CHAPITRE VJ
UES NEUFS GLOSSO-PHARYNGIEN ET IIYPO-GLOSSE.
Ces (leux nerfs clans les mammifères sont destinés , le premier en partie, le second en totalité, aux muscles de la langue. Les muscles du pharynx reçoivent les autres rameaux du premier.
i°. Du glosso-pharyngien.
Ce nerf manque absolument à tous les poissons, aux serpents et aux batraciens.
Dans les tortues , le glosso-pharyngien, né au-devant et au-dessous de la huitième paire , s’anastomose avec le symphathique dans le canal de la jugulaire, et sort par le même trou que le nerf vague, où ils s’anastomosent ensemble. Après avoir contourné l’extrémité de la première corne de l’hyoïde , il se divise en deux rameaux : l’interne plus petit va au pharynx, l’autre se distribue au muscle hyo-maxillaire, et s’unit dans son trajet au rameau lingual du vague par quatre ou cinq anastomoses fort courtes.
Dans les sauriens , d’après le lézard ocellé, les rapports du nerf glosso-pharyngien jusqu’à sa sortie du crâne, sont les mêmes que dans les tortues.
Mais je n’ai point vil de rameaux se rendre à la langue. Il se distribue tout entier aux muscles, qui, des cornes antérieure et postérieure de l’hyoïde, vont se fixer aux clavicules, et s’anastomose avec le rameau lingual du vague au-dessous de l’embranchement du rameau stomacal de ce nerf.
Le glosso-pharyngicn manque au caméléon.
Dans les oiseaux , chez la cigogne, suivant M. Cuvier, né au-devant du pneumo-gastrique par deux filets que réunit presqu’aussitôt un ganglion quadran. gulaire allongé , anastomosé en arrière avec la huitième paire, ce nerf descend le long de l’œsophage, et se divise en deux rameaux. L’un remonte audevant du cou et se distribue aux muscles de l’os hyoïde; l’autre descend sur les parois latérales de l’œsophage, et fournirait une branche au nerf lingual avec lequel il s’anastomose; le reste se distribue à l’œsophage.
Voici ce que j’ai observé sur les corneilles freux et mautelée, les plus gros des passereaux de notre pays.
Au-devant et contre la huitième paire , naît le glosso-pharyngien par deux très-petits filets; ils sortent réunis en un seul tronc par un trou antérieur à celui du vague, en dedans et en arrière de la cavité auditive. En sortant de ce conduit, il s’anastomose par un filet presque aussi gros que lui avec le nerf vague : il marche entre la membrane pharyngienne et les muscles cervicaux, presque pa-
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rallèlcment au rameau lingual du nerf vague , avec lequel il s’anastomose à la hauteur de l’angle de la mâchoire. Aussitôt il décrit une courbe en dedans, parvient sur les côtés de la glotte, et se distribue exclusivement par trois ou quatre filets à ses muscles et à ceux du larynx supérieur. Pas un seul, ne va ni à la langue ni aux muscles des branches de l’hyoïde.
Dans le cygne et le canard, à une ligne de sa sortie du même trou que dans les corneilles, le glossopharyngien se renfle en un ganglion lenticulaire, du même volume que le ganglion ophtalmique de l'homme. De ce ganglion partent deux branches principales , et des filets directement épanouis dans le pharynx.
La branche postérieure se bifurque à moins d’une ligne de son origine : le rameau supérieur s’anastomose après un trajet de deux lignes avec la huitième paire; l’inférieur se divise encore. Le plus gros filet descend sur le pharynx en arrière, le plus petit se réfléchit vers le larynx, où il s’épanouit dans la membrane muqueuse.
La branche antérieure recourbée en avant, passe entre les muscles mylo-hyoïdien et operculo-hyoïdien, puis sous la membrane denticulée qui borde la glotte en dehors , puis encore sur l’articulation de l’os de la langue avec l’hyoïde à travers un paquet de graisse. Subjacente à la membrane muqueuse de la lace supérieure de l’organe, elle par-
DüS SYSTÈMES NERVEUX LATERAUX. ;j~l
vient jusqu’à sa pointe en se divisant dans le repli festonné, qui y forme un bord flottant de chaque côté.
Celte distribution dans les passereaux et dans les palmipèdes, diffère tant de celle de la cigogne, que peut-être a-t-on pris dans cet oiseau le rameau lingual du vague, pour le glosso-pharyngien.
On voit donc que ce nerf, dans les corneilles, et sans doute dans les autres passereaux, ne correspond au glosso pharyngien que par son origine, antérieure à celle du vague, et nullement pour sa disiribution qui est justement celle du rameau laryngé supérieur de cette dernière paire chez les mammifères.
Dans les mammifères , le nerf glosso-pharyngien n’est réellement par rapport au nerf vague , que ce que les filets musculaires de la cinquième paire, le facial de la septième paire, sont à chacune de ces paires. Ses filaments forment une insertion et puis un petit cordon un peu antérieur et inférieur au nerf vague pour la position. Sorti par un trou particulier de la dure-mère , il se réunit dans le conduit osseux au nerf vague, par une communication du genre des précédentes, et quelquefois si intime, qu’il est tout-à-fait soudé au ganglion du nerf vague. Il n’y a jamais de ganglion bien distinct sur le tronc du glosso-pharyngien.
En sortant du conduit osseux, il reçoit des filets du nerf facial et du vague, et puis se divise en deux ou trois rameaux , l’un desquels se ramifie aux
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muscles de l’apophyse stvloïde , c’est-à-dire aux muscles, qui de cet os vont à la base de la langue et au pharynx. Quelques filets s’épanouissent dans la membrane muqueuse de ces parties. L’un d’eux dans le chien, se suit distinctement dans le tissu qui enveloppe l’orifice de la trompe d’Eustache; un rameau se distribue à la glande sublinguale , les principaux filets s’épanouissent dans les papilles charnues de la base de la langue. Cela est très-visible dans l’homme, le chien, le chat, etc.
a*. Du nerf bypo-giosse.
Ce nerf manque à tous les poissons , aux serpents, aux batraciens et aux oiseaux; je ne l’ai pas trouvé dans le lézard ocellé et le caméléon.
Voici sa disposition dans la tortue terrestre d’après M. Bojanus. 11 s’insère par trois filets, au milieu de la largeur du cordon inférieur de la moelle, un peu au-devant du premier nerf cervical (voy. pi. XI, fig. 2). Sorti du crâne par un trou du basilaire qui débouche dans le canal de la jugulaire , il s’y contourne entre le nerf vague et le nerf accessoire ou spinal, et s’en dégage derrière la grande corne de l’hyoïde. Son principal rameau se réfléchit en arrière, accompagne le nerf vague jusqu’à la cinquième vertèbre, et se termine dans les mêmes muscles cervicaux, où se termine aussi le nerf récurrent du vague, venu de la poitrine. Ces
deux rameaux forment ainsi le long du cou une ligne nerveuse auxiliaire des nerfs cervicaux. Une partie de ses filets pénètre dans le muscle omohyoïdien.
Les rampscules antérieurs vont au muscle hyoglosse et les plus longs jusqu’au génio-glosse.
Dans les mammifères il naît par douze à quinze filaments et même plus, de la face inférieure seulement de la moelle au bord externe de l'extrémité postérieure des pyramides, c’est-cà-dire, sur le prolongement de la même ligne où s’insèrent, en avant les filets de la troisième et de la sixième paire, et en arrière, tous les filets des racines inférieures des nerfs spinaux. Comme tous les nerfs exclusivement moteurs et sans autre terminaison que la profondeur des muscles, il n’a aucun filet provenant de la face supérieure ou même latérale de la moelle. Selon les espèces, la quantité et la vitesse des mouvements dont la langue est susceptible, soit pour l’exercice de la voix, soit pour la mastication, soit pour l’appréhension directedes aliments , ou de la boisson , le volume de ce nerf varie en raison directe de la quantité et de la promptitude de ces mouvements. Ainsi il est plus gros dans les chiens et les chats, que dans les ruminants, les rongeurs, etc.
Le nombre de scs filets d’insertion varie dans le même rapport, ainsi que le groupement de ses filets, en faisceau plus ou moins distinct. Dans les
chais, par exemple, il y a trois laisceaux très-marqués. Il n’y a jamais aucun ganglion sur le tronc de ce nerf, même dans les carnassiers, où il reçoit la grosse communication que nous avons indiquée en parlant du nerf vague.
Chez l’homme, où il a été très-bien, mais trop longuement décrit parBoehmer ( Script . nevrol. min. t. i , pi. ç,) il s’insère entièrement au cordon inférieur de la moelle , dans le sillon qui sépare les pyramides des olives, mais plus près des premières par trois ou quatre faisceaux de filaments ou racines. Le faisceau antérieur ou supérieur n’est distant que de trois lignes du bord postérieur du pont; le deuxième est séparé du précédent en avant, cl du troisième en arrière, par les deux origines de l’artère profonde supérieure du cervelet; le troisième est séparé du quatrième, quand celui-ci existe par l’artère profonde inférieure du cervelet. Enfin intérieurement tout le long des pyramides, l’artère vertébrale, à partir de sa dilatation, appuie de dedans en dehors contre tous ces faisceaux d’insertions, que les trois origines des artères cérébelleuses compriment aussi d’avant en arrière. Celle disposition d’entrelacement avec les artères est propre à ce nerf. Ellle est bien représentée pi. VI de l’ouvrage cité.
Ces quatre faisceaux d’insertion convergent en dehors et forment deux cordons qui traversent séparé-
ment la dure-mère, et pénètrent dans le trou condyloi'dien antérieur, accompagnés d’une petite artère et d’une petite veine. Les filets restés distincts dans le canal condyloïdien, s’entrelacent intimement à sa sortie, un peu au-delà de laquelle le ner( passe sous le vague, dont il reçoit plusieurs filets. Au-delà de cet accolemcnt à la huitième paire, sur environ un demi-pouce, il s’en dégage entre le tronc de ce nerf en avant et l’accessoire de W illis en arrière, couvert par la veine jugulaire interne. Parvenu à la hauteur du bord inférieur de la première vertèbre, il reçoit de la huitième paire en avant, un rameau long au plus d’une ligne, presque aussi gros que lui; et en arrière, du plexus que forment des filets de l’arc nerveux antérieur de la première paire cervicale et des filets du premier ganglion cervical, un autre rameau de la même grosseur et un peu moins court. Il double de volume par la jonction de ces deux rameaux.
Sa distribution aux muscles ne diffère guère de ce qu’elle est dans les autres mammifères carnassiers et ruminants. Son rameau le plus antérieur parvient jusqu’à trois lignes de la pointe de la langue , entrelacé dans les fibres du muscle styloglosse. Le prolongement du tronc nerveux suit en dedans l’artère linguale, jusqu’au sommet même de la langue, en croisant les fibres du génio-glosse. Dans ce trajet il anastomose, surtout dans le bœuf,
un certain nombre de filets, avec des filets correspondants du nerl lingual. Quelquefois dans l’homme il n y a pas une seule de ces anastomoses.