortues, où le cou est plus long à proportion que chez les mammifères , ont un nerf spinal à insertions trèsnombreuses, décrit et figuré par Bojanus.

Ce nerf ( voy. pi. XI, fig. 2 , 5 et 4 ) diffère de celui des mammifères , par l’insertion de ses filets sur un étage plus élevé du cordon supérieur de la moelle. Le tiers postérieur de ces insertions a lieu sur la face supérieure meme de cet organe. Aussi , le premier nerf cervical insère-t-il ses racines dorsales au-dessous des insertions correspondantes du spinal. Les racines de ce nerf sont si pressées les unes contre les autres, quelles ne s’étendent pas jusqu’au premier nerf cervical, bien qu’elles soient trois fois plus nombreuses que chez l’homme. Comme dans tous les mammifères, ces racines s’embranchent promptement sur le nerf dont le tronc

est tout formé avant d’atteindre le trou de sortie. Simplement adhérent au nerf vague dans le canal de la jugulaire, il s’en sépare en dehors, se réfléchit en arrière , donne d’abord deux filets aux muscles voisins , et finit par s’anastomoser avec les troisième et quatrième nerf cervical.

5°. Dans les oiseaux. M. Cuvier dit qu’à sa sortie du crâne le nerf vague s’entrecroise avec le lingual et le glosso-pharyngien , que le glosso-pharyngien est en arrière, le nerf vague au milieu , et le lingual en avant.

Yoici mes observations sur les corneilles.

Le nerf vague naît de la partie postérieure du bord du quatrième ventricule , un peu plus bas que le nerf auditif. 11 s’insère par plusieurs racines réunies au trou de sortie dans l’occipital latéral, derrière le petit conduit qui transmet le glosso-pharyngien. En sortant de l’os, il communique avec le glosso-pharyngien en avant, et en arrière avec le premier cervical et des filets du grand sympathique. Presque dès sa sortie , il s’en sépare une anse recourbée en haut et en avant, qui se place entre la membrane pharyngienne et les muscles. Elle se divise en deux branches : i° l’externe descend sur la face supérieure de la trachée , et se propage jusqu’au larynx inférieur, où elle se termine; 2° l’interne, sans donner au larynx supérieur d’autres filets que ceux qui proviennent de l’anastomose avec le glosso-pharyngien, passe au-delà de

cette anastomose, laquelle se fait par deux ou trois filets , avant la terminaison du glosso-pharyngien dons les muscles du larynx ; passe ensuite au-dessous de la corne hyoïdienne et de ses muscles , et se place sous la langue, aux muscles de laquelle elle donne des filets, et se prolonge en -dessous jusqu a la pointe de cet organe. Ce nerf est évidemment l’analogue pour l’origine et les connexions de celui que j’ai décrit dans les trigono-céphales. Quant à sa distribution il répond à l’hypo-glosse, et effectivement il n’est destiné qu’à la partie inférieure de la langue.

Au-delà de ce nerf, le tronc du nerf vague augmente de volume, descend le long du cou sans anastomoses , et pénètre danssla poitrine, où il se distribue aux poumons , au cœur, à l’œsophage, à l’estomac , comme dans les reptiles. Il donne pourtant quelques fdets à la membrane du larynx inférieur; mais point aux muscles de cet organe qu’animent des fdets nerveux provenant des dernières paires cervicales.

Je n’ai vu de nerf spinal dans aucun des oiseaux palmipèdes, échassiers, passereaux, de proie, diurnes ou nocturnes, où je l’ai pourtant scrupuleusement cherché. Et en effet, dans les oiseaux les muscles du cou ne contribuent en rien à la dilatation de la poitrine dans la respiration. M. Serres (p. 002) ne l’a pas non plus trouvé dans ces mêmes familles. 11 dit l’avoir enfin observé sur l’autruche, le ca-

soar et la cigogne blanche. Ses faisceaux tous postérieurs , dit-il, descendaient au niveau des branches postérieures du quatrième nerf spinal , et venaient se réunir au tronc du nerf pneumogastrique. Mais il n’a pu suivre leur distribution.

4°. Chez les mammifères , ce nerf s’insère audessous du bord du quatrième ventricule, un peu en arrière du point d’où se dégage le pédoncule du cervelet, et en dehors de l’éminence olivaire, quand elle existe; mais plus près du cordon supérieur du quatrième ventricule ou corps restiforme, que de l’éminence olivaire, ainsi que Gall et Vieussens en avaient déjà fait la remarque, qui est importante, puisqu’elle indique la destination sensitive du plus grand nombre des filets de ce nerf [pi. XII, fig. 3).

Ses filets d’origine sont tous disposés sur un même plan , et s’il y a réellement deux ou trois filets étagés l’un sur l’autre, leur direction est parallèle, et ils ne se réunissent pas angulairement. Mais en restant ainsi parallèles relativement au niveau, ils convergent dans leur plan vers le trou de sortie , où vient par derrière se réunir, pour ne former qu’un faisceau commun , le nerf spinal. Ce nerf n’est réellement pas distinct du vague. La distance où s’implantent ses racines n’est pas une raison de l’en séparer. Ce qui est bien remarquable, et ce que l’on n’a pas encore pourtant remarqué, c’est que toutes les insertions cervicales de ce nerf se font

sur le même étage des fibres de la moelle, que les insertions du faisceau pneumo-gastrique même. Seulement les insertions postérieures du spinal se relèvent d’autant plus, qu’elles sont plus reculées. Mais il n’est pas exact de dire, comme M. Gall ( pag. 71), qu’il forme un passage naturel des nerfs cervicaux aux nerfs de la tête, attendu que quelques-uns de ses filets naissent dans le cou et d’autres dans la tête , et que tous ses filets viennent des racines postérieures. Car d’abord les filets d’origine les plus antérieurs sont en arrière du trou occipital , et ensuite, les insertions de ces filets ne se confondent nullement avec les insertions postérieures des nerfs correspondants. Ces insertions postérieures des nerfs cervicaux se font sur l’union du tiers externe environ avec le tiers moyen de la largeur de la face supérieure de la moelle. Au contraire , les insertions du nerf spinal sont toutes latérales, un peu au-dessus du milieu de la hauteur de la moelle, par conséquent au-dessus du ligament dentelé. Ces racines, comme celles du pneumo-gastrique , sont toutes sur le prolongement d’une même ligne, un peu obliquement dirigée de bas en haut, et d’avant en arrière; de sorte que les insertions postérieures sont plus élevées que les autres.

Dans l’homme et dans les mammifères, les insertions de ce nerf, à chaque segment vertébral de la moelle, se font par un nombre très-inégal de fdets.

Dans le bœuf, la dernière insertion a lieu entre la sixième et la septième vertèbre, et le nombre des filets d’insertion va jusqu’au-delà de Zjo, les uns simples, les autres bifurques; il n'y a que 5 ou 6 racines dans l’homme, et c’est quelquefois à la quatrième, quelquefois à la cinquième ou à la sixième paire cervicale, qu’il commence. Les racines sont d’autant plus distantes qu elles sont plus postétèrieures et supérieures. En général , les insertions se marquent mieux par paires ou par anneau vertébral sur la moitié antérieure, que sur la moitié postérieure de cette longueur. Dans les deux premières vertèbres chez le bœuf, il y a deux faisceaux d’origine résultant pour la première vertèbre de deux cordons composés de deux ou trois fdcts chacun ; pour la deuxième de quatre cordons chacun à fdets simple ou double. Mais au-delà de la troisième vertèbre, les filets d’origine, au nombre de vingt-huit ou trente , sont tous à-peu-près également distants , c’est-à-dire d’une ligne et demie à deux lignes, et se confondent successivement, en s’inclinant l’un sur l’autre, avec le nerf qui va en grossissant et en s’écartant davantage de la surface de la moelle, qu’il est plus antérieur. Dans tout cet espace, les filets du spinal naissent donc également et dans les segments correspondants aux origines des nerfs cervicaux , et dans les segments qui alternent avec ces origines. Comme pour les filets d’origine de ces mêmes nerfs , un filet s’anasto-

mose quelquefois avec l’un ou avec les deux filets collatéraux, avant la réunion commune dans le tronc du nerf. Le tronc ainsi formé, pénètre dans le trou de l’occipital latéral qui transmet le nerf vague, et se confond avec celui-ci dans son ganglion commun. On se souvient que dans les ruminants et les carnivores, ce ganglion communique avec le nerf facial durant le trajet de celui-ci dans le rocher , par un gros rameau qui traverse un conduit de ce même os. Cette anastomose n’existe ni dans l’homme ni dans le lapin , ni probablement le reste des rongeurs.

Ce même ganglion communique aussi avec l’hypo-glosse en arrière dans le chien par une autre anastomose dirigée à travers un conduit osseux particulier. Cette anastomose n’existe non plus ni dans l’homme, ni dans le lapin et les ruminants; transmet-elle à l’hypo-glosse des fdets du spinal, et est-ce à cette accession que tient celte habitude des chiens de tirer la lang ue hors de la gueule, en haletant quand les mouvements respiratoires et circulatoires viennent à s’accélérer?

11 arrive quelquefois chez l’homme que tous les filets de l’origine supérieure de la première paire cervicale (ou nerf sous-occipital), quelquefois la pluralité, quelquefois le plus petit nombre, quelquefois aussi le premier filament de l’origine de la deuxième paire, se rendent au nerf accessoire, et alors il y a réciproquement un fdet de l’accessoire

qui contribue à former l’origine supérieure de la première paire. Mais cette réciprocité n’est pas constante. (Foy. Jos. Frid. Lobstein , de Nervo spinal, in script, nervol. min., t. II, tab. VII, fig. i.) Ces Filets accidentels de l’accessoire ne se confondent pas avec les siens propres, jusqu’à l’endroit où sort le filet supplémentaire de la première paire. A cet endroit, il existe sur les filets accidentels de l’accessoire un petit ganglion gros comme un grain de millet, dans lequel entrent aussi quelques filets propres à l’accessoire. Au-delà de ce ganglion, le faisceau de ces filets accessoires du spinal se sépare de son tronc , et se porte vers la sortie de la première paire pour en former la racine postérieure ou supérieure.

Sortis du conduit osseux, le nerf vague et le nerf spinal, encore réunis en un seul, ou déjà divisés en deux troncs , entre lesquels se développe quelquefois le ganglion cervical supérieur qui souvent même, dans les chiens, semble naître du nerf vague et ne communiquer, inférieurement avec le reste du sympathique , et supérieurement avec la sixième et la cinquième paire, que par des filets capillaires, divergent chacun vers leurs distributions.

Le nerf vague proprement dit se dirige en bas, en communiquant sur la première vertèbre avec l’hypo-glosse, le premier nerf cervical, encore avec le ganglion cervical ou son filet inférieur et avec le

glosso- pharyngien. Dans son trajet, le long du col, il donne i° le nerf laryngé supérieur pour les muscles et la membrane muqueuse du larynx et de la glotte; 2° plus bas, une anse réfléchie en haut qui va s’a- , nastomoser avec un fdet descendant de l’hypoglosse. De cette arcade anastomotique partent les filets qui vont former le plexus cardiaque supérieur. Par eux les mouvements de la respiration se trouvent liés à ceux de la circulation. 3° Vers la clavicule d’autres filets vont se réunir à ce plexus cardiaque , dans l’homme. Les filets analogues à droite viennent de l’anse du nerf laryngé inférieur ou récurrent. 4® Le nerf récurrent se sépare à angle très-aigu d’abord, puis arqué en haut, du tronc du nerf vers la deuxième côte. Il contourne l’aorte à gauche, puis l’artère sous-clavière droite ( axillaire des mammifères sans clavicule). Dans ce contour, il s’en sépare des filets, qui, réunis à d’autres du grand sympathique, forment le plexus pulmonaire autour de l’artère pulmonaire et de l'aorte* d’autres pénètrent dans le péricarde, et vont former à la face inférieure de la base du cœur le plexus cardiaque inférieur.

Les branches récurrentes , proprement dites, donnent, en remontant, des filets qui pénètrent dans la membrane muqueuse du canal aérien. Le reste va à la glande thyroïde et dans les muscles inférieurs du larynx.

Au-delà du récurrent le tronc du nerf, plutôt

grossi ([lie diminué do yolume, passe derrière les \ aisseaux pulmonaires, et donne beaucoup de filets, dont le groupement, à deux endroits séparés, forme les plexus pulmonaires supérieur et inférieur.

Ensuite il s’accole au côté de l’œsophage, toujours plus à sa face postérieure qu’à sa face antérieure, lui donne beaucoup de filets qui s’anastomosent fréquemment avec d’autres filets du côté opposé, en formant des arcades devant et derrière le canal œsophagien. Les deux nerfs traversent le diaphragme, et s’épanouissent le long de la petite courbure de l’estomac sous le péritoine, en envoyant des filets aux plexus hépatique, solaire , et aussi au grand ganglion semilunaire. Le nerf du côté droit forme, avec le plexus coronaire de l’estomac, une large anastomose, d’où partent huit ou dix rameaux pour la face postérieure de cet organe.

Quant au nerf spinal proprement dit, il se sépare du vague à la sortie du crâne, descend plus en arrière du col, traverse le muscle sternomasloïdien vers le bas de son tiers supérieur, lui donne des filets ainsi qu’aux muscles splénius, et trapèze dans lequel il se termine.

En résumé , le nerf vague ou pneumo-gastrique n’a de racines cervicales , ou composant l’origine du nerf spinal, que dans les mammifères et les tortues. Ces racines et ce nerf accessoire manquent

DES SYSTÈMES NERVEUX LATERAUX. ffi"

dans les autres ovipares, reptiles, poissons et oiseaux.

Dans les mammifères le nerf vague ne fournit point de nerfs aux sens spéciaux, mais seulement à la sensibilité tactile des surfaces pulmonaire et digestive. Il fournit aussi chez ces animaux des nerfs moteurs aux muscles volontaires du larynx, des filets sensitifs à la glotte, au larynx, etc.; et des nerfs excitateurs de mouvements instinctifs et involontaires, par le spinal.

Dans les carnassiers et les ruminants le ganglion du nerf communique avec des nerfs principalement involontaires, le facial, et l’hypo -glosse, dans les chiens.

Dans les serpents il communique avec le maxillaire inférieur de la cinquième paire.

Dans les poissons, chez les pleuronectes, il communique dès l’origine avec la cinquième paire. Chez tous les animaux il communique, par plus ou moins de filets, avec le grand sympathique.

Chez les seuls poissons il paraît avoir une action sensitive ou motrice particulière, qui mettrait la respiration en rapport avec les mouvements et la sensibilité de toute la longueur du corps, par le nerf latéral .

Dans la torpille il est électromoteur.

Dans les cyprins il est organe unique du goût.

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